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Sans relâche - à propos des récents coups répressifs

posté le 05/10/13 Mots-clés  réflexion / analyse 

Sans relâche

A propos des récents coups répressifs
contre les anarchistes et antiautoritaires sur le territoire belge

Petit rappel des faits
Depuis plusieurs années, différents coups de pression contre des anarchistes et des antiautoritaires sur le territoire belge se sont succédés. Les perquisitions qui ont eu lieu en septembre 2013 dans cinq domiciles à Bruxelles, Gand et Louvain en sont le dernier épisode. Fin mai, trois autres domiciles et la bibliothèque anarchiste Acrata avaient déjà été perquisitionnés. Ces initiatives de la juge d’instruction Isabelle Panou se situent dans le cadre d’une enquête pour « organisation terroriste, association de malfaiteurs et incendies volontaires », ouverte en 2008. Mais les forces répressives ne se sont pas limitées à ces perquisitions. A plusieurs reprises, elles ont cherché à recruter des mouchards pour espionner les activités d’anarchistes et d’anti-autoritaires. Elles ont eu recours aux « méthodes d’enquête extraordinaires », cachant notamment une caméra de vidéo-surveillance à l’intérieur de l’appartement de deux anarchistes bruxellois. Elles effectuent également des surveillances, dressent des rapports sur « la menace anarchiste », organisent des tracasseries administratives pour compliquer la vie des compagnons, passent des informations sur des individus à d’autres polices dans le monde, lancent des convocations pour des interrogatoires, publient de calomnies dans la presse etc. Plusieurs compagnons ont aussi fait de courts séjours de quelques semaines derrière les barreaux. Bref, en plaçant tous ces faits dans un cadre plus large, on comprend aisément que la répression cherche par plusieurs biais à freiner ou paralyser les pensées et les actes qui visent à détruire ce monde d’autorité. Cela ne nous amène néanmoins pas à parler d’un lourd climat répressif comme ce qu’on peut voir dans d’autres pays. Soyons clair sur ce point : c’est loin d’être le cas. De toute façon, il n’y a rien d’étonnant ou de particulier au fait que les forces de l’ordre aient des intentions malveillantes vis-à-vis des ennemis de l’autorité.

L’enquête vise vraisemblablement un certain nombre de luttes, d’agitations et d’initiatives, de plus ou moins forte intensité : la lutte contre la prison et la solidarité avec les mutineries dedans ; celle contre la construction du nouveau centre fermé à Steenokkerzeel et la machine à expulser ; les initiatives et attaques contre les veines de la ville-prison (construction de nouvelles lignes de train rapide RER autour de Bruxelles et transports en commun en général) ; l’agitation contre les huissiers, contre l’OTAN et sa présence à Bruxelles, contre les institutions européennes et les eurocrates ; ou encore la lutte contre la construction d’une maxi-prison à Bruxelles...

Où-en sommes nous ?

Si on peut se triturer les neurones pour analyser les manœuvres répressives de l’État, cela nous intéresse davantage de continuer à porter notre attention sur ce que nous pensons, ce que nous voulons et comptons faire pour critiquer ce monde de marchandises et de pouvoir, pour encourager la remise en question et le refus, pour diffuser la révolte contre tout ce qui nous opprime. En effet, au long de ces années, des luttes ont vu le jour, même si elles ont souvent été menées dans des conditions pas nécessairement très favorables et entourées par les marasmes de la résignation. Des idées corrosives ont été diffusées, discutées et partagées, des centaines d’actions, d’attaques et de sabotages – de toute forme, mais toujours hostile au pouvoir – ont parsemé des parcours de lutte et de révoltes. Des complicités ont été nouées, des solidarités se sont exprimées, des affinités se sont approfondies et à quelques reprises, on a pu voir le béton de l’oppression et de la soumission se fissurer.

Il va de soi que l’approfondissement et l’affûtage des idées anarchistes dans ces contrées n’ont pas échappé à l’attention des chiens de garde. La critique de la fixation quantitative et du fétichisme de l’organisation formelle, le refus de toute médiation et de toute représentation politique ont contribué à faire naître des espaces informels, affinitaires et autonomes, où les idées cherchent à aller main dans la main avec la pratique et l’offensive. C’est ainsi que des compagnons ont commencé à frayer, chacun et chacune, leur propre chemin pour affronter la domination, combattant les logiques politiciennes, refusant la paralysie de l’attente et armant leurs cerveaux et leurs mains pour détruire ce qui est juste intolérable. C’est la liaison passionnelle et individuelle entre idées et volontés, entre désirs et critiques qui les pousse à agir pour frapper les structures et les hommes de la domination au moment et de la manière qui leur semblent justes et opportuns, prônant en même temps le sabotage et l’attaque comme des moyens à la portée de toutes et de tous qui veulent se battre pour la liberté. Parfois ces compagnons ont rencontré, dans les rues ou dans des révoltes partagées, d’autres rebelles, d’autres réfractaires qui se battent à leur manière contre ce qui les opprime. Si le pouvoir pourrait bien avoir peur de quelque chose, c’est sans doute de la possibilité d’une contamination toujours plus vaste, d’idées et de pratiques ; de la reconnaissance réciproque entre rebelles et révoltés ; de la rencontre entre les différentes rébellions (dans les prisons, dans les quartiers, dans les camps de travail, dans les centres fermés, dans les camps d’éducation, dans les camps de récréation,...) qui perturbent encore de temps en temps le cauchemar d’une vie passée à bosser, consommer, subir et dormir.

Où en-sont eux ?

Il serait absurde de ne pas replacer les pressions contre les anarchistes et les antiautoritaires, contre leurs idées et leurs agitations, dans un cadre plus vaste. Si on se penche sur l’exemple de Bruxelles, capitale de l’Union européenne et carrefour de relations internationales, on voit clairement comment l’État et le capital sont en train d’intensifier leurs efforts et mettre le paquet pour perpétuer les rapports sociaux d’exploitation et d’oppression en adaptant l’environnement aux besoins du capital et du pouvoir, transformant la ville en prison à ciel ouvert pour contenir les révoltes et le dégoût d’une vie de galère. Les projets de construction de la plus grande taule de Belgique sur le territoire bruxellois ou du siège de l’OTAN, les extensions de la vidéo-surveillance et du tissu répressif (nouveaux commissariats, plus d’uniformes de toute sorte dans la rue, militarisation des transports en commun, opérations coups de poings dans les quartiers pauvres) vont main dans la main avec une politique réfléchie et planifiée d’enclavement ou de gentrification des quartiers populaires, de réaménagement de la ville à coups de grands projets immobiliers et commerciaux, d’extension de la zone européenne et des services pour eurocrates, diplomates et capitalistes, de construction de nouveaux axes de transport comme le RER afin d’huiler la circulation de la marchandise et de l’homme-marchandise. Il ne serait pas exagérer de parler d’une intensification de la guerre que mène le pouvoir depuis toujours contre les basses couches de la population.

Malgré son arrogance, le pouvoir se rend bien compte que tout cela comporte aussi des risques de tensions et de révoltes, voire d’explosions incontrôlables comme on a pu les voir dans d’autres pays ces dernières années. Malgré toute la propagande étatique et la drogue marchande, malgré l’intoxication technologique et l’abrutissement rampant, le spectre de l’insurrection n’est plus simplement une vieille chose appartenant à un passé révolu, il pointe à nouveau timidement son nez dans les cœurs et les cerveaux de ceux qui sont las de subir. C’est bien pour cela que l’État cible ceux qui parlent d’insurrection, ici comme ailleurs, et qui s’obstinent à penser et à agir à la première personne pour saper l’édifice pourri de la société autoritaire. C’est bien pour cela que l’Etat cherche à réduire au silence ceux qui parlent de révolte et de liberté, de solidarité et de révolution, c’est pour cela que l’Etat pourrait considérer utile de mettre à l’écart quelques révoltés, d’un côté pour limiter leur capacités de nuire en mots et en actes, de l’autre pour effrayer aussi tous les autres.

Jamais innocents

Face à ces coups de pression, nos pensées s’envolent immédiatement vers les nombreux compagnons ailleurs dans le monde qui se trouvent derrière les barreaux, aux révoltés assassinés par le pouvoir, aux rebelles qui affrontent au quotidien le monstre étatique et capitaliste, aux réfractaires des règles de cette société pourrie qui restent debout, dans les cachots des geôles comme dans les couloirs des villes-prison. Cela nous aide à comprendre que jamais il ne pourra y avoir d’entente ou de trêve entre ceux qui se battent contre la réduction de nos vies à celles d’esclaves de la marchandise, de l’autorité, du travail, des bagnes et ceux qui sont au pouvoir aidés de tous leurs défenseurs. En ce sens-là, nous ne pourrons jamais être innocents.

