RSS articles
Français  | 
Le survivant du génocide nazi s’est « senti en exil » en Israël
posté le 12/11/17 Mots-clés  antifa 

Jacques Bude a survécu au génocide nazi du fait qu’enfant, il a été sauvé par des Belges. Ses parents furent déportés et moururent à Auschwitz.

Professeur retraité, Jacques Bude soutient l’appel au boycott des universités israéliennes, complices de la violation des droits palestiniens.

Il a enseigné la psychologie sociale à l’Université libre de Bruxelles, mais préfère se définir comme un « déserteur de l’armée israélienne ».

À 16 ans, en 1949, Bude a quitté un orphelinat pour enfants juifs, à Anvers, pour être emmené en Israël.

Deux ans plus tard, après avoir échappé au service militaire, il s’enfuyait d’Israël.Aujourd’hui, il exprime son admiration pour les jeunes Israéliens qui refusent de rejoindre l’armée.

Quand Bude s’est adressé à The Electronic Intifada depuis son domicile à Bruxelles,c’était la première fois qu’il parlait de ses expériences à un journaliste.

Pour comprendre sa position à propos d’Israël, explique Bude, il faut savoir que « mes parents ont été déportés quand j’avais huit ans. Ils ont été assassinés à Auschwitz. »

« Si j’étais resté avec mes parents, je serais mort moi aussi », déclare Bude. « Aucun enfant de mon âge en provenance de Belgique n’est revenu de la déportation. »

Bude explique qu’il a été sauvé par l’assistante sociale de l’usine où travaillait son père : « Elle m’a emmené chez des fermiers qui m’ont caché pendant la guerre. Vous ne devriez pas me prendre en compte dans quelque identification mythique à la communauté juive. Ma communauté, c’est la Belgique. »

Le père de Bude avait quitté la Pologne pour la Belgique vers 1929 pour travailler dans les aciéries. « Nous parlions yiddish, à la maison », rappelle Bude à propos de son enfance dans la ville de Liège. « Mes parents avaient un revenu très modeste, étaient illettrés et ne parlaient pas français. En aucune façon, ils n’auraient pu échapper aux nazis. »

Après des années de clandestinité, Bude fut transféré à l’orphelinat d’Anvers après la guerre.

En exil en Israël

« En 1949, tous les enfants de l’orphelinat ont été emmenés en Israël par le mouvement sioniste », rappelle Bude.

« J’avais 16 ans et je ne voulais pas quitter la Belgique. Je voulais aller à l’école », explique-t-il. « Mon père m’avait appris l’importance de l’éducation. »

Selon Bude, le directeur de l’école avait trouvé pour lui une famille d’adoption, « mais, la veille du départ, il m’avait dit que ç’allait être impossible. »

« J’allais devoir m’enfuir, mais je n’étais qu’un enfant », explique Bude aujourd’hui, rappelant qu’il était bien déterminé à revenir en Belgique si Israël ne lui convenait pas.

« Dès le début, je n’ai pas voulu rester en Israël », déclare Bude sans la moindre hésitation, lorsqu’on lui demande comment il s’était senti en arrivant en Israël. « C’était horrible. On nous avait placés dans une sorte d’endroit délabré, ce devait avoir été une école d’agriculture des Palestiniens, à proximité immédiate de Gaza. Tout faisait défaut. Les seules choses qui ne manquaient pas, c’étaient les armes. »

Mais rentrer en Belgique n’avait rien de simple, puisqu’il lui fallait effectuer trois ans de service militaire, s’il voulait obtenir un visa de sortie.

Au cours de la décennies qui a suivi la Nakba de 1948, c’est-à-dire l’épuration ethnique des Palestiniens par le mouvement sioniste, Israël a multiplié par deux sa population juive en faisant entrer des centaines de milliers de personnes.

Mais, alors que le sionisme définissait ce transfert de population comme une libération et la concrétisation d’un rêve, c’était tout le contraire, pour le jeune Bude.

« Je me sentais réellement en exil », dit-il. « J’avais été anéanti par le militarisme allemand et j’étais venu en Israël pour y être à nouveau confronté au militarisme. »

« Nous devions parler hébreu, mais ma langue maternelle est le yiddish », rappelle-t-il. « Ils nous insultaient, mes parents et moi, parce que nous n’étions pas des sionistes. »

« Nous ne nous étions pas défendus et, d’une certaine façon, nous étions donc tenus responsables des massacres », déclare Bude en décrivant l’attitude qu’il avait rencontrée à l’égard des survivants et des victimes du génocide nazi.

« C’étaient vraiment des militaristes racistes », dit-il. « Ne vous attendez pas à beaucoup de nuances de ma part à propos de la judéité et d’Israël. Selon moi, Israël a été fondé sur un nettoyage ethnique. Si je m’identifie à quelqu’un, c’est à un enfant palestinien. »

Des foyers volés

En Israël, Bude quitta l’orphelinat où les enfants belges avaient été transférés et il se cacha de l’armée à Ashkelon, le nom qu’Israël donna à la ville palestinienne d’al-Majdal, après en avoir chassé de leurs foyers des milliers de personnes, en 1948.

« Toutes les maisons étaient vides. J’ai vécu dans une de ces maisons », dit-il. « Jamais je n’y ai vu de Palestiniens. »
Il rappelle un incident qui se produisit au moment où circulait une rumeur disant qu’il y avait des Palestiniens au marché, « et nous avons couru là-bas pour voir ». Cette poignée de femmes bédouines vendant leurs produits « ont été les seuls Palestiniens que j’aie vus. »

« L’histoire prétendant qu’Israël était un pays vide est entièrement fausse », explique Bude, rappelant les maisons palestiniennes vidées de leurs habitants qu’il avait vues à al-Majdal et « les orangeraies bien entretenues dans les environs ».

Bude travailla dans l’une de ces plantations, essayant de gagner un peu d’argent pour quitter le pays.
« Ils m’ont donné un fusil Mauser avec des munitions », rappelle-t-il. « J’étais un gamin de 17 ans et je devais protéger une plantation qui avait été volée aux Palestiniens. Elle était désormais exploitée par des Juifs. »

« J’ai été envoyé là-bas afin que les Palestiniens ne viennent pas voler des fruits », dit-il. « C’était tirer pour tuer ! Tuer quelqu’un qui vient « voler » ce qui lui appartient ! Jamais je n’allais tuer qui que ce fût ! »

Finalement, Bude parvint à rentrer en Belgique. Il acheta un passeport au marché noir mais avait toujours besoin de papiers prouvant qu’il avait bien effectué son service militaire. En fin de compte, un cousin venu en Israël plus tôt et qui avait combattu dans l’armée lui prêta ses papiers, que Bude utilisa pour quitter le pays.

« Le devoir de mémoire »

Bien que Bude n’ait passé que deux ans en Israël, cette époque eut une profonde influence sur le reste de son existence, et il ne peut s’empêcher de rattacher la chose à ce que sa famille a enduré pendant la guerre.

« Pour moi, un ultranationaliste militariste israélien juif – et c’est ce qu’ils sont – est comme un ultranationaliste allemand », dit-il. « Un général de droite, juif ou pas, est un général de droite. »

« Quand j’entends les mots « État juif », j’entends les mots « État aryen », dit-il, opérant ainsi une juxtaposition que bon nombre de personne auraient du mal à digérer.

Mais, en établissant un parallèle, Bude ne prétend pas que les expériences furent les mêmes. Les nazis « conduisirent au génocide les Juifs, les Rom, les Sinti, les homosexuels et les handicapés mentaux », dit-il. « C’est la pire déshumanisation qui se soit produite à ce jour. Elle avait un caractère industriel et ils y allèrent à fond. Ils les ont complètement déshumanités, les réduisant à un amas de cheveux et d’or. »
« Ainsi, le devoir de mémoire consiste à dire plus jamais de déshumanisation », explique Bude. « Si nous disons « jamais plus », nous devons décider de quel côté nous sommes et condamner la chose. »

« Je suis opposé à l’épuration ethnique des Palestiniens, qui est une forme de déshumanisation », déclare Bude. « Je ne suis pas opposé à l’existence d’Israël mais, en Israël, une majorité écrasante vote pour cette politique, si bien que je puis affirmer que le peuple israélien a gravement échoué, de même que le peuple allemand à l’époque. »

« Les meilleures d’entre les meilleures »

Bude soutient de nombreux groupements de solidarité avec la Palestine. Le message qu’il adresse aux Palestiniens est simple et sombre : « Tentez de rester en vie. »

Il a décliné nombre d’invitations à visiter la Cisjordanie occupée parce que ce serait trop dur.
« Si j’y allais, la seule chose que je pourrais dire à ces enfants est de mépriser les soldats qui les occupent, les colons qui sont venus occuper leur terre », dit-il. « Pas les Juifs, mais les gens qui vous font subir cela. »

« Vous devez le faire, pour rester un être humain », ajoute-t-il. « Si je n’avais pas méprisé les gens qui ont tué mes parents, je serais devenu fou. »
« Mais, par-dessus tout, avec mon passé, je ne puis m’y rendre », déclare Bude. « Si je vois un soldat et, plus encore, si je sais qu’il est juif, je pense que je vais exploser. »

Bude rappelle qu’avant l’insurrection du ghetto de Varsovie, les combattants de la résistance avaient tenté d’assassiner le chef juif de la police du ghetto – un collaborateur des nazis. Dans cette histoire, Bude perçoit également un écho.
« Si j’allais en Palestine, je leur dirais que l’Autorité palestinienne est pareille », dit-il. « Ils sont les administrateurs du ghetto. Ainsi, s’il y a une autre intifada, elle devrait avoir lieu, naturellement, contre les Israéliens, mais aussi contre l’AP. »

Quelle que soit la forme qu’elle revêt, la résistance n’est pas un devoir qui incombe aux seuls Palestiniens, estime Bude.

Quand on lui demande ce qu’il pense de Noa Gur Golan et de Hadas Tal, toutes deux récemment emprisonnés pour avoir refusé de servir dans l’armée, Budeexplique : « Bien des jeunes quittent Israël, mais ces jeunes femmes sont les rédemptrices de la nation. Elles sont à mes yeux les meilleures d’entre les meilleures. »


posté le 12 novembre 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Liste des documents liés à la contribution
jacques-bude-cop(...).jpg

Commentaires
  • Et pourtant, sionisme = nazisme

    A propos d’un article de Nord-Eclair

    Relatant une manifestation de soutien aux Palestiniens qui a eu lieu à Roubaix le 19 juillet, un journaliste de Nord Eclair, Bruno Renoul, s’est offusqué de voir une banderole présentant un drapeau israélien sur lequel l’étoile de David avait été remplacée par une croix gammée.

    Ce journaliste explique que l’Etat d’Israël n’est pas un Etat totalitaire et qu’on ne saurait le comparer à l’Etat nazi. Et pour conforter son raisonnement, il ajoute que comparer l’Etat d’Israël au Troisième Reich est "injurieux pour les victimes du nazisme dont les Juifs ont été les cibles principales".

    Disons d’abord un premier contresens, l’Etat d’Israël serait donc l’Etat des Juifs, ce qui conduit à considérer toute critique de la politique de cet Etat comme une forme d’antisémitisme, argument malheureusement trop courant.

    Mais ce qui importe, plus important qu’une équation lapidaire "sionisme = nazisme", c’est de chercher ce qui est commun à ces deux idéologies qui toutes deux s’appuient sur la notion d’Etat-Nation telle qu’elle a été théorisée par Herder au tournant des XVIIIe-XIXe siècle et qu’elle s’est développée en Europe. La notion d’Etat-Nation peut conduire à un nationalisme extrême exclusif que l’on retrouve dans le fascisme italien, le nazisme allemand et aujourd’hui le sionisme israélien. La question est moins d’identifier ces idéologies que de comprendre ce qu’elles ont de commun, ce commun se définissant, en ce qui concerne le nazisme et le sionisme, par la pureté ethnique, le terme "ethnique" restant suffisamment ambigu pour prêter à toutes les interprétations.

