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[discussion] Ni dictature ni démocratie, mort à l’État !

posté le 10/10/18
lieu : Acrata
adresse : Rue de la Grande Île 32, 1000 Bruxelles
Mots-clés  luttes sociales  répression / contrôle social  projection / débat / concert 

Le pouvoir se transforme sans cesse, s’adapte et se précise pour mieux asseoir son existence. Les démocraties se donnent une façade d’immuabilité, rythmée par la mascarade cyclique des élections. Depuis des décennies, elles prétendent garantir une paix apparente qui passe pour éternelle, offrir la parole à qui veut exprimer ses opinions, faire régner la loi de la majorité par le biais des urnes… Et pourtant, elles évoluent.
Schématiquement, on peut observer deux tendances.
D’un côté, il y a un approfondissement de la logique démocratique, par l’implication toujours croissante de tout un chacun dans le bon maintien de la paix sociale. C’est par exemple l’invention du citoyennisme, et plus largement l’idée que les sujets des États démocratiques peuvent participer directement aux décisions qui les impliquent. Mais c’est aussi l’omniprésence de l’autocontrôle par la technologie, où le moindre comportement déviant sera filmé par des dizaines de smartphones et relayé partout sur internet. Ou encore l’autogestion de la misère, où chacun peut louer sa chambre, sa voiture, son temps. En somme, c’est le rêve d’un pouvoir qui n’a plus besoin de représentants pour se maintenir, qui peut se passer de police, qui ne doit plus faire face aux mécontentements de ceux qui crèvent de faim. Un régime qui aurait convaincu tout le monde, qui aurait résigné tout le monde, qui fonctionnerait comme un organisme parfaitement réglé où la force n’aurait plus de raison d’être. Une sorte de démocratie totalitaire.
Et puis, d’un autre côté, et de manière (apparemment) contradictoire, les discours sécuritaires, nationalistes et belliqueux connaissent un succès inédit, et l’on en voit les conséquences tous les jours. Les flics et les militaires pullulent, infestent les rues des villes et des villages, accompagnés de caméras de surveillance, de tanks et de drones. La guerre est ici, mais elle est ailleurs aussi, et les rescapés qui cherchent à traverser la Manche depuis la Belgique sont le prétexte idéal pour ressortir le nationalisme du placard. Le pouvoir s’impose par la force et se dispense même parfois ouvertement des lois pour ce faire. Comme une dictature qui se dessinerait à l’horizon.
Entre ces deux tendances, il y a des ruptures et des liens. En tant qu’anarchistes, nous voulons lutter contre le pouvoir, quel que soit son visage. Pour ce faire, nous devons cependant comprendre les voies qu’il emprunte, les stratégies qu’il échafaude. Lors de cette discussion, nous voudrions tenter de dégager des pistes en ce sens qui puissent avoir des conséquences sur nos pratiques.


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