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Retour sur la répression de la Reclaim The Night

posté le 16/02/21 par Feminists fight back Mots-clés  féminisme  LGBTQI+  luttes sociales  répression / contrôle social 

NL onderaan

Parce que dans notre société patriarcale la parole de l’oppresseur domine, voici notre version de ce qui s’est passé samedi soir.

Reclaim The Night existe depuis les années 70, à l’échelle internationale, afin de dénoncer les violences et les agressions que nous subissons dans l’espace public, en tant que femmes, personnes trans et aux genres minorisés.

En cette période de crise sanitaire et sociale, où l’on constate une augmentation de l’exploitation domestique et salariale ; mais aussi sur la précarisation & criminalisation des TDS , une hausse du harcèlement de rue, des féminicides, des violences conjugales, obstétricales, policières et intrafamiliales envers les filles et les jeunes LGBTQI+, nous pensions qu’il était plus que temps de nous mobiliser !

A 20h, les manifestant•es commencent à se rassembler place Marie Janson dans le respect des règles sanitaires, c’est-à-dire avant le couvre-feu, en respectant la distanciation sociale et le port du masque. Nous constatons que nous sommes déjà entouré•es par de nombreux policiers en civil.

Vers 20h15, alors que nous commençons le discours, la police anti émeute encercle la centaine de manifestant•es par le bas et le haut de la place très rapidement, nous forçant à nous resserrer les un•es contre les autres derrière la banderole sans pouvoir maintenir les distances de sécurité. Une deuxième ligne de policiers se forme autour de la place ; plus aucun contact avec l’extérieur n’est possible. Nous constatons un déploiement des forces de police disproportionné avec plusieurs dizaines de policiers anti-émeute, qui semblent plus nombreux que nous, et auto-pompe. Nous réalisons que notre mobilisation ne sera même pas tolérée quelques minutes, contrairement à la version de la presse mainstream.

Les rues attenantes sont bloquées et des petits détachements de policiers empêchent d’autres personnes de s’approcher de la place Marie Janson. Cependant, de petites Reclaim The Night s’auto-organisent ailleurs à Saint Gilles par des personnes auxquelles la police a refusé l’accès à la place Marie Janson et crient quelques slogans de solidarité. Place Dillens, les féministes nassent les policiers, avant de se disperser à cause de l’arrivée de renforts de police.

De notre côté, nous enchaînons quelques slogans, chants et discours, nous allumons une torche lumineuse pour essayer de maintenir la puissance collective. Aux alentours de 21h30, les policiers anti émeutes resserrent davantage la nasse, contraignant les manifestant•es immobiles pendant plus d’une heure sous des températures particulièrement basses. Des militant•es sont choisies aléatoirement dans la nasse et sont trainées par terre sur plusieurs mètres, certaines tirées par les cheveux, pour servir d’exemples. Les policiers « proposent » de ne pas utiliser la force en contrepartie de la coopération des manifestant•es. Cependant, nous ne parvenons pas à savoir s’ils vont précéder à un simple contrôle d’identité ou à des arrestations. Une des manifestant•es qui informe le groupe du caractère illégal des pratiques policières est violemment embarquée. De petits groupes semblent être libérés sur base volontaire, mais des informations contradictoires créent la confusion. Des policiers en civil ont demandé par la suite à trois personnes désignées comme "meneuses" de s’écarter pour discuter, ce qu’elles ont refusé. Ils les informent qu’elles vont faire l’objet d’une privation de liberté le temps de leur contrôle d’identité. Elles seront finalement embarquées avec les autres.
La police a finalement procédé à vingt-et-une arrestations. Les militant·es sont transféré·es au commissariat Démosthène à Anderlecht. Une personne trans est transférée malgré la sollicitation des autres femmes à ce qu’elle puisse rester avec elles. Elle sera placée toute la nuit seule dans une cellule non chauffée, sans couverture. Le policier en charge à Anderlecht a utilisé systématiquement des propos transphobes. Quand une militante a dit vouloir porter plainte, il l’a menacée.

A Démosthène, les militant·es sont contraint·es par la force physique d’être photographié·es avant la mise en cellule, ce qui est illégal dans le cadre d’une arrestation administrative. Ielles sont ensuite séparé·es en deux cellules et devront passer la nuit à même le sol, dans le froid, sans manteau, avec seulement quatre couvertures par cellule. Les droits n’ont pas été lus et ielles n’ont pas pu appeler un•e proche.

A partir de 6h, les personnes arrêtées sont libérées petit à petit, dix heures après la privation de liberté, alors que la police est censée les libérer dès que celles-ci ne posent plus de danger pour l’ordre public. Même sous le couvre feu, ils ont les moyens de le faire grâce à des attestations spécifiques.

Cette année, il y a déjà eu au moins 5 féminicides. En général, des femmes qui avaient porté plainte plusieurs fois à l’encontre de leur (ex)partenaire. Mais l’état choisit de déployer une centaine de policiers pour nasser et arrêter des féministes parce qu’ielles revendiquent un changement sociétal. La pandémie covid-19 ne devrait pas être utilisée comme prétexte pour étouffer une contestation sociale, d’autant plus quand les personnes qui la porte respectent les mesures sanitaires. La répression policière du 13 février semble tout à fait inappropriée à tous niveaux au regard de l’action que nous voulions mener.

Nous rappelons que chacun·e peut écrire à l’organe des contrôles de l’information policière pour demander de supprimer les photos prises avant de pouvoir quitter la nasse et/ou au commissariat.

NL

Omdat in onze patriarchale maatschappij het woord van de onderdrukker overheerst, willen ook wij hier onze versie van wat er zaterdagavond gebeurde geven.