    Le nazisme voulait un Etat purement aryen et pour cela voulait vider l’Allemagne de tous ses éléments non aryens dont les Juifs. Le sionisme, quant à lui, veut construire un Etat juif, moins au sens religieux que dans un sens ethnique mal défini, et pour cela veut vider l’Etat d’Israël de tous ses éléments non juifs. Cette volonté de pureté ethnique est l’un des points communs aux deux idéologies nazie et sioniste et je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de le dire. Affirmer que l’on ne peut comparer le nazisme et le sionisme sous prétexte que les Juifs ont été victimes du nazisme s’appuie d’abord sur un premier contresens qui fait du sionisme, non une idéologie juive, ce qu’elle est effectivement puisque inventée par des Juifs, mais l’idéologie des Juifs, de tous les Juifs, ensuite sur une incompréhension du sionisme, idéologie européenne construite par des Juifs européens, qui ont cru trouver dans la construction d’un Etat juif la solution à l’antisémitisme européen. Malheureusement, en voulant construire cet Etat dans un pays peuplé, la Palestine, ils ont transformé une idéologie qu’il voulait libératrice en mouvement de conquête et c’est cela qui fait du sionisme un nationalisme extrême au même titre que le nazisme.

    C’est ce nationalisme extrême qui conduit aujourd’hui la politique israélienne à chercher à éradiquer la terre d’Israël de toute présence non juive, que ce soit sous la forme militaire brutale telle l’agression contre Gaza ou, il y a quelques années, la répression des Intifadas, que ce soit sous la forme de l’occupation ou que ce soit sous la forme de ce qu’on appelle les colonies, lesquelles ne sont qu’une façon d’abord de débarrasser la terre de ses habitants palestiniens ensuite de l’annexer pour en faire une terre israélienne.

    J’ajouterai un point qui est loin d’être anecdotique sur les ressemblances entre le sionisme et le nazisme. Hitler a cru trouver dans un symbole venu d’Asie, la staviska, un symbole de la pureté aryenne ; une façon de confisquer un symbole qui n’a rien à voir avec le nazisme ; ainsi on trouve des croix gammée dans des pagodes bouddhistes. La façon dont le sionisme utilise l’étoile de David, y compris pour le drapeau israélien, est plus pernicieuse. L’étoile de David est un vieux symbole juif qui n’a rien à voir avec le sionisme. En confisquant ce symbole à son profit, le sionisme se présente comme le représentant exclusif des Juifs et amène ainsi à considérer à tort l’étoile de David comme un symbole israélien. On comprend alors que l’étoile de David puisse devenir un objet de répulsion comme la staviska a pu devenir un objet de répulsion. Ce qui est choquant, c’est alors moins la répulsion devant un objet détourné de sa signification première que l’usage qui en est fait par des idéologies meurtrières.

    On pourrait dire la même chose du nom même de l’Etat qui s’appelle Israël. Le nom "Israël" représente une longue histoire et c’est cette histoire que le sionisme a voulu confisquer. Lorsque j’entends le slogan "Israël assassin", je suis choqué moins par le fait que l’on puisse crier un tel slogan mais par la façon dont une idéologie nationaliste extrême a conduit à ne voir Israël qu’à travers l’Etat d’Israël et son idéologie fondatrice, le sionisme.

    Rudolf Bkouche

    membre de l’Union Juive Française pour la Paix

    https://nantes.indymedia.org/other_medias/29898

  • sionisme = nazisme = islamisme

  • "L’islamisme n’est pas un phénomène ’grave’."

    Jade @Lindgaard , journaliste @Mediapart en 2017.

  • 13 novembre 17:51

    Rudolf Bkouche, membre de l’UJFP, exprime ici ses positions sur la question "sionisme et fascisme" en réaction à un article de Shlomo Sand paru dans Haaretz dont la traduction française a été publiée sur notre site

    "La démocratie est notre roc et le seul fondement de notre croissance. Mais nous devons tenir compte d’un principe supérieur à ceux de la démocratie : la construction d’Eretz-Israël par le peuple juif" [1]

    Dans un article récent publié dans Haaretz, Shlomo Sand pose la question de ce que certains appellent la fascisation d’Israël. Sand réfute cette fascisation tout en terminant son article par cette remarque que l’on peut considérer comme un appel au secours :

    "S’il n’y a pas de danger de fascisme, la situation est-elle bonne pour autant ? Non. Nous sommes dans une situation dangereuse qui peut dégénérer par l’expulsion de certains des habitants des territoires, et même, face à la sérieuse résistance armée, en actes de massacre de masse. Ce labyrinthe dans lequel Israël est tombé à partir de l’étape de la colonisation qui a commencé en 1967, semble conduire à une impasse. Il ne semble pas qu’une force politique existe qui puisse sauver la situation. Tout ce qui reste à espérer est que le monde va nous sauver de nous-mêmes."

    L’article montre avec raison que la politique envers les Palestiniens est restée la même depuis que la droite a remplacé le parti travailliste aux rênes de l’Etat, que le gouvernement de droite pratique la même politique que les sionistes de gauche qui ont fondé l’Etat et que les colons religieux se comportent comme les colons sionistes socialistes.

    Mais peut-on pour autant parler de fascisme ? Sand répond "non" à cette question. D’une certaine façon il a raison si on restreint le terme "fascisme" à la seule idéologie développée en Italie par Mussolini. C’est cela qui lui permet de distinguer le nazisme et le fascisme et de critiquer ceux qui, pour des raisons diverses, tendent à identifier les deux idéologies.

    Sand admet pourtant un point commun à ces deux idéologies, le nationalisme, lequel était "le combustible le plus important pour alimenter le nazisme et le fascisme", même s’il explique ensuite que ces mouvements ont été différents, précisant

    "Le nationalisme fasciste peut avoir été agressif et violent, mais il était net, politique et semblable à bien des égards au jacobinisme français."

    Mais ne peut-on pas dire du nazisme qu’il était net et politique ? Quant au lien avec le jacobinisme français, on peut le retrouver autant dans le nazisme que dans le fascisme dans la me-sure où ces deux mouvements, à l’instar du jacobinisme, ont mis en avant le rôle de l’Etat contre les régionalismes, avec cependant une différence fondamentale, le jacobinisme français se présente comme un universalisme dans la tradition des Lumières alors que nazisme et fascisme sont essentiellement des formes de nationalisme extrême au sens qu’ils placent la nation au-dessus de tout.

    Le point commun entre le fascisme et le nazisme est leur nationalisme extrême, une façon de pousser à la limite la notion d’Etat-nation théorisée par Herder, y compris en s’appuyant sur les mythes fondateurs, le lien avec la nation romaine antique pour le fascisme italien, le lien avec les mythes germaniques pour le nazisme allemand.

    Que vient alors faire le sionisme dans cette histoire ? Si, comme le dit Sand, "l’ethnocentrisme juif se révèle chaque jour plus brut et plus dégoûtant", la question reste de définir ce qu’est cet ethnocentrisme juif, question que Sand ne pose pas. Qu’est-ce qui fonde cet ethnocentrisme juif ? Quelle relation entre cet ethnocentrisme juif et le sionisme ?

    Il faut bien ici revenir à la source du sionisme, à savoir la théorie de l’Etat-nation selon Herder. Le sionisme est un mouvement juif au sens où il a été inventé puis porté par des Juifs, mais ce n’est pas un mouvement juif au sens où il ne relève pas de la tradition juive au sens religieux du terme. Le sionisme a été inventé par un groupe d’intellectuels juifs qui ont cherché une réponse à l’antisémitisme européen ; nourris de culture européenne bien plus que de tradition juive, ils ont cherché une réponse dans les idéologies qui traversent l’Europe du XIXe siècle, parmi lesquelles les Lumières et les conceptions nationales de Herder. En fait le sionisme a tenté une synthèse entre deux idéologies antinomiques, d’une part l’universalisme des Lumières et d’autre part le nationalisme façon Herder, nationalisme qui repose sur deux principes fondamentaux, la terre et la langue. Comme l’écrit l’un des responsables du mouvement sioniste, Jacob Klatzkin, rédacteur en chef du journal du mouvement Die Welt

    "Dans le passé il y avait deux critères au judaïsme : celui de la religion, selon quoi le judaïsme est un système de commandements positifs et négatifs, et celui de l’esprit, qui considérait le judaïsme comme un complexe d’idées, tel que le monothéisme, le messianisme, la Justice absolue, etc.
    En opposition avec ces deux critères qui font du judaïsme une affaire de croyance, un troisième est maintenant apparu, celui d’un nationalisme conséquent. Selon lui, le judaïsme repose sur une base objective : être juif ne signifie pas l’acceptation d’une croyance religieuse ou éthique. Nous ne sommes pas plus une dénomination qu’une école de pensée, mais les membres d’une famille porteurs d’une histoire commune...
    La définition nationale aussi exige un acte de volonté. Elle définit notre nationalisme sur deux critères : une association dans le passé et la volonté consciente de poursuivre une telle association dans le futur...
    Elle refuse de définir le Juif comme quelque chose de subjectif, comme une foi, mais préfère le définir sur quelque chose d’objectif, sur la terre et la langue..." [2]

    Mais langue et territoire n’existent pas pour la nation juive, et Klatzkin ajoute :

    "Mais notre terre n’est pas la nôtre et notre langue n’est pas aujourd’hui la langue de notre peuple. Oui, ce sont là des accomplissements qui doivent être réalisés par notre mouvement national."

    Ainsi la renaissance de la nation juive implique une double conquête : conquête de la langue, ce sera l’hébreu moderne, conquête de la terre, ce sera la conquête de la Palestine.

    Le mouvement sioniste s’est divisé en deux tendances, d’une part le territorialisme animé par Israël Zangwill, qui propose de chercher "une terre sans peuple pour un peuple sans terre", tâche il est vrai impossible mais, dans la vision coloniale de l’époque, une terre non habitée par des Européens était considérée comme une terre sans peuple, d’autre part la volonté de construire l’Etat juif sur la terre ancestrale. C’est cette seconde tendance qui l’a emporté, ce qui a transformé le mouvement sioniste en mouvement de conquête de la Palestine avec la volonté de remplacer la population palestinienne par une population juive, exemple classique de ce qu’on appelle la "purification ethnique". Ainsi l’universalisme des Lumières disparaissait derrière le fondamentalisme historique, le nouvel Eretz Israël devant continuer l’antique nation hébreu. C’est ainsi que, loin de considérer la création de l’Etat d’Israël comme un moment particulier de l’Histoire des Juifs, c’est cette dernière qui a été intégrée dans l’Histoire d’un Israël qui serait éternel .

    Si, comme le dit Sand dans l’article cité, il faut savoir se méfier des analogies, reste qu’on peut considérer le sionisme comme l’une des formes extrêmes du nationalisme à la Herder. Si la comparaison avec le fascisme et le nazisme pose problème, on peut cependant noter les points de ressemblance entre ces trois formes extrêmes qui magnifient la nation et nous pouvons renvoyer à la phrase de Ben Gourion citée en exergue. La question est donc moins de dire si Israël est un Etat fasciste ou en voie de fascisation que de noter ce qui dans le sionisme ressemble au fascisme et au nazisme.

    Notons d’abord le recours à l’Histoire. Pour le sionisme, comme nous l’avons remarqué ci-dessus, ce n’est pas l’Etat d’Israël qui s’inscrit dans l’histoire des Juifs, c’est l’histoire des Juifs qui s’inscrit dans l’histoire de l’Etat d’Israël et comme l’a écrit Henri Baruch

    "L’Etat d’Israël est obligatoirement inscrit dans l’histoire juive, c’est-à-dire l’histoire du monothéisme hébreu"

    On retrouve ici la vision hégélienne de l’Histoire mais il ne faut pas oublier que la conception hégélienne s’inscrit dans une vision biblique, l’Histoire comme dessein de Dieu ; de façon précise Hegel écrit :

    "L’Histoire n’est rien d’autre que le plan de la Providence divine"

    On peut considérer le sionisme comme l’une des dernières idéologies hégéliennes avec son côté eschatologique. C’est le sens du choix de la Palestine pour construire l’Etat juif en continuité avec le roman national biblique, car la Bible est à la fois l’acte de naissance du monothéisme et l’acte de naissance d’un peuple, les Hébreux, le personnage de Moïse incarnant ce mélange de religieux et de politique. C’est cet aspect "roman national" qui a marqué le sionisme, mouvement laïque, voire antireligieux , et qui a conduit à ce qu’on peut appeler une lecture laïque de la Bible hébraïque.

