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Raison du refus :
troll islamo-charlie
Antisémitisme modéré
posté le 14/11/17 par Gérard Biard Mots-clés  médias 

Avec tous les complots que fomentent les juifs, on se demande comment ils trouvent encore le temps de contrôler la finance internationale, de diriger l’univers et de manger les petits enfants palestiniens. Prenez le cas de ce brave prédicateur de Tariq Ramadan, qui court les conférences de par le monde pour semer la bonne parole islamiste et plus si affinités, et qui se voit aujourd’hui accusé de viol par deux anciennes groupies. Eh bien ! qui croyez-vous qui tire les ficelles de cette scandaleuse machination islamophobe ? Les juifs, évidemment.

- Sur cette affaire, l’islam se comporte comme n’importe quelle religion quand certains de ses membres éminents sont impliqués dans des affaires de violences sexuelles : silence pudique des autorités et des représentants. Mais tout le monde ne conserve pas un mutisme prudent. Les rares réactions émanant de ce qu’on nomme très improprement « la communauté musulmane » sont même d’une belle franchise. Elles peuvent se résumer en deux mots : complot juif.
- Sur les réseaux sociaux, l’ex-salafiste Henda Ayari, la première à avoir porté plainte contre le gourou au double discours, est copieusement traitée de « pute sioniste ». Et Tariq Ramadan est bien entendu victime d’un « coup monté » organisé par « les milieux sionistes ».

Allez, poussons la théorie encore plus loin : pourquoi ne serait-il pas lui-même un agent infiltré du Mossad chargé de discréditer l’islam ? Le complotisme autorisant à peu près tout et n’importe quoi - à condition d’y associer Israël, bien entendu -, autant ne pas se priver.


posté le 14 novembre 2017  par Gérard Biard   Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • 14 novembre 15:42

    Article d’un agent infiltré du Mossad ...

  • 14 novembre 17:24, par Que fait la modération ?

    L’indigne Caroline Fourest

    Caroline Fourest balance enfin son "porc"...enfin le "porc" de ses confidentes. La parole est vraiment libérée.

    Ce lundi 30 octobre 2017, sur les ondes de RTL, Yves Calvi a cru devoir inviter sa consoeur Caroline Fourest afin d’éclairer au mieux ses auditeurs sur le personnage Tariq Ramadan, lequel est accusé de viol par deux femmes dont une certaine Henda Ayari.

    Qu’a t- on appris ?

    Hé bien, que Caroline Fourest savait depuis 2009 !….. Elle l’a dit ce matin sur RTL, elle l’a écrit dans un papier à Marianne, elle l’a réécrit sur son blog, où d’ailleurs on peut lire : « Juste avant mon duel annoncé face à lui sur France 3, des victimes ont commencé à me contacter. Je les ai rencontrées. Elles m’ont montré des photos explicites et raconté des horreurs, impossible à révéler sans preuves et sans plaintes. »

    Notre féministe a retrouvé sa langue.

    Des « victimes » ont donc contacté Caroline Fourest. Ne reste plus à la police que d’arrêter et de coffrer cet énième musulman. A quoi bon encore juger Tariq Ramadan….Caroline Fourest savait !

    Qu’attendaient ces « victimes » de Caroline Fourest ? Son courage ou son silence ? Fallait-il juste informer la petite Caroline, et attendre sagement le « bon moment » ?

    La journaliste a vu des « photos explicites », elle a entendu des « horreurs » et elle s’est quand même tenue à carreaux. Comment peut-on supporter dans le silence de tels soupçons « d’horreur » en s’affichant chaque matin avec l’étiquette féministe ?

    Si elle, en bonne féministe de son état, ex amoureuse de la « courageuse » Inna Shevchenko, femen emprisonnée, torturée puis libérée dans la forêt, n’a pu dire ce qu’elle savait , alors à quoi bon le féminisme-là ?

    Huit ans de silence, et ça ose crier maintenant sur tous les toits : je le savais depuis 2009…..Et Yves Calvi qui trouve qu’il y a de quoi inviter cette dame, un matin d’automne, pour parler d’une « personnalité » dont elle ne sait absolument rien. Son livre sur les frères musulmans n’est pas une confession intimiste de Tariq ramadan. Elle ne peut donc rien dire sur sa personnalité avec une légitimité qui forcerait le respect.

    Raisons d’un silence

    Caroline Fourest s’est gentiment cloué le bec pendant huit ans au sujet de ces viols. La bonne dame explique qu’il ne suffit pas de savoir pour dire. Et même, qu’elle a essayé d’alerter de toutes ses forces sur la dangerosité de Tariq Ramadan : voilà ce qu’on appelle jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Effectivement, personne ne peut dire que ces deux-là pouvaient se blairer. Tariq avait même aggravé son cas lorsqu’il avait copieusement ridiculisé Caroline Fourest dans un débat sur le plateau de Taddéi.

    Inviter donc Caroline Fourest pour parler de Tariq Ramadan relève donc, ni plus ni moins, de l’obscène. Qu’Yves Calvi ait également cherché à inviter Tariq Ramadan relève, pour sa part, de l’hypocrisie. Au nom de quoi Monsieur Ramadan va-t-il venir s’expliquer des allégations de la féministe Fourest ? Si affaire il y a, elle concerne Tariq Ramadan, ses accusatrices, et les avocats des deux parties. Que vient faire Caroline Fourest dans cette histoire ? Pourquoi l’exhumer du tombeau dans lequel l’avait jeté Ramadan ?

    Amalgame de Caroline Fourest

    Ce qu’on a appris dans cette interview, se résume en quelques points farfelus :

    - Tariq Ramadan hait les femmes

    - Une haine qui correspond à sa vision de la société

    - Son comportement est en phase avec ses idées

    - Pour comprendre son comportement, il faut connaître ses idées

    En gros, ce que la petite Caroline peine à dire convenablement, c’est que sa violence envers les femmes trouve ses origines dans l’Islam.

    Tariq Ramadan peut être coupable ou non, et, on n’a pas besoin d’aller chercher quelques raisons dans sa prétendue vision de la société. Car DSK, Weinstein, et consort ne sont guère musulmans, ils ne partagent pas la même vision de la société que T.Ramadan, et pourtant, DSK, Weinstein sont de redoutables prédateurs sexuels. La violence faite aux femmes n’est pas fonction de la religion. A moins que, la Caroline nous apprenne également que les viols de monsieur Tariq sont plus graves que les viols d’un autre individu. Rappelons au passage à cette Fourest, que le seigneur Cantat a tué sa femme sans réciter la moindre sourate. Pourquoi ne cherche t-on pas dans son acte une quelconque vision de la société ?

    Caroline Fourest aurait du rester dans son silence. Elle l’a su avant tout le monde…elle a fermé sa bouche. Maintenant, que tout le monde semble savoir, qu’elle ne se la ramène pas avec ses grandes théories, ses grandes explications, ses grandes évidences… Qu’elle persiste dans son mutisme. Ce n’est pas aujourd’hui que les preuves tomberont ! L’objectif est, du reste atteint : pur revenge porn.

    Et ma théorie, dans tout ça, est que Caroline Fourest fantasme sur Tariq Ramadan dans un plan à 3.

    https://blogs.mediapart.fr/charles-tsimi/blog/301017/lindigne-caroline-fourest

  • La trajectoire de Caroline Fourest, vigie anxieuse d’une France sous « menace islamiste », éminence grise et visiteuse du soir de la gauche au pouvoir, est moins un cheminement personnel que le reflet d’une dérive : celle d’une gauche hagarde pour qui la République tient lieu depuis quinze ans de question sociale. Une enquête de la Revue du Crieur, dont le sixième numéro sort jeudi 23 février.

    Caroline Fourest est parmi les siens. Le 6 décembre 2016, dans la salle du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, le député socialiste Jean Glavany organise ses Rencontres annuelles de la laïcité – en 2015, Latifa Ibn Ziaten, mère d’un des militaires tués par Mohamed Merah à Toulouse, y avait été « huée » et « agressée » parce qu’elle portait le voile.

    L’animateur de la journée, Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra ), un proche de Manuel Valls, est un ami. Au Parti socialiste, C. Fourest est une figure connue : invitée régulière des universités d’été, on la croise dans des conférences de presse, des meetings ou dans ce type de session à huis clos destinée à préparer le programme du parti pour 2017. Elle n’est pas toujours tendre avec le PS, peut y être contestée, mais elle fait partie des meubles. Elle est proche d’anciens de SOS-Racisme, a encouragé avec bienveillance l’émergence de mouvements comme Ni Putes ni soumises ou Osez le féminisme, biberonnés dans la galaxie socialiste.

    Ceux qui ne l’aiment pas assurent qu’elle sert de boussole laïque déréglée à un parti qui ne pense plus. Ceux qui l’apprécient, comme le sénateur PS de Paris David Assouline, louent son « courage ». Selon l’Élysée, elle a une « relation directe » avec François Hollande. Mais son réseau proche au sein du PS est surtout vallsiste. Elle connaît l’ancien Premier ministre depuis longtemps. Après les attentats, C. Fourest a été vue de temps en temps dans les couloirs de Matignon. Serait-elle son cerveau ? De très proches de M. Valls nuancent : Valls, disent-ils, consulte tous azimuts et l’académicien (fort peu socialiste) Alain Finkielkraut est plus influent qu’elle. Ils se décrivent en tout cas tous les deux en vigies d’une laïcité attaquée, se voient en porte-drapeau de la lutte contre l’extrême droite et bataillent contre une partie de la gauche. Comme C. Fourest l’a rappelé, quand Manuel Valls parle de « deux gauches irréconciliables », c’est moins pour parler d’économie que de « ceux qui font des meetings avec Tariq Ramadan », l’intellectuel suisse contesté que C. Fourest

    caricature en cheval de Troie de « l’islam politique fondamentaliste des Frères musulmans » en Europe.
    Cette « ligne de fracture » politique, Caroline Fourest l’a théorisée il y a plus de douze ans. Dans un texte intitulé « Gauche contre gauche », paru dans sa revue ProChoix,elle fustigeait « une gauche antiraciste qui devient antiblasphème grâce au mot “islamophobe” », et ces « féministes qui deviennent pro-voile et traitent les autres féministes de “racistes” ». Un an plus tard, elle appelait même au combat : « Une autre gauche est encore possible, mais elle ne pourra survivre sans un affrontement idéologique fratricide avec la gauche confuse et sa tentation obscurantiste. » Comme elle, Manuel Valls aime à fustiger la constellation des « islamo-gauchistes ». Cette expression, qui a fait florès à droite et à l’extrême droite, a été élaborée au début des années 2000 par Pierre-André Taguieff dans son livre La Nouvelle Judéophobie. Cet historien des idées est décrit par Fiametta Venner, compagne et coauteure de C. Fourest, comme un de ses « inspirateurs ».

    « Sur la laïcité, elle a fourestisé Valls », déplore un intellectuel qui fréquente l’ancien Premier ministre. De son côté, Malek Boutih, député socialiste de l’Essonne et ancien président de SOS-Racisme, n’a pas de mots assez élogieux pour C. Fourest : « Elle a les mains dans le cambouis. Elle combat les Tartuffe qui sont toujours dans la nuance et ne jouent jamais franc-jeu, cette société molle, confortable, qui dit “pas d’amalgames” et a laissé pénétrer les idées réactionnaires au cœur de la gauche française. Elle mène une bataille centrale : on ne peut pas être de gauche et antilaïque. » Il s’étonne du « degré de haine qu’elle suscite » : « On dirait que c’est la sorcière de Salem qu’il faut brûler. »

    Tenter un portrait intellectuel de Caroline Fourest, c’est s’aventurer sur des pentes glissantes. La littérature la concernant est abondante, mais parfois sexiste et fielleuse. C. Fourest est une femme, et une féministe. L’ancienne présidente du Centre gay et lesbien de Paris, qui enquêta à la fin des années 1990 pour Têtu sur les réseaux de l’extrême droite catholique et milita en faveur du Pacs, n’a par ailleurs jamais caché son homosexualité. Pour toutes ces raisons, le Front national, les partisans d’Alain Soral comme les catholiques intégristes de Civitas la haïssent – elle et des Femen furent frappées en 2013, en marge d’une manifestation contre le mariage des couples de même sexe. Pour toutes ces raisons, beaucoup de féministes, de militants LGBT ou de sympathisants de gauche la considèrent comme une référence.

    C. Fourest, c’est aussi, bien sûr, une ancienne de Charlie Hebdo. Pendant l’affaire des caricatures de Mahomet, en 2006, elle est en première ligne, défendant aux côtés du directeur de la publication Philippe Val la « une » de l’hebdomadaire sur laquelle un Mahomet « débordé par les intégristes » se

    plaint d’être « aimé par des cons ». Ce dessin et deux des douze caricatures de Mahomet vaudront au journal un procès (gagné), intenté par des associations musulmanes à cause de « leur caractère raciste ». C. Fourest quitte Charlie en 2009, après le départ de P. Val à la direction de France Inter. Elle et F. Venner disent s’y sentir « à l’étroit », ne plus apprécier la « tradition “bête et méchante” qui refait surface à Charlie ».
    C. Fourest se serait bien vue prendre la succession de P. Val, mais la rédaction n’y a même pas songé et s’est tournée naturellement vers le dessinateur Charb – une des victimes de l’attentat de janvier 2015. Dans Éloge du blasphème, paru après la tuerie de Charlie Hebdo, C. Fourest revient sur cette affaire des caricatures. Charlie Hebdo, écrit-elle, « est animé par des athées, dont certains de culture musulmane, qui ont en commun de vouloir désacraliser tous les symboles » religieux. La publication des caricatures était pour elle un acte d’« égalité » et non d’« humiliation », qui l’a contrainte à vivre sous protection policière.

    Au cours de la dernière décennie, Caroline Fourest a réalisé des documentaires pour France Télévisions, Arte ou La Chaîne parlementaire. Elle a tenu chronique au Monde, à France Inter et, jusqu’à cet été, à France Culture. Dans ses tribunes, elle parle de l’actualité, d’Europe, de mondialisation, de la société, de Nuit Debout, de féminisme ou des religions. Mais ce ne sont pas ces textes-là, guère mémorables, qui l’ont rendue célèbre. C. Fourest s’est fait connaître en 2004 avec la publication de Frère Tariq, une enquête où elle dépeint le prédicateur Tariq Ramadan en « stratège intégriste », « spécialiste du double langage », qui pratique la « dissimulation ». Depuis, elle porte le flambeau de la lutte contre les « intégristes », les « rouges-bruns » et leurs « idiots utiles ». Elle est devenue une polémiste, adepte du « clash » vu à la télé, pour parler en priorité d’intégrisme, surtout musulman. Elle tient depuis cet été une chronique
    pour Marianne, hebdomadaire qui fait de la laïcité un « combat français », fustige le « communautarisme » et, lui aussi, les « islamo-gauchistes ».

    « Pour le pôle laïque de la gauche radicale, elle reste une référence », estime l’universitaire Philippe Corcuff, qui l’a croisée à Charlie Hebdo au début des années 2000. Du Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon aux cercles altermondialistes jusqu’à Lutte ouvrière, son féminisme, son combat antiraciste et son soutien à la liberté d’expression des intellectuels menacés lui donnent de l’écho. « Il y a dans notre société un retour de la religion dans l’espace public qui est fatigant, dit l’ancienne coprésidente du PG, Martine Billard. Des voix comme elle sont utiles. » Élevée dans une famille très à droite d’Aix-en- Provence – mère antiquaire, père négociant en vins –, Caroline Fourest- Guillemot a fait ses études dans une école privée. « Il y avait une église au milieu de la cour et, en cas de manifestation, les grilles étaient fermées pour pas qu’on soit perverties », a-t-elle raconté au Monde.

    « Jeanne d’Arc » républicaine – l’expression est employée par plusieurs des trente interlocuteurs interrogés pour cet article –, elle revendique l’héritage des Lumières, vante le rationalisme et le modèle français « de laïcité, jacobin et intégrateur », qu’elle oppose au modèle « anglo-saxon ». « D’après l’approche anglo-saxonne, écrit-elle, l’égalité consiste à respecter tous les totems et tous les tabous de chaque communauté pour qu’elles coexistent sans conflit. L’approche laïque à la française croit au droit de les briser tous. »
    En réalité, elle défend une conception maximaliste de la laïcité, instaurée en 1905 avec la loi de séparation des Églises et de l’État. « Elle entretient un rapport quasi religieux à la laïcité, dont elle s’érige en grande prêtresse, analyse l’historien de la laïcité Jean Baubérot, qui fait partie de ses bêtes noires. Pour Valls, pour elle et une partie de la gauche, tout ce qui – en matière religieuse – va vers un certain “fondamentalisme” constitue une étