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ANTIRACISTE PLUS RACISTE QUE RACISTE
posté le 15/07/17 par Nicolas Pasadena Mots-clés  agriculture  projection / débat / concert 

De tout temps, le racisme fut une question empoisonnée, fatalement vouée à véhiculer et à transmettre la fausse conscience idéologique. En effet, le racisme détermine généralement la position de ceux qui s’opposent à lui, et ses ennemis sont ainsi amenés à jouer son jeu. Le crétin qui s’en prend à un Noir parce qu’il est noir encourage par l’exemple un autre crétin, qui défendra le Noir parce qu’il est noir. De la sorte, tous les facteurs réels d’appréciation d’un individu disparaissent, au profit d’une opposition formaliste vide, et la position raciste contient et domine, de fait et sournoisement, la position antiraciste. Il ne reste plus aux Noirs qu’à parachever ce délire en traitant les autres de « sales Blancs », et à devenir encore plus racistes que les Blancs.
https://www.facebook.com/groups/anarchismeenpdf/


posté le 15 juillet 2017  par Nicolas Pasadena  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • Nous relayons un texte de Nicolas Pasadena sur l’islamophobie et le racisme de classe.

    Depuis 10 ans et la première loi anti-voile, se propagent sur les plateaux télévisés et dans plusieurs organes de presse des propos qui heurtent les militant-e-s libertaires que nous sommes. Nous, libertaires contre l’islamophobie, sommes souvent aussi engagé-e-s sur le terrain des luttes antiracistes, des luttes des quartiers populaires, contre les crimes et violences policières, dans la solidarité avec la Palestine, ou encore dans le combat féministe radical…

    En effet, les luttes concernant directement certaines populations, les « damnés de l’intérieur » selon l’expression du sociologue Mathieu Rigouste, sont trop souvent sous-estimées. La peur de l’islam, les discours sur les échecs de l’intégration, la mobilisation de la rhétorique islamophobe est devenue l’arme ultime permettant de justifier la politique xénophobe, répressive, inégalitaire ainsi que les discriminations ou encore les guerres impérialistes. A​ cette offensive, nous devons​ opposer une résistance totale​ et ne pas nous couper des premier-e-s visé-e-s.

    C’est pourquoi des militant-e-s libertaires, détaché-e-s des préjugés qui parasitent les milieux de gauche et conscient-e-s de l’enjeu central que représente la lutte contre l’islamophobie, ont décidé à l’automne 2012, suite à la Une islamophobe de Charlie Hebdo et aux débats internes au sein de l’anarchosphère après le chahutage de Caroline Fourest à la Fête de l’Humanité, de rédiger un appel : « ​Libertaire et sans concession contre l’islamophobie » (1). C’est également dans cet esprit que nous avons décidé d’apparaître le 15 mars dernier au rassemblement initié par le Collectif Féministe Pour l’Égalité. Au-delà de l’impératif d’une opposition large à ces offensives racistes ciblant spécifiquement les musulman-e-s, la motivation de cette apparition était de porter clairement deux messages :

    - Une parole politique libertaire forte contre l’islamophobie et pour la construction d’une riposte antiraciste large, afin d’unir toutes les victimes du racisme d’état (sans-papiers, immigré-e-s, français-e-s issue-s de la colonisation, roms, noir-e-s, arabes, musulman-e-s, asiatiques…) sans en laisser sur le bord de la route !
    – Un refus de l’utilisation de nos arguments libertaires pour légitimer l’islamophobie, une façon de dire : Pas en notre nom !

    Noyée dans un fatras d’arguments pseudo-laïques, pseudo-féministes, pseudo-progressistes avancés par des personnalités telles Michel Onfray ou l’équipe de Charlie Hebdo, émerge aussi parfois de leur discours l’auto-affirmation de leur sensibilité libertaire, en réalité l’usage d’un lexique libertaire se réclamant du combat antireligieux des anarchistes, de l’impertinence, la provocation, la liberté d’expression, etc. Quelle qu’en soit la forme, le rapprochement entre l’islamophobie de ces individus et nos convictions libertaires nous est intolérable. D’autant que cette tendance traverse également notre courant politique. […]

    https://quartierslibres.wordpress.com/2014/07/25/pas-dislamophobie-au-nom-des-idees-libertaires/

  • [...] Dans tous les cas, il n’y a jamais eu d’autres « races » que des « races sociales »,en tout cas construites socialement, même lorsque la race fut déguisée sous des dehors scientifiques.

    C’est pourquoi la dé­marcation « sociale », cette distinction que voudraient opérer les néo-racialistes d’avec le racialisme du XIXe siècle n’a pas lieu d’être, à moins de reconnaitre la scientificité biologique des « races », mais après tout, on se rendra compte à travers la lecture de cet ouvrage que ce ne serait pas la dernière des ignominies de nos racialisateurs

    • Pour l’instant, contrairement à ce qui se passe depuis que l’élevage existe chez les animaux, personne ne s’est avisé sérieu­sement d’organiser la sélection ou même d’utiliser la manipu­lation génétique pour s’essayer à constituer des races à partir de tout ce foisonnement, et même si des formes de sélection génétique commencent à exister chez l’homme, elles n’ont pas pour objectif de créer et de fixer des races.

    Mais apparemment cela ne suffit pas. Il y a des gens qui tiennent à la « race », et ce ne sont pas tous des nazis et des colonialistes, ni même des anticolonialistes, non, aujourd’hui ce sont les « décoloniaux », accompagnés par certains courants de rénovation universitaire du marxisme et applaudis par des militant-e-s de la déconstruction.

    - Affinons tout de même : racisme et racialisme ne sont pas synonymes, si l’on veut être précis.

    Le racisme s’appuie sur une hiérarchie entre les races,
    tandis que le racialisme s’occupe, en théorie, de promouvoir leur existence.

    Le racisme, quand il dépasse le stade d’une intolérance quotidienne à l’autre, de propos de comptoir, d’un énervement entre voisins ou d’une façon de prendre du pouvoir à de petites échelles, familiales par exemple, quand il est une idéologie en somme, part du postulat de l’existence de races au sein de l’espèce humaine,et considère que certaines catégories de personnes sont intrin­sèquement supérieures à d’autres : en théorie, le racisme est donc, par cet aspect, un pas supplémentaire par rapport au racialisme, qui quant à lui, est beaucoup plus systématique et prosélyte. Cependant, la nuance n’est importante que dans un cadre historique, à des époques où le concept de « race » apparaissait valide, avant le XXe siècle, donc.

    Il serait stupidement anachronique d’affirmer qu’à l’époque moderne, tout le monde était racialiste, parce que la théorie des races était paradigmatique et entièrement intégrée. Depuis, le concept a été invalidé largement par la philosophie, et beaucoup plus violemment, par l’histoire. S’il subsiste dans certaines régions du monde, qui certes, sont loin d’être « anecdotiques » (Etats-Unis, Chine, Japon, etc.), et dans lesquelles il est toujours un puissant outil de pouvoir, il a été largement abandonné ici, et l’emploi de son vocabulaire relève généralement du scandale,presque toujours, jusqu’à il y a peu, associé à l’extrême droite.

    De fait, aujourd’hui, la question spécifique des différences au point de croix entre racisme et racialisme n’empêche pas que nous ayons assurément à nous opposer aux deux sans s’occuper, à ce moment-là, des mérites spécifiques de l’un ou de l’autre.

      • Désormais, il est d’ailleurs tout à fait clair que le racialisme (promouvoir l’existence des races) porte en lui la promotion du racisme, et, s’il en était besoin, les déclarations des racialistes concernant ce qu’ils appellent les « mariages mixtes » et leur détestation du métissage en apportent la preuve évidente.
  • Depuis plus d’un an une campagne politique acharnée et réactionnaire est menée par les « anti-racialisateurs ». Diffusion de textes, brochures, émission de radio, collage, perturbations.

    Ielles ont la prétention (et le culot) de se présenter en fins connaisseurs des mouvements politiques qui luttent contre le racisme et comme si ces questions politiques leurs tenaient vraiment à cœur.

    S’autoproclamant comme les vrais révolutionnaires et les vrais anti-racistes, ielles sont parties en croisade pour défendre la pureté de l’idée révolutionnaire contre l’ « idéologie racialiste » (qu’ielles ont inventé de toute pièce), qui serait en train de s’infiltrer dans « les organisations et milieux politiques qui vont de l’extrême gauche jusqu’aux libertaires ».

    Cette prétendue « idéologie » n’apporterait que du confusionnisme et serait le symptôme de la perte de perspectives révolutionnaires. Elle ferait infiltrer dans ces milieux des idées racistes (camouflées en progressistes), à travers l’utilisation de mots et catégories qui viennent du pouvoir (« race ») ou de leurs dérivés (comme « racisé-e », etc), et qu’on devrait donc rejeter en bloc si on est des vrais.
    Ielles essaient de nous faire croire que toutes les personnes qui utilisent ces mots sont pareilles et défendent le même discours. Elles sont toutes racistes. Des ennemies à combattre et à éliminer des milieux qui se veulent révolutionnaires.

    Mais tout n’est pas perdu, vu qu’ielles sont arrivées pour sauver et pour défendre ces milieux !
    Alors vite, il faut faire comprendre à tout le monde qu’à cet endroit-là se situerait le point de rupture, autour duquel il y a urgence à se positionner, pour se donner la possibilité de rouvrir des vraies perspectives révolutionnaires.

    Sans blague ?! Merci de nous protéger de ce grand danger, tout en essayant de nous apprendre la vie et la révolution. Bien essayé, mais raté.

