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Témoignage féministe des arrestations du 17/12/16, encore une fois la Police nous confirme ce que nous pensons d’elle.

posté le 18/12/16 Mots-clés  antifa  féminisme  répression / contrôle social 

Samedi 17 décembre 2016 à eu lieux un rassemblement contre un congrès de néo nazi à Bruxelles, en bref, car le but de cet article n’est pas axé sur ces événements, après un rassemblement de 1h au square de Meeûs, une attaque contre le local nazi est effectuée, la police protégeant le local est par concéquent également touchée mais n’était pas directement visée, après cela le rassemblement se transforme en manifestation sauvage se dirigeant vers Trône avec la volonté visible d’aller vers Matongé, mais à peine engagé sur la chaussée vers Porte de Namur, la police à chargé le cortège par l’arrière, avec les voitures sirènes hurlantes et les robocop courant aux trousses des manifestant.e.s. Pour se faire attraper, un copain s’est fait renverser par une voiture et ensuite frappé, une copine à fini à l’hôpital en se faisant elle aussi renversée. 56 personnes se sont faites arrêtées et emmenées aux casernes d’Etterbeek.

Nous nous focaliserons ici sur la partie arrestations de la journée et non sur le rassemblement et la manifestation.
Voici un témoignage féministe d’une après-midi aux casernes d’Etterbeek lorsque les flics sont d’humeur à montrer leur vrai visage.

Nous sommes donc à terre « en colonnes » (assis.e.s jambes tendues et écartées les un.e.s « emboité.e.s » dans les autres) avec les poignets colsonnés, il y a deux rangées d’hommes et une grande rangée de femmes. Le nombre de femmes et d’hommes arrêté.e.s est à peu près le même.
C’est là que va commencé une après-midi d’insultes et d’humiliations misogynes, homophobes et racistes.

Déjà, un policier passe entre les colonnes, son visage crispé par la haine en criant des « Bande de fils de putes, espèces d’enculés, vous avez que ça à faire hein ? Casser ! Vous êtes bons qu’à ça ! Bande de sales gauchistes, fils de putes ! », on comprend déjà ici le parti prit de ce policier qui ne nous étonne plus, je perçois à ce moment là un dialogue entre une arrêtée, qui à encore le courage d’essayer de convaincre la police, et un policier lui répondant un classique « Je ne suis pas contre l’extrême droite car je suis pour la liberté d’expression. ». Pour parler de nous les flics disent « là, c’est les sales gonzesses » en le répétant plusieurs fois car ça à l’air de les faire rire.

Les hommes se font en premier embarquer dans les fourgons quelque peu brusquement, à ce moment un policier se penche vers nous et nous dit d’une voix mielleuse « Ne vous inquiétez pas, on sera plus délicat avec vous », pour encore une fois nous prouver le machisme ambiant de la police qui pense que les femmes sont de petits êtres fragiles. Non, nous ne sommes pas en porcelaine et nous ne voulons pas être traitées différemment car nous sommes des femmes.

Nous sommes donc embarquées dans les fourgons une après l’autre, certaines reçoivent des délicats « Ah nan je veux pas de ces greluches dans mon fourgon, elles sont sales ! » ou d’autres se font traiter de « petasse ».

Ce même-jour à 13h avait lieux une manifestation contre l’actuel président du Congo où ont participer près de 200 congolais.e.s, un policier dit alors à une femme noire également arrêtée qu’elle s’est trompée de manifestation et que la sienne est à 13h.

En arrivant aux casernes d’Etterbeek, le fourgon s’ouvre et un policier dit « Ooh c’est que les femmes … », déçu de ne pas pouvoir se défouler comme sur les hommes.
Nous sommes replacées en « colonnes » dans les grandes cellules des casernes, toujours attachées, certaines ont les mains bleues tellement les colsons sont serrés. Un policier nous surveille, en s’adressant à un de ses collègues il dit « Hé, y’en à 16, tu veux laquelle ? », nous lui répondons que nous ne sommes pas de la viande et qu’il n’a pas le droit de parler de nous comme ça, il n’insiste pas et baisse les yeux avec un petit sourire narquois, peut-être un peu gêné mais tout de même fier de sa blague.