    Il est vrai que cet appel à l’Histoire pour conforter le sentiment national n’est pas l’apanage du nationalisme extrême et Marc Ferro a montré dans ses ouvrages comment les Etats instrumentalisaient l’Histoire. Reste que cette instrumentalisation a conduit souvent au culte de la nation et que ce culte de la nation est l’un des éléments du nationalisme extrême tel qu’il s’est développé sous ces trois formes que sont le fascisme, le nazisme, et le sionisme.

    C’est cette inscription dans l’histoire des Juifs qui a pu légitimer la "purification ethnique" que constitue la Nakba au moment de ce que les sionistes appellent la guerre d’indépendance et qui se poursuit aujourd’hui avec ce qu’on appelle la "colonisation", laquelle n’est que la continuation de l’annexion de la terre palestinienne par Israël.

    Enfin, si on doit parler d’Apartheid, il faut souligner la différence avec l’Apartheid d’Afrique du Sud. Ce dernier était un Apartheid de domination, les Blancs voulant dominer les Noirs pour mieux les exploiter. L’Apartheid israélien a pour objectif d’amener les Palestiniens, qu’ils aient ou non la citoyenneté israélienne, à quitter à terme la Palestine pour laisser la place libre à une population exclusivement juive
    En ce sens, autant par le recours à l’histoire que par la politique de purification ethnique et d’Apartheid, le sionisme a des ressemblances avec les deux autres formes extrêmes du nationalisme. Dire ou refuser de dire que l’Etat d’Israël est fasciste ou en voie de fascisation n’est qu’une question de choix des mots, ce qui importe, c’est la politique qui est menée à l’encontre des Palestiniens et Sand n’ose pas aller jusqu’au bout.

    Il est vrai que, au delà du discours de Sand, le discours sur les gouvernements israéliens qui seraient de plus en plus à droite laisse entendre une politique de plus en plus dure envers les Palestiniens et permet d’oublier ce qu’était la politique de la gauche israélienne depuis la création de l’Etat . S’il y a des ressemblances avec le fascisme, elles étaient déjà présentes dès les débuts de l’Etat, et la déclaration de Ben Gourion placée en exergue, montrent qu’elles se sont manifestées tout au long de l’histoire du sionisme.

    Il faudrait ajouter ici une spécificité du sionisme. Alors que les deux autres formes de nationalisme extrême, le fascisme et le nazisme, se sont développées dans les pays concernés, l’Italie et l’Allemagne, pays dans lesquels chacune d’elles affirmait représenter les autochtones, les droits historiques soutenus pas ces idéologies étant présentés comme ceux des populations de ces pays, le sionisme s’est donné pour premier objectif, au nom de la brumeuse notion de droits historiques, de reconstruire l’Etat dans une antique patrie et ce au prix de la (re)conquête de cette patrie et de l’expulsion de la population, ce qu’on pourrait résumer sous la forme : il fallait changer d’autochtones. Ainsi a fonctionné le sionisme.

    Pour terminer nous aborderons deux points sur le sionisme et le fascisme.
    Le premier point porte sur l’aspect colonial du sionisme. Si le sionisme présente des liens avec le colonialisme, on peut considérer que ces liens sont liés aux circonstances. Herzl avait déjà pressenti que la conquête de la Palestine pour y construire l’Etat juif exigeait des alliances, alliance avec l’Empire Ottoman comme il l’a essayé lors de son entrevue avec le sultan, alliance avec les puissances, essentiellement l’Allemagne et la Grande Bretagne. Ce sont ces tentatives qu’il raconte dans son Journal. On peut considérer que son argument d’un Etat juif en Palestine bastion de la civilisation contre la barbarie est un argument de circonstance pour convaincre les puissances européennes de soutenir son projet. Mais le projet est essentiellement un projet national, il s’agit de reconstruire en Palestine l’ancien Etat juif décrit par la Bible nonobstant le fait que la Palestine est habitée. Contrairement au projet colonial, le sionisme ne s’appuie sur aucune métropole et, comme l’expliquent certains sionistes, le projet n’a pas pour objectif d’exploiter les populations indigènes ; ce que ces sionistes oublient de dire, c’est que le projet implique l’expulsion des populations indigènes pour les remplacer par des populations juives. Projet exclusivement national et c’est en cela qu’il est plus proche des idéologies fascistes que du projet colonial.

    Ce qui a placé le projet sioniste dans la mouvance colonialiste, c’est l’alliance avec la Grande Bretagne scellée par la Déclaration Balfour. La Grande Bretagne qui espérait, après la première guerre mondiale, contrôler le Moyen-Orient arabe, voyait l’installation d’une population européenne en Palestine comme un avantage et les sionistes trouvaient dans cette alliance avec une grande puissance le moyen de réaliser leur objectif, alliance qui allait montrer ses limites lorsque la Grande Bretagne découvrait que le sionisme pouvait lui poser des difficultés et cherchait à le contrôler. Mais cette alliance était bien plus une alliance de circonstance qu’une alliance idéologique, même si elle l’est devenue par la suite. A la suite du conflit entre les sionistes et la Grande Bretagne, deux autres puissances allaient offrir leur soutien au mouvement sioniste et au jeune Etat d’Israël, les Etats-Unis et l’Union Soviétique, chacune d’elles espérant prendre la relève de la Grande Bretagne dans le contrôle du Moyen Orient arabe. Pour des raisons à la fois idéologiques et stratégiques, l’Etat d’Israël allait choisir le camp occidental mais l’objectif sioniste restait le même, la conquête de la terre palestinienne ; en ce sens le sionisme reste l’une des formes extrêmes du nationalisme à la Herder jusqu’à encore aujourd’hui comme le montre la poursuite de la conquête de la terre palestinienne via ce que l’on appelle "la colonisation".

    L’autre point porte sur la façon de parler du fascisme. Il y a deux façons de parler du fascisme et du nazisme, une façon morale et une façon politique.
    La façon morale insiste sur l’aspect malfaisant du fascisme, la lutte contre le fascisme devenant moins une lutte politique qu’une action du Bien contre le Mal. Mais aussi sympathique puisse être la façon morale, elle est insuffisante pour comprendre les phénomènes historiques que sont le fascisme et le nazisme. Le sentiment d’horreur provoqué par le nazisme a contribué à restreindre trop souvent les analyses du nazisme à une condamnation. Et le fait que les Juifs aient été victimes du nazisme a conduit certains à considérer comme indécent qu’on puisse comparer des crimes commis par des Juifs à des crimes nazis. Comme souvent, les bons sentiments peuvent annihiler le jugement. On oublie ainsi l’Histoire, réduisant celle-ci à une question de Bien et de Mal . Parler des ressemblances entre les trois formes de nationalisme extrême que sont le fascisme, le nazisme et le sionisme devient ainsi indécent. C’est en partie ce qui anime Sand dans son refus de parler des ressemblances entre le sionisme et le fascisme ou le nazisme. Bon historien, Sand se montre un piètre idéologue comme s’il devait se protéger . Il est vrai qu’il est plus facile de dénoncer la supposée invention du peuple juif par les sionistes que de chercher à comprendre comment un mouvement comme le sionisme a pu devenir important ; il est vrai aussi que la dénonciation du sionisme comme mouvement colonial semble plus acceptable que de mettre en avant la face sombre d’un mouvement nationaliste juif montrant les ressemblances entre ce mouvement et les formes extrêmes du nationalisme de l’Etat-nation. Difficile d’échapper au manichéisme, lorsqu’on parle d’Histoire. Sans oublier que cette façon morale d’aborder le fascisme allait rapidement conduire à transformer le terme "fasciste" en une insulte ce qui ne pouvait qu’obscurcir la notion et s’opposer à sa compréhension comme phénomène historique.

    La façon politique, quant à elle, permet de revenir sur les raisons qui ont mené au fascisme et parmi ces raisons le nationalisme joue un rôle essentiel. Il faut alors distinguer entre les deux faces du nationalisme, d’un côté le nationalisme des opprimés qui, s’appuyant sur le symbole de la nation, cherchent à se libérer, de l’autre le nationalisme des oppresseurs qui voient dans la défense de la nation le moyen de conserver leur domination ; mais cette distinction ne saurait faire oublier que la frontière entre ces deux faces est floue et qu’une nation qui se libère peut à son tour devenir un oppresseur. On peut considérer que c’est le cas du sionisme ; réaction contre l’antisémitisme européen, le sionisme s’est voulu mouvement de libération nationale, ce qu’il aurait pu être, mais le choix de construire l’Etat juif en Palestine et d’en expulser les habitants a fait du sionisme un mouvement oppresseur.
    Il est vrai que devant les agissements du sionisme, on peut prendre une attitude morale comme le fait Sand lorsqu’il déclare qu’il ne veut plus être juif, ce qui montre non seulement une incompréhension d’une question qu’il trouve insupportable, mais une façon de se protéger. Il est vrai qu’il est insupportable de voir un mouvement de révolte contre une oppression se transformer en un mouvement oppresseur. C’est peut-être cela qui a fait le succès de Sand ; lorsqu’il a déclaré que le peuple juif n’était qu’une invention sioniste, il a soulagé ceux qui avaient peur, en soutenant la lutte des Palestiniens, d’apparaître antisémites. On avait donc une raison "scientifique" de soutenir les Palestiniens. Comme si l’injustice perpétrée contre les Palestiniens n’était pas une raison suffisante pour condamner le sionisme. Pourtant l’historien Sand devrait savoir que la transformation de mouvements de lutte contre l’oppression en mouvements oppresseurs et chose courante dans l’histoire.

    Rudolf Bkouche

    http://www.ujfp.org/spip.php?article5112

  • Le troll n’aime pas les refuzniks israélien-ne-s quand c’est Claude Guillon qui en parle ... mais là, ça va ...

  • 13 novembre 23:31

    Avec toutes les casseroles qu’il se traîne, Guillon essaie de se refaire une réputation. Pour quelqu’un qui n’a jamais manifesté la moindre compassion pour le nettoyage ethnique que subissent les Palestiniens, c’est plutôt pathétique !

    Islamophobe acharné, en compétition avec Yves Coleman pour la première place, il s’était contenté jusque-là d’ignorer le problème du sionisme, de l’occupation, des crimes contre l’humanité, laissant le soin à ses amis de mener la lutte contre les antisionistes assimilés à des antisémites.

    Alors à quoi rime cet intérêt soudain ?

    D’abord à traiter le sujet à minima tout en se donnant bonne conscience, en mettant l’accent sur les états d’âmes des Israéliens plutôt que de parler des souffrances palestiniennes.

    Ensuite à s’octroyer une médaille d’insoumis, comme si on pouvait comparer l’objection de conscience en France et en Israël. Si Guillon avait été insoumis pendant la guerre d’Algérie, on se rapprocherait un peu du colonialisme et de l’occupation israélienne, mais là c’est une vaste rigolade !

    Enfin à faire de la pub pour son fonds de commerce, les éditions Libertalia, qu’il a l’ambition de régenter. Mais y en a quand même qui sont pas dupes :

    "Ah Guillon Guillon... Je viens de lire un texte de Tanxxx, qui, si je ne m’abuse, a fait quelques une des couverture du chien rouge. https://soupherbe.wordpress.com/2015/06/02/652/ Elle dit : "Et là, on assiste, consternée, à la promotion de Guillon via CQFD, sans que la moindre réponse ne nous soit accordée quand on pose la question de POURQUOI continuer à faire la promotion d’un type de ce genre."

    Reprenons. Claude Guillon republie un des vieux textes, "À quoi servent les « pédophiles » ?", qu’on retrouve ici : http://www.donotlink.com/framed?669604 .. et dans lequel il écrit : "Dès lors, comment se fait-il qu’un garçon ou une fille de moins de quinze ans, auque[le] la loi ne reconnaît pas le droit de refuser quoi que ce soit d’autre de ce que les adultes entendent lui imposer, soit supposé[e] ne pouvoir accepter ou désirer le plaisir charnel ?[...] Pourquoi un[e] amant[e] capable de tendresse et d’attention envers un[e] partenaire de trente ans, ne saurait-il/elle pas en faire montre avec un[e] partenaire de dix ans ?"

    Difficile de ne pas y voir une apologie de la pédophilie.

    Tanxx dit aussi : "Guillon ne regrette rien de ce vieux texte". Ce qui est vrai, vu qu’il qu’il date de 1988, mais a été republié en novembre 2014 ! On peut même dire qu’il s’en revendique carrément.

    Donc le moindre bon sens serait qu’au moins on ne lui serve pas la soupe, et qu’on ignore tout simplement ses productions.

    Or vous avez fait paraitre une critique ultra enthousiaste de son dernier opus. Mais pourquoi diantre ???

    Peut-être parce que le dernier opus est paru aux éditions Libertalia, et que les tauliers de libertalia écrivent pour CQFD ?

    Donc, si on se place d’un point de vue de CQFD, il ya deux options :

    - soit on écoute le bon sens militant et la camarde Tanxxx, et on refuse de servir la soupe à un vieil anar pro-pedophile.

    - soit on met le bon sens en sourdine et on fait jouer le copinage viril avec les camarades de Libertalia, et on fait un papier élogieux sur ce vieil anar pro-pedo.

    De toutes évidences vous avez choisi de faire jouer la camaraderie des hommes et de silencier le discours de la femme. Je devrais dire DES femmes, qui ont dénoncé le texte Guillon. Mais en l’occurrence Tanxxx et Libertalia ont le même poids dans la balance CQFD puisque tous les deux sont des collaborateurs de CQFD.

    Je ne parcours pas les réseaux sociaux, mais a priori, à ce jour CQFD n’a pas daigné répondre à cette interpellation. Vu le faible nombre de commentaires sous cet article, je suppose que vous censurez à tour de bras, mais si tel n’était pas le cas, alors que mon commentaire puisse servir de base à une réponse du chien rouge (même si je me doute que d’autres commentaires non affichés peuvent eux aussi servir de base à une réponde de votre part)..."

    http://cqfd-journal.org/Critiques-livre-et-disque

      • faire les poubelles des commentaires du net correspond bien au troll islamophile pro-palestinien qui sévit ici
  • Toujours lire l’original :

    ici

    Edouard Drumont, maître à penser de Mme Houria Bouteldja : les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise

    ou ici :

    Les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise

    Dans une allocution à la Maison de la Littérature à Oslo, le 3 mars 2015, lors d’une conférence sur le thème « Minorités, nationalisme et États-Nations », allocution intitulée « Racisme(s) et philosémitisme d’État ou comment politiser l’antiracisme en France », Mme Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République, a récemment dénoncé le prétendu « philosémitisme » des gouvernements français et les Juifs qui joueraient le rôle de « bonne conscience blanche ». En effet, selon elle, « les Juifs » occulteraient « la mémoire de la traite négrière », la mémoire du colonialisme « blanc », mais aussi « la mémoire du génocide des Tziganes » – ce qui expliquerait l’hostilité « de la part des sujets post-coloniaux envers les Juifs » qui les voient comme les « enfants chéris de la République ». Selon Mme Bouteldja, les Juifs seraient aussi les « porte-paroles de l’Occident ou plus exactement ses goumiers notamment par le biais d’un autre État-Nation colonial : Israël ».

    Croyant sans doute innover en dénonçant le « philosémitisme d’Etat » [1], Mme Bouteldja rejoint ainsi une vieille tradition de l’extrême droite gauloise antisémite qui va d’Edouard Drumont à Alain Soral….

    En effet, dans ses polémiques contre les partisans de l’innocence du capitaine Dreyfus, l’écrivain antisémite Edouard Drumont dénonçait déjà ceux qu’il appelait les « philosémites », qui, pour lui, étaient des traîtres, des individus en voie de devenir « juifs ». Dès la première page de La Libre parole il dénonce « le philosémite Leroy-Beaulieu ».

    Dans un article de Jean-Paul Honoré (« Le vocabulaire de l’antisémitisme en France pendant l’affaire Dreyfus », Mots, mars 1981, n° 2, pp. 73-92), on découvre que la notion de « philosémitisme » est utilisée depuis longtemps comme un euphémisme pour dénoncer ceux qui luttent contre l’antisémitisme… d’Etat ou populaire. A l’époque, le concept de « politiquement correct » n’avait pas encore été inventé, mais l’extrême droite antisémite française dénonçait déjà le « philosémitisme » et les « compromissions philosémites ».

    On m’objectera que le terme de philosémitisme est employé dans les milieux universitaires et intellos et qu’elle n’est pas seulement péjorative. C’est ainsi, par exemple, qu’un journaliste du quotidien « Haaretz », Yitzhak Laor, a publié un livre, cité d’ailleurs par Mme Bouteldja dans son allocution d’Oslo, ouvrage intitulé « Le nouveau philosémitisme européen ».

    A propos du terme « philosémitisme », on pourra lire l’article de Catherine Poujol publié dans la revue Archives juives (2007, 1, vol. 40, http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=AJ_401_0014) « Oscar de Férenzy ou les limites du philosémitisme dans l’entre-deux-guerres ». L’auteure conclut ainsi son article : « Je partage en cela la définition que Pierre Pierrard donne du “philosémitisme” : “un contre-courant formé soit par humanisme, soit par conviction religieuse, né après la Shoah, grâce à Jules Isaac en France et au concile Vatican II ; courant qui a fait alors un grand bond en avant”. Je crois, en effet, que ce contre-courant chrétien a été une conséquence de la tentative génocidaire qu’a vécu le peuple juif, dans la mesure où des chrétiens se sont alors posés, sans aucun prosélytisme, comme gardiens d’Israël aussi bien d’un point de vue territorial (approbation de la création de l’État et défense de cette existence) que catéchétique (enseignement de l’estime et épuration des manuels et de la liturgie). »

    - Mais l’auteure de l’article remarque quand même, à propos de la presse chrétienne des années 30 qui se prétendait « philosémite » : « Ces philosémites-là font la distinction entre les valeurs judéo-chrétiennes que le peuple juif véhicule et auxquelles ils adhèrent, et leur aversion traditionnelle pour le rôle supposé néfaste des Juifs dans le monde politique et dans l’économie, pour eux indiscutable. »

    Pour ma part, je me méfierai donc toujours des « philosémites », chrétiens ou athées, de droite ou de gauche, mais pas du tout pour les raisons avancées par l’extrême droite complotiste et Mme Bouteldja du PIR. Tout simplement parce que des gens qui se prétendent « philosémites » ne défendent ni un point de vue de classe, ni une position anti-étatique ou anti-nationaliste….

    Le site qui a pris le nom de « philosémitisme » est d’ailleurs aujourd’hui un site favorable à l’extrême droite pro-israélienne (Rioufol, Goldnagel, etc.), et c’est donc effectivement un terme à proscrire, surtout si l’on est un adversaire résolu de l’antisémitisme, d’où qu’il vienne, des gouvernants ou des exploités, des athées ou des croyants, de la droite ou de la gauche.

    Aujourd’hui, au XXIe siècle, le terme de « philosémite » n’est pas simplement utilisé par des intellectuels pour discuter en petit comité, ou par des militants de l’extrême droite sioniste-raciste, il fait aussi partie du langage codé que pratiquent les internautes antisémites de base car il est inséparable de tout un raisonnement complotiste selon lequel les gouvernements du monde (et notamment ceux des Etats-Unis et de la France) seraient contrôlés par « les Juifs ».

    Dans le langage politique courant, "philosémite" est clairement une insulte utilisée par les Gaulois d’extrême droite depuis un siècle pour désigner les "souchiens" qui prennent le parti des Juifs et des juifs…..

    Et cela, Mme Bouteldja ne peut l’ignorer, pas plus qu’elle ne peut ignorer qu’en dénonçant un « philosémitisme d’État » et en employant sans cesse l’expression « les Juifs », elle participe à une racialisation politique négative des 600 000 juifs ou Juifs français qui sont aussi divers politiquement et socialement que les « musulmans » ou les « sujets post-coloniaux » dont cette dame prétend se faire le porte-parole.

    Pour illustrer l’ignominie de sa démarche, je prendrai quelques exemples de l’usage actuel de l’expression « philosémitisme » dans les milieux d’extrême droite gaulois, composés d’individus peut-être « blancs » mais certainement aussi réactionnaires que Mme Boutelja.

    Tout d’abord cette citation d’une crapule qui a choisi le pseudonyme caractéristique de « Bonsens66 », dans la rubrique commentaires de l’hebdomadaire réac « Le Point » :

    « Chacun sait qu’en France ces fameuses élites, celles qui "font le politiquement correct" sont philosémites. Le monde agricole, ouvrier, employé ou marginal (l’énorme majorité de l’opinion publique) n’a pas les mêmes intérêts à se montrer favorable à ceux qui se sont réservés les métiers, les fonctions qui écrèment l’économie nationale. »

    Cette prose date de 2012 et elle n’est pas du tout l’expression d’un seul allumé du clavier.

    C’est ainsi que Pierre Driancourt, dans un numéro de National-Hebdo de 1991 écrit à propos du groupuscule fasciste antisémite L’Oeuvre française :

    « Ainsi, le philosémitisme et le sionisme en vogue jadis dans le camp national tendent aujourd’hui à disparaître, de même qu’une certaine propension à cautionner une politique atlantiste ou libéraliste. »

    Le site fasciste « Le bréviaire des patriotes » présente de façon élogieuse un livre de Bernard Lazare (« L’antisémitisme, son histoire et ses causes », réédité par le fasciste Alain Soral) parce qu’il balaie les arguments des « philosémites qui eux voyaient dans les Juifs un peuple maltraité parce que différent, parce qu’unique, jalousé et persécuté en conséquence par toutes les sociétés du monde ».

    Un certain « Nico » qui se dit d’ailleurs « philosémite » (?!) écrit dans la rubrique commentaires du journal (de gauche ?) CQFD, sans que ses propos soient censurés ou fassent même l’objet de critiques :

    « Je constate que de plus en plus de postes de pouvoirs et stratégiques de mon pays sont occupés par des français-juifs ! »

    Ces différents individus qui défendent des idées d’extrême droite rejoignent ainsi tout à fait les propos de Mme Bouteldja nous incitant à dénoncer le « philosémitisme [2] d’Etat » qui régnerait selon elle en France depuis 1945 et ferait des Juifs les supplétifs de l’impérialisme français et du néocolonialisme « blanc ».

    Le PIR mérite bien son nom : il est devenu un courant parfaitement autochtone, qui a totalement intégré le logiciel nationaliste français.

    Bienvenue au club, mesdames et messieurs les Indigènes de la République !

    Y.C., Ni patrie ni frontières, 14 mars 2015.

    Notes

    [1] Elle est en effet d’une ignorance abyssale comme en témoignent ses références au prétendu antisémitisme « progressif » – sic ! – , totalement imaginaire, du trotskiste puis panafricaniste C.L.R. James, cf. notre article http://mondialisme.org/spip.php?article2089.

    [2] On remarquera que les analyses de Mme Bouteldja rejoignent tout à fait celles de l’écrivain mythomane, complotiste, négationniste et antisémite Israël Shamir dans son article « Le philosémitisme, c’est du racisme » ou du fasciste Alain Soral qui voit des Juifs et des « philosémites » partout.

  • Benjamin Netanyahu, maître à penser de Monsieur Yves Coleman : Mondialisme.org réussit son examen d’entrée dans l’extrême-droite sioniste

    On aurait pu croire, ingénument, que le philosémitisme, entendu comme "forme sournoise d’antisémitisme" [1], épargnerait la gauche radicale pour ne frapper que la droite prétendument "socialiste", de même que toutes les variétés de droite "forte" ou non, qui communient dans la même célébration inconditionnelle de l’Etat d’Israël.

    Las ! Dans son article "Antisémitisme DE gauche : définition et fonctions politiques" [2], daté du mercredi 3 juin 2015, Monsieur Coleman, qui exerce un magistère depuis son site Mondialisme.org, présente désormais tous les symptômes d’un philosémitisme galopant à tendance hallucinatoire. Avec un sens de l’à-propos qui n’appartient qu’à lui, il a concentré sa petite artillerie sur notre camarade Pierre Stambul, 6 jours avant que Pierre ne "bénéficie" des services d’une des unités dites d’élite de l’appareil d’Etat, en l’occurrence le RAID, après une opération d’intoxication menée semble-t-il par un pirate informatique franco-israélien. [3]

    Il serait quelque peu injuste de reprocher à Monsieur Coleman de ne pas disposer de talents divinatoires, qui lui auraient épargné ce timing "malencontreux". Il existe toutefois une règle d’Or entre révolutionnaires, ce qu’il prétend être : la solidarité inconditionnelle face à la répression. Les camarades "Juives et Juifs révolutionnaires", qui animent le site du même nom, ne s’y sont pas trompé-e-s. Le jour même de l’agression de Pierre Stambul, leur site proclamait : "Nous dénonçons l’interpellation de Pierre Stambul par le RAID durant la nuit. Quels que soient nos désaccords..." [4]. Qu’elles et ils en soient publiquement remercié-e-s.

    Nous sommes le vendredi 17 juillet 2015 : à moins de n’avoir fait que de la spéléologie depuis le 9 juin ou d’être coupé d’Internet, ce qui n’est pas le cas - son site étant régulièrement mis à jour, Monsieur Coleman a difficilement pu manquer l’attaque dont Pierre Stambul a été victime. Nous allons tenter de comprendre les raisons très politiques pour lesquelles il a "omis" d’assurer notre camarade de sa solidarité.

    "L’antisionisme est une absurdité politique et conceptuelle" (sic) [2]

    Je cite monsieur Coleman : "L’antisionisme est une absurdité politique et conceptuelle : autant la critique féroce du sionisme avait un sens AVANT la création de l’Etat d’Israël, autant aujourd’hui être « antisioniste » signifie soit que l’on veut retourner dans les années 30 à bord d’une machine à remonter le temps et faire comme si le judéocide n’allait pas avoir lieu (...) ; soit que l’on est pour l’expulsion des Israéliens de Palestine... et dans ce cas mieux vaudrait avoir un bon plan B à disposition. (...)" [2]

    Pour ce qui est de "l’expulsion des Israéliens de Palestine", la lecture de la Charte de l’UJFP aurait évité à Monsieur Coleman une telle ineptie : "Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu’en mettant un terme à la domination d’un peuple par un autre, et en mettant en oeuvre le droit à l’autodétermination pour le peuple palestinien, (...). Le droit à l’autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien." [5]

    Quant à l’inanité de l’antisionisme de nos jours, il pourrait être instructif de savoir ce que pensent les dirigeants de l’Etat d’Israël de l’actualité ou du caractère obsolète de la référence au sionisme.

    Florilège :

    Benjamin Netanyahu : "C’est le véritable camp sioniste qui sera au pouvoir, et Jérusalem ne sera pas divisée" [6].

    Avigdor Liberman : "J’exhorte tous les citoyens d’Israël à aller voter pour un parti sioniste - peu importe si c’est Meretz, Yisrael Beiteinu, ou Bayit Yehudi - ce qui est plus important, c’est d’aller voter pour un parti sioniste parce qu’il est important de préserver le caractère juif et sioniste de l’État d’Israël" [7]. (Monsieur Liberman semble légèrement douter des capacités de compréhension de ses auditeurs...)

    Naftali Bennett : "Il fonce à toute allure en direction des [électeurs] sionistes religieux, ceux qui disent que pour des raisons idéologiques, ils renoncent à leur propre parti pour le Likoud, afin de ne perdre la chance d’avoir un gouvernement de droite" [8].

    Moshé Bougy Yaalon : "J’ai dirigé des opérations contre les forces paramilitaires de l’Autorité palestinienne, les milices du Fatah et les forces du Hamas à Gaza et en Cisjordanie. Depuis le début du conflit, avant la création de l’Etat, et durant les années qui ont suivi les Accords d’Oslo, la volonté des dirigeants sionistes était d’aboutir à un compromis historique en convainquant les Palestiniens de renoncer à “la lutte armée” et à toute forme d’opposition (...)" [9].

    Ayelet Shaked : "Il faut arrêter de s’excuser, il faut redevenir sioniste !" [10].

    De toute évidence, les dirigeants d’Israël n’ont pas lu les profondes considérations de monsieur Coleman et ne savent pas que l’antisionisme, et donc le sionisme, sont des notions totalement désuètes. Cette regrettable ignorance les conduit à des "écarts de langage", que nous allons maintenant examiner.
    De la comparaison des gouvernements israéliens au IIIe Reich

    Précisons d’emblée que cet intertitre ne saurait être compris comme une incitation à ce type de parallèle. De la même façon que le terme "fasciste" est trop souvent employé inconsidérément, lui faisant perdre la caractérisation précise d’un régime politique et de son idéologie, de la même façon, la qualification de "nazi" ne peut être banalisée. Hélas, les dirigeants sionistes (le paragraphe précédent nous autorise à les nommer ainsi) ne "facilitent" toutefois pas les choses, comme nous allons le voir.

    Commençons par les amalgames de Monsieur Coleman, qui le conduisent à qualifier Pierre Stambul d’irresponsable : "l’antisionisme (...) peut parfois conduire à des conclusions antisémites (...) lorsque la politique des gouvernements israéliens est systématiquement comparée à celle des nazis ou lorsque « certains dirigeants sionistes » sont accusés d’avoir été complices des nazis (...) Comme le fait, de manière totalement irresponsable, Pierre Stambul de l’UJFP car il sait que ce type d’arguments sont employés par les négationnistes : « Nous savons que l’instrumentalisation du génocide nazi par les sionistes est une escroquerie. Les sionistes n’ont joué qu’un très faible rôle dans la résistance juive au nazisme. Certains de leurs dirigeants se sont fortement compromis avec le nazisme. »" [2]

    Joli tour de passe-passe, qui fait dire à Pierre ce qu’il n’a pas dit, à savoir que les sionistes sont des nazis. Quant à savoir pourquoi certain-e-s ont fait cette comparaison, se reporter à leurs propos exacts pourrait nous éclairer.

    A propos de "l’armée la plus morale du monde", qui affirma, "pendant l’invasion du Liban en 1982 (que) les excès des soldats israéliens au Liban démontraient (...) « l’existence d’une mentalité judéo-nazie »" [11] ? Réponse : Yeshayahou Leibowitz, sioniste engagé, "rédacteur en chef de l’Encyclopédie hébraïque", attaché à la pratique des Mitsvots (commandements requis par la Torah) et grand admirateur de Maïmonide [12].

    Quel est le raisonnement de Yeshayahou Leibowitz ? "Voilà le problème clef : la désobéissance à un ordre légal. Mais cette conception selon laquelle il est interdit de désobéir à un ordre légal, c’est une conception fasciste, nazie. Maintenant, vous comprenez ce que je veux dire quand j’utilise le terme « judéo-nazi » ? Pourquoi Israël a-t-il condamné Adolf Eichmann à la potence et l’a-t-il pendu ? Eichmann n’a fait qu’accomplir les ordres légaux donnés par ses supérieurs. Voilà pourquoi, quand j’entends des gens affirmer que l’ordre légal donné constitue le critère suprême de la conduite d’un soldat, je leur lance : « Vous êtes des judéo-nazis ! »" [13].

    D’auteurs dont les noms seront précisés plus loin : "Parmi les phénomènes politiques les plus perturbateurs de notre époque, on peut compter l’émergence, à l’intérieur de l’Etat d’Israël (...) du "Parti de la Liberté" (...) apparenté, dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et ses prétentions sociales, aux partis politiques nazis et fascistes. (...)" [14].

    Quel fait a bien pu inspirer un tel emportement chez ces auteurs ?

    Celui-ci : "C’est dans ses actions que (ce) parti terroriste trahit ses réelles aspirations (...) Un exemple choquant a été donné par leur comportement au sein du village arabe de Deir Yassin. (...) Le 9 avril, selon le New York Times, des groupes terroristes ont attaqué ce paisible village, qui n’était en rien un objectif militaire dans ce conflit, et ont tué la plupart de ses habitants (240 personnes : hommes, femmes, enfants )." [14].

    Qu’est-ce qui motive leur lettre d’alerte ? "La visite imminente, aux Etats Unis, de Menachem Begin, chef de ce parti (...) calculée afin de donner l’impression d’obtenir un soutien américain" [14].

    Qui sont donc les "irresponsables", probablement antisémites, qui ont commis cette lettre ? Entre autres : Hannah Arendt et Albert Einstein.

    Pour des raisons qui m’échappent, cet appel a échappé à l’immense érudition de Monsieur Coleman.

    Cette controverse est-elle dépassée ? Malheureusement, il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher aux Netanyahu, Liberman et consorts, c’est la cohérence entre leurs paroles et leurs actes.

    Second florilège :

    Naftali Bennett, actuel ministre israélien de l’Education : "J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie. Et il n’y a aucun problème avec ça". [15].

    Avigdor Liberman, ex-ministre israélien des Affaires étrangères : "Ceux qui sont de notre côté (NB : les Arabes israéliens) méritent beaucoup, mais ceux qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache" [16].

    Moshe Feiglin (candidat doté de 24% des suffrages, face à Netanyahou, lors des primaires du Likoud de 2007), au quotidien Haaretz, en 1995 : "Hitler était un génie militaire inégalé. Le nazisme a fait passer l’Allemagne d’un bas niveau à un niveau physique et idéologique fantastique. Les jeunes loqueteux ont été transformés en une catégorie propre et ordonnée de la société et l’Allemagne a disposé d’un régime exemplaire (...)" [17].

    Faisons un détour parmi les autorités religieuses de "l’État juif et sioniste d’Israël" [7]. Ovadia Yosef (élu grand-rabbin séfarade d’Israël en 1973) : "Les six millions de malheureux juifs qu’ont tués les nazis ne l’ont pas été gratuitement. Ils étaient la réincarnation des âmes qui ont péché" [18] ...

    Je laisse chaque Juive, chaque Juif ayant perdu des proches dans l’enfer nazi et/ou lors des pogroms en Europe méditer ces deux dernières citations et en prendre la pleine mesure : l’Etat d’Israël n’est pas notre refuge, mais un vecteur majeur de l’antisémitisme dans le monde. La compassion dont nous, Juives et Juifs, avons bénéficié après les révélations des crimes nazis est détruite et souillée jour après jour par les agissements et les propos criminels des dirigeants sionistes. […]

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4304

  • Netanyahu, Monsieur Coleman et le droit au retour des Palestiniens

    Le titre de cet article, quelque peu provocateur, semblera sans doute excessif.

    Excessif, il ne l’est guère plus que : "Edouard Drumont, maître à penser de Mme Houria Bouteldja : les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise" [19]. Monsieur Coleman aurait peut-être (?) pu s’épargner la rédaction d’un article aussi outrancier que malhonnête en lisant la "Lettre ouverte de Rudolf Bkouche au premier ministre : « Votre déclaration "philosémite" n’est qu’une forme sournoise d’antisémitisme »" [1] ou, de Yitzhak Laor, "Le nouveau philosémitisme européen et le « camp de la paix » en Israël" (La Fabrique, Paris, 2007).

    Mais "quid" du rapprochement entre Benjamin Netanyahu et Monsieur Coleman ? Ceci : "Benyamin Netanyahu campe sur les positions qu’il avait fixées lors de son discours prononcé à l’université Bar Ilan en 2009. Il refuse de négocier sur la base des frontières de 1967, il refuse le gel des colonies, le droit au retour des Palestiniens expulsés en 1948 et 1967" [20].