    S’ielles connaissaient vraiment les mouvements anti-racistes et décoloniaux et s’ielles s’intéressaient vraiment aux différents systèmes d’oppression, ielles sauraient sans doute que des débats et des questionnements existent déjà autour de l’utilisation de mots créés par le pouvoir pour parler du racisme structurel et pour analyser l’oppression qui va avec. Ielles sauraient aussi que des débats existent depuis des années dans certains milieux féministes sur l’équilibre à trouver entre la volonté de mettre fin aux oppressions et la volonté de nommer et d’analyser ces mêmes oppressions ; sur comment dépasser les catégories créés par le pouvoir (qui participent à entretenir les oppressions), tout en prenant en compte le fait que ces mêmes catégories permettent aussi de nommer et d’analyser ces oppressions. Parce que ça ne suffit pas de ne plus en vouloir et de ne plus les utiliser pour que ça fasse disparaître les effets et les conséquences concrètes qu’elles produisent dans la réalité.
    Alors pas la peine de faire les messies qui apporteraient la bonne parole pour éclairer les pensées.
    Personne vous a attendu-es pour réfléchir à ces questions. Et surtout, personne n’a besoin de votre avis ni de votre validation.
    Ceci dit, je crois qu’il y a une différence fondamentale entre complexifier ou critiquer certaines applications des grilles d’analyse des oppressions et dominations, tout en voyant et en comprenant l’importance et la valeur de leurs apports, et le faire, à l’inverse, avec l’objectif de s’attaquer à ces grilles d’analyse dans leur totalité, pour les rejeter en bloc. Et c’est justement là qui se trouve le cœur du problème.

    En effet, le problème politique le plus important par rapport aux « anti-racialisateurs » n’est pas leur ignorance autour de toutes ces questions, mais leurs intentions politiques.
    C’est certes très désagréable et malvenu quand, en connaissant très mal ce dont elles parlent, ces personnes se sentent légitime non seulement de pondre des pages et de pages, faire des émissions de radio, des affiches, ect. Et, en plus, de le faire d’une manière super arrogante et méprisante.

    Mais, qui plus est, ielles vont jusqu’à traiter de « racistes » toutes les personnes qui, pour lutter contre le racisme structurel, essaient d’analyser et de critiquer la « race » comme une construction sociale utilisée pour hiérarchiser les individues sur la base de marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno-culturels.

    À grands coups d’amalgames absurdes, de déformations des discours des autres, de raccourcis réducteurs, les « anti-racialisateurs » mettent dans le même sac toutes les personnes qui utilisent le mot « race ». De l’extrême droite au PIR, de la gauche anti-raciste aux mouvements dé-coloniaux, c’est toutes les mêmes. Aucune différence dans les idées, les analyses, les discours portés, les perspectives. Face à autant de confusionnisme, de manipulations et de mauvaise foi, on ne peut pas ne pas comprendre que leurs intérêts et intentions politiques sont toutes autres que celles qu’ielles affichent.

    Il ne faut pas être dupes. Leurs crachats confusionnistes ne visent pas à s’attaquer au racisme, qu’ielles n’utilisent, en bon politicien, que pour redorer leur pilule. Ielles sont, en réalité, en train de s’attaquer à certaines visions politiques auxquelles ielles font parfois allusion mais qu’ielles ne nomment jamais explicitement.

    Ce que les « anti-racialisateurs » sont en train de faire, c’est s’attaquer aux visions et analyses politiques qui, depuis des décennies, essaient de politiser toutes les sphères de la vie et du quotidien pour montrer que les rapports d’oppression et de domination ne se réduisent pas au seul champ économique, ni sont seulement véhiculés par l’État. Ielles sont en train de s’attaquer aux analyses qui considèrent ces rapports d’oppression et de domination comme quelque chose qui traverse tout le monde, que certaines personnes subissent en même temps que d’autre en bénéficient.

    Par la même occasion, ils s’attaquent donc aussi aux implications politiques de ces analyses : comme le fait que les « ennemis » ne sont pas seulement les bourgeois, ni seulement « les autres », les caricatures du raciste ou du macho ; comme le fait que les milieux soi-disant révolutionnaires ne sont pas en dehors de la société mais qu’ils sont aussi traversés par tout ça ; comme l’idée que c’est aux opprimé-es, en tant que groupe social, de définir l’oppression qu’ielles subissent (et donc aussi décider de comment en parler) ; comme le fait que la non-mixité soit pensée comme un outil politique d’émancipation (sans oublier que ça relève tout simplement d’une logique autoritaire de se permettre de dire à d’autres comment ielles devraient s’organiser pour lutter).

    Ces analyses sont des apports des luttes de libération et d’émancipation menées par des opprimé-es, qui ont dû se battre depuis des décennies (et ça continue encore) au sein des milieux révolutionnaires pour que leurs réalités et leurs vécus d’oppressions soient pris en compte comme quelque chose qui existe, qui est politique et qui a autant d’importance que les effets du capitalisme et de l’État. Comme une condition pour pouvoir exister entièrement dans ces mouvements révolutionnaires.

    Ces luttes ont permis de prendre conscience et de mettre en lumière l’existence de ces oppressions, c’est à dire de voir l’oppression là où on ne la voyait pas avant, parce qu’on considérait l’état des choses comme normale, comme relevant de l’ordre naturel.

    L’offensive des « anti-racialisateurs » n’est dans le fond rien de nouveau ni de très original, vu qu’elle n’est rien d’autre qu’un mouvement de « réaction », dans le sens de conservateur et réactionnaire, à l’émergence, à l’existence et au renforcement de ces visions politiques et de leurs implications. Pour ne pas devoir voir ni prendre ses responsabilités dans ces autres systèmes de dominations. Ou, pour certain-es, pour pouvoir continuer à bénéficier de ses privilèges sans avoir à se remettre en question et sans qu’on les fasse chier.

    Alors non, ce qui est en train de se jouer n’est pas un débat, tout comme ce n’est pas une guerre de chapelle ou une bataille pour l’hégémonie. C’est insultant de voir les choses de cette manière.

    Parce que vouloir nier ces oppressions, leurs effets et leurs implications, ou remettre à nouveau en question leur portée politique, n’est pas juste une opinion, mais participe pleinement de l’oppression elle-même.

    C’est pour tout cela que je considère qu’il faut réagir à leur offensive et ne pas laisser de place aux idées réactionnaires qu’ielles essaient de diffuser.

    Depuis quand, pour les révolutionnaires, tout serait discutable et entendable ?
    Non, la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords n’était pas un débat, mais la dernière étape de leur campagne politique nauséabonde.

    Face à ces crachats insultants et méprisants qui véhiculent des idées à vomir et qui puent le moisi, ça me paraît donc tout à fait compréhensible et souhaitable que des gentes décident de ne pas laisser passer cet énième affront.

    C’est pour tout cela que je comprends très bien la colère des personnes racisé-es qui sont venues à Mille Bâbords pour empêcher que la soirée ait lieu. Comme celle des autres personnes (dont je fais partie) venues pour s’opposer à ce pseudo-débat ou qui essaient de différentes manières de leur barrer le chemin.

    C’est pour tout cela que je ne soutiendrai jamais les lieux et les espaces, physiques ou virtuels, qui permettent une existence et une visibilité à ces discours gerbants.

    Parce qu’en faisant cela, ielles cautionnent ces discours. Parce qu’en faisant cela, ielles deviennent une partie du problème et non de la solution.

    Plutôt que de jouer les victimes de violences incompréhensibles et de vous étonner naïvement que des conséquences vous tombent dessus, plutôt que jouer les défenseurs de la liberté d’expression et du débat démocratique et vous poser au dessus de tout le monde, plutôt que de vous cacher derrière vos chartes remplies de mots que vous videz de leur sens et de leur profondeur politique, prenez vos responsabilités et assumez les conséquences de vos choix.
    Plutôt que de pointer la violence visible des personnes qui ripostent à une oppression, regardez déjà la violence « invisible » que vous véhiculez et dont vous ne vous rendez même pas compte tellement elle fait partie de la normalité.
    Ce n’est pas possible de limiter les analyses de la conflictualité politique et de la violence au seul champ économique. Ni de les arrêter devant votre porte.

    une personne blanche – novembre 2016

    ps : Je ne me suis pas attardé dans ce texte sur les faits qui se sont déroulés dans la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords. Le communiqué concernant l’action menée contre la discussion prévue ce soir-là décrit déjà assez bien ce qu’il s’y est passé, contrairement aux autres textes remplis de victimisme, de mensonges et de mauvaise fois.

    http://iaata.info/Pourquoi-les-anti-racialisateurs-et-aussi-celleux-qui-les-soutiennent-font-1688.html

  • Dans tous les cas, il n’y a jamais eu d’autres « races » que des « races sociales »,en tout cas construites socialement, même lorsque la race fut déguisée sous des dehors scientifiques.

    - C’est pourquoi la dé­marcation « sociale », cette distinction que voudraient opérer les néo-racialistes d’avec le racialisme du XIXe siècle n’a pas lieu d’être, à moins de reconnaitre la scientificité biologique des « races », mais après tout, on se rendra compte à travers la lecture de cet ouvrage que ce ne serait pas la dernière des ignominies de nos racialisateurs.

    - Pour l’instant, contrairement à ce qui se passe depuis que l’élevage existe chez les animaux, personne ne s’est avisé sérieu­sement d’organiser la sélection ou même d’utiliser la manipu­lation génétique pour s’essayer à constituer des races à partir de tout ce foisonnement, et même si des formes de sélection génétique commencent à exister chez l’homme, elles n’ont pas pour objectif de créer et de fixer des races.

    - Mais apparemment cela ne suffit pas. Il y a des gens qui tiennent à la « race », et ce ne sont pas tous des nazis et des colonialistes, ni même des anticolonialistes, non, aujourd’hui ce sont les « décoloniaux », accompagnés par certains courants de rénovation universitaire du marxisme et applaudis par des militants de la déconstruction.

    Affinons tout de même : racisme et racialisme ne sont pas synonymes, si l’on veut être précis.

    • Le racisme s’appuie sur une hiérarchie entre les races,

    tandis que

    • le racialisme s’occupe, en théorie, de promouvoir leur existence.

    Le racisme, quand il dépasse le stade d’une intolérance quotidienne à l’autre, de propos de comptoir, d’un énervement entre voisins ou d’une façon de prendre du pouvoir à de petites échelles, familiales par exemple, quand il est une idéologie en somme, part du postulat de l’existence de races au sein de l’espèce humaine,et considère que certaines catégories de personnes sont intrin­sèquement supérieures à d’autres : en théorie, le racisme est donc, par cet aspect, un pas supplémentaire par rapport au racialisme, qui quant à lui, est beaucoup plus systématique et prosélyte. Cependant, la nuance n’est importante que dans un cadre historique, à des époques où le concept de « race » apparaissait valide, avant le XXe siècle, donc.

    Il serait stupidement anachronique d’affirmer qu’à l’époque moderne, tout le monde était racialiste, parce que la théorie des races était paradigmatique et entièrement intégrée. Depuis, le concept a été invalidé largement par la philosophie, et beaucoup plus violemment, par l’histoire.

    S’il subsiste dans certaines régions du monde, qui certes, sont loin d’être « anecdotiques » (Etats-Unis, Chine, Japon, etc.), et dans lesquelles il est toujours un puissant outil de pouvoir, il a été largement abandonné ici, et l’emploi de son vocabulaire relève généralement du scandale, presque toujours, jusqu’à il y a peu, associé à l’extrême droite.

    De fait, aujourd’hui, la question spécifique des différences au point de croix entre racisme et racialisme n’empêche pas que nous ayons assurément à nous opposer aux deux sans s’occuper, à ce moment-là, des mérites spécifiques de l’un ou de l’autre.

    Désormais, il est d’ailleurs tout à fait clair que le racialisme (promouvoir l’existence des races) porte en lui la promotion du racisme, et, s’il en était besoin, les déclarations des racialistes concernant ce qu’ils appellent les « mariages mixtes » et leur détestation du métissage en apportent la preuve évidente.

  • 11 août 16:17

    Avons-nous toujours les ennemis qu’on mérite ? En règle générale, il est probable qu’il faille s’y résoudre mais la nouvelle charge éditocratique qui s’est récemment abattue en canon sur H*uria Boutelja nous oblige à reconsidérer sérieusement la question.

    Depuis la publication dans Le Monde, le 20 juin, d’une tribune signée par une vingtaine d’intellectuels en défense d’H*uria Boutelja et de l’antiracisme politique (1) – suite à un article retors de Jean Birnbaum publié quelques jours plus tôt (2) – pas un jour n’a vu pointer son zénith sans qu’une tribune indignée, un tweet offusqué ou des paroles outrées n’aient été produits par la clique étendue de nos contempteurs les plus zélés. Citons pêle-mêle quelques-uns de ces frondeurs de salon : Laurent Bouvet, William Goldnadel, Manuel Valls, Alain Finkielkraut, Didier Leschi, Robert Redecker, Élisabeth Lévy, Alexandre Devecchio, Marielle Macé, François Dubet, Jack Dion… À bien considérer cette liste, on pourrait légitimement se demander s’il est vraiment besoin de s’y attarder. Après tout, ce ne sont là que les convulsions têtues d’une fin de règne. De la droite « ultra-républicaine » à la gauche toquée de laïcité bigote, inconditionnellement charliesque jusqu’à la limite infranchissable du crime de lèse-nation (3), , liés de manière éternelle à Israël (4), tous ceux qui se remettent à peine de la gifle reçue par leur éviction du jeu politique dès le premier tour des présidentielles, tous ceux là se sont empressés d’y aller de leur petit commentaire public.

    Bien sûr, c’est céder un peu trop rapidement au sarcasme militant que de ne voir dans ce bataillon ultra-républicain qu’un amas de ressentimenteux déchus. Ils signent tous les jours des tribunes dans les journaux de référence (souvent pour dire à quel point ils n’en signent pas assez), défilent sur les plateaux de télévision et n’ont pas cessé de jouir de leur petit rond de serviette dans les officines du pouvoir. Les manettes de ce qui définit le politiquement correct et l’incorrect ne leur ont pas encore été confisquées. Loin de là. Mais l’on ne peut tout de même s’empêcher de voir quelque chose comme un réflexe de survie dans cette spasmodique levée de boucliers. Fin de règne, disions-nous.

    Et que l’on s’épargne – de grâce ! – de convoquer les sempiternels monstres gramscistes de l’entre-deux-mondes qui auront traversé désormais toutes les bouches, à l’appui des thèses les plus diverses. L’entre-deux-mondes permanent des rapports de forces impose toujours à la vitalité d’une nouvelle force politique l’épreuve de sa négation en la forme d’une contre-offensive adverse moribonde. Ainsi, s’il est vrai que nous avançons à mesure qu’ils reculent, la bataille n’est jamais linéaire, ni jamais achevée et il faudra nous garder de tomber trop vite dans un optimisme narquois.

    Néanmoins, les faits sont là. L’élection d’Emmanuel Macron, – dont on n’éprouve pas pour autant d’espérance particulière –, aura eu ce mérite non-négligeable d’avoir souffleté avec vigueur leurs champions : Manuel Valls pour la gauche ultra-laïque, François Fillon pour la droite ultra-républicaine. Renvoyés tout deux dans les affres de l’infamie, – Pénélope Gate pour l’un, félonie politique ajoutée à l’affaire de la tricherie d’Évry pour l’autre, nos tribuns du Figaro, Marianne et Causeur se retrouvent orphelins d’une incarnation politique crédible. Pire encore, la multiplication des candidatures autonomes issues de l’immigration et des quartiers populaires durant les législatives – dont la percée électorale du candidat Samy Debah, ex-président du CCIF, à Sarcelles – et l’entrée du loup antiraciste dans la bergerie de l’Assemblée nationale, Danièle Obono, ne présagent rien de moins bon pour eux. Ce qui évidemment n’est pas sans conséquence dans la surenchère nationale-républicaine dont ils font preuve, espérant sans doute ainsi conjurer le sort de leur déclin – ce qui, comme s’en amuse souvent la malicieuse Histoire, les y entraîne plus sûrement. Pour saisir la réalité d’un tel diagnostic, il suffit de se pencher à l’évidence sur le contenu des attaques proférées contre H*uria Boutelja et le mouvement qu’elle incarne. Et c’est tout l’embêtant dans cette affaire.

    À ce stade, je dois vous faire une confidence. En tant que militante décoloniale, j’ai toujours trouvé à nos « ennemis déclarés » – les nationaux-républicains, patriotes, néocons et laïcards – un certain charme. Sans doute à cause du mépris insolent qu’ils affichaient à l’égard de la moraline proprette de gauche, bonne consciente et bonne pensante, irréprochablement progressiste et qui, toujours à la lutte politique à la loyale, préfère se dérober derrière tantôt un confort moral paternalisant, tantôt un dogmatisme dévot qui hurlait à l’ignominie pour peu qu’on lui chatouillât les narines. Peut-être aussi, étais-je troublée par cette propension que nous avions alors en commun d’appeler un chat un chat et de ne pas trembler devant le verbe – ce qui parfois nous faisait tenir quasiment les mêmes phrases dont nous tirions cependant l’un et l’autre des conclusions radicalement opposées. Comme illustration efficace, je rappellerais « la France de race blanche » de Nadine Morano, formule que nous aurions pu cosigner mais qui, bien sûr, de notre point de vue recouvrait une réalité sociale qui justifiait alors notre action politique quand elle était, dans la bouche de Morano, une revendication de conservation proprement raciste.

    Autre exemple, la rhétorique du « grand-remplacement » que la gauche traditionnelle se fatigue à démonter à coup de relativisation de la puissance démographique postcoloniale alors qu’elle est devenue un mot de ralliement, volontairement charrieur, – faut-il vraiment préciser que les décoloniaux ne sont traversés par nul occulte projet d’éradication biologique ? Allons, par les temps qui courent, mille précautions en valent mieux qu’une ! – un slogan que les « grands-remplaçants » de l’antiracisme politique s’attribuent volontiers. Par là, ils veulent signifier non pas que les Noirs et les Arabes tyranniseront un jour la planète mais que, l’histoire et la maturité politique aidant, les milieux de l’immigration finiront bien par constituer une force politique assez conséquente pour renverser et remplacer ce système racialisé au profit d’un monde plus égalitaire, où les races sociales n’organiseraient plus hiérarchiquement la société. Autrement dit, une société effectivement sans races.

    Ainsi, l’idée fantasmée de débattre avec des ennemis qui n’auraient pas peur de discuter du fond du problème, assumant à l’occasion un clivage d’intérêts clair et revendiqué me semblait (naïvement) plus enthousiasmante que l’idée d’une interminable circonvolution sémantique et principielle avec — pardonnez-moi l’expression – des gauchistes flippés d’eux-mêmes.

    La « polémique H*uria Boutelja », a rompu le charme. Je suis désormais persuadée d’une chose : H*uria Boutelja mérite mieux. Qu’on s’entende bien, je ne dis pas qu’elle ne devrait pas être l’objet d’une controverse passionnée – sans la polémique, la politique serait une erreur – ce que je dis, c’est qu’elle mérite des adversaires à sa hauteur. Et, croyez-le ou non, le manque de ces derniers, quand il ne m’engouffre pas dans un ennui abyssal, me désole profondément. Je sais ce sentiment partagé par les militants ou sympathisants de mon espèce. Il y a dans les réponses formulées ici et là aux attaques qui nous sont adressées sous la forme de « ah » et de « oh » indignés, l’expression d’une lassitude collective. Disons-le plus simplement : aucune, sans exception, des attaques proférées récemment à l’encontre d’ H*uria Boutelja et son livre Les Blancs, les Juifs et Nous. Pour une politique de l’amour révolutionnaire n’a été autre chose que malhonnêteté intellectuelle, bêtise crasse, manipulation, et indignation boursoufflée. Je m’attarderai sur ce dernier jugement : l’indignation boursoufflée. Car si ces ennemis déclarés, que jusqu’ici ma nature jouteuse aimé détester, ont perdu de leur faste, c’est précisément à cause de cet affolement hébété, cette hypersensibilité pleurnicharde de petits rois outragés qui les pousse à juxtaposer tous les superlatifs de l’indignation mondaine sans jamais oser nous affronter sur le fond : « c’est infâme », « c’est ignoble », « c’est horrible », « comment cela est-il possible ?! », « combien de temps devons-nous supporter cela ?! ». Les cris d’orfraie étant poussés, il n’est dès lors plus question de discuter. Et les conséquences d’une telle posture fin-de-non-recevoiriste posent immanquablement les jalons du terrorisme intellectuel à l’endroit où Laurent Bouvet s’émeut du « crime contre la pensée » (5) que le soutien à H*uria Boutedja signifierait.

    En vérité, cela est à peine une stratégie. Les âmes de bonne foi se disputent souvent l’interprétation d’une telle censure : font-ils exprès de lire l’exact opposé de ce qui est écrit, de tronquer, mutiler, déformer les propos d’ H*uria Boutelja ou sont-ils si étriqués pour ne rien comprendre de la rationalité d’une pensée qui s’élabore en-dehors de leur logiciel politique ? Ont-il une claire conscience de leurs intérêts menacés – leurs petits privilèges – ou bien pensent-ils vraiment qu’ H*uria Boutelja est raciste, antisémite, homophobe, sexiste ? Et tout cela sans jamais avoir été condamnée ? Ou bien encore pensent-ils qu’elle est assez fine pour être tout cela en creux, dans un implicite malin où les lois ne peuvent venir la débusquer ? De toute évidence, il y a un peu de tout cela dans cette chasse à la sorcière. Je ne crois pas qu’ils ne croient pas ce qu’ils disent, hormis quelques malentendus feints et contre-sens délibérés. Le livre d’ H*uria Boutelja n’a rien d’intuitif. Il ne caresse pas les consciences satisfaites. Il les gifle sans ménagement. Pour certains, le traitement est efficace. « Ça fait du bien », comme après une douche glaciale. Pour d’autres, c’est l’outrage. Comment ose-t-elle ? Pourquoi tant de haine ?Trop sonnés par un courant qu’ils n’ont pas vu arriver, ils n’ont pas eu le temps de renouveler leurs défenses. Le sens de l’histoire a changé quand ils avaient le dos tourné. Les sujets postcoloniaux et les quartiers populaires ont mûri. Ils savent prendre à leur charge la défense de leurs intérêts. Il en est même qui prétendent faire de la politique et proposer à ce pays un projet digne de notre époque. La contre-révolution coloniale, lancée sous les oripeaux de la 5e République, est de plus en plus tourmentée. L’antiracisme politique, bannière derrière laquelle se rassemblent nombre de collectifs, organisations, leaders d’opinions autonomes issus de l’immigration et des quartiers, avance habilement ses pions, bouscule une partie de l’extrême-gauche pour faire des alliances stratégiques comme une vraie force organisée. Les deux marches de la dignité, en 2015 et en 2017, ont rassemblé près de 30 000 personnes dans les rues de Paris contre les violences policières et le racisme d’État. Amal Bentounsi, porte-parole du collectif Urgence Notre Police assassine, vient de faire condamner le policier qui a tué son frère, après une interminable bataille judiciaire et politique. Le CCIF recrute de plus en plus d’adhérents désireux de lutter efficacement contre l’islamophobie structurelle. Le collectif afro-féministe Mwasi sort victorieux d’un bras de fer engagé avec la maire de Paris Anne Hidalgo qui voulait interdire le festival Nyansapo, la ridiculisant au passage. Danièle Obono, incarnation d’un espoir de basculement de l’extrême-gauche vers l’antiracisme, refuse de s’écrier « Vive la France » et jouit du soutien de toute sa famille politique qui n’a pas tardé à riposter pour la défendre. Les avancées décoloniales sont incontestables et H*uria Boutelja participe de cette force. Élaborant les contours stratégiques et conceptuels de cet antiracisme décolonial, elle en est l’une des intellectuelles organiques les plus engagées. En cela, elle doit être terrassée sans aucune forme de procès.

    Pour ceux-là qui ont hurlé avec les loups et pour d’autres qui ont toujours veillé à maintenir un cordon sanitaire autour du Parti des Indigènes de la République, H*uria Boutelja est l’incarnation du mal radical, une monstruosité politique, une apatride catégorielle sans attache. Elle n’est ni à gauche, ni à droite. Ni à l’extrême-gauche, ni à l’extrême droite. Ni au centre ni dans les limbes soraliennes. Ni anticapitaliste, ni libérale. Ni progressiste ni rétrograde. Ni mondialiste ni patriote. En tant que figure du Mal, elle impose une déroute aux déterminations logiques qui permettent d’établir un chef d’accusation. Elle est coupable de tout, c’est-à-dire de rien. Et c’est sans doute cela que la construction du « démon H*uria Boutelja » a de plus intéressant. Les philosophes qui ont étudié la question du « mal » savent comme il passe rapidement du statut d’accusé à celui d’accusateur. Ils disent : comment expliquer que le bien, au nom duquel on prétend accuser le mal, n’ait pas été assez bien pour évincer ce mal ? Traduction : comment expliquer que cette République si parfaite au nom de laquelle les amis de Finkielkraut condamnent H*uria Boutelja ait pu produire H*uria Boutelja ? Comment est-il possible que les valeurs si rondement pleines de la République aient permis qu’émerge un jour une figure politique qui vient à les nier ? On m’accusera de rhétoriser mais il est peu d’occasion où la philosophie nous permette de saisir aussi bien la réalité. Chez Spinoza, par exemple, le mal c’est à la fois ce que l’on peut accuser impunément, sans risque, et un aveu d’impuissance. La préoccupation du mal traduirait ainsi une pensée régressive, celle d’une âme diminuée dans sa puissance d’agir et qui régresse de l’action, de l’intelligence et du savoir. Si j’étais taquine, je parlerais de « crime contre la pensée ».

