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Retour sur le rassemblement contre les sanctions administratives communales (SAC) dont le nouveau règlement de police concernant les artistes de rue.

posté le 27/05/15 par * Mots-clés  action  luttes sociales  répression / contrôle social  Liège 

Ce mardi 26 mai se déroulait le conseil communal de la ville de Liège. À l’ordre du jour, les nouveaux règlements de police qui devaient être adaptés à l’arrivée de la nouvelle mouture des SAC, ces dernières touchant désormais de manière plus coercitive les manifestations publiques, les artistes de rue, les tags etc.
Dans les faits, comme l’a montré l’expérience des SAC dans les communes de Bruxelles et de Flandre, ce sont surtout les jeunes (à partir de 14 ans), les personnes participant aux mouvements sociaux ainsi que celles et ceux qui dépendent le plus de l’espace public pour leur vie sociale, économique qui sont touchés. [1]

Entre trente à cinquante personnes étaient présentes en face de l’hôtel de ville afin de manifester leur refus quant l’arrivée des SAC. Il s’agissait pour la plupart d’artistes de rue venus informer le public des modifications du règlement et de l’inefficacité du service ayant à charge l’octroi des permis de leur activité ainsi que des méthodes plus coercitives qui les touchent en cas de non respect du règlement communal (SAC pouvant s’élever jusque 175€ la première fois, doublé en cas de récidive ; retrait du « permis » de jouer en rue etc…). [2] Mais volonté également de dénoncer l’arrivée des autres formes de SAC qui restreignent encore davantage la liberté d’utiliser l’espace publique, par exemple dans le cas de rassemblement ou de manifestation publique, tout en centralisant encore davantage de pouvoirs dans les mains des flics et autres agents sanctionnateurs. [3] Comme nous allons le voir le tout sécuritaire a encore de beaux jours devant lui…

Après s’être réuni.e.s devant l’entrée de l’hôtel de ville, il.le.s voulurent entrer au sein de celui-ci afin d’écouter les débats du conseil communal qui allaient réglementer leurs activités. Evidemment, les « forces de l’ordre » décidèrent d’empêcher les farces de l’art d’y entrer sous prétexte qu’il fallait y accéder par l’autre côté. Or, la porte de devant est condamnée depuis plusieurs mois… Il n’en reste que les possibilités d’entrer à l’intérieur se faisaient à la gueule du client. En effet, de nombreuses personnes ont pu entrer sans encombre tandis que tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un.e jeune et/ou un.e saltimbanque se faisait refouler. Une conseillère communale qui était présente lors la scène a interpellé les flics pour qu’ils laissent entrer les personnes dans la salle attenante au conseil communal, comme toute personne y a droit, sans succès. Un flic s’en prit à elle, verbalement, lorsqu’elle photographia la situation de blocage. Un flic en civil expliqua alors que, soi-disant, il y avait eu des mails mentionnant qu’il allait y avoir des perturbations durant le conseil communal. Le flic intimida également plusieurs personnes en les appelant directement par leurs noms. Peu importe la véracité des allégations, il n’empêche que le témoignage public d’un tel flicage annonce encore de beaux jours dans le sécuritarisme à tout crin…

Après s’être retiré afin d’obtenir « des informations », le flic en civil a permis aux personnes qui le désiraient d’entrer dans la salle à condition d’une fouille systématique des sacs, du dépôt des instruments de musique et du dépôt de la carte identité pour toute la durée de la présence des personnes au conseil communal. Face à de telles mesures, soi-disant existantes depuis le mois de janvier malgré le fait que certaines personnes présentes assistant régulièrement aux conseils communaux le subirent pour la première fois, beaucoup des personnes refusèrent d’entrer. On aura également en souvenir, lors des procès du CAS à Bruxelles par exemple, que les flics obligèrent toute personne désireuse d’accéder au tribunal d’y laisser en dépôt leur carte d’identité afin de faire des listings desdites personnes. Ce que le juge avait par ailleurs considéré comme de l’intimidation. [4] À la vue de la disposition des cartes d’identités, toutes alignées et visibles sur un bureau en face de flics, on peut se douter que de telles pratiques se banalisent...

Pour finir, les artistes de rues décidèrent de retourner du côté de la place du marché, càd de l’autre côté de l’hôtel de ville, passage beaucoup plus fréquenté, afin d’animer des spectacles spontanés et d’informer le public de ce qui les attend. Evidemment des personnes furent contrôlées pour distributions illégales de tracts… La majorité (PS+CDH) ainsi que le MR ont bien entendu voté en faveur des sanctions administratives communales.

Des ami.e.s


Notes

[1Ainsi, à Ixelles (l’une des communes testées lors du début du système des SAC), les amendes pour les petites incivilités ont augmenté de 4000 unités.

[3Lire la précédente communication à ce sujet : http://bxl.indymedia.org/spip.php?article7589

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