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Acrimed aux côtés des manifestants contre les ordonnances et autres macronades

Pourquoi soutenir les manifestations contre les ordonnances ?

Parce qu’Acrimed est une association de critique des médias, c’est le sort des journalistes, stagiaires et pigistes, photojournalistes et précaires, grands reporters ou soutiers de l’information, qui mérite que nous lui portions une particulière attention : les ordonnances ne peuvent qu’aggraver leur situation et compromettre davantage l’avenir de l’information.

La plupart des journalistes, subordonnés trop peu souvent réfractaires en dépit de l’action des syndicats de journalistes, ne sauraient être confondus avec les éditocrates, commentateurs et chroniqueurs omniprésents, qui trônent au sommet de la profession et qui prétendent parler en son nom et la défendre. Ces bavards, tous médias confondus, qui papotent sur toutes les chaînes de télévision et les stations de radio n’ont rien à redouter des ordonnances qu’une grande majorité d’entre eux approuve et soutient. Leur duplicité ne doit pas nous égarer quand ils entendent se soustraire aux critiques légitimes qui les prennent pour cibles en les déguisant en critique indifférenciée du journalisme en général. C’est en toute indépendance que la plupart d’entre eux se conforment aux intérêts des propriétaires sans que ceux-ci aient, le plus souvent, à leur donner des ordres explicites.

Les entreprises médiatiques, publiques ou privées, sont des entreprises comme les autres, souvent pires que bien d’autres. Des directeurs de rédaction sont devenus des experts en management et en réduction des coûts, garants autant, sinon plus, de la rentabilité du média qui les emploie, que de la qualité de l’information qu’ils produisent. Le nombre des journalistes encartés décroît régulièrement et la taille des rédactions ne cesse de se réduire. Des licenciements massifs ont touché plusieurs médias. Les stagiaires et les pigistes sous-payés comblent les trous, les droits des photojournalistes sont rognés

Et les ordonnances ?
Une fois encore, après un usage intensif du 49-3, la contre-réforme amplifiée du code du travail est décidée autoritairement, par ordonnances, c’est-à-dire sans débat public. C’est donc dans la rue qu’elle sera contestée.

La primauté accordée aux accords d’entreprise sur la convention collective pourra permettre de réduire les rémunérations qui sont loin d’être faramineuses pour tous. De ces accords pourront également dépendre le montant du paiement des heures supplémentaires (lorsque celles-ci sont prévues et donnent lieu à rémunération), de la prime d’ancienneté et de la prime de nuit. Plus grave : les licenciements seront facilités, grâce notamment à cette innovation : la rupture conventionnelle collective. Les contrats de travail pourront être modifiés en cas de changement de propriétaire. Des contrats de chantier pourraient être improvisés et appliqués aux journalistes chargés de missions particulières. Les groupes multinationaux pourront licencier en France, même s’ils sont largement bénéficiaires en général…

Seulement voilà. Pourquoi le dissimuler ? La concurrence qui règne parmi les journalistes, la prégnance de croyances pseudo-modernistes que nombre d’entre eux partagent, leur identification à la caste des intouchables de la profession, l’esprit de corps, nourrissent bien des illusions… funestes pour eux-mêmes, mais surtout pour l’information.

Et ce n’est pas tout…
Les contrats aidés ne sont pas une panacée. Et il existe de bonnes raisons de principe de s’y opposer. Mais leur suppression brutale ne peut que nuire gravement aux médias associatifs qui ont recours à ces contrats pour vivre et parfois pour survivre. Cette suppression fait courir de sérieux risques aux radios locales privées qui emploient plus d’un millier de ces salariés. Le tout sans réelle contrepartie, alors que les fonds de soutien sont chichement dotés, par opposition aux aides à la presse généreusement attribuées aux grands médias dont la plupart appartiennent à des milliardaires.

On ne saurait accepter que les médias associatifs qui sont généralement des médias de proximité, indispensables à la diversité de l’information, soient privés de moyens et, avec un long cortège de chômeurs en puissance, menacés pour nombre d’entre eux dans leur existence même.

À quoi il faut ajouter que rien, vraiment rien, dans les projets du gouvernement ne contribue à garantir l’indépendance des médias, les droits des journalistes et le pluralisme.

Pour toutes ces raisons, nous soutenons les manifestations contre les ordonnances et les mesures d’austérité qui les accompagnent.


posté le 13 septembre 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • aile gauche de la gauche = mieux que rien

  • Philippe Val pourfend la haine et vole au secours de Bernard-Henri Lévy

    Le dossier mis en ligne par Le Monde diplomatique – « L’imposture Bernard-Henri Lévy » continue à faire des vaguelettes. Après BHL-Moi-Je soi-même dans Le Point, Benoît Rayski sur le site d’Atantico, Philippe Val est descendu de son Olympe pour fustiger le fascisme rouge, avéré ou en devenir (on ne sait…), du Monde diplomatique. Bernard-Henri Lévy lui-même l’avait proclamé dans son plaidoyer pro-domo publié dans Le Point, reproduit sur son site hagiographique « La Règle du jeu » sous le titre « Misère et déshonneur du Monde diplomatique » : « BHL dévoile la grande dérive rouge-brune de ce qui fut l’organe de la gauche radicale française ». Philippe Val n’est pas en reste et surenchérit [1].
    Au commencement était la haine
    Philippe Val, ce grand démocrate qui ne laisse à personne d’autre qu’à Philippe Val le soin de s’attribuer ce titre, concède que la critique et la polémique peuvent être légitimes, même quand il s’agit de Bernard-Henri Lévy. C’est pourquoi il dresse une liste des contestations autorisées : c’est-à-dire des contestations que lui seul autorise. On apprend ainsi que « personne n’est obligé de partager les opinions, les goûts et le style de Bernard-Henri Lévy ». Ouf.

    Quant aux critiques qui n’ont pas été homologuées, un mot suffit à résumer ce qui les motiverait : la haine. Le mot est employé à pas moins de 10 reprises dans le billet de Philippe Val, qui explique notamment que « la haine n’a rien à faire dans la vie intellectuelle d’un pays libre ». Mais comment distinguer la critique haineuse de la critique amoureuse ? À en croire l’ancien directeur de Charlie Hebdo, la critique haineuse se reconnaîtrait à ceci : ses détestations ne se fondent sur aucun argument précis. C’est ainsi qu’il explique, avec un style emphatique qui fait irrésistiblement penser à celui de BHL soi-même : « Il ne s’agit pas de critiquer Bernard-Henri Lévy, il faut le détruire. Il ne s’agit pas d’un débat démocratique, mais d’une opération de nettoyage. Il ne faut pas discuter ses idées, il faut le salir. »

    Comme Philippe Val n’est pas à une contradiction près, il n’a nul besoin de citer la moindre des critiques, solidement étayées, distillées au fil des articles réunis dans le dossier du Monde diplomatique. Une méthode dont Philippe Val est un adepte, lui qui a réussi l’exploit de rédiger en 2015 un brûlot contre les sociologues et le « sociologisme » sans citer les travaux d’un seul sociologue et sans se référer à un seul ouvrage de sociologie… On devait se contenter des fulgurances de Philippe Val, qui nous révélait par exemple que les Pinçon-Charlot « consacrent leur vie à convaincre leur public que l’habitant des beaux quartiers aurait davantage sa place dans un camp de travail ». Voilà qui illustre pleinement, chacun l’avouera, la préoccupation de « discuter les idées » et non de « salir »…

    La haine du juif et du bourgeois
    Mais revenons à BHL, qui serait donc ciblé par la haine. Mais la haine de qui ou de quoi ? : « De quoi la haine de Bernard-Henri Lévy est-elle le nom ? », s’interroge en effet Philippe Val. La réponse qu’il se fait à lui-même est simple : la haine du juif et la haine du bourgeois.

