RSS articles
Français  | 
Comment il ne faut pas faire la révolution !
posté le 09/11/17 Mots-clés  histoire / archive  antifa  alternatives 

Peu avant sa mort en 1920, Kropotkine écrivait : « Nous apprenons à connaître en Russie comment le communisme ne doit pas être introduit. » Le vieux théoricien anarchiste se gardait d’attaquer trop ouvertement les nouveaux maîtres de Russie pour ne pas alimenter la réaction. Les anarchistes comptèrent néanmoins parmi les premiers critiques – et les premiers persécutés – du bolchevisme.

20 décembre 1917. Moins de deux mois après le « coup d’État d’octobre » (selon la formule de Rosa Luxemburg) est créée la Commission extraordinaire de lutte contre le sabotage et la contre‑­révolution –­ en russe Vetchéka. Voilà lancée la sinistre Tchéka, organe de répression du nouveau pouvoir indépendant de la justice. « Au nombre des facteurs qui ont assuré la victoire des bolcheviks, écrit l’historien Michel Heller, il faut compter […] une découverte géniale de Lénine : l’utilisation de la police politique et de la terreur pour qui veut garder le pouvoir. »

11‑­12 avril 1918. Des détachements armés de la Tchéka attaquent les vingt‑­six locaux anarchistes de Moscou. Dans deux lieux, de violents combats opposent tchékistes et anarchistes. Bilan : une quarantaine de morts et plus de cinq cents arrestations parmi les anarchistes, ainsi que le démantèlement des organisations libertaires de la nouvelle capitale russe. Désormais, les bolcheviks qualifient les anarchistes de « bandits ». Dans la novlangue qui s’invente, il s’agit d’éliminer par la force brute une opposition qui prétend défendre une autre conception de la révolution par en bas – les soviets (ou conseils) contre la dictature d’un parti – la décrivant comme portée par de simples délinquants de droit commun.

Critique du despotisme

Jusqu’à la fin de la guerre civile, les bolcheviks alterneront cette accusation avec une reconnaissance des mérites des combattants anarchistes quand la réaction les menace et qu’ils ont besoin d’alliés pour la combattre. Mais d’une manière générique, tous ceux en désaccord avec eux sont qualifiés de « contre‑­révolutionnaires » Il est donc logique de lire dans une brochure anarchiste publiée cette même année 1918 : « Jour après jour et petit à petit, le bolchevisme fait la preuve que le pouvoir étatique possède des caractéristiques inaliénables ; il peut changer d’étiquette, de “ théorie ”et de “ serviteurs ”, le fond reste le même : pouvoir et despotisme sous d’autres formes. »

Les premières critiques révolutionnaires de Lénine et du bolchevisme viennent donc très tôt des anarchistes russes, puis des autres courants révolutionnaires, comme les socialistes‑­révolutionnaires de gauche. Aucune « commémoration » sérieuse de 1917 ne peut donc faire l’impasse sur les écrits et témoignages de ses acteurs (Archinov, Makhno, Voline) comme de ses historiens (Paul Avrich, Alexandre Skirda). En Europe pourtant, de nombreux anarchistes observent dans un premier temps une grande retenue dans leur critique du nouveau pouvoir russe, afin de ne pas donner d’arguments aux partisans de l’Ancien Régime. La « première critique globale des principes du bolchevisme » d’un point de vue anarchiste, selon l’historien Arthur Lehning, est publiée en 1921 par l’anarcho‑­syndicaliste allemand Rudolf Rocker (1873‑­1958). Le titre original de sa brochure résume à lui seul le propos : La Faillite du communisme d’État russe [1]. L’année précédente, il avait écrit un article qui dénonçait la dictature du prolétariat. Pour lui, « la dictature d’une classe ne peut pas exister comme telle, car il s’agit toujours, en fin de compte, de la dictature d’un certain parti qui s’arroge le droit de parler au nom d’une classe ».

Sus à la « commissariocratie » !

Après l’insurrection de Cronstadt en mars 1921, Rudolf Rocker reprend et développe son propos, opposant terme à terme les principes de la révolution inspirés par l’Association internationale des travailleurs (1864) à son dévoiement par les nouveaux maîtres de l’URSS : les conseils sont incompatibles avec la domination exclusive d’un parti ; la liberté s’oppose à la dictature, le socialisme au capitalisme d’État. Il pointe également sous la prétendue « dictature du prolétariat », l’apparition d’« une nouvelle classe » : « Les membres de cette commissariocratie que la majorité de la population considère et subit aujourd’hui comme d’aussi évidents oppresseurs qu’autrefois les représentants de l’Ancien Régime. » Il souligne aussi l’influence délétère du bolchevisme sur le mouvement ouvrier international et considère l’idée de dictature comme « un héritage de la bourgeoisie ».

