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Violence policière à Ixelles

posté le 02/07/13 par redondant Mots-clés  répression / contrôle social 

23 juin · · Pris à Ixelles, Bruxelles

Je, soussignée, Renate Brantz, de nationalité belge, née à Saint-Vith, le 16-10-1957 et domiciliée [adresse enlevée par le collectif puisqu’on ne sait jamais] déclare Que le dimanche 23 juin 2013, vers cinq du matin, je rentrais chez moi. Alors que je me trouvais rue du Belvédère, près du croisement avec la chaussée de Boondael, j’ai aperçu des jeunes gens (environ 20 personnes) ainsi que... trois policiers en uniforme et plusieurs voitures de police. C’était la fête de la musique.J’ai entendu les policier leur dire « Rentrez chez vous car il y a des gens qui travaillent demain ! »J’ai dit gentiment : « Il y a peu de gens qui travaillent le dimanche. C’est le week-end de la fête de la musique. En plus, il y a si longtemps qu’il n’y a plus eu un week-end sans pluie, vous pourriez faire une exception pour ces jeunes gens. »Deux des trois policiers, qui faisaient comme un mur devant le groupe, se sont immédiatement retournés, ils m’ont menottée, mains dans le dos avec un collier de serrage en plastique et m’ont jetée dans une de leurs voitures. Les policiers ont encore parlé pendant quelques minutes avec le groupe. Ces personnes étaient choquées, j’ai entendu l’une d’elles exprimer que ce que j’avais dit n’était pas formulé d’une manière agressive.Dès que la voiture a démarré, le policier assis à côté de moi (âgé environ de 40 ans) m’a frappé l’œil gauche en disant « Tu vas en avoir sur ta gueule comme ça tu vas te calmer ! ». Le conducteur et le policier qui m’a frappée ont échangé sur ce coup de poing. Le conducteur a demandé « C’était bien un droite, hein ? ». Celui qui venait de me frapper a confirmé la droite. Le conducteur était un peu enveloppé, l’autre plus jeune, un peu plus grand était d’une corpulence moyenne. Ils s’exprimaient en français avec un léger accent bruxellois.J’étais très angoissée, je souffrais physiquement et je me sentais terriblement humiliée et totalement démunie en tant que citoyenne, femme, mère, grand-mère et plasticienne. J’ai demandé « Où m’emmenez-vous ? » Ils m’ont répondu « On va chez le docteur ».En rentrant aux urgences de l’hôpital d’Ixelles, mon nez saignait. J’ai interpellé une infirmière et le médecin de garde (de type africain, noir) : « Regardez-ce qu’ils m’ont fait ». Il n’y a pas eu de réaction ni de la part du médecin, ni de l’infirmière. Ils ne m’ont posé aucune question. J’ai demandé un verre d’eau au médecin. Mais il est reparti chercher des papiers. Le policier m’a dit que c’est lui qui me donnerait le verre d’eau. Pendant l’absence du médecin, le policier a approché un gobelet de ma bouche. J’étais toujours menottée, je venais de recevoir un coup au visage et j’étais donc affaiblie et maladroite. J’ai donné un léger coup de tête dans le gobelet. L’autre policier m’a alors tenue par le cou tout en me décrochant une nouvelle droite sur la mâchoire, côté gauche.

Ces faits se sont passés devant le collègue du policier mais sans témoin extérieur, au sein des urgences. Au retour du médecin, le policier qui m’avait tendu le gobelet lui a expliqué que j’avais refusé de boire l’eau et que j’avais agressé les policiers. J’ai rétorqué : « Comment pourrais-je vous agresser alors que j’ai les mains liées derrière le dos ? » Après avoir reçu un document du médecin de garde, Dr Kamba-Muzenga Thierry d’après la signature figurant au bas du document que je possède, les policiers m’ont amenée au commissariat de police de la rue du Collège.

A l’arrivée au commissariat de la rue du Collège, on m’a demandé : « Est-ce que vous savez pourquoi vous êtes là ? » J’ai demandé que l’on me l’explique. Les policiers ont dit que la raison était l’état d’ivresse sur la voie publique. Ce fait n’est pas prouvé par l’examen clinique pratiqué les mains entravées par des colliers de serrage et pendant lequel aucune prise de sang n’a été effectuée.Ensuite, une femme policière portant des gants en plastique est entrée et a libéré mes mains. Elle m’a demandé de me déshabiller : « Manteau, chaussures, bas, chaussettes »J’ai été emmenée par un autre policier dans une cellule où je suis restée environ trois quarts d’heure. Après cela, on m’a mis des menottes métalliques pour me transférer à l’Amigo. J’ai exprimé mon désarroi à une femme policière « Regardez ce que vos collègues m’ont fait ». Cette dame m’a répondu : « Je n’en ai rien à foutre ».Je suis arrivée au commissariat de l’Amigo vers 7h15. A nouveau, j’ai du enlever mes vêtements : manteau, bas, soutien gorge, bijoux et lunettes. Ces objets ont été mis dans un sac en plastique. J’ai été enfermée dans une cellule, cette fois-ci, on m’avait donné deux gobelets d’eau.Je n’ai reçu aucune explication entre les deux commissariats.Après un certain temps, j’ai attiré l’attention en frappant à la porte afin de savoir combien de temps ils comptaient me garder. On m’a dit « Cela dépend maximum jusque 17h ». Vers 11h30, on m’a ouvert la porte. Puis dans le couloir, l’inspecteur m’a ordonné de plier la couverture, de remettre mes chaussures, mon manteau. Par contre, je n’ai pu remettre ni mes bas, ni mon soutien gorge.Mes lunettes ne m’ont été remises. Or, avant de sortir du commissariat, un P.V doit être signé. Je suis incapable de lire un document sans lunettes. J’ai donc signalé ce fait. Le policier m’a dit que je n’étais pas obligée de signer mais il m’a menacée« Si tu n’arrêtes pas ton cinéma, tu retournes au cachot ». Alors, parce que je craignais pour ma liberté et que je me sentais menacées et diminuées dans ma féminité, sans soutien-gorge et sans lunettes, j’ai fini par signer un document que je ne pouvais pas voir ni a fortiori lire.

Après mon audition, l’inspecteur John Luyten m’a demandé si je voulais faire une déclaration. J’étais dans un état de choc, j’avais peur qu’une déclaration ne puisse être utilisée contre moi. J’ai préféré m’abstenir. Il m’a dit « Pas de problème, madame ». Cependant en se levant à mon départ, il a ajouté « Ah, Ah ! Je vous dis que ce n’est pas en votre faveur de ne pas faire de déclaration. »Il était environ 11h50 quand sans bas ni soutien-gorge, désorientée, démunie, j’ai pris un taxi. Le conducteur m’a dit : « Vous êtes arrangée ! » C’est à ce moment là que j’ai regardé mon visage dans le miroir et que j’ai constaté son état effrayant.Après avoir pris une douche, je me suis rendue à l’hôpital d’Ixelles, aux urgences où le docteur Sophie Collignon a effectué un constat de lésion.


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Commentaires
  • 2 juillet 2013 13:46

    Appel : des jeunes auraient filmé l’arrestation, si vous avez des vidéos, demandez au Murmure Café à Ixelles.

  • 4 juillet 2013 06:46, par justice ?

    un juge d’instruction ne pourrais t’il pas récuperer les images de surveillance de la place flagey ???
    c’est bien pour nous protèger qu’il y a des caméra partout ?

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