    - La haine du juif ? Bernard-Henry Lévy se présente comme juif. Toute critique de Bernard-Henri Lévy est donc, selon le logicien Philippe Val, antisémite ou soupçonnable d’antisémitisme. Il faut dire qu’en la matière Philippe Val est un expert… condamné pour avoir licencié Siné pour cause d’antisémitisme imaginaire [2]. Mais il est, de nouveau, formel : Le Monde diplomatique représente « une gauche radicale et morale qui défend la veuve, l’orphelin et l’antisémite » [3].

    Nul ne contestera qu’il a existé et qu’il existe un antisémitisme d’extrême-droite, ainsi qu’un antisémitisme de « gauche » que le social-démocrate autrichien August Bebel qualifiait, au début du XXe siècle, de « socialisme des imbéciles ». Mais pour laisser entendre que Le Monde diplomatique est un héritier de Je suis partout et/ou de Jacques Doriot [4] il faut beaucoup de finesse. On comprend mieux pourquoi Philippe Val ne se réfère à aucun des articles du Monde diplomatique : difficile en effet de trouver le moindre commencement de début de preuve pour appuyer de telles accusations qui, rappelons-le, n’ont rien à voir, elles, avec la haine. Mais depuis qu’Emmanuel Macron l’a proclamé, plus aucune retenue n’est nécessaire : tout antisionisme est un antisémitisme. CQFD.

    - La haine du bourgeois ? Là encore, aucun argument n’est avancé. Mais Philippe Val s’improvise historien, et cela vaut le détour.

    Avant le commencement, il y eut le pacte germano-soviétique
    L’Express nous l’apprend : « Philippe Val est journaliste, chroniqueur et écrivain ». Mais il lui arrive aussi d’être philosophe et parfois même, donc, historien.

    Au commencement était la haine, disions-nous. Mais avant le commencement ? Avant que Philippe Val ne crée l’univers ? Pour le savoir, laissons l’historien parler :

    Il y a juste un siècle, Lénine prend le pouvoir à Moscou. En 1922, Mussolini prend le pouvoir en Italie et, onze ans plus tard, c’est au tour de Hitler de faire main basse sur l’Allemagne. Les communistes et les fascistes ont un point commun, autour duquel ils se déchireront et s’allieront tour à tour : la haine du bourgeois.
    Philippe Val a identifié la source de la haine contre Bernard-Henri Lévy : les proximités idéologiques entre fascisme et communisme, illustrées selon le grande historien par l’événement fondateur que fut le pacte germano-soviétique de 1938. Le Monde diplomatique serait ainsi l’héritier d’une « hybridation historique du pire du fascisme avec le pire du communisme », ce qui autorise Philippe Val à autoriser Philippe Val à qualifier le mensuel de « justicier rouge brun ». Là encore, bien évidemment, sans aucune haine.

    Dans une seule et même chronique, Philippe Val réussit donc l’exploit de dresser une continuité entre Lénine, Staline, le pacte germano-soviétique, la gauche antisioniste, la droite antisémite, et Le Monde diplomatique. Un continuité ramassée en quelques lignes : « BHL incarne parfaitement ce qu’ont haï les deux grandes idéologies du XXe siècle. Et sans cesse, le pacte monstrueux des deux assassins fondateurs se renouvelle en mutant, et sans cesse, il est reparaphé par cette double signature. » CQFD (bis). Que BHL est grand, capable à lui seul de concentrer la haine de l’ensemble des ennemis de la liberté !

    Un tel « raisonnement », dans lequel l’emphase le dispute à la grandiloquence et à la prétention, prêterait à sourire si les accusations portées n’étaient pas aussi graves. Incapable de proposer le moindre argument à l’appui de son opération de sauvetage de BHL, Philippe Val se contente de coller des étiquettes infâmantes tout en dénonçant, probablement sans s’en rendre compte, sa propre méthode. Là encore, on ne peut s’empêcher de penser à un certain Val Philippe, qui affirmait dans son ouvrage déjà cité, Malaise dans l’inculture : « Le sociologisme entretient une haine sociale qui transforme le débat démocratique en joute binaire et stérile. L’insulte claquemure chacun dans un camp et plus personne ne cherche à comprendre ce qui peut être honorable dans le camp adverse ».

    ***

    L’Express nous précise, à propos de ce billet de Philippe Val, qu’il s’agit d’un « article validé par la rédaction ». Avec toutefois cette réserve : « Les avis qui y sont formulés n’engagent en aucun cas L’Express. » Dont acte. Ce qui engage L’Express, cependant, est la justification de cette imprudente validation : « La rédaction a mis en Une cet article et ses infos sont vérifiées ». On se frotte les yeux et on se demande bien quelles « vérifications » ont pu être opérées dans la mesure où il n’y a aucune « information » dans la chronique de l’ancien directeur de Charlie Hebdo, faite d’amalgames, de raccourcis historiques et motivée par une haine que l’on prétend dénoncer.

    Finalement, la seule « information » que nous apporte ce billet est la suivante : Philippe Val raconte n’importe quoi. Mais nous n’avions pas besoin d’une « validation » de L’Express pour le savoir [5].

    http://www.acrimed.org/Philippe-Val-pourfend-la-haine-et-vole-au-secours

  • la gauche - la droite ? qu’iels dégagent tou-te-s ! qu’iels crèvent

    les débats politichiants, mais on en est pas là, plus là ...

    Nous ne sommes pas des trolls islamo-gauchistes ...

  • acrimed est sur les positions "monde diplo", NPA, sud/solidaires G10 ...

  • normal qu’ils aiment pas acrimed !

    Actualité des médias n°7 (juillet/août 2017)

    I. Du côté des journalistes, des médiacrates et de leurs œuvres

    - L’éditorialiste Bruno Roger-Petit devient porte-parole de l’Elysée - D’après un communiqué de l’Elysée, Bruno Roger-Petit « aura pour mission de relayer la parole publique de l’Elysée et utilisera pour ce faire tous les moyens à sa disposition, notamment le compte Twitter de la présidence ». Cet « expert en football, mauvaise foi et arrogance [2] » s’était illustré pendant la dernière élection présidentielle pour ses éditoriaux zélés parus dans le magazine Challenges promouvant le candidat Macron (au point que la société des rédacteurs du magazine Challenges s’en était alors inquiétée [3]). Seul journaliste invité à la fête de victoire du candidat Macron, Bruno Roger-Petit officialise ainsi sa conception du journalisme et de l’indépendance de la presse.

    - Suite à l’éviction du rédacteur en chef d’« Envoyé spécial » (France 2), le magazine sera plus « conso et société » - Jean-Pierre Canet, rédacteur en chef de l’émission de France 2 « Envoyé spécial » jusqu’ici, n’est pas renouvelé pour la saison 2017/2018. Raison officiellement avancée : la mort de trois journalistes en reportage pour l’émission en Irak. Néanmoins, d’après Le Monde et Europe 1, il y aurait une autre raison : « Son départ pourrait résulter d’un désaccord beaucoup plus profond avec sa direction autour de la ligne éditoriale d’ "Envoyé spécial". Jean-Pierre Canet était arrivé aux manettes du magazine d’info de France 2 il y a un peu plus d’un an, mais depuis, ses méthodes dérangent. En interne, certains lui reprochent une trop grande autonomie dans les choix rédactionnels. On se souvient par exemple du bras de fer engagé avec la direction de l’info de la chaîne à la rentrée dernière autour de la diffusion d’un reportage sur l’affaire Bygmalion. » Enfin, d’après les informations d’Arrêt sur images, la nouvelle direction d’ « Envoyé spécial » aurait reçu l’instruction de faire moins d’investigation politique : « “L’enquête n’a pas disparu, mais on nous a fait comprendre que l’investigation pure et dure ce n’était plus la priorité, la priorité c’était de relever les audiences et de faire davantage de sujets conso et société", glisse un journaliste du magazine. » Une évolution déjà souhaitée par Michel Field, directeur de l’information de France 2, avant son départ (en mai 2017 suite à l’éviction de David Pujadas) : « Un virage a été discuté avec l’équipe à partir du premier trimestre, pour introduire davantage de reportages, de sujets de société, voire des histoires “positives”, comme celle de l’astronaute Thomas Pesquet. »

    - Canal+ décide l’arrêt du « Petit Journal » de Cyrille Eldin - En raison des audiences en baisse continue, Canal+ a décidé d’arrêter l’émission « Le Petit Journal. » Ainsi, d’après le Huffington Post, « Après la chute abyssale des audiences à la suite du départ de Yann Barthès, le talk show avait reçu un coup de pouce de la direction en se faisant offrir un nouveau plateau et 15 minutes supplémentaires et une équipe complète. Mais depuis le 20 mars, Le Petit Journal n’a rassemblé que 70.000 personnes (0,3 % de part d’audience) en première partie et 250.000 téléspectateurs (1,0 % de pda) pour sa seconde partie. Des audiences en baisse par rapport à la première partie de l’année qui fédérait 302.000 téléspectateurs en moyenne. » Cyrille Eldin reste malgré tout sur la chaîne cryptée avec un programme hebdomadaire dont le propos est de « rencontrer des personnalités, qu’elles soient des acteurs-clés de la sphère politique, médiatique ou sociétale ».

    II. Du côté des entreprises médiatiques et de leurs propriétaires
    - La chaîne d’infos de Bolloré en difficulté... - CNews, la chaîne d’information en direct de Bolloré qui a remplacé i-Télé, est de plus en plus déficitaire. D’après Libération (propriété avec la chaîne concurrente BFMTV du milliardaire Patrick Drahi) CNews « a perdu 31,9 millions d’euros net en 2016. C’est beaucoup en comparaison de l’année précédente, qu’elle avait bouclée sur un déficit de 11,2 millions. Soit trois fois moins. Et c’est énorme au regard du chiffre d’affaires réalisé : 41,1 millions d’euros. » Les pertes accumulées viennent principalement de la grève des salariés d’i-Télé pendant l’automne 2016 : « En octobre et novembre, les journalistes d’i-Télé avaient mené une grève de trente et un jours, déclenchée par l’arrivée de l’animateur Jean-Marc Morandini à l’antenne. (…) Environ 80 salariés, écœurés, avaient quitté la chaîne dans la foulée. Pendant la grève, et dans les semaines qui ont suivi, la chaîne, saignée à blanc, avait tourné au ralenti, diffusant en boucle de vieux reportages plutôt que des nouvelles fraîches. L’effondrement financier de la chaîne est le résultat direct de cette période d’inertie éditoriale. » Une « inertie éditoriale » à laquelle il a fallu ajouter « une provision “pour risques et charges” de 15,4 millions d’euros qu’elle a passée dans ses comptes. Cette somme a servi à payer les indemnités de départ des salariés-grévistes”. Pour relancer sa chaîne, devancée en matière d’audience par BFMTV et LCI, Vincent Bolloré a lancé « le rapprochement de la rédaction composée des survivants d’i-Télé et de celle du quotidien gratuit CNews Matin (ex-Direct Matin, propriété du groupe) ». Ce journal gratuit a perdu 100 millions d’euros depuis sa création en 2007, d’après Libération.

    … sa chaîne de divertissement aussi ! - A C8 aussi, l’ambiance n’est pas à la fête. À la suite d’une nouvelle condamnation du CSA contre l’émission « Touche pas à mon poste » pour un canular homophobe [4], Vincent Bolloré réclame désormais 13 millions d’euros d’indemnité en compensation. D’après Le Monde, ce montant serait d’ailleurs tout à fait surprenant, car « largement supérieur aux estimations de manque à gagner calculées par le CSA ou par les médias dont Le Monde » La balle est désormais dans le camp du Conseil d’État.

    - Canal+ s’allie à Telecom Italia - Les Groupe Canal+ et Télécom Italia ont lancé un projet de joint-venture visant à la création d’un Canal+ italien : Canale+. Cette nouvelle collaboration transalpine pourrait s’avérer être une énième tentative de mise sous pression du groupe Mediaset, avec lequel Vivendi (groupe de Vincent Bolloré) est en conflit depuis des mois [5]

    - Pour récupérer des marges financières, des groupes de presse s’allient contre Google et Facebook – Les groupes Le Monde et Figaro se sont alliés pour récupérer des marges financières face à Google et Facebook. Ces deux derniers captent en effet de plus en plus l’argent investi par les entreprises pour acheter des espaces de publicité. Les entreprises sont en effet convaincues que les publicités y sont plus efficaces en raison du ciblage très fin que permettent les données personnelles acquises par les deux géants du numérique (âge de leurs utilisateurs, sexe, lieux d’habitation, loisirs, goûts culturels…). C’est donc pour séduire à nouveau les annonceurs (les entreprises qui achètent des espaces de publicité) que les groupes Le Monde et Le Figaro s’allient. Comme le relate Le Monde : « Concrètement, en s’adressant à l’une ou à l’autre des deux régies, les annonceurs et les agences pourront lancer des campagnes communes aux sites du Groupe Figaro (Lefigaro.fr, Linternaute, Le Journal des femmes, Madame Figaro…) et du Groupe Le Monde (Lemonde.fr, Telerama.fr, L’Obs, Le Huffpost…) avec des formats identiques, des tarifs uniformisés et un outil de pilotage commun. » Aux États-Unis, une alliance beaucoup plus large (2 000 titres de presse) a été lancée pour « obtenir des avancées dans le partage de la valeur » et faire pression sur le Congrès pour qu’il légifère en ce sens.

    - Facebook va laisser des médias proposer des abonnements sur sa plateforme - C’est dans ce contexte de défiance que Facebook a écouté les récriminations de la presse, au moins sur un point : la possibilité de proposer un nombre limité d’articles en accès libre (pour favoriser de nouveaux abonnements). Jusqu’ici, les médias qui hébergeaient des articles sur Facebook ne pouvaient pas faire valoir leur politique d’accès limité sur le réseau social, quand bien même cette politique était en place sur leur site Internet. Or, relate Libération, « Facebook travaille actuellement avec des éditeurs pour leur permettre de mettre en place une limite d’articles consultables gratuitement chaque mois (...). Au-delà, les éditeurs pourront, comme ils le font sur leur propre site, bloquer l’internaute et lui proposer de s’abonner pour avoir librement accès à leur contenu. »

    - Le CSA autorise TF1 à couper son JT par de la pub - Cette saison (2017/2018), TF1 pourra exploiter encore davantage le temps de cerveau disponible mis à disposition par ses émissions. Dit autrement : diffuser plus de publicité. En effet, le 19 juillet dernier, le CSA « a autorisé le groupe TF1 à insérer une coupure de publicité au sein de sa grand-messe du 20 heures » relate Le Figaro. Selon le quotidien, TF1 utilisera avec « parcimonie » ce droit, par peur de la concurrence : « Durant la coupure de pub, les téléspectateurs pourraient migrer massivement vers le JT de France 2. D’ailleurs, la chaîne publique s’en réjouit doublement. Cela pourrait profiter à l’audience de France 2 tout en pénalisant les recettes publicitaires de M6, seule véritable rivale commerciale de TF1 à cette heure où le service public est interdit de pub après 20 heures. » Une réjouissance à courte vue : depuis la suppression de la publicité voulue par Nicolas Sarkozy et mise en place en 2009, [France télévisions doit lutter à armes inégales avec TF1 qui bénéficie mécaniquement de financements supplémentaires. En effet, la taxe sur les fournisseurs d’accès à Internet bricolée par le gouvernement de l’époque pour compenser les pertes pour France TV ne compense en réalité pas grand chose : « la taxe (...) ne compensera que très partiellement la perte de recettes. En 2009, la première année de la suppression de la pub, le manque à gagner était estimé à 450 millions d’euros. Dans le budget 2017 de France Télévisions, la taxe n’est estimée qu’à 166 millions d’euros. En fait, depuis la suppression de la publicité, c’est tout le modèle économique de France Télévisions qui vacille dangereusement », écrivions-nous récemment à propos de la refondation nécessaire du service public de l’information.

    - Le CSA donne son feu vert au rachat de Numéro 23 par NextRadioTV - NextRadioTV, la maison mère de BFMTV et RMC, sera bientôt propriétaire de la chaîne de télévision Numéro 23. Selon Le Monde, le CSA a donné son accord le 26 juillet dernier. En octobre 2015, le CSA avait pourtant décidé de supprimer l’autorisation de diffusion de la chaîne en raison de ce même projet de revente de Numéro 23 à NextRadioTV, avant que sa décision ne soit cassée par le Conseil d’État. Pascal Houzelot, fondateur et actionnaire principal de la chaîne avait en effet obtenu gratuitement cette fréquence audiovisuelle, avant d’essayer de la revendre pour 88,5 millions d’euros. Aujourd’hui, le CSA a donc retourné sa veste. Ce projet de revente avait été qualifié par Médiapart de « trafic des fréquences audiovisuelles ».

    - TF1 ne veut plus que les box Internet de SFR distribuent ses chaînes (TF1, LCI…) - Nouvel épisode dans les relations houleuses qu’entretiennent fournisseurs d’accès à Internet et médias. Les premiers souhaitent toujours plus de contenus issus des médias (par exemple, le quotidien Libération proposé gratuitement aux clients de SFR) et les seconds souhaitent une répartition équitable des coûts et bénéfices.

    Le dernier conflit en date oppose TF1 et SFR : le premier réclame de l’argent au second pour la diffusion de ses chaînes de télévision, SFR refuse. Un désaccord qui ne date pas d’hier. Comme le raconte FranceInfo, le groupe TF1 réclamait dès 2016 un « partage des revenus » avec SFR. Autrement dit, de faire payer le fournisseur d’accès à Internet (SFR) pour pouvoir distribuer les chaînes de télévision du Groupe TF1 : « Depuis la fin 2016, TF1 a entamé un bras de fer avec les opérateurs Internet pour qu’ils partagent les revenus issus de la diffusion par Internet de ses chaînes – TF1, TMC, NT1, HD1 et LCI – qui étaient jusque-là fournies gratuitement par le groupe de télévision. » Depuis, TF1 a coupé l’accès au service replay de ses chaînes au sein du réseau SFR. L’opérateur Internet envisage maintenant des « actions judiciaires » contre TF1, après avoir déposé un recours au CSA, en avril 2017.

    - La publicité ciblée à la télévision : c’est pour bientôt - Emboîtant le pas aux networks américains, les régies publicitaires françaises tablent sur une autorisation prochaine de la publicité ciblée à la télévision. D’après Le Figaro, « une modification du décret de 1992 [qui interdit ce type de publicité] pourrait intervenir d’ici à la fin de l’année. » Faut-il y voir l’aboutissement de l’intense lobbying des patrons de télévision que nous avions relevé en mai dernier [6] ? Quoi qu’il en soit, avec un foyer sur deux recevant la télévision par Internet (comme le rappelle Le Figaro), la France est particulièrement bien positionnée pour servir de « laboratoire pour le ciblage ».

    http://www.acrimed.org/Actualite-des-medias-no7-juillet-aout-2017

  • Le troll est l’aile islamo-gauchiste de la pensée dominante

  • Le lynchage médiatique de Bernard-Henri Lévy : c’est assez !

    L’adulation médiatique de BHL, ce n’est jamais assez !
    Scandalisés par la publication par Le Monde diplomatique d’un dossier dépréciatif consacré [1] à « L’imposture Bernard-Henri Lévy », nous avons pris le parti de lui répliquer en rééditant un article publié le 1er mars 2010 dans notre abondante rubrique : « Les aventures de Bernard Henri-Lévy » (Acrimed).
    Alors qu’il vient de sortir deux ouvrages, Bernard-Henri Lévy s’est fait plutôt rare dans les médias : on ne l’a pas vu dans « Télé Foot » sur TF1, ni lu dans Le Journal de Mickey, et même pas entendu sur Fun Radio. Un scandale. Mais, plus grave, il a fait l’objet d’un acharnement qui s’apparente à un véritable lynchage. Qu’on en juge par cet inventaire (suivi de « l’article auquel vous avez échappé »)

    « Pourquoi BHL a-t-il autant de détracteurs ? »