Un siècle après, en a‑­t‑­on fini avec le « mythe d’Octobre » et avec les resucées post‑modernes du léninisme ? Rien n’est moins sûr ! D’où l’impérieuse nécessité de faire connaître le plus largement possible la critique anarchiste du bolchevisme. Il y a des décennies, Voline avait déjà tiré son « vrai sens historique », reprenant l’intuition du vieux Kropotkine : « La seule “ utilité ” du bolchevisme est d’avoir donné aux masses de tous les pays […] cette leçon pratique, indispensable […] : comment il ne faut pas faire la révolution. » Puisse‑­t‑­il être enfin entendu.

Cronstadt

« Le 17 mars, le gouvernement communiste annonça sa “ victoire ” sur le prolétariat de Cronstadt, et le 18, il commémora les martyrs de la Commune de Paris. Il était évident, aux yeux de tous ceux qui assistèrent, muets, aux forfaits commis par les bolcheviques, que ce crime était bien plus monstrueux que le massacre des communards de 1871, car il avait été accompli au nom de la révolution sociale, au nom d’une république socialiste. L’histoire ne s’y trompera pas. Dans les annales de la Révolution russe, les noms de Trotski, Zinoviev et Dybenko rejoindront ceux de Thiers et Galifet.

Dix‑­sept affreuses journées, plus affreuses que toutes celles que j’avais connues en Russie. Des journées de supplice, à cause de mon impuissance totale devant les terribles événements qui se déroulaient sous nos yeux. Je rendais visite ce jour‑­là à un ami qui était soigné dans un hôpital depuis des mois. Il était effondré. Beaucoup de ceux qui avaient été blessés au cours de l’assaut contre Cronstadt avaient été transportés dans ce même hôpital ; c’étaient surtout des koursantis [2]. J’eus la possibilité de parler à l’un d’entre eux. Les souffrances physiques, me confia‑­t‑­il, n’étaient rien à côté de ses souffrances morales. Il se rendait compte qu’il avait été trompé par les accusateurs hystériques de la “ contre‑­révolution ”. Il n’y avait pas de généraux tsaristes à Cronstadt, pas de gardes blancs : il n’y avait vu que des camarades, des marins et des soldats qui s’étaient battus héroïquement pour la révolution.

[…] Cronstadt brisa le dernier lien qui me rattachait aux bolcheviques. Le massacre gratuit qu’ils avaient perpétré parlait de façon plus éloquente contre eux que tout le reste. Quelles qu’aient été leurs intentions par le passé, ils se révélaient maintenant comme les ennemis les plus pernicieux de la révolution. Je n’avais plus rien à faire avec eux. »

Emma Goldman, L’Agonie de la Révolution – Mes deux années en Russie (1920‑­1921), Les nuits rouges, 2017.

Dictature du parti

« La dictature d’une petite poignée de dirigeants communistes – qui formaient un petit noyau du Comité exécutif du Parti communiste – se maintint. Les bolcheviks craignaient en effet d’accorder la liberté au peuple, car cela pouvait mettre en danger leur monopole exclusif de l’État. La devise de Lénine et de son Parti était : “ Nous accordons n’importe quoi, sauf la moindre parcelle de notre pouvoir. ” La dictature qui est maintenant entre les mains du triumvirat (Staline, Zinoviev, Kamenev) est aussi totale qu’elle l’était du temps de Lénine. »

Àlexander Berkman, Le Mythe bolchevik - Journal 1920-1922, Klincksierk, 2017.

http://cqfd-journal.org/Comment-il-ne-faut-pas-faire-la


posté le 9 novembre 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Liste des documents liés à la contribution
201-13d07.jpg

Commentaires
  • 13 novembre 13:34, par anonyme

    Disponibles en PDF pour diffusion/brochures :

    - Il n’y a pas de communisme en Russie (Emma Goldman, 1934)
    https://infokiosques.net/spip.php?article1452

    - Stalinisme et bolchevisme (Paul Mattick, 1947)
    https://infokiosques.net/spip.php?article12

  • CQFD site gauchiste racialiste

  • En ces temps de crise, de désarroi et de division, il est bon que la France se rassemble autour d’une grande cause nationale, qui est aussi un enjeu de civilisation : le droit de dégueuler sur les musulmans.

