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Répression policière à la Reclaim the night du 11 février 2017
posté le 23/03/17 par Collectif de rageuses Mots-clés  féminisme 

« La reclaim the night, ça peut arriver à n’importe quel moment, à n’importe quel endroit, ça se passe quand ça se passe. C’est une marche sauvage. »
« La reclaim the night c’est une manière de se réapproprier la rue. Une rue qu’on nous a appris à craindre. Une rue où résonne l’écho du fascisme et de toutes les violences sexistes. »
Alors on se rassemble et on marche, ensemble, uni-e.

Samedi 11 février, nous nous sommes retrouvé-e-s en début d’après-midi pour préparer la marche. Les copaines arrivent peu à peu, certain-e-s viennent de loin : Paris, Toulouse, Lille. L’ambiance est bienveillante, chaleureuse. Chacun-e est libre de participer au mouvement en s’intégrant à un atelier (fabrique de flambeaux avec de la récup, chorale, création de pancartes, de pochoirs …). D’autres discutent ou se reposent dans les coussins.
On ne se connait pas mais on sait pourquoi on est là, on a la même rage, la même envie de clamer haut et fort notre existence et nos revendications.
Après plusieurs heures d’activités, nos ventres commencent à gargouiller, tout a été prévu et on voit arriver une grosse marmite de soupe. On prend des forces et on se rassemble pour faire le point et poser des questions (les droits en garde à vue, l’itinéraire, la sécurité, visibilité des photos, comment rester groupé et repartir ensemble après la marche…).

L’appel sonne.
On se divise sur le chemin pour se rejoindre au mont des arts. Il est 20h, le départ est prévu dans 30mn. Des flics sont présents, en retraits.
Certain-e-s d’entre nous sont déguisé-e-s, maquillé-e-s, d’autres cagoulé-e-s. On distribue des paroliers, les chants féministes commencent, un groupe de percussions militant les accompagne et donne le rythme pour une marche festive !

On se met en route vers le centre-ville, les slogans fusent « fièr-e-s, vénères, pas prêtes à s’taire ! »
« A bas l’Etat et le patriarcat ! » « Tout le monde déteste les violeurs ! »
Les passants regardent, curieux, certain-e-s prennent des photos (ça nous dérange car elles pourront potentiellement être utilisées pour identifier des personnes mais nous savons que nous n’avons pas prise là-dessus.)
Nous distribuons des tracts qui expliquent notre dé-marche et invitent les concerné-e-s à nous rejoindre. Peu font le pas de se joindre à nous mais de nombreuses femmes nous encouragent par des sourires. Tout-e-s les employé-e-s d’un magasin de gaufres, se massent à la fenêtre pour crier leur soutien.

Dès le début de la marche, des relous rappliquent, on est un peu déstabilisé-e-s mais très vite les gestes convenus pour signaler un danger sont utilisés et nous restons groupé-e-s. On arrive à se protéger par nous-même mais la police veut jouer au cowboy et écarte (protège ?) un relou qu’on était parvenu-e-s à chasser.

Alors que nous arrivons à la rue des Grands carmes, trois policiers chargent violemment deux personnes sur le côté, au milieu du cortège, sous prétexte qu’elles faisaient des tags. Immédiatement, plusieurs d’entre nous réagissent efficacement en écartant les flics et protégeant les copaines. Cette solidarité déchaîne les flics qui se mettent à nous donner des coups à tout va, nous ne nous laissons pas démonter.
On les encercle, on hurle tout-e-s la même chose « Dégage » et on réussit à les repousser jusqu’au bout de la rue.
Des renforts flics arrivent en plus grand nombre et font mine de charger. On avance pour sortir dans l’autre sens, sans courir mais au bout de la rue, surprise, d’autres flics débarquent et bloquent la rue, renforcé par des fourgonnettes. Ils nous nassent.
Dans la nasse, nous commençons à danser, chanter, faire des tours pipi. Des personnes extérieures nous rejoignent. On communique également beaucoup entre nous (est ce que l’on charge ?).
Les flics nous enjoignent au mégaphone de sortir deux par deux en montrant nos papiers.
Certain-e-s acceptent, aucun jugement n’est porté sur ielles.
La majeure partie du groupe préfère tenir tête aux flics. C’est un refus politique de ne pas être fiché-e mais également en solidarité aux personnes qui n’ont pas de papiers ou dont les papiers ne sont pas en adéquation avec leur genre. On crie « on veut sortir mais tout-e-s ensemble ».
Nous restons donc dans la nasse, on se tient chaud, on rigole, on se calme les un-e-s les autres. On harangue et insulte les flics.
Puis, peu à peu, ils nous serrent avec les boucliers. Ils continuent à faire pression sur nous. Ils veulent nous faire sortir un-e à un-e en nous arrachant violemment du groupe. Celles qui résistent sont matraqué-e-s avec fougue, à telle point que parmi les flics, certains ont dû en retenir d’autres qui tapaient « trop fort ».