    Dans L’Express du 4 février 2010, le directeur du journal, Christophe Barbier, assassine « l’intellectuel engagé du début du XXIe siècle » dont l’un des deux livres publiés ne serait que « poli et tranchant ». Il ne parle même pas de chef-d’œuvre. Puis il s’emballe : « De ces deux travaux très différents se dégage le portrait d’un homme affairé, presque dispersé, mais apte à ramasser soudain sa pensée, autour d’une lutte majeure ou d’un concept neuf. » Irrévérence ultime : Barbier n’interviewera le philosophe que sur quatre pages…

    Dans Le Point (hebdomadaire dans lequel BHL tient pourtant un bloc-notes…) du 4 février, l’écrivain Christine Angot a fait du philosophe un portrait épouvantable. Extraits : « Il cherche la vérité. C’est un philosophe. Ça existe. Il y en a. Mais pas dans son coin, il aime bien parler, il aime bien aller leur dire. En tout cas il aimait bien. (…) Il pense à toutes les parties de flipper qu’il a jouées. Il était le meilleur. »

    Le comportement du Figaro n’est pas plus glorieux (6 février). Un portrait à charge en dernière page du journal, signé Renaud Girard : « Dans son dernier essai, De la guerre en philosophie (Grasset), BHL parvient superbement – car sa prose a, dans ce livre, la respiration de celle d’un Péguy – à théoriser le destin qu’il s’est fixé jeune homme, celui d’être un "intellectuel engagé". » Et le journaliste, de poser la bonne question : « Pourquoi Bernard-Henri Lévy a-t-il autant de détracteurs à Paris ? » C’est vrai, pourquoi ?

    Pourquoi l’hebdomadaire Paris Match (4 février) n’a-t-il consacré que trois pages à BHL en le couvrant d’insultes ? Un « cerveau brillant » peut-on lire ici, un « flamboyant virtuose » peut-on lire par là. En somme, « un type comme lui est un exemplaire unique. »

    Pourquoi ne lui offrir que huit pages dans Marianne (6 février) pour qu’il s’explique face à des contradicteurs, alors qu’il en aurait fallu seize ? [2]

    Pourquoi l’interviewer dans le Journal du Dimanche (7 février) et ne pas lui consacrer un numéro entier ? Pourquoi Le Figaro Magazine (11 février) se rabaisse-t-il à consacrer un article à ses débuts en philosophie et non pas à toute sa vie ? Et pourquoi, dans le Libération du 11 février, le massacrer, et massacrer l’un de ses ouvrages ?

    Cette campagne de promotion en demi-teinte, économe en louanges et en papier, a de quoi surprendre ! Un vrai lynchage !

    « Vous n’êtes pas épargné »
    Alors que BHL est de passage, le 8 février, dans « Le Grand Journal » sur Canal Plus, le journaliste Ali Baddou l’interroge : « C’est assez hallucinant la violence des textes qui ont été publiés là ces derniers jours à l’occasion de la sortie de ces deux livres. » C’est vrai, avec ce que l’on vient de lire, c’est ha-llu-ci-nant ! D’ailleurs - signe d’une violence extrême - BHL est privé des railleries et des interruptions qui sont la marque de fabrique de l’émission et il doit s’exprimer sans bénéficier de la moindre coupure intempestive. « Pourquoi est-ce que vous énervez autant ? » enchaîne Ali Baddou. Oui, pourquoi tant de haine ?

    Sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach a tout compris. Il prévient son invité inattendu – Bernard-Henri Lévy – que « la tornade pro et surtout anti-BHL va continuer de souffler ce matin sur Internet. » (10 février). De passage dans le « Soir 3 » sur France 3, Bernard-Henri Lévy est interrogé – avec violence – sur différents sujets d’actualité. Et le journaliste commet cette judicieuse remarque : « La philosophie, vous le dites, c’est un combat avec des haines, des rancœurs, des engueulades aussi, et de ce point de vue, vous n’êtes pas épargné . » (14 février).

    Personne ne l’épargne : un point de vue partagé par Le Monde qui consacre son entière page 3 à Bernard-Henri Lévy et qui, sous la plume de Josyane Savigneau, souligne – sans les nommer ( !) – que « radios, journaux, sites divers se sont déchaînés pour discréditer l’ensemble du travail de Bernard-Henri Lévy » (16 février).

    C’est indéniable : les journaux se sont « déchaînés » contre l’œuvre de BHL. Libération, par exemple (dont Lévy est actionnaire), dans un entretien fleuve (13 février), pose une série de questions d’une rare impertinence au grand penseur : « Quelle est la place de la philosophie dans votre vie ? » ; « La philosophie est une arme de guerre, mais contre qui ? » ; « Dans « Pièces d’identité », à la question : “Qu’aimez-vous le moins en vous”, vous avez cette réponse étonnante : “Ma part d’enfance” ». Etc.

    Invité sur TV5 (22 février), il doit affronter les salves d’un journaliste qui s’étonne : « Vous n’avez pas l’impression que parfois vous déclenchez des réactions incroyables ? » À quoi BHL répond modestement : « Je me suis si peu trompé en 32 ans qu’il a fallu qu’on trouve cette sympathique histoire Botul. » Si peu, en effet.

    Des réactions incroyables. Presque un boycott. France Culture ne l’invite que trois fois : dans « Questions d’éthique » (22 février) [3], dans « Les Matins » (16 février) et dans « La Rumeur du Monde » (le 13 février) animée par Jean-Marie Colombani. Ce même Jean-Marie Colombani ne le convie qu’une seule fois dans son émission sur Public Sénat (19 février). Et excepté quelques courageux médias, c’est le black-out complet : un clin d’œil sur TF1 (8 février), une apparition sur RMC (16 février). Et entre temps, une journée d’oisiveté complète : le 13 février, un passage sur RTL, un autre sur Paris Première, puis comme premier invité de « On n’est pas couché » sur France 2 (une émission enregistrée, il est vrai). Mais à part ça, pas grand chose. [4]

    Face à un tel déferlement de haine et à l’intolérable censure de sa victime, la résistance s’est organisée et Nicolas Demorand a rejoint la première ligne, en déclarant dans sa chronique « Tous azimuts » du 18 février 2010, sur France Inter : « Il y a dans tout cela quelque chose qui pue ». De quoi parlait-t-il ? Manifestement, ce n’était pas de la « meute » des hagiographes et des complaisants.

    L’adulation médiatique de BHL, en effet, ce n’est jamais assez. C’est pourquoi…

    … Voici l’article auquel vous avez échappé
    Nous ne parlerons pas de « l’affaire Botul ». On en a beaucoup parlé. Pas Acrimed. Sans doute est-elle révélatrice. Mais de quoi ? De la désinvolture de BHL. Mais quand celle-ci est traitée en galéjade, y compris par le principal intéressé qui la présente comme un canular, elle masque l’essentiel : les innombrables approximations et impostures dont BHL a jalonné sa « carrière » : depuis les livres qu’il a lui-même homologué comme les fruits d’une « nouvelle philosophie », jusqu’à ses reportages et enquêtes les plus récents. Son reportage « people » et partisan à Gaza, son enquête approximative en Georgie mise en cause par Rue89, son tourisme de propagande en Israël n’ont fait l’objet d’aucune critique dans les grands médias. Pour ne rien dire de ses voyages en Afghanistan et des douteux bricolages dans son livre sur Daniel Pearl [5] revisités par Le Monde diplomatique, mais jamais abordés par les grands médias. Que dire, si ce n’est que rien de tout cela n’est évoqué par les intervieweurs de BHL [6].

    Certes « l’affaire Botul » a suscité de salutaires éclats de rire. Mais, précisément parce qu’il s’agissait là d’une « bourde », la mobilisation des idolâtres a permis une fois de plus de faire diversion et de taire les impostures les plus graves de leur idole. Alors…

    Alors… nous ne reviendrons pas sur les palinodies de Nicolas Demorand (analysées dans un récent article). Rappelons simplement que ce dernier, après avoir pris la défense de BHL, annonçait : « Et pour le reste sachez que Bernard-Henri Lévy sera demain l’invité du 7-10 ». Oubliant d’ajouter que ce ne serait que la septième fois depuis septembre 2006… La suite, on la connaît. Un « coup monté », destiné à faire passer BHL pour une victime et à lui donner l’occasion de se défendre, parfaitement lisible dans le sketch mis en scène par des duettistes. Une interview faussement agressive, suivie, deux jours plus tard, le dimanche 21 février, sur France 5, d’un entretien réellement complaisant. Stratagème malin qui peut se résumer ainsi : taquinerie matinale et courtoisie dominicale.

    Nous ne dirons rien non plus des quelques articles qui, du moins dans les grands médias, ont moqué la « victime ». Ils furent finalement si peu nombreux que le tintamarre d’indignation qu’ils ont suscité devrait suffire à disqualifier ceux qui l’ont entretenu. Mais il n’en sera rien…

    Nous ne dirons rien du talent consommé avec lequel BHL se rend insubmersible, grâce à des médiacrates qui le sont autant que lui. La plupart des journalistes ont complaisamment interrogé l’omniprésent sur « l’affaire Botul » : après avoir salué l’élégance avec laquelle il a reconnu s’être fait piéger (en réalité, s’être piégé lui-même…), ils ont entonné à sa suite la complainte selon laquelle il serait pourchassé par une « meute » enragée.

    Nous ne dirons rien de cette rhétorique victimaire et mensongère, servie par BHL et ressassée par ses défenseurs face à la moindre critique, et qui fut relancée notamment, lors de la sortie du précédent opus qui dénonçait précisément la « meute ». Il suffit de lire ici même « BHL-Houellebecq et la meute des complaisants »…

    Nous ne dirons rien du procès en antisémitisme, intenté contre les critiques de BHL sur la base d’un faux (relevé par « Arrêt sur Images ») : la prétendue fermeture du forum de Libération pour cause de propos insultants et antisémites, alors que le forum fut fermé préventivement afin de les éviter.

    Enfin, nous ne dirons rien, par charité, du point de vue de Ségolène Royal (paru dans Le Monde du 28 février) qui recycle le mensonge sur l’antisémitisme, avant de déclarer sa flamme à celui qui s’est enflammé pour elle et d’enrôler François Mitterrand au service de BHL et à son propre service.

    http://www.acrimed.org/Le-lynchage-mediatique-de-Bernard-Henri-Levy-c

  • Le troll est l’aile islamo-gauchiste de la pensée dominante

  • Des néo-stal et des réacs chez acrimed

  • « Les complices de l’islamisme » : Marianne au zénith de la médiocrité journalistique

    « Les complices de l’islamisme ». Tel est donc le titre de l’épais dossier (24 pages) de l’hebdomadaire Marianne du 22 mai 2015 (n°944) qui entend dénoncer, comme l’annonce la « une », les « alliés objectifs, compagnons de route [et] idiots utiles » de « l’islamisme ».

    Le dossier et son contenu ont rapidement fait le « buzz », notamment en raison d’un article, particulièrement remarqué, contre la station de radio Beur FM, et plus précisément contre l’émission quotidienne « Les Z’informés » [1].

    Voilà qui ne pouvait manquer d’attirer l’attention d’Acrimed.
    Nous avons donc lu attentivement le dossier et, le moins que l’on puisse dire est qu’en comparaison des ambitions affichées et des déclarations tonitruantes du directeur de la rédaction de Marianne Joseph Macé-Scaron, nous sommes restés sur notre faim. En effet, une fois de plus [2], Marianne nous propose un dossier qui déborde de biais journalistiques divers, du plus insignifiant au plus grave : approximations, raccourcis, amalgames, absence de pluralisme, manœuvres voire manipulations, et sensationnalisme à peu de frais.

    Critiquer l’islam ? C’est évidemment le droit de tout un chacun, de même que chacun doit pouvoir librement dénoncer les dangers représentés par les intégrismes religieux, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans, et par leurs alliés. La critique des intégrismes religieux et des religions en général est même un exercice indispensable en démocratie, à la condition toutefois d’accepter certains principes : ne pas confondre une religion, des expressions radicalisées de cette religion, et les croyants ; tolérer la « critique de la critique » sans tomber dans le binarisme bushien (« Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes avec les terroristes ») ; être construite de manière argumentée, rigoureuse et intègre.

    Or le moins que l’on puisse dire est que le dossier de Marianne est loin, très loin de répondre à ces critères.

    Pour ne pas accabler nos lecteurs et lectrices, et par souci de cohérence, nous avons concentré notre examen critique du dossier sur le long article de cadrage (huit pages, soit un tiers du total), rédigé par Éric Conan. Cet article condense en effet l’essentiel des thèses du dossier, les autres articles (que nous évoquerons brièvement en dernière partie) servant essentiellement à illustrer le propos d’Éric Conan, ainsi résumé dans le chapeau introductif : « Quatre mois après les attentats de janvier, certains arguments et certaines pratiques ont refleuri, qui, par lâcheté, idéologie, cynisme ou naïveté, balisent le chemin de l’islamisme. Enquête sur ces complicités, pas toujours conscientes mais toujours dangereuses ».

    I) Un voile sur la déontologie et la rigueur

    « L’enquête » d’Éric Conan s’appuie, comme toute enquête qui se respecte, sur un nombre important de témoignages, analyses et commentaires, venus d’intellectuels, de journalistes, d’universitaires, de responsables politiques et autres acteurs de la sphère publique. Si l’on s’en tient aux personnes (et groupes) explicitement cités (guillemets à l’appui), on dénombre pas moins de 43 noms, certains étant cités à plusieurs reprises.

    À première vue, le journaliste de Marianne a donc sérieusement enquêté et conduit un nombre important d’entretiens avec des acteurs divers, qui ne manquent pas de fournir matière et crédit à ce long article.

    Mais, à y regarder de plus près, les choses sont un peu différentes : la quasi-totalité des citations sont en effet extraites d’interviews ou de déclarations antérieures, pour la plupart déjà publiées dans d’autres médias. Sans qu’Éric Conan ne juge bon de le préciser, laissant penser qu’il est l’auteur de ces entretiens.

    Démonstration, chiffres à l’appui.