Si la menace de la prison est à affronter, il s’agit également de rejeter obstinément les sollicitations du pouvoir, même et voire de façon encore plus déterminée, quand nos luttes et idées attirent l’attention malveillante des défenseurs de l’ordre. Pour nous, affronter la répression fait partie de nos révoltes et de nos luttes et nous savons que le compromis ou l’acceptation (fût-elle temporaire ou circonstancielle) des médiations ou des pragmatismes politiques neutraliseraient la charge subversive de nos idées et de nos pratiques. Il ne s’agit pas là d’une attitude de sacrifice ou de martyre, mais d’une recherche de cohérence entre la pensée et les actes à laquelle personne ne saurait nous faire renoncer.

Comme le disaient récemment des compagnons uruguayens confrontés à la répression ces derniers temps dans un texte, les défenseurs de l’ordre sont toujours à la recherche d’eux-mêmes. Là où il y a tension subversive, affinité, solidarité, individualité, ils cherchent organisation structurée, hiérarchies, chefs et stratégies politiques. Là où il y a sabotage et refus, violence révolutionnaire et révoltes enragés, auto-organisation et initiative individuelle, ils parlent de terrorisme, de menaces à contenir et d’association de malfaiteurs, tandis qu’en vérité, ce sont eux qui terrorisent les exploités et les opprimés, ce sont eux qui menacent les gens au quotidien pour les forcer à rester dans le rang, ce sont eux qui sacrifient tant de vies sur l’autel du profit et du pouvoir. Au fond, ils sont incapables de comprendre quoi que ce soit des idées antiautoritaires, car pour comprendre les pensées et les désirs de quelqu’un, il faut au moins les avoir effleurés, ressentis ou imaginés soi-même. Comme leur horizon n’est que pouvoir, loi et autorité, ils seront toujours à peu près aveugles dans les contrées de l’anarchie et de la subversion. Face aux refus des compagnons de collaborer de quelque manière que ce soit à leur œuvre répressive, face à l’attitude de mépris envers ceux qui protègent l’ordre établi, les chiens de garde restent en effet bien seuls dans leur univers répressif. Cela ne les empêche certainement pas de réaliser quelques coups, mais ils devront marcher à tâtons dans des contrées hostiles où personne ne cherchera à communiquer avec eux, tandis que le dialogue sera ouvert avec les révoltes et les potentiels complices dans la bataille contre toute autorité.

On ne lâchera rien

Si les coups de pression peuvent aussi amener leur lot de découragements ou de craintes, nous souhaiterions plutôt tendre vers une affirmation de nos idées et de nos pratiques. Nous sommes là et on ne lâchera rien. Si nous restons muets face au pouvoir, nous adressons par contre quelques mots d’encouragement et de solidarité à tous les compagnons et révoltés. Restons sur la voie du conflit, persistons dans notre choix pour la révolte et l’attaque, continuons à arracher le masque de chimère de la paix sociale. Si le pouvoir compte transformer tout en cimetière social, on continuera à brûler dans l’ombre des rapports aliénés et autoritaires, à se griser en perturbant la monotonie que le pouvoir voudrait imposer, à répandre le virus de la révolte et la volonté de vivre dans ce monde mortifère.

Entre s’écraser devant le pouvoir ou succomber au cannibalisme social et lutter à corps perdu pour ce qui enflamme nos cœurs, il n’y a pas de doute sur les chemins que nous continuerons à parcourir.