    Et voici le point de vue de Monsieur Coleman sur la résolution 194 de l’ONU "Autant le versement d’une indemnisation semble raisonnable, autant le « droit au retour » est une aberration pour les Palestiniens - mais aussi pour les Juifs du monde entier." [21].

    Notons, pour la forme, qu’une confusion est ici faite entre le "droit au retour" des réfugié-e-s palestinien-ne-s, visé par la résolution 194 du 11 décembre 1948 de l’ONU [22], et la "loi du retour", votée par la Knesset le 5 juillet 1950, qui "octroie automatiquement à tout individu juif la nationalité israélienne lors de sa demande d’immigration." [23]. Quant au fond, s’il y a bien ici une "aberration", c’est de ne pas proclamer avec force l’injustice qu’Eyal Sivan a si parfaitement résumée : "Comment faire accepter à un Palestinien né à Jaffa qu’il n’a pas le droit d’y revenir, alors qu’un juif né à Paris peut, lui, s’y installer ?" [24].

    Il est vrai que le concept d’autodétermination semble un peu abscons pour notre docte pourfendeur des antisionistes : que les conditions d’établissement de deux Etats, d’un Etat binational (ou du refus d’un Etat-Nation) appartiennent aux peuples concernés ne semble pas l’effleurer. Il est désormais en bonne compagnie, entre Netanyahu et François Hollande, lequel abonde dans son sens : "Demander à Israël d’accepter le droit au retour des réfugiés palestiniens n’aurait pas de sens..." [25].
    Le(s) sionisme(s), exégèse selon Coleman

    "N’en déplaise à Pierre Stambul, qui n’est pas un ignorant, LES « sionistes » cela n’existe pas, il y a plusieurs types de « sionistes », en clair de nationalistes israéliens ou de partisans de l’existence de l’Etat d’Israël. Et en général le terme « sionistes » est un mot codé pour dire « Juifs »." [26].

    Monsieur Coleman est intarissable sur la question de l’antisémistisme et de l’histoire du sionisme dans toute sa diversité. La documentation disponible sur son site serait un pur bonheur, pour son abondance et sa qualité, si elle n’était mitée, à intervalles réguliers, par les imprécations gorgées de mépris qui sont sa marque de fabrique. La quasi-totalité des marxistes et anarchistes de toutes obédiences ont eu droit, à un moment ou à un autre, à ses excommunications boursouflées.

    Toutefois, depuis les cimes de son savoir, ce "petit marquis" [27] (sic) de l’excellence radicale daigne révéler à des Juifs communistes libertaires (Pierre Stambul et Jean-Marc Izrine) qu’il existait et existe des versions différentes du sionisme.

    Mais, comme la science se mérite, nous ne saurons pas dans le même article que les conceptions d’un Vladimir Jabotinsky n’étaient pas exactement concordantes avec celles d’un Bernard Lazare ni que, de nos jours, le point de vue d’un Shlomo Sand n’est pas "tout à fait" celui d’un Yehuda Glick, partisan de la destruction de la mosquée Al Aqsa comme prélude à la reconstruction du Troisième temple de Jérusalem.

    A titre personnel, je ne verrais aucun inconvénient à deviser sur l’histoire de l’anarcho-sionisme, sauf peut-être la contrainte où je me trouverais d’emprunter la "machine à remonter le temps" [2] en compagnie de Monsieur Coleman.

    Au niveau théorique, il est évidemment fondé de distinguer, autant sur le plan historique que dans l’analyse de la situation actuelle, la variété des conceptions sionistes ou post-sionistes. Mais, sauf à nous traiter de Juifs antisémites (les sionistes ne s’en privent pas), notre dénonciation du sionisme est constamment explicitée comme la condamnation des politiques criminelles des dirigeants d’Israël vis-à-vis des Palestinien-ne-s et suicidaires pour les Juives et Juifs d’Israël et de la diaspora et non (c’est effarant de devoir l’écrire) comme une volonté d’expulsion des Israéliens de Palestine, ce que suggère Coleman [2] !

    Shlomo Sand a dramatiquement résumé ce dilemme : "(...) même un enfant né d’un acte de viol a le droit de vivre. La création d’Israël par des juifs dont beaucoup étaient des rescapés des camps d’extermination a été un acte de viol contre les populations arabes de Palestine. Il a fait naître la société israélienne qui vit déjà depuis soixante-dix ans, et qui a développé sa culture. On ne règle pas une tragédie en en créant une autre." [28].

    "Obsédés par Israël et la Palestine du matin au soir" (sic) [29]

    L’article [29] de Monsieur Coleman qui comporte cette expression commence par la citation suivante : "Et puis, on peut être contre la politique internationale d’Israël sans être antisémite." (David Rachline, maire Front national de Fréjus)

    Ne pouvant soupçonner Monsieur Coleman de sympathie pour le Front national, cette citation ne peut être utilisée que comme un repoussoir. Dès lors qu’il n’en partage pas l’idée, il nous place donc devant une double négation : la citation, la réfutation implicite de celle-ci du fait de l’appartenance de son émetteur, ce qui, comme toute double négation, produit donc une affirmation. En clair, la conclusion suggérée par Coleman est donc celle-ci : "Toute critique de la politique internationale d’Israël est antisémite".

    C’est très intéressant. Autant sa critique radicale du terme antisioniste, signifiant nécessairement selon lui "qui souhaite l’anéantissement d’Israël et des Israélien-ne-s" aurait pu donner lieu à débat, autant là, c’est toute critique d’Israël qu’il réfute. C’est d’autant plus curieux qu’il parsème ses textes d’une telle critique : "La politique criminelle de l’Etat israélien et la haine qu’elle suscite chez les peuples des Etats limitrophes et chez les Palestiniens" [29] mais c’est pour la contrebalancer aussitôt d’une fureur croissante au fil des ans envers les antisionistes ou tous critiques d’Israël.

    S’il y a une chose certaine, c’est que monsieur Coleman n’est ni "obsédé par (...) la Palestine du matin au soir", ni par le sort des Palestinien-ne-s. Sur 2017 articles au 17 juillet 2015, 2 articles (oui, deux, pas trois) mentionnent le terme de "Nakba" sur le site "Mondialisme.org", soit 0,1 % des articles et 291 articles mentionnent le terme "antisémitisme", soit 14,43 %. Dit autrement, quand il évoque 1 fois la "Nakba", il parle 145 fois d’"antisémitisme". Pour prendre la mesure du sort du peuple palestinien chassé de ses terres, c’est une proportion qui lui semble sans doute équilibrée.

    Une fois n’est pas coutume, c’est auprès du "Shin Bet", ou "Shabak" (Service de sécurité intérieure israélien) que l’on peut trouver des informations qui nous démontrent de façon inquiétante pourquoi même une Juive ou un Juif vivant loin d’Israël, en France, aux USA, a des raisons très précises pour sa sécurité d’être "obsédé par Israël et la Palestine du matin au soir".

    Dans le documentaire "Gatekeepers", réalisé par Dror Moreh en 2012, six anciens responsables du "Shin Bet" témoignent de l’évolution de la situation en Israël et délivrent un avis accablant sur l’ensemble des premiers ministres israéliens, à l’exception de Yitzhak Rabin, assassiné en 1995 par Ygal Amir, admirateur de Baruch Goldstein, responsable du massacre d’Hébron.

    Impéritie, indifférence ou complicité avec les plus extrémistes des colons, voilà le fil conducteur de la politique israélienne. Avraham Shalom, chef du "Shin Bet" de 1981 à 1986 : "Aucun premier ministre ne s’est jamais intéressé aux Palestiniens", "Quelle différence entre Golda Meir et Begin ? Aucune".

    En 1980, Carmi Gillon et Yaakov Peri, qui deviendront plus tard chefs du "Shin Bet", enquêtent sur des colons qui préparent un attentat sur des bus palestiniens à Jérusalem avec un objectif de 250 morts. Ils parviennent à les arrêter, de nuit, au moment où les colons placent les explosifs dans les bus. Après enquête, il apparaît que ce groupe projetait depuis 1978 la destruction à l’explosif du Dôme du Rocher. Les condamnations tombent, dont 3 à perpétuité. Le "Shin Bet" est encensé par les autorités israéliennes. Yitzhak Shamir déclare le "Shin Bet" "joyau de la Couronne".

    Oui, mais... Cette "bande", comme l’appelle Yaakov Peri, avait ses entrées de longue date au Parlement et chez le Premier Ministre. En peu de temps, tout ce petit monde rejoint sa colonie, comme si de rien n’était. Que se serait-il passé si ces fanatiques avaient détruit le Dôme du Rocher ?

    Carmi Gillon : "Cela aurait déclenché la guerre totale du monde musulman contre Israël. Pas seulement les pays arabes, mais aussi l’Iran, l’Indonésie et la mise en danger de l’ensemble des communautés juives de par le monde." Le même raisonnement vaut, sans exception, pour tous les crimes impunis commis depuis des décennies par l’Etat d’Israël.

    Méditons sur le diagnostic de Zeev Sternhell, dans le reportage de Charles Enderlin de 2015, "Au nom du temple", à propos de Baruch Goldstein, auteur du massacre de la mosquée d’Ibraham, et de l’assassinat de Yitzhak Rabin par Ygal Amir : "La gauche (israélienne), par poltronnerie, parce que c’était commode de se voiler la face, a préféré croire que nous avions la fièvre à cause d’une grippe alors que nous avions un cancer." […]

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4304

  • Monsieur Coleman prépare ses étoiles jaunes pour l’UJFP

    Citations de notre implacable censeur : "Rappelons que l’Union juive française pour la paix n’organise pas seulement des Juifs, comme le précisent d’ailleurs ses statuts. Il aurait été cependant plus honnête de choisir, par exemple, une appellation comme l’Union française pour la paix en Palestine. Cette ambiguïté délibérée permet aux militants non juifs de l’UJFP de se faire passer (ce qui est très rémunérateur symboliquement) pour des descendants des victimes du judéocide ou, encore mieux, des militants du Bund assassinés par les nazis." [2].

    "... l’UJFP (...) prétend regrouper des juifs partisans de la paix (d’après son sigle) alors qu’une partie de ses membres ne sont ni Juifs ni juifs !" [30].

    "... l’UJFP, cette curieuse organisation qui se dit « juive » tout en n’expliquant pas vraiment en quoi elle tient à cette étiquette si infamante dans le camp « antisioniste »...." [26].

    C’est sûrement une coïncidence, mais cette exigence de pureté ethnique nous a déjà été adressée régulièrement par des sionistes. Monsieur Coleman semble très préoccupé par ce sujet et sait sûrement que nous ne sommes pas précisément des "haredim" (juifs ultra-orthodoxes). En tant que tout nouvel expert ès-"Halakha" (la Loi juive), a-t-il prévu des tests de sélection en manifestation pour trier les Juives et Juifs certifié-e-s par ses soins des "goyim" (non-juifs) infiltré-e-s parmi nous ?

    Quant à la notion d’"étiquette si infamante" d’une "organisation qui se dit « juive »", elle a un fumet, comment dire ? Pas précisément "philosémite", même au sens de "forme sournoise d’antisémitisme" [1]. Ces trois phrases mises bout à bout donnent la nausée.

    Est-ce que Monsieur Coleman a la moindre idée de l’abjection de ses propos, lancés à la face de militant-e-s de l’UJFP dont l’histoire familiale regorge de l’attention toute particulière que l’Europe chrétienne a réservée à leurs parents et ancêtres ? L’autodérision, l’humour noir et féroce dont certain-e-s d’entre nous sont heureusement doté-e-s nous procurent une catharsis permanente d’un passé trop lourd qui en a fait sombrer plus d’un-e parmi nous.

    Nous accusons donc réception de l’assurance complète de son absence de solidarité.