Aux fenêtres des bâtiments, il y a des gens qui nous observent depuis le début de la nasse. On leur demande de filmer pour avoir des preuves de la violence policière. Ils s’abstiennent, refusent même de nous donner à boire… Nous sommes en rage contre la police et contre la collaboration du silence.

Lorsqu’ils en ont pris deux ou trois ils font une pause et tentent alors de nous désolidariser en nous infantilisant, humiliant « toi tu es gentille, sors » « à cause de vous je ne peux pas baiser ma femme ce soir » « mais j’ai une grosse bite c’est bien pour ça que je suis en face de toi » ou de nous culpabiliser « c’est vous qui avez commencé à dégénérer ».Nous on leur répond par des slogans, des chants, des cris, des interpellations et des insultes. Pendant les accalmies on communique entre nous pour savoir qui souhaite être retenu-e. Le choix de chacun-e est respecté.
On veut rester solidaire. On est là pour défendre notre place dans l’espace public et lutter contre les violences sexistes… la situation actuelle est donc entièrement révélatrice de notre combat. Il ne faut pas lâcher. Par échange de texto avec les personnes qui sont/on été sortie de la nasse on sait que nous ne sommes pas seul-e-s. Les copaines attendent derrière les camionnettes.
Nous nous faisons progressivement tous-t-e arracher de la nasse mais une fois sortie, les violences ne diminuent pas ; clé de bras, visage écrasé contre terre. Nous sommes fouillé-e-s un-e à un-e. Celleux qui refusent de donner leur papiers ou qui n’en détiennent pas son agenouillé-e-s près d’un énorme tas de merde de chien et seront relâché-e-s bien plus tard. Certain-e-s se sentent démuni-e-s de ne pas connaitre leurs droits face aux flics et les sanctions encourus en cas d’opposition.

La nasse a duré plus de 2h mais personne n’a été emmené au poste, c’est une victoire. On se prend dans les bras et on repart en gueulant !
Choqué-e-s, stréssé-é-s, fatigué-e-s, en colère, nous retournons progressivement vers le lieu de la soirée en discutant de manière informelle sur ce qui vient de se passer. L’objectif de la répression policière est d’attaquer la solidarité et de nous diviser… nous sommes encore plus uni-e-s.

A l’arrivée, un copieux repas chaud nous attend. Nous nous réconfortons mutuellement.
Une fois que la tension est un peu redescendue, nous débriefons. De nombreuses questions, point de vue, (auto)-critiques ont pu être abordé et partagé. Celleux qui ont été blessé-e-s, choqué-e-se sont exprimé-e-s. La ténacité et la solidarité que chacun-e à mis en place est mise en avant.
La question de l’inclusivité des personnes racisées, âgées, sans papier, d’enfants, enceintes a aussi été abordée. Un débat a également été amorcé concernant les pratiques choisies pendant la marche et qui peuvent exposer le cortège à la répression. Comment permettre alors l’inclusivité des personnes subissant l’oppression de la société cissexiste dans le cadre d’une manif non déclarée et passablement exposée à la violence policière ?

Le débrief est clôt, la musique est lancée et la boum commence. Demain nous continuerons.


posté le 23 mars 2017  par Collectif de rageuses  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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