Reclaim The Night gaat al sinds de jaren zeventig internationaal door om het geweld en de aanrandingen aan de kaak te stellen die wij als vrouwen, transgenders en minderheidsgenders ervaren in de openbare ruimte.

In deze periode van gezondheids- en sociale crisis zien we een toename van huiselijke en loonsuitbuiting maar ook van de precarisering & criminalisering van sekswerkers, een toename van straatintimidatie, vrouwenmoorden, echtelijk, verloskundig, politie- en intrafamiliaal geweld tegen LGBTQI+ meisjes en jongeren. We vonden we het hoog tijd om te mobiliseren !

Om 20u beginnen de manifestanten-e-x-s zich op het Marie Jansonplein te verzamelen volgens de sanitaire regels, d.w.z. vóór de avondklok, met inachtneming van de sociale afstand en het dragen van maskers. We merken dat we al omsingeld zijn door vele politieagenten in burger.

Rond 20u15, wanneer we met de toespraak beginnen, omsingelt de oproerpolitie zeer snel de ongeveer honderd manifestanten-e-x-s van beneden en van bovenaan het plein, waardoor we gedwongen worden achter het spandoek te verzamelen zonder dat we veilige afstanden kunnen bewaren. Een tweede rij politiemensen vormt zich rond het plein ; contact met de buitenwereld is niet meer mogelijk. We zien een onevenredige inzet van politie-eenheden met enkele tientallen oproerpolitieagenten, die ons in aantal lijken te overtreffen, en zelfrijdend. Wij beseffen dat onze mobilisatie zelfs niet een paar minuten zal worden getolereerd, in tegenstelling tot de versie die de politie geeft in de mainstream-pers.

De aangrenzende straten zijn geblokkeerd en kleinere groepen politieagenten verhinderen anderen het Marie Jansonplein te naderen. Elders in Sint-Gillis zijn echter kleine "Reclaim The Nights" bezig georganiseerd door mensen die door de politie de toegang tot het Marie Jansonplein is ontzegd. Op het Dillensplein omsingelen de feministen de aanwezige politie, alvorens ook zij uiteen door de komst van politieversterking.

Wij scanderen een paar slogans, liederen en toespraken, steken een fakkel aan om te proberen de collectieve kracht te behouden. Rond 21u30 sluit de oproerpolitie ons nog nauwer in, uiteindelijk dwingen ze de demonstrantes om meer dan een uur stil te staan bij uitzonderlijk lage temperaturen. Een paar activistes worden willekeurig uit tgekozen en enkele meters over de grond gesleept, sommigen aan hun haren, anderen aan de armen, om als voorbeeld te dienen. De politie "stelt voor" geen geweld te gebruiken in ruil voor de medewerking van de demonstrantes. Het is echter onduidelijk of dit zal worden vergezeld zijn door een eenvoudige identiteitscontrole of door arrestaties. Een van de demonstrantes die de groep op de hoogte bracht van het illegale karakter van de politiepraktijken werd met geweld gearresteerd. Kleine groepen lijken vrijwillig te worden vrijgelaten maar tegenstrijdige informatie schept verwarring. Politieagenten in burger vroegen vervolgens drie personen die als "leiders" waren aangewezen, een stap opzij te doen voor een discussie, hetgeen zij weigerden. Zij deelden hen mee dat zij van hun vrijheid zullen worden beroofd terwijl hun identiteit werd gecontroleerd. Zij zullen eindelijk met de anderen gearresteerd worden.

De politie heeft uiteindelijk 21 arrestaties verricht. De activistes werden overgebracht naar het politiebureau Demosthenes in Anderlecht. Een transpersoon wordt overgeplaatst ondanks het verzoek van de andere vrouwen om bij hen te mogen blijven. Zij zal de hele nacht alleen in een onverwarmde cel worden geplaatst, zonder matras of deken. De verantwoordelijke politieman in Anderlecht gebruikt systematisch transfobe taal. Toen een activiste zei dat ze een klacht wilde indienen, bedreigde hij haar.

In Demosthenes worden activisten fysiek gedwongen zich te laten fotograferen voordat zij in een cel worden gezet, hetgeen illegaal is in het kader van een administratieve arrestatie. Vervolgens worden zij in twee cellen verdeeld en gedwongen de nacht door te brengen op de grond, in de kou, zonder jas, met slechts vier dekens per cel. Hun rechten zijn niet voorgelezen en ze hebben niemand kunnen bellen.

Vanaf 6 uur ’s morgens worden de arrestanten beetje bij beetje vrijgelaten, tien uur na de vrijheidsberoving, terwijl de politie hen normaal moet vrijlaten zodra zij geen gevaar meer vormen voor de openbare orde. Zelfs onder de avondklok hebben zij de middelen om dit te doen dankzij specifieke attesten.

Dit jaar zijn er al minstens 5 femicides gepleegd. In het algemeen ging het om vrouwen die verscheidene klachten tegen hun (ex-)partner hadden ingediend. Maar de staat kiest ervoor om honderden politieagenten in te zetten om feministen te arresteren omdat zij maatschappelijke veranderingen eisen. De covid-19-pandemie mag niet als voorwendsel worden gebruikt om sociaal protest de kop in te drukken, vooral niet als de dragers ervan de gezondheidsmaatregelen respecteren. De repressie van de politie op 13 februari lijkt op alle niveaus volkomen misplaatst ten opzichte van de actie die wij wilden voeren.

Wij herinneren eraan dat iedereen zich schriftelijk tot de controle-instantie van de politie kan wenden met het verzoek de foto’s te verwijderen die zijn genomen voor het vertrek van het plein nasse en/of naar het politiebureau.


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