Des individualités anarchistes
Bruxelles, octobre 2013


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Commentaires
  • 5 octobre 2013 16:16, par vertaling

    vertaling in het Nederlands :

    Zonder ophouden

    Over de recente repressieve slagen tegen anarchisten en antiautoritairen op het Belgisch grondgebied

    De feiten in het kort
    Sinds verschillende jaren volgden de verschillende momenten waarop druk werd uitgeoefend tegen anarchisten en antiautoritairen op het Belgisch grondgebied elkaar op ; De huiszoekingen die plaatsvonden in september 2013 in drie woningen in Brussel, Gent en Leuven zijn er de laatste aflevering van. Eind mei werden drie andere woonsten en de anarchistische bibliotheek Acrata reeds doorzocht. Deze initiatieven van de onderzoeksrechter Isabelle Panou situeren zich in het kader van een onderzoek naar "terroristische organisatie, bendevorming en opzettelijke brandstichtingen". Dat onderzoek werd geopend in 2008. Maar de repressiekrachten hebben zich niet beperkt tot die huiszoekingen. Meermaals hebben ze geprobeerd om verklikkers te recruteren om de activiteiten van anarchisten en antiautoritairen te bespionneren. Ze hebben hun toevlucht genomen tot "uitzonderlijke opsporingsmethodes", ze verborgen bijvoorbeeld camerabewaking in het appartement van twee Brusselse anarchisten. Ze voeren eveneens surveillances uit, stellen rapporten op over de "anarchistische dreiging", organiseren administratieve pesterijen om het dagelijkse leven van de kameraden te bemoeilijken, ze geven informatie door over individuen aan politiediensten van andere landen, sturen oproepingen tot ondervragingen rond, publiceren laster in de pers enzovoort. Meerdere kameraden hebben ook korte verblijven van enkele weken achter de tralies gekend. Kortom, als je al die feiten in een breder kader plaatst, valt makkelijk te begrijpen dat de repressie via verschillende wegen probeert om gedachten en daden die deze wereld van autoriteit willen vernietigen af te remmen of te verlammen. Dat brengt ons er evenwel niet toe om te spreken over een zwaar repressief klimaat zoals je dat in andere landen kan zien. Laten we daar maar duidelijk over zijn : dat is zeker het geval niet. Daarenboven is er niets verbazingwekkends of bijzonder aan het feit dat de ordetroepen er slechte bedoelingen op nahouden tegenover de vijanden van de autoriteit.

    Het onderzoek gaat klaarblijkelijk over strijden, agitatie en initiatieven, van grotere of kleinere intensiteit : de strijd tegen de gevangenis en de solidariteit met de opstanden binnen ; de strijd tegen de bouw van een nieuw gesloten centrum in Steenokkerzeel en tegen de deportatiemachine ; de initiatieven en aanvallen tegen de aders van de gevangenis-stad (bouw van het Gewestelijke Expresnet, GEN, rond Brussel en het openbaar vervoer in het algemeen) ; de agitatie tegen de deurwaarders, tegen de NAVO en haar aanwezigheid in Brussel, tegen de Europese instellingen en de eurocraten ; of nog de strijd tegen de bouw van een maxi-gevangenis in Brussel...

    Waar staan we ?

    We kunnen onze hersenen pijnigen om de repressieve manoeuvres van de staat te analyseren, maar het interesseert ons meer om onze aandacht te blijven richten op wat we denken, wat we willen en wat we denken te doen om deze wereld van koopwaar en macht te bekritiseren, om het in vraag stellen en de weigering aan te moedigen, om de revolte tegen alles wat ons onderdrukt te verspreiden. In de loop van de voorbije jaren hebben strijden het licht gezien, ook al werden die vaak gevoerd in niet noodzakelijk erg gunstige omstandigheden en waren ze omringd door de malaise van de berusting. Corrosieve ideeën werden verspreid, bediscussiëerd en gedeeld, de parcours van strijd en revolte liggen bezaaid met honderden acties, aanvallen en sabotages – van alle vormen, maar altijd vijandig tegenover de macht. Medeplichtigheden werden gesmeed, solidariteit geuit, affiniteiten uitgediept en af en toe hebben we het beton van de onderdrukking en de onderwerping zien barsten.