    Jean-Marc Capellero-Rabinovitz

    Le vendredi 17 juillet 2015

    [1] "Lettre ouverte de Rudolf Bkouche au premier ministre : « Votre déclaration "philosémite" n’est qu’une forme sournoise d’antisémitisme »", Rudolf Bkouche, 21 septembre 2014, ainsi que "Du philosémitisme d’Etat", Rudolf Bkouche, 27 avril 2015

    [2] "Antisémitisme DE gauche : définition et fonctions politiques", Yves Coleman, mercredi 3 juin 2015

    [3] "Pierre Stambul notre co-président arrêté par le RAID cette nuit et gardé à vue pendant 7 heures", Bureau national de l’UJFP le 09-06-2015 à 18h40.

    [4] "Soutien à Pierre Stambul", Juives et Juifs révolutionnaires, le 9 juin 2015

    [5] "Charte de l’UJFP", adoptée à la fondation de l’UJFP à Paris, lors de la fête de Pessah en 5754 (avril 1994)

    [6] Europe Israël news, 15 mars 2015

    [7] Coolamnews 17 mars 2015

    [8] "Bennett reproche à Netanyahou de courtiser son électorat religieux", IsraPresse, 16 mars 2015

    [9] CAPE - Centre des Affaires publiques et de l’Etat, 22 janvier 2015

    [10] Koide9enisrael, dimanche 19 janvier 2014

    [11] "Yeshayahou Leibowitz, le prophète incompris", CCLJ - Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind, mardi 22 mars 2011, Ouri Wesoly

    [12] Yeshayahou Leibowitz, site du judaïsme Massorti Francophone, par Yeshaya Dalsace

    [13] "La mauvaise conscience d’Israël" (3), Defeatist Diary, 28/6/2010

    [14] "New Palestine Party. Visit of Menachen Begin and Aims of Political Movement Discussed", A letter to The New York Times. Saturday December 4, 1948 by Albert Einstein, Hannah Arendt, Sidney Hook, et.al. Traduction française : Archives LePost.fr – HuffingtonPost, mis à jour le 20/06/2010

    [15] L’Express, 30/07/2013

    [16] Libération, 10 mars 2015

    [17] Cité par Alain Gresh, Nouvelles d’Orient, lundi 30 janvier 2012

    [18] "Le rabbin Yossef dérape sur la Shoah", Libération, 7 août 2000

    [19] "Edouard Drumont, maître à penser (...)", mondialisme.org, samedi 14 mars 2015

    [20] "Israël-Palestine : Il n’y a pas de volonté politique d’aller vers la paix", L’Express, 02/04/2014

    [21] "Limites de l’ « antisionisme » (2)", mondialisme.org, vendredi 23 janvier 2004

    [22] "La question de Palestine - Réfugiés", site francophone des Nations Unies

    [23] "Loi du Retour", Akadem

    [24] "La dangereuse confusion des juifs de France", Eyal Sivan, 7 Décembre 2001

    [25] "Retour des Palestiniens : Hollande soutient Israël", Le Figaro, 19/11/2013

    [26] "Les « antisionistes » sont eux aussi sujets au « mal de mer »...", mondialisme.org, mardi 11 mars 2014 (Nota bene : l’article cité porte sur une préface de Pierre Stambul à un livre de Jean-Marc Izrine, « Les libertaires du Yiddishland », éditions Alternative Libertaire)

    [27] "Bref commentaire sur les procédés d’un plumitif « libertaire »", R.A. Forum. De la banalité du mépris chez Monsieur Coleman.

    [28] "Israël a-t-il perdu la guerre ? Entretien avec l’historien israélien Shlomo Sand", Télérama, 31/01/2009

    [29] "Sur les sources de l’antisémitisme de gauche, anticapitaliste et/ou anti-impérialiste", mondialisme.org, 25 avril 2014

    [30] "Ni Joffrin, ni Val, ni Siné, la clarté politique d’abord !", mondialisme.org, lundi 28 juillet 2008

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4304

  • « Antiracisme de classe » ou lutte de classes des racialisés ? identitaires ou identifiés ?

    Décidément, Yves Coleman est bien pratique, avec ses gros sabots :

    « Acquérir une vision claire des différentes formes de racisme et de leurs rôles. Et réfléchir à ce que pourrait être un antiracisme de classe »

    Bien pratique pour des considérations dépassant sa personne et son militantisme spécialisé dans la dénonciation, non de l’Etat et du capital, mais des militants d’extrême-gauche.

    Tout l’article est construit avec l’idée que le racisme est... une idée. Il s’agirait de s’en faire la bonne pour élaborer le bon « antiracisme », de préférence de gauche ou d’extrême gauche, en prenant en compte des « analyses de sociologues, historiens et spécialistes de sciences sociales, universitaires, économistes... ». Notons au passage que pour Yves Coleman, F. Fanon, Malcolm X, Stockely Carmichael, Huey Newton, Angela Davis sont des « identitaires », un qualificatif qui trouverait grâce à lui une valeur rétro-active pour tous ceux qui ont mené depuis des siècles leurs luttes contre leur esclavage, leur colonisation ou leur ségrégation institutionnelle en France... Le Noir sur-exploité qui se bat le fait parce qu’il est exploité, pas parce qu’il est noir, mais s’il est plus sur-exploitable, c’est parce qu’il est noir.

    Il ne vient pas à l’idée d’Yves Coleman que les premiers concernés par le racisme sont les "victimes" du racisme, et qu’eux ne se définissent pas comme « antiracistes ». L’antiracisme vient d’une extériorité compassionnelle au problème de classe et de race. À l’inverse, c’est toujours partant de leur situation concrète, de leur situation sociale, économique ou de leur confrontation à la répression policière, que ces populations racialisées entrent en luttes, des luttes qui ne se caractérisent pas par des revendications « identitaires », mais plutôt à visée dés-identitaires. Au fond, ils ne demandent pas un soutien « antiraciste de classe » à leur luttes. Une telle posture finalement morale n’est bonne qu’à soulager la conscience militante blanche... ou assimilée [...]

    « Penser l’histoire et le présent des identités dans leurs rapport aux classes sociales et à leurs antagonismes »

    Vouloir définir un « antiracisme de classe », c’est vouloir donner des leçons de classe aux racialisés. C’est oublier que le racisme réel est un rapport social, et comme tout rapport social dans le capitalisme, une rapport de classe en lui-même de par son intérêt pour le capital, non par une quelconque prise de conscience apportée par une posture militante qui ne mange pas de pain... noir. D’autant quand on passe son temps, comme Yves Coleman, à flinguer tous ceux qui justement sont pris dans la tourmente et les tourments d’être, non pas « identitaires », mais identifiés par leurs couleurs de peau.

    http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-608.html

  • Le troll homophobe patlotch

    = déchet ultime de l’ultra gauche

    = note de bas de page chez Roland Simon aka T.C

  • Coleman défend l’Educastration Nationale
    Fait des speechs sur les Black Panthers (maos racialises) à Toulon : http://mondialisme.org/spip.php?article2629
    Et chez les bolchéviks de l’AWL :
    "Ce texte a été rédigé pour accompagner une intervention lors d’une réunion organisée à Londres par l’Alliance for Workers Liberty le 1 er juillet 2017."
    http://mondialisme.org/spip.php?article2613
    Et fait dans l’antiféminisme primaire et la généralisation abusive, le préjugé de beauf réac :
    "Le vieux mouvement ouvrier (qu’enterrent TOUS LES postmodernes, LES gauchistes et LES féministes)" http://mondialisme.org/spip.php?article2650
    Mondialisme le site du mensonge permanent.

  • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique.

    A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.

    En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical.

    Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages.

    La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains.

    La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

    Jordi Vidal -Résistance au chaos-2002

      • « Il n’y a pas de plus grande force idéologique contre-révolutionnaire que le christianisme sous toutes ses formes, si ce n’est l’islam ! »
    • Guy Debord, Correspondance, volume 3, 1965-1968, p. 40.
  • Ça ne fera pas la UNE de Charlie

    Un flic tue trois personnes et en blesse grièvement trois autres.

    Ça ne fera pas la UNE de Charlie, ils ont trop besoin des flics pour les protéger.

    Peu à peu, Charlie Facho, soutenu par l’Etat, la classe politique de la droite à la gauche, la magistrature, les médias du pouvoir, en est réduit à limiter ses caricatures aux musulmans et aux médias indépendants.

    Fin d’une aventure, Charlie Facho est devenu le porte-parole du pouvoir et de la France profonde.

    http://scandale34.over-blog.com/2015/01/charlie-hebdo-sexiste-homo-lesbophobe-colonialiste-et-raciste.html

    https://blogs.mediapart.fr/charles-tsimi/blog/301017/lindigne-caroline-fourest

    https://blogs.mediapart.fr/macko-dragan/blog/250817/charlie-suite-et-fin-lettre-riss

  • Moix, Attal et la Palestine : un chef-d’œuvre de propagande télévisuelle

    Le samedi 18 novembre, dans l’arène de l’émission d’On n’est pas couché, la présentation d’Utopia XXI, le dernier livre d’Aymeric Caron, a donné lieu à une ahurissante logorrhée du chroniqueur Yann Moix et de l’acteur Yvan Attal. Ils illustrent à merveille ce qu’il est possible d’asséner comme contre-vérités sur le sionisme et la création d’Israël en quelques minutes à la télévision française.

    Le reproche de Moix est double, Caron ne rend pas justice à l’« une des plus belles utopies de l’épopée humaine », le sionisme, et, quand il le mentionne, c’est dans des termes qui lui déplaisent fortement. La phrase incriminée est la suivante : « En 1948, des habitants d’un territoire modeste, mais porteur d’histoire, ont été expulsés de chez eux, privés de leur terre, car des dirigeants étrangers réunis au sein de l’Organisation des Nations unies ont décidé d’installer sur ces terres des réfugiés, issus d’un peuple persécuté depuis toujours, et qu’un dictateur malade venait de tenter d’exterminer. »

    Moix, la désinformation en continu

    Qu’Aymeric Caron n’ait pas fait preuve d’un grand sens de la formule s’entend, mais rien dans ce qu’il y dit n’est faux. Et pourtant, ces quelques mots auront permis à Yann Moix, sous couvert de « débat », de vitupérer les pires âneries et faire office de propagandiste à la petite semaine durant près de dix minutes.

    Moix souligne trois « aberrations ». Il serait trop long de faire le commentaire de ses innombrables approximations et erreurs ou de son obsession à défendre les pires thèses sionistes. Je m’en tiendrai à lui répondre a minima sur ces trois points, sachant que l’exercice est aussi pénible que nécessaire, mais demanderait pour bien faire de revenir sur l’histoire du sionisme et du conflit israélo-palestinien dans le détail.

    La première vise l’expression « dirigeants étrangers ». Si elle est en effet peu heureuse, elle dit bien une vérité : jamais les Palestiniens ou leurs dirigeants ne furent associés, par une organisation qui tente d’incarner le droit à l’autodétermination des peuples, aux décisions concernant leur futur. Le « plan de partage[1] » voté en 1947 est bien le fait de dirigeants étrangers à la Palestine, et fait suite à la décision britannique de céder le mandat de Palestine à l’ONU, que la couronne s’était attribuée au sortir de la Première Guerre mondiale pour se partager avec la France une partie des territoires arabes d’un Empire ottoman sur le point de s’effondrer[2].

    La seconde conteste que les juifs de Palestine aient été autorisés à s’y installer, ce qui laisserait entendre que les immigrants juifs soient dépossédés de toute volonté propre. Moix fait dire à cette phrase ce qu’elle ne dit pas, mais semble méconnaître que leur installation – et parfois leur rejet – en Palestine fut la décision des autorités compétentes, à savoir l’Empire britannique. Et que c’est l’ONU qui décida ensuite d’appuyer les revendications du mouvement sioniste en inscrivant le principe d’un « État juif » dans le plan de partage de 1947.

    C’est aussi la fin de la phrase, reliant la Shoah à la création d’Israël, qui fait bondir le chroniqueur, puisque son auteur se rendrait coupable de prêter quelque vertu créatrice à l’extermination des juifs d’Europe. Là encore, on s’interroge sur la lecture de Moix. S’il est tout à fait inexact de faire remonter la naissance du sionisme et de l’immigration juive en Palestine à la Seconde Guerre mondiale (ce que Caron ne fait pas), il faut être particulièrement de mauvaise foi pour ne pas comprendre que le plan de partage de 1947 est une sordide tentative de répondre au génocide des juifs européens, en faisant porter les conséquences (territoriales) de la création d’un État juif aux habitants de Palestine.