    Quatre jours avant la parution en kiosque du Charlie Hebdo spécial rire anti-musulmans, dont la Une affublée d’un bandeau « Charia Hebdo » et d’une représentation du prophète en clown fouettard promettait de requinquer un peu les ventes moribondes du journal, on avait déjà compris que l’affaire était pliée. Dauber le musulman n’est plus seulement une bonne affaire commerciale, l’équivalent spirituel de la femme à poil en page 3 du Daily Mirror, c’est maintenant un gage d’appartenance à la gauche, et même à la gauche de gauche. Ce samedi soir-là, en effet, Laurent Ruquier recevait dans son bocal à rires de France 2 le bizut aux élections présidentielles du NPA, Philippe Poutou. Éprouvante séquence, durant laquelle le successeur d’Olivier Besancenot, jeté dans l’arène télévisuelle comme une crêpe dans la poêle, fut sommé de s’expliquer sur l’affaire qui scandalise le monde civilisé : la candidature dans le Vaucluse aux dernières élections régionales d’une jeune femme voilée militante du NPA.

    Tour à tour, l’animateur hennissant, ses deux chroniqueuses et son philosophe de compagnie, Michel Onfray, mirent Poutou en demeure de renier sa camarade et d’abjurer toute « complaisance » envers le bout de tissu infâme, symbole de la barbarie-qui-sape-nos-valeurs-laïques. Poutou n’a pas quitté le plateau en se retenant d’assommer ses tourmenteurs. Il ne leur a pas conseillé de se mêler de ce qui les regarde, ou de réexaminer leur propre coiffure, pourtant d’allure peu ragoûtante dans le cas d’Onfray (une hyperhidrose du cuir chevelu, peut-être ?). Le porte-parole « communiste et révolutionnaire » a préféré reluquer ses godasses, s’enfoncer la tête dans les épaules et bredouiller que non, bien sûr, il n’avait « pas été d’accord » avec cette candidature, qu’il avait lu « les livres de Chahdortt Djavann » et qu’au sujet du voile « un vrai débat toujours pas fini » déchirait la formation qu’il représentait. Sous nos yeux se concrétisait une capitulation historique : la gauche, dans sa déclinaison la plus « radicale » sur le nuancier électoral, se rendait avec armes et bagages à un camp hier encore identifié à l’extrême droite. À la figure de l’Arabe mettant en péril l’identité française s’était substituée celle du musulman qui menace la république, et il a suffi de ce simple coup de bonneteau pour que le vilain raciste d’autrefois se métamorphose en bel esprit voltairien, devant lequel toutes les composantes de la gauche élective doivent à présent se prosterner sous peine d’excommunication médiatique.

    Il faut se rendre à l’évidence : idéologiquement, les boute-en-train de Charlie Hebdo ont gagné la partie. Dix ans de vannes obsessives et de piailleries haineuses sur l’islam, consacrées par les « caricatures danoises » et une voluptueuse montée des marches au festival de Cannes aux côtés de BHL, ont diffusé leur petit venin dans les crânes les plus finement lettrés. En juin 2008, les lecteurs de Charlie Hebdo n’avaient déjà rien trouvé à redire à la promotion dans leur journal d’un « caricaturiste hollandais », Gregorius Nekschot, dont « l’humour » consiste par exemple à représenter ses compatriotes blancs en esclaves, chaînes au pied, portant sur leur dos un Noir qui suce une tétine. « Les musulmans doivent comprendre que l’humour fait partie de nos traditions depuis des siècles », avait expliqué ce joyeux drille à son admiratrice, Caroline Fourest.

    La parution du « Charia Hebdo » n’avait donc rien pour surprendre, pas plus que le cocktail Molotov qui s’en est suivi. Tout aussi prévisible, le chant d’amour bramé à l’oreille des martyrs de la « liberté d’expression » par la classe politique et médiatique unanime, de Christine Boutin à Jean-Luc Mélenchon, d’Ivan Rioufol à Nicolas Demorand. Pas si étonnante non plus, la poignée de main entre Charb et Claude Guéant : comme l’expliquerait Oncle Bernard à la table de Libération, c’était « tout de même le ministre de l’Intérieur », et la visite d’un si grand personnage sur les lieux du crime constituait une « marque de la bonne santé républicaine », laquelle crève en effet les yeux de toute part. Réglées comme du papier à musique, les ventes record du numéro culte : seize pages de grosse poilade sur les barbus, les burqas, les djellabahs, les vierges, les lapidations et les méchouis. Un exemple, tenez, en page 2 : « Jeu concours : découpez votre hymen et envoyez-le dans une enveloppe à “Charia Madame”, jeu-concours, Tripoli, Libye. S’il est de première fraîcheur, gagnez un séjour en thalasso dans la Mer Morte. Dans le cas d’un hymen déjà usité, un séjour dans la mer, où la morte, c’est vous. » Ça ne vous fait pas « marrer » ? C’est parce que vous pactisez en secret avec l’envahisseur islamiste…

    Philippe Val est parti, mais ses rejetons ont repris le flambeau. On a même pu voir Charb jurer-cracher sur le plateau du « Petit journal » de Canal + (« l’équivalent télé de Charlie », a apprécié le chroniqueur « santé » Patrick Pelloux, c’était tout dire) que le « Charia Hebdo », avec son fond de sauce hexagonal dégoulinant de chaque page, ne visait qu’à traiter gentiment « un fait d’actualité étrangère », en l’occurrence la victoire électorale en Tunisie du parti Ennahda. Tartufferie valienne par son énormité. Charlie Hebdo a-t-il titré « Talmud Hebdo » et déversé seize pages d’« humour » sur les juifs quand l’extrême droite religieuse est entrée au gouvernement israélien ? C’était pourtant un « fait d’actualité étrangère » au moins aussi considérable que le résultat du scrutin tunisien. Mais l’animateur n’a pas bronché. Il s’est esclaffé en revanche lorsque Luz, affalé sur le plateau et à moitié dans les vapes, a balbutié : « Mahomet, c’est un copain, ouaiiis, on va aller en boîte de nuit ensemble. »

    http://cqfd-journal.org/La-victoire-ideologique-de-Charlie

  • "L’islamisme n’est pas un phénomène ’grave’."

    Jade @Lindgaard , journaliste @Mediapart en 2017.

  • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique.

    A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.

    En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical.

    Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages.

    La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains.

    La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

      • Jordi Vidal -Résistance au chaos-2002

Avertissement commentaires

Les commentaires ont pour objectif de compléter l’information donnée dans l’article, argumenter, apporter une interrogation ou un questionnement par rapport au sujet de la contribution. Les avis personnels qui n’apportent rien de plus à l’article pourront être considérés comme discussion de forum ne répondant pas aux objectifs pré-cités.Tout commentaire ne répondant pas à ces objectifs, ou étant contraire aux règles éditoriales sera supprimé définitivement du site.

Lien vers la politique éditoriale du collectif


Saisissez votre commentaire

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

www.indymedia.org
africa
Ambazonia Canarias estrecho / madiaq Kenya Nigeria South Africa
canada
London, Ontario Maritimes Montreal Ontario Ottawa Quebec Thunder Bay Vancouver Victoria Windsor
east asia
burma Jakarta Japan Korea Manila QC Saint-Petersburg
europe
Abruzzo Alacant Andorra Antwerpen Armenia Athens Austria Barcelona Belarus Belgium belgrade Bristol Brussels Bulgaria Calabria Croatia Cyprus emilia-romagna estrecho / madiaq Euskal Herria Galiza Germany grenoble Hungary Ireland Istanbul Italy La Plana Liege liguria Lille linksunten lombardia London Madrid Malta Marseille Nantes Napoli Netherlands Nice Northern England Norway Nottingham Oost-Vlaanderen Paris/Île-de-France Patras Piemonte Poland Portugal Roma Romania Russia Sardegna Scotland Sverige Switzerland Torun Toscana Toulouse Ukraine United Kingdom Valencia
latin america
Argentina Bolivia Chiapas Chile Chile Sur CMI Brasil CMI Sucre Colombia Ecuador Mexico Peru Puerto Rico Qollasuyu Rosario santiago Tijuana Uruguay Valparaiso Venezuela
oceania
Aotearoa Brisbane burma darwin Jakarta Manila Melbourne Perth QC Sydney
south asia
India Mumbai
united states
Arizona Arkansas Asheville Atlanta Austin Austin Indymedia Baltimore Big Muddy Binghamton Boston Buffalo Charlottesville Chicago Cleveland Colorado Columbus DC Hawaii Houston Hudson Mohawk Kansas City LA Madison Maine Miami Michigan Milwaukee Minneapolis/St. Paul New Hampshire New Jersey New Mexico New Orleans North Carolina North Texas NYC Oklahoma Philadelphia Pittsburgh Portland Richmond Rochester Rogue Valley Saint Louis San Diego San Francisco San Francisco Bay Area Santa Barbara Santa Cruz, CA Sarasota Seattle Tampa Bay Tennessee Urbana-Champaign Vermont Western Mass Worcester
west asia
Armenia Beirut Israel Palestine
process
FBI/Legal Updates Mailing Lists Process & IMC Docs Tech Volunteer
projects
Print Radio Satellite TV Video
regions
United States
topics
Biotech

copyleft Copyleft Indymédia (Independent Média Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.

RSS articlesRSS articles |  Site réalisé avec spip 3.1.3 [23214]
Top