    Pour rendre justice à Marianne, nous avons retiré de notre comptabilité les déclarations publiques des responsables politiques français (tout en conservant les interviews « exclusives » accordées à certains médias), que l’hebdomadaire n’entend pas présenter comme des témoignages qu’il aurait lui-même recueillis [3], ainsi que celles du ministre des Affaires religieuses algérien Bouabdellah Ghlamallah. Nous avons également enlevé les citations lorsque la référence à l’original était explicite, ainsi qu’une déclaration de l’AFP, une déclaration d’enseignants de Seine-Saint-Denis et une déclaration du syndicat des chefs d’établissements. Nous avons enfin retiré, pour des raisons évidentes, une citation de Charb.

    Ce qui donne la répartition suivante :
    Déclarations publiques de responsables politiques : 6
    Citations sourcées : 4
    Déclaration de l’AFP : 1
    Déclaration d’enseignants du 93 : 1
    Déclaration du syndicat des chefs d’établissements : 1
    Citation de Charb : 1
    Autres noms : 30
    Total : 44 [4]

    Puis, nous nous sommes intéressés à ces « autres noms », et avons tenté d’établir combien d’entre eux avaient été réellement interrogés par Marianne, en examinant si les citations étaient des citations inédites ou si elles avaient été « empruntées » [5]. Le résultat est sans appel :
    Citations inédites [6] : 2
    Citations empruntées : 29
    Total : 31 [7]

    Au total, ce sont donc plus de 93% des témoignages, opinions ou analyses rapportées par le journaliste de Marianne qui sont issus d’articles de presse ou d’interviews antérieures et, au mieux, 7% d’entre eux qui sont des « nouveautés ». L’originalité de « l’enquête » en prend un coup : ces chiffres signifient en effet qu’Éric Conan s’est largement contenté de bricoler un article sur la base du travail préalable de ses confrères, reprenant les noms et les citations en les agrégeant pour produire un effet de légitimation dans son argumentation.

    C’est bien évidemment son droit le plus strict, mais la moindre des choses est, dans ce cas, de ne pas prétendre proposer une « enquête » et, surtout, de faire savoir que la quasi-totalité des citations sont « empruntées » à d’autres journalistes.

    On ne pourra en outre s’empêcher de relever que les citations (éventuellement) originales sont le fait de personnes tenant des propos qui vont à l’appui des thèses défendues par Marianne. En d’autres termes, et dans la mesure où il n’est précisé nulle part, dans l’article, que X ou Y aurait été sollicité mais aurait refusé de répondre aux questions d’Éric Conan [9], on en déduit que le journaliste n’a, au pire, pas contacté celles et ceux qui expriment un point de vue divergent, ou n’a, au mieux, pas jugé bon de publier leurs propos [10].

    Une démarche qui ne surprend guère quand on s’aperçoit que, parmi les « interlocuteurs » [11] cités, la proportion de personnes dont les déclarations vont à l’appui du propos général d’Éric Conan est de 24 sur 30, soit 80% des noms listés dans notre tableau.

    Ainsi :

    1) La rigueur et la déontologie d’un journaliste qui se contente, pour l’essentiel, de copier-coller des citations trouvées chez ses confrères, sans même prendre la peine de mentionner les sources originales, laissent à désirer.

    2) Le fait de n’avoir sollicité (ou fait parler) aucun opposant à ses thèses, de même que le fait d’avoir (très) largement privilégié les propos légitimant ses propres opinions, n’est pas le signe d’une enquête contradictoire, mais plutôt d’une instruction à charge. C’est ainsi par exemple que, lorsque le journaliste évoque « la scission d’une partie des Économistes atterrés dénonçant le suivisme d’Attac », une seule des deux parties a droit à la parole.

    3) Davantage que d’une enquête, il s’agit donc d’un article à charge construit autour de citations glanées ça et là et servant le propos général de l’auteur, sans que le parti-pris de ce dernier soit clairement assumé, et sans que les « emprunts » soient signalés. Des pratiques journalistiques condamnables, a fortiori lorsque Marianne se permet d’infliger (nous y reviendrons), dans le même dossier, des leçons de journalisme à ses confrères de Beur FM. […]

    http://www.acrimed.org/Les-complices-de-l-islamisme-Marianne-au-zenith-de-la-mediocrite-journalistique

  • Il y a ou il y a eu effectivement des néo-stals et des réacs chez acrimed

    ... la critique du cirque médiatique englobe aussi des ennemi-e-s de classe et idéologique

  • Retour sur le traitement médiatique de l’élection présidentielle de 2017

    Complaisance et compassion
    Rares sont les journalistes qui osent pousser les hommes et femmes politiques dans leurs retranchements. C’est plutôt complaisance et compassion.

    Au moment où sort l’« affaire Fillon », Laurent Delahousse, au comble de l’émotion réussit l’exploit d’interviewer pendant 12 minutes François Baroin, membre de l’équipe de campagne du candidat des Républicains, sans jamais mentionner les soupçons d’emploi fictif. Sur BFM TV, Ruth Elkrief et ses invités, au chevet de François Fillon, tentent la méthode Coué et essaient de (se) convaincre que la campagne de l’ancien Premier ministre peut « rebondir ». Avec le résultat que l’on sait : le rebond annoncé n’a pas eu lieu.

    Comment s’en étonner quand on observe, sur le service public encore une fois, « l’Émission politique » servir la soupe à Marine Le Pen. Les thèmes abordés lors de cette émission collent tellement au programme du Front national qu’on croirait une opération de propagande. Les « entretiens d’embauche de Laurent Delahousse » – encore lui – avec Marine Le Pen et Emmanuel Macron, lors de l’entre-deux tours sont un cas d’école d’interviews politiques… dépolitisées ! Nous avons compilé les questions de l’intraitable Delahousse pour vous en convaincre. Il y a fort à parier que Le Pen et Macron ne s’en sont pas remis.

    Macron superstar
    En réalité, il y a fort à parier qu’Emmanuel Macron aura rapidement trouvé un espace d’expression encore plus accommodant. La surexposition médiatique de ce dernier a commencé bien avant l’officialisation de sa candidature : dès le lancement du mouvement « En marche ! », « La presse est unanime : Emmanuel Macron ».

    Sa démission du gouvernement, confirme le statut d’« Emmanuel Macron superstar médiatique ». Et au fil des semaines le « cas Macron » est devenu – chronique d’une hypermédiatisation annoncée – « Un feuilleton médiatique à suspense ». Si la plupart des magazines lui ont consacré des « Unes » aguicheuses, une place particulière revient à L’Obs qui présente un cas de macronite aigue : « L’Obs observe Emmanuel Macron... jusqu’à L’Obsession »

    Un « annuaire professionnel du monde politique » réunit un jury, composé notamment de journalistes politiques, et en 2017 ce jury a décidé de consacrer Emmanuel Macron en lui remettant le prix de la « révélation politique de l’année » : Le « Trombinoscope » béatifie Emmanuel Macron.