    Het spreekt voor zich dat de uitdieping en aanscherping van de anarchistische ideeën in deze streken niet aan de aandacht van de waakhonden ontsnapt is. De kritieken op de kwantitatieve fixatie en op het fetisjisme van de formele organisatie, de weigering van alle bemiddeling en politieke vertegenwoordiging hebben bijgedragen tot het onstaan van informele, affinitaire en autonome ruimtes waar ideeën hand in hand proberen te gaan met praktijk en offensief. Zo begonnen kameraden, elkeen, hun weg te banen om het gevecht aan te knopen met de overheersing, strijdende tegen de politiekerslogica, weigerend om zich te laten verlammen door het afwachten en hun hersenen en handen bewapenend om te vernietigen wat gewoonweg onaanvaardbaar is. Het is de harstochtelijke en individuele liefdesverhouding tussen idee en wil, tussen verlangen en kritiek die her ertoe aanspoort om te handelen en de structuren en mensen van de overheersing te raken op het moment en op de manier die hen juist en gepast lijkt, terwijl ze tegelijkertijd sabotage en aanval naar voren schuiven als middelen die binnen het bereik van allen liggen die willen vechten voor vrijheid. Soms hebben die kameraden op straat of in gedeelde revoltes andere rebellen ontmoet, andere weigeraars die op hun manier vechten tegen wat hen onderdrukt. Als de macht van iets bang is, dan zal het zonder twijfel de mogelijkheid van een alsmaar bredere besmetting van ideeën en praktijken zijn, van een wederzijdse herkenning tussen rebellen en opstandelingen, van de ontmoeting tussen verschillende rebellieën (in de gevangenissen, in de wijken, in de werkkampen, in de gesloten centra, in de onderwijskampen, in de recreatiekampen,...) die af en toe nog de nachtmerrie verstoren van een leven dat gesleten wordt met werken, consumeren, ondergaan en slapen.

    Waar staan zij ?

    Het zou absurd zijn om de druk op de anarchisten en antiautoritairen, op hun ideeën en agitatie, niet te plaatsen in een breder kader. Als je je over het voorbeeld van Brussel buigt, hoofdstad van de Europese Unie en kruispunt van internationale relaties, zie je duidelijk hoe staat en kapitaal bezig zijn hun inspanningen op te voeren en plankgas te geven om de sociale verhoudingen van uitbuiting en onderdrukking te vereeuwigen door de omgeving aan te passen aan de noden van de economie en de macht, door de stad om te vormen tot een openluchtgevangenis om de revoltes en de walging van een rotleven in toom te houden. De projecten voor de bouw van de grootste gevangenis van België op Brussels grondgebied of van de hoofdzetel van de NAVO, de uitbreiding van de camerabewaking en van het repressieve weefsel (nieuwe commisariaten, meer uniformen van alle soort op straat, militarisering van het openbaar vervoer, spektaculaire politie-operaties in de arme wijken) gaan hand in hand met een doordachte en geplande politiek van insluiting of gentrificatie van de volkswijken, van herinrichting van de stad door grote immobiliënprojecten en winkelcentra, van uitbreiding van de Europese zone en van de diensten voor eurocraten, diplomaten en kapitalisten, van de bouw van nieuwe transportassen zoals de RER om de circulatie van de koopwaar en van de mens-koopwaar te smeren. Het zou niet overdreven zijn om te spreken van een verheviging van de oorlog die de macht al sinds altijd voert tegen de onderste lagen van de bevolking.

    Ondanks haar arrogantie beseft de macht maar al te goed dat dit alles ook risico’s inhoudt op vlak van spanningen en revoltes, of zelfs van oncontroleerbare ontploffingen zoals we die de laatste jaren in andere landen hebben kunnen zien. Ondanks de statelijke propaganda en de koopwaardrug, ondanks de technologische vergiftiging en toenemende afstomping, is het spook van de opstand niet gewoon meer een oud ding uit een ver verleden. Schuchter steekt dat spook weer de kop op in de harten en de geesten van degenen die het beu zijn om te ondergaan. Het is daarom dat de staat zowel hier als elders haar repressieve aandahct ook richt op degenen die spreken van opstand en die volharden in eerste persoon te denken en te handelen om het verrotte gebouw van de autoritaire maatschappij te ondermijnen. Het is wel degelijk daarom dat de staat probeert om degenen die spreken van revolte en vrijheid, van solidariteit en revolutie het zwijgen op te leggen, het is daarom dat de staat het nuttig zou kunnen achten om enkele opstandelingen achter de tralies te steken, langs de ene kant om hun vermogen tot schade berokkenen in woord en daad in te dijken, en langs de andere kant om ook alle anderen bang te maken.

    Nooit onschuldig

    In deze momenten van repressieve druk gaan onze gedachten onmiddellijk naar de vele kameraden elders in de wereld die achter de tralies zitten, naar de opstandigen die door de macht vermoord werden, naar de rebellen die op dagelijkse basis vechten tegen het statelijke en kapitalistische monster, naar de weigeraars van de regels van deze verrotte maatschappij die de rug recht houden, zowel in de cachots van de kerkers als in de gangen van de gevangenis-stad. Dat helpt ons om te begrijpen dat er nooit verstandhouding of wapenstilstand zal zijn tussen degenen die vechten tegen de herleiding van onze levens tot dat van slaven van de koopwaar, de autoriteit, het werk, de strafkampen en degenen die aan de macht zijn en al hun verdedigers. In die zin kunnen wij nooit onschuldig zijn.

    De dreiging van de gevangenis kan bestreden worden, maar het gaat er ook over om koppig de uitnodigingen van de macht te verwerpen, ook of zelfs nog vastberadener wanneer onze strijden en ideeën de nefaste aandacht trekken van de verdedigers van de orde. Voor ons maakt het vechten tegen de repressie deel uit van onze revoltes en strijden, en we weten dat het compromis of de aanvaarding (ook al is die tijdelijk of door omstandigheden) van de bemiddelingen of van politieke pragmatismes de subversieve lading van onze ideeën en praktijken zouden neutraliseren. Het gaat hier niet over een houding van opoffering of martelaarschap, maar over een zoektocht naar coherentie tussen het denken en het doen waar niemand ons van zal kunnen doen afzien.

    Zoals Uruguyaanse kameraden die de laatste tijd eveneens te maken hebben met repressie het zeiden in een tekst : de verdedigers van de orde zijn altijd op zoek naar zichzelf. Waar subversieve spanning, affiniteit, solidariteit, individualiteit is, zoeken zij gestructureerde organisatie, hiërarchie, chefs en politieke strategieën. Waar sabotage en weigering, revolutionair geweld en woedende rebellen, zelforganisatie en individueel initiatief is, spreken zij van terrorisme, van dreigingen die moeten ingetoomd worden en van bendevorming. Terwijl het in feite zij zijn die de uitgebuiten en onderdrukten terroriseren, zij zijn het die de mensen dagelijks bedreigen om hen te dwingen binnen de rangen te blijven, het zijn zij die zovele levens opofferen op het altaar van winst en macht. Eigenlijk zijn ze niet in staat om wat dan ook te begrijpen van antiautoritaire ideeën, want om de gedachten en de verlangens van iemand te begrijpen moet je op z’n minst ze zelf ooit eens aangeraakt, gevoeld of ingebeeld hebben. Vermits hun horizon alleen maar macht, wet en autoriteit is zullen ze altijd zowat blind zijn in de streken van de anarchie en de subversie. Tegenover de weigering van kameraden om op welke manier dan ook mee te werken aan hun repressie, tegenover de houding van minachting voor degenen die de gevestigde orde verdedigen, blijven de waakhonden maar heel alleen over in hun repressieve universum. Dat zal hen er zeker niet van weerhouden om slagen uit te delen, maar ze zullen op de tast af moeten kruipen in de vijandige streken waar niemand met hen wil communiceren, terwijl de dialoog altijd open zal blijven met de rebellen en mogelijke medeplichtingen in het gevecht tegen alle autoriteit.

    We zullen niets loslaten

    Repressie kan ook ontmoediging en angst met zich meebrengen, maar wij verkiezen te neigen naar een bevestiging van onze ideeën en praktijken. We zijn er en we zullen niets loslaten. Terwijl wij de stilte bewaren tegenover de macht willen we daarentegen enkele bemoedigende en solidaire woorden richten tot alle kameraden en opstandigen. Laten we op het pad van het conflict blijven, laten we volharden in onze keuze voor de revolte en de aanval, laten we het masker van de hersenschim van de sociale vrede blijven afrukken. De macht wil alles omvormen tot een sociaal kerkhof, wij zullen blijven branden in de duisternis van de vervreemde en autoritaire verhoudingen, ons blijven benevelen in het verstoren van de monotonie die de macht macht wil opleggen, het virus van de revolte en de wil tot leven in deze doodse wereld blijven verspreiden.

    Tussen ineenzakken tegenover de macht of ten onder gaan aan het sociale kannibalisme en zonder terughoudendheid vechten voor wat onze harten in lichterlaaie zet bestaat er geen twijfel over de wegen die we zullen blijven opgaan.

    Anarchistische individualiteiten
    Brussel, oktober 2013

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