Nous ne sommes pas encore toutes présentes et quand le deuxième fourgon de femmes arrive, un policier dit à une copine pour qu’elle s’asseye « Vas-y écarte les jambes, ça au moins vous savez le faire. », un autre amenant une des dernière arrêtée crie bien fort « C’est ici la cellule des sois-disant femmes ? ». Voici encore une preuve que la police est remplie de machistes décomplexés, leur vision des femmes est placée entre des œillères, pour eux il n’y a qu’une seule sorte de femme, et nous, dont beaucoup ont des styles alternatifs, certaines aux cheveux courts ou non-maquillées et en basket ou bottines, nous ne sommes féminines, donc nous ne sommes pas des femmes.

Sur une trentaine de policiers présents dans les casernes, on peut compter qu’à peine trois femmes, très jeunes, rigolant faussement et timidement aux blagues virilistes de leurs collègues. Beaucoup de policiers présents sont également très jeunes, et on les sent influencés par l’humour des plus anciens, comme s’ils étaient obligés de l’approuver pour être intégré. Un policier nous surveillant, d’à peine 25 ans essaye de justifier son collègue des remarques racistes qu’il a faites, en s’enfonçant un peu plus à chaque phrase, l’on peut lire le malaise sur son visage et dans sa gestuelle.

Comme on nous emmène une à une pour la fouille et l’identification, les dernières à passer restent colsonnées pendant près de 4 heures. Lorsque c’est à notre tour, et que l’on nous détache enfin, nous sommes emmenées dans une pièce avec deux hommes encagoulés, jouant un cinéma ridicule, pour nous prendre en photo, en nous affirmant que ceci est une arrestation judiciaire pour qu’on se laisse bien faire (pour rappel, en cas d’arrestation administrative, les policiers ne peuvent pas nous prendre en photo).

Après cela, une femme part avec nous pour nous fouiller. Une jeune à peine sortie de l’école de police, essayant d’être la plus gentille et polie possible comme si elle voulait excuser ses collègues masculin de la manière dont ils nous traitaient. Une fois fouillées, lacets, soutient-gorges, écharpes (en ce lieux très grand et non chauffé, il fait vraiment froid) et tous bijoux retirés nous sommes amenées dans le bureau pour signer le fameux papier de l’arrestation (que vous n’êtes pas obligé.e.s de signer !!!) où il est noté « arrestation administrative », le policier me tendant le papier s’enfonce encore plus dans son mensonge quand je lui ai dit qu’ils ont vraiment des techniques malhonnêtes et crapuleuses pour qu’on se laisse prendre en photo. Voici encore une preuve que oui, les policiers sont des menteurs professionnels.

Les heures passent et nous sommes relâchées vers 17 heures, en montant une à une dans le fourgon qui va nous emmener quelque part dans Bruxelles, évidement on ne peut pas savoir où, les policiers qui eux aussi en ont marre (« J’ai faim », « J’suis crevé », « J’ai trop envie de rentrer », « Vous faites vraiment chier de faire ça un samedi matin vous m’avez niquer ma journée ») se lâchent sur les dernières blagues qu’ils peuvent faire, en manque d’aspiration, toutes plus ridiculement pitoyables les unes que les autres, des « T’en vois une seule de belle là dedans ? », prouvant encore, encore une fois que quand il s’agit de femmes, les personnes dominées par le patriarcat sont toujours obligées de parler de notre physique et de le juger, « Vous devriez être contentes on à été cool », « En fait tes un homme ou une femme ? », « dépose les à Haren ça leur fera les pieds », « Bienvenues sur Air Police, les sorties de secours sont ... », un policier à un autre mangeant une pomme « - Hé elle est hallal ta pomme au moins ? - Oui hein je l’ai égorgée avant de la manger ! » suivit de gros rires gras, ici une tentative de tourner l’Islam au ridicule.
Une femme voulant remettre son soutient-gorge dans le fourgon demande au policier présent de se retourner, il lui répond « Je crois pas que ça va me plaire de toute façon », en se tournant à peine, son collègue ajoutant « Ouais il préfère les hommes » et en rigole après. Prouvant que l’homosexualité dans le monde policier est encore et toujours une insulte.

Aujourd’hui comme hier, la Police répugne et nous confirme encore une fois tous ce que nous pensons légitimement d’elle ! Cela ne fera que renforcer nos luttes en nous prouvant que nous ne nous trompons pas de combat, que toujours nous combattrons l’autorité de l’Etat représentée par la Police qui traduit bien le patriarcat et le virilisme de celui-ci. Nous n’avons pas besoin de cowboys dans nos rues !
Plus que jamais nous sommes fortes et combatives, nous placer toutes ensemble dans la même cellule renforce notre sororité et notre rage de combattre cette société sexiste commandée par des hommes.

Féministement vôtre.


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