    Qui donc blâme se blâme. Et H*uria Boutelja ne s’appartient plus. Elle est désormais sa cause et quiconque feint de ne pas le comprendre, préférant user de mille détours pour ne pas avoir à se solidariser tout à fait n’amoindrit les risques de son engagement qu’à court terme. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit, mais je soutiens H*uria Boutelja – a-t-on jamais eu besoin d’apporter une telle profession de foi pour exprimer son soutien à une personne ? Quelqu’un a-t-il vraiment pensé un jour que soutenir H*uria Boutelja , c’est soutenir chacun de ses soupirs et de ses silences ? À moins d’accorder quelque crédit à certaines thèses détraquées qui fantasment H*uria Boutelja comme un gourou. Qu’on ne se méprenne pas, je n’accuse pas ceux qui ont le courage de se mouiller de ne pas plonger dans l’eau. Cependant, il n’est pas inutile de relever ce chantage à la respectabilité qui veut maintenir H*uria Boutelja dans l’isolement le plus complet. « La radicale solitude, le rejet qui force à vivre dans l’abjection, l’implacable censure, la clandestinité, (…) sont les stigmates de l’intellectuel engagé, marques douloureuses de sa grandeur. »(6) Et c’est Robert Redecker qui le dit ! Celui-là même qui reproche aux intellectuels comme Annie Ernaux d’avoir fait le choix du confort en se solidarisant avec H*uria Boutelja , encanaillés à l’engagement politique sans risque. Un confort qui leur a valu d’être la cible répétée d’un tir groupé de l’intelligentsia française. Remarquez, peut-être que Robert Redecker s’imagine vivre, lui, dans l’abjection et l’implacable censure. L’art de la faire à l’envers : à ce jeu-là, ils sont champions.

    Heureusement, il arrive parfois qu’une rose éclot au milieu des épines. Et parmi les torchons larmoyants et grotesques du Figaro, Marianne, Causeur et du Monde, Claude Askolovitch aura sauvé l’honneur. Fidèle à sa clairvoyance habituelle, – celui avec qui nos désaccords passés ne nous empêchent pas de reconnaître le courage avec lequel il négocie son « tournant » idéologique – n’aura pas signé de papier sur l’affaire H*uria Boutelja . C’était sans doute trop espéré. En revanche, il a publié une tribune remarquable sur l’affaire Danièle Obono, incontestablement ce qui s’est dit de mieux. (7)Qu’il me pardonne que j’ose prétendre accélérer sa marche en invitant mes lecteurs, en guise de conclusion, à méditer sur ses propos : « On peut être en désaccord avec Madame Obono, la récuser politiquement, la disputer, en détail ou globalement, la soutenir en conscience. Mais la nier est une hérésie, et souhaiter qu’elle disparaisse, une infamie hypocrite. Ce qui la justifie existe, et sans elle, qui en parle ? Cela fait partie du pays. (…)On ne prendra pas Madame Obono comme l’expression de la vérité ultime des noirs en France. Mais comme une parole politique, d’opposition fondamentale, fondamentale comme le nègre de l’immense Césaire, qui pouvait aussi bien mettre à nu la France que l’aimer et lui donner des mots. Au mieux de son assouplissement, Danièle Obono pourra être une Taubira plus immédiate. Ou elle ne s’assouplira pas, et ce sera aussi bien. »

    Un jour peut-être, Monsieur Askolovitch, vous oserez remplacer dans ce passage si bien senti « Madame Obono » par « Madame Boutelja » et ce sera aussi bien.

    https://blogs.mediapart.fr/louisa-yousfi/blog/040717/fusillez-bouteldja

  • 11 août 16:18

    1) Vers l’émancipation, contre la calomnie. En soutien à H*uria Boutelja et à l’antiracisme politique
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/19/vers-l-emancipation-contre-la-calomnie-en-soutien-a-houria-bouteldja-et-a-l-antiracisme-politique_5147623_3232.html
    2) La gauche déchirée par le « racisme antiraciste »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/09/la-gauche-dechiree-par-le-racisme-antiraciste_5141086_3232.html?xtmc=houria_bouteldja&xtcr=2
    3) Céline Pina : « Nique la France » : peut-on être député d’une nation que l’on déteste ?
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/22/31003-20170622ARTFIG00289--nique-la-france-peut-on-etre-depute-d-une-nation-que-l-on-deteste.php
    4) Manuel Valls : « Je suis lié de manière éternelle à Israël »
    https://oumma.com/manuel-valls-je-suis-lie-de-maniere-eternelle-a-israel/
    5) Bouvet : « Que des universitaires défendent H*uria Boutelja est un crime contre l’esprit »
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/23/31003-20170623ARTFIG00122-bouvet-que-des-universitaires-defendent-houria-bouteldja-est-un-crime-contre-l-esprit.php

    6) Affaire H*uria Boutelja : la pétition, hologramme de « l’intellectuel de confort »
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/23/31003-20170623ARTFIG00337-affaire-houria-bouteldja-la-petition-hologramme-de-l-intellectuel-de-confort.php

    7) Niquer la France n’est pas rédhibitoire
    http://www.slate.fr/story/147543/obono-nique-la-france

    https://blogs.mediapart.fr/louisa-yousfi/blog/040717/fusillez-bouteldja

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