    Yann Moix n’aura rien dit de juste ou de pertinent, mais il aura joué à merveille le rôle de garde-chiourme télévisuel qui entend faire taire toute critique à l’égard du récit sioniste de la création d’Israël. Caron tenta vainement de lui répondre en disant : « Oui ou non, l’État d’Israël s’est-il créé dans des conditions extrêmement douloureuses pour beaucoup de gens ? Oui ou non, il y a-t-il eu à ce moment-là 900 000 Palestiniens qui ont été expulsés de chez eux » ?

    Yvan Attal, le "juif de service" ?

    Là intervient Yvan Attal, qui s’invite dans le débat pour y asséner une énorme contre-vérité : « Par qui ils ont été expulsés ? Par les Israéliens ? C’est la Syrie, la Jordanie et tous les voisins arabes qui ont appelé les Palestiniens à quitter leurs maisons ».

    La mise en cause de la responsabilité des pays arabes dans l’exode de 700 à 900 000 Palestiniens en 1948 fait partie des mythes fondateurs du roman national israélien. Il a ceci de commode qu’il exonère Israël de sa responsabilité, faisant oublier au passage que ces mêmes Palestiniens habitaient villes et villages qui furent rasés (les chiffres vont de 400 à plus de 600, suivant la période prise en compte et la précision du cadastre).

    Mais depuis la fin des années 1980, une série d’ouvrages publiés par ceux que l’on qualifiera de « nouveaux historiens » israéliens[3] met à mal ce récit. Dans la foulée de l’invasion du Liban en 1982, qui a vu la société israélienne s’interroger sur ses crimes, et suite à l’ouverture des archives militaires de 1948, ces historiens vont méthodiquement mettre au jour la responsabilité des milices sionistes, puis de l’armée israélienne, dans l’expulsion forcée des Palestiniens. Quarante ans plus tard, historiographies israélienne et palestinienne semblaient enfin se rejoindre dans l’écriture de ce que les uns appellent la guerre d’Indépendance et les autres la Catastrophe (Nakba).

    Contrairement à la caricature qui en est faite, cette « nouvelle » histoire n’est pas uniquement le fait d’historiens de gauche et antisionistes. Après de violents débats, la droite israélienne a su faire sien ce récit en regrettant toutefois que l’expulsion n’ait pas été complète, ce qui aurait réglé une fois pour toutes la question israélo-palestinienne. Dans l’Israël des années Oslo, le récit des nouveaux historiens participe d’une réécriture de la mémoire collective israélienne. Mais à la fin de la décennie 1990, avec l’effondrement du mirage du « processus de paix » et le déclenchement de la seconde Intifada, la société israélienne et ses dirigeants reviennent à une lecture plus idéologisée de leur histoire.

    Le débat a cependant bel et bien existé et très largement au-delà des cercles académiques. Ignorant la production historique des trois dernières décennies, Yvan Attal ne fait pas seulement la démonstration de son ignorance (au demeurant excusable) quant au déroulé des combats de 1948, il se fait le porte-parole du sionisme le plus obtus. Une fois sa contre-vérité jetée sur le plateau d’ONPC, il énonce sa volonté de ne pas participer au débat en rajoutant : « Vous savez quoi, je vais éviter de faire le juif de service ce soir, je vais vous laisser entre vous ».

    Qu’est-ce donc que ce « juif de service » ? Pour Yvan Attal, il semble que ce soit l’invité, juif, obligé de se coltiner la défense d’Israël. Cette expression est triplement trompeuse. D’une, parce que personne ne l’a invité à prendre part à l’empoignade qui opposait Yann Moix et Aymeric Caron, encore moins ès qualités. L’inverse aurait d’ailleurs été problématique.

    En second lieu, parce qu’il faut se sentir tenu par la propagande israélienne pour assimiler tout juif français (et plus largement non israélien) à la « défense d’Israël ». Outre les nombreuses associations communautaires qui font entendre une voix contraire (comme l’Union juive française pour la paix, pour rester en France), de très nombreux citoyens français de confession juive n’ont absolument aucune envie d’être assimilés à des crimes commis en leur nom, dans un pays qu’ils ne connaissent pas ou peu, par une armée dans laquelle ils ne servent pas et s’exprimant dans une langue qui n’est pas la leur. Qu’Attal considère que le « juif de service » doive défendre – y compris en recourant à la falsification historique – « son » pays est une opinion. C’est également celle d’individus comme Avigdor Lieberman ou de Meyer Habib et plus largement de tous les sionistes décomplexés qui compte enrôler malgré eux les deux juifs sur trois vivant hors d’Israël dans la défense de leurs exactions. Rappelons simplement que nul n’est tenu d’assimiler juif à Israélien sans demander leur avis aux principaux intéressés, et qu’alors il n’y a pas lieu de fantasmer le rôle du « juif de service ».

    Cette expression semble enfin faire écho à celle de l’« arabe de service ». Mais comparaison vaut-elle raison ? L’« arabe de service » – ou le « house nigger » nord-américain – c’est ce représentant « indigène » qui vient conforter le maître ou le colon dans sa prétention à dominer. C’est aussi celui qui, de plateaux télévisés en réunions publiques, offre une image de docilité et de servilité et accepte de faire les basses besognes de l’autre pour un peu de reconnaissance. Désigné porte-parole d’une « communauté » qui ne s’y reconnaît pas forcément, il conforte les préjugés qu’il incarne parfois jusqu’à la caricature, si l’on prend l’imam Chalghoumi, incapable de faire une phrase correcte en français, invité à parler au nom de millions de français de confession musulmane qui, eux, savent manier avec autrement plus de talent leur langue maternelle.

    Quoi de comparable alors avec le rôle prétendument incarné par Yvan Attal sur ce plateau ? Rien. Il aurait été mieux inspiré de parler de « sioniste de service », puisque c’est là le rôle qu’il a rempli, tout comme Yann Moix qui vient rappeler qu’il n’est nul besoin d’être juif pour être sioniste. Ils ont fait l’un et l’autre ce qu’on peut attendre du sioniste le plus caricatural : confondre à dessein judéité, citoyenneté israélienne et idéologie sioniste. Ils ont vainement tenté, à la suite du gouvernement israélien, de falsifier l’Histoire à leur profit et de faire croire que le drapeau israélien est celui de tous les juifs, alors qu’il est d’abord et avant tout celui de ceux qui se reconnaissent dans son projet politique, sioniste.

    À tout le moins, quand il incarnait avec brio Ariel, ce jeune français qui rejoint Israël puis intègre ses services de renseignement, dans le film Les patriotes (1994), Yvan Attal joignait l’utile (propagande) à l’agréable (plaisir de voir son talent d’acteur se déployer dans un film magistral). Samedi dernier, il n’a offert qu’un complément de parole à Yann Moix, l’un et l’autre aussi obsédés par la défense d’Israël que mal informés.

    [1] Plan de partage de la Palestine entre un État arabe, un État juif et la ville de Jérusalem placée sous régime international spécial (le corpus separatum), contenu dans la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Vote pour : Australie, Belgique, Bolivie, Brésil, Biélorussie, Canada, Costarica, Danemark, Équateur, États-Unis d’Amérique, France, Guatemala, Haïti, Islande, Libéria, Luxembourg, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Pologne, République dominicaine, Suède, Tchécoslovaquie, Ukraine, Union Sud-Africaine, U.R.S.S., Uruguay et Vénézuela.Vote contre : Afghanistan, Arabie saoudite, Cuba, Égypte, Grèce, Inde, Iran, Irak, Liban, Pakistan, Syrie, Turquie, Yémen. Absention : Argentine, Chili, Chine, Colombie, Salvador, Éthiopie, Honduras, Mexique, Royaume-Uni, Yougoslavie.

    [2] Ce sont les fameux accords Sykes-Picot de 1916 qui prévoient le partage de ces territoires entre mandats français et britanniques, entériné par la Conférence de San Remo (avril 1920) puis le Traité de Sèvres (août 1920) et enfin reconnu par la Sociétés des Nations en juillet 1922.

    [3] Citons par exemple Simha Flapan (The birth of Israel : myths & realities, 1987) Benny Morris (The birth of the Palestinian refugee problem, 1947-1949, 1988), Ilan Pappe (Britain and the Arab-Israeli conflict, 1948-1951, 1988) ou Avi Shlaim (Collusion across the Jordan : king Abdullah, the Zionist movement and the partition of Palestine, 1988).

    https://blogs.mediapart.fr/xavier-guignard/blog/211117/moix-attal-et-la-palestine-un-chef-d-oeuvre-de-propagande-televisuelle

  • "L’islamisme n’est pas un phénomène ’grave’."

    Jade @Lindgaard , journaliste @Mediapart en 2017.

  • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique.

    A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.

    En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical.

    Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages.

    La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains.

    La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

    Jordi Vidal -Résistance au chaos-2002

Avertissement commentaires

Les commentaires ont pour objectif de compléter l’information donnée dans l’article, argumenter, apporter une interrogation ou un questionnement par rapport au sujet de la contribution. Les avis personnels qui n’apportent rien de plus à l’article pourront être considérés comme discussion de forum ne répondant pas aux objectifs pré-cités.Tout commentaire ne répondant pas à ces objectifs, ou étant contraire aux règles éditoriales sera supprimé définitivement du site.

Lien vers la politique éditoriale du collectif


Saisissez votre commentaire

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

www.indymedia.org
africa
Ambazonia Canarias estrecho / madiaq Kenya Nigeria South Africa
canada
London, Ontario Maritimes Montreal Ontario Ottawa Quebec Thunder Bay Vancouver Victoria Windsor
east asia
burma Jakarta Japan Korea Manila QC Saint-Petersburg
europe
Abruzzo Alacant Andorra Antwerpen Armenia Athens Austria Barcelona Belarus Belgium belgrade Bristol Brussels Bulgaria Calabria Croatia Cyprus emilia-romagna estrecho / madiaq Euskal Herria Galiza Germany grenoble Hungary Ireland Istanbul Italy La Plana Liege liguria Lille linksunten lombardia London Madrid Malta Marseille Nantes Napoli Netherlands Nice Northern England Norway Nottingham Oost-Vlaanderen Paris/Île-de-France Patras Piemonte Poland Portugal Roma Romania Russia Sardegna Scotland Sverige Switzerland Torun Toscana Toulouse Ukraine United Kingdom Valencia
latin america
Argentina Bolivia Chiapas Chile Chile Sur CMI Brasil CMI Sucre Colombia Ecuador Mexico Peru Puerto Rico Qollasuyu Rosario santiago Tijuana Uruguay Valparaiso Venezuela
oceania
Aotearoa Brisbane burma darwin Jakarta Manila Melbourne Perth QC Sydney
south asia
India Mumbai
united states
Arizona Arkansas Asheville Atlanta Austin Austin Indymedia Baltimore Big Muddy Binghamton Boston Buffalo Charlottesville Chicago Cleveland Colorado Columbus DC Hawaii Houston Hudson Mohawk Kansas City LA Madison Maine Miami Michigan Milwaukee Minneapolis/St. Paul New Hampshire New Jersey New Mexico New Orleans North Carolina North Texas NYC Oklahoma Philadelphia Pittsburgh Portland Richmond Rochester Rogue Valley Saint Louis San Diego San Francisco San Francisco Bay Area Santa Barbara Santa Cruz, CA Sarasota Seattle Tampa Bay Tennessee Urbana-Champaign Vermont Western Mass Worcester
west asia
Armenia Beirut Israel Palestine
process
FBI/Legal Updates Mailing Lists Process & IMC Docs Tech Volunteer
projects
Print Radio Satellite TV Video
regions
United States
topics
Biotech

copyleft Copyleft Indymédia (Independent Média Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.

RSS articlesRSS articles |  Site réalisé avec spip 3.1.3 [23214]
Top