    Contre cet évident acharnement, « À Challenges, une voix s’élève contre le Macron-bashing médiatique » : l’éditorialiste Maurice Szafran explique « Pourquoi Emmanuel Macron n’est pas le candidat des médias ». Mais est-ce que « Challenges roule pour Macron » ? La présidentielle à Challenges : les « observations » de la société des journalistes (SDJ)

    La presse spécialisée se mobilise. C’est le cas d’un magazine de vulgarisation scientifique : « Sciences et Avenir se met en quatre pour Emmanuel Macron ». Un cas qui est loin d’être isolé : « Le magazine L’Histoire se met (lui aussi) en quatre pour Emmanuel Macron ». À quoi on peut ajouter : « Un grand cru Macron dans Terre de Vins » qui publie une « interview exclusive d’un candidat œnophile ». Sans oublier : « Emmanuel Macron, star d’un « événement » organisé par Challenges et Sciences et Avenir », un « événement » doublé d’une opération de propagande.

    Dans le « quotidien vespéral des marchés », avant le premier tour de l’élection présidentielle, le déni mobilise un rigoureux intermédiaire : « Avant le premier tour, Le Monde n’aurait pas roulé pour Macron ? La complainte du médiateur ». En toute indépendance ou en toute mauvaise foi ?

    Grands journalistes et petits candidats
    Les candidats pour qui les sondages prédisent des scores à un chiffre ne bénéficient pas de la même complaisance. Pas même d’une neutralité de façade. C’est que les chiens de garde du pouvoir, toujours prêts à aboyer contre ceux qui voudraient remettre en cause l’ordre établi, ont bien du mal eux-mêmes à s’accommoder des règles de temps de parole imposées par le CSA. Pensez donc ! Placer Artaud, Sarkozy et Mélenchon sur un pied d’égalité ? Les rédactions seraient plutôt du genre à refaire le casting si le candidat désigné par un « petit » parti ne leur plait pas. Ainsi de Philippe Poutou, maintes fois écarté des plateaux télé où l’on préfère recevoir Olivier Besancenot, le « bon client ». Un brin résigné, Philippe Poutou nous disait dans une interview de juillet 2016 sur le rapport du NPA avec les médias : « Nous sommes dépendants du bon vouloir des rédactions ».

    Heureusement, les plaintes et gesticulations des pauvres petits patrons de presse ont permis de réduire la période d’égalité de temps de parole de cinq à deux semaines. Première étape avant une suppression pure et simple ? Nous posions la question lors de l’adoption de la loi en mai 2016 : « Présidentielle 2017 : c’est (mal) parti ».

    Quelle sera alors la place des candidats qui ne sont pas adoubés par les rédactions ? Pour s’en faire une idée, on peut regarder ce qu’il se passe en dehors des périodes où s’applique – s’appliquait ! – cette obligation d’égalité de temps de parole. C’est ce que nous faisions à l’automne dernier avec un pointage des invités politiques des matinales les plus écoutées, celles de France Inter, Europe 1 et RTL. La réponse est claire : « Les radios sont unanimes : vive le bipartisme ! ». En effet, 81% des invités politiques appartiennent soit au PS soit au parti LR.

    Rien d’étonnant par conséquent si Thomas Legrand, unique éditorialiste politique dans la matinale de France Inter, endosse le rôle de « sélectionneur de l’équipe des candidats à la Présidentielle ». Pour prendre la défense des « petits » candidats au nom du pluralisme ? Non, évidemment…

    France Inter, Europe 1 et RTL, ce ne sont pas toutes les radios, mais ce sont les principales. Les télévisions ont-elles été plus hospitalières ? Pas vraiment. La grande messe du débat télévisé entre candidats a bien eu lieu, mais elle ne réunissait que les cinq plus « gros » candidats, sur les onze. Et c’est toute la cohorte des éditocrates qui s’est employée à justifier ce choix. Dans « Grands journalistes contre petits candidats », nous avons relevés les saillies mémorables de deux d’entre eux, Hervé Gattegno et Christophe Barbier.

    La pluralité des titres de la presse écrite et le souci d’indépendance qu’affichent certains d’entre eux permettent-ils de garantir le pluralisme dont ils se gargarisent ? Le Monde, par exemple ? Raté ! Le supplément magazine du Monde, M a publié un article tellement affligeant que dès février nous pouvions annoncer : « Présidentielles 2017 : Le Monde remporte la palme du mépris pour les "microcandidats" ».

    Grands journalistes et mauvais candidats
    Faire partie du tiercé, quarté ou quinté de tête – pour reprendre une métaphore sportive – ne garantit pas toujours la bienveillance des chefferies journalistiques. La victoire de Benoit Hamon à la primaire de la « Belle alliance populaire » a surpris plus d’un pronostiqueur. Nul besoin de lire entre les lignes pour déceler leur déception. « Benoît Hamon le rêveur » : un cauchemar pour les éditorialistes.

    Mais c’est surtout lors de la percée du candidat de la France Insoumise dans les sacro-saints sondages que la morgue, voire la haine de la caste des commentateurs s’est manifestée sans réserve ni pudeur. Jean-Luc Mélenchon est le mauvais candidat, celui dont les médiacrates ne veulent pas. Raphaël Enthoven, pour ne mentionner qu’un exemple, tape sur ses partisans dans un chef d’œuvre d’« éditocratie à coup de marteau ».

    Au delà du poids des mots, le choc des images parle de lui-même dans ce montage vidéo qui présente un échantillon des interrogatoires subis par le mauvais candidat, ou « "Comment détester Mélenchon", par quelques médiacrates ».

    La campagne 2017 avait pourtant bien commencé. Une chaine YouTube, des meetings par hologramme et des qualités oratoires qui en font aussi un « bon client » ont d’abord donné un capital de sympathie au candidat. Le vent a tourné quand les oracles – comprenez les instituts de sondage – ont prédit que Mélenchon ferait mieux que Hamon. Fin de la récré. En 2012 déjà la mobilisation avait été générale : « Les éditocrates contre Jean Luc Mélenchon ». En 2017, après une brève accalmie, on recommença : « Les éditocrates contre Jean-Luc Mélenchon (bis repetita) ? ».

    Personnalisation et dépolitisation
    Qu’on n’aille pas croire pourtant que la présentation des projets et des programmes fut totalement absente : les candidats s’en chargèrent et les médias consentirent à les évoquer. Mais comme à l’accoutumée, le journalisme de commentaires a écrasé le journalisme d’information. La personnalisation des jeux politiques l’a emporté un peu partout : encensés, démolis ou ignorés, les candidats l’ont été surtout en fonction de leur personnalité et de leurs chances supposées dans la compétition. La politique dans les médias, c’est trop souvent la politique selon « C dans l’air ».

    Le journalisme de compétition qui culmine avec la personnalisation des jeux politiques contribue à une dépolitisation des enjeux : tendance lourde qui n’a pas complètement effacé la présentation des projets en présence. Or on a souvent dû cette présentation aux candidats eux-mêmes et non aux informations diffusées par les grands médias. Et parmi les projets qui n’ont pas reçu la place qu’ils méritent, nous devons mentionner les propositions de transformation des médias. Nous ne les avons pas oubliées : notre comparateur a scruté, pour les confronter à nos propres propositions, les programmes en présence. Le débat public dans l’espace médiatique n’a pas eu lieu : manifestement cela n’intéresse pas les grands pourvoyeurs d’information.

    http://www.acrimed.org/Retour-sur-le-traitement-mediatique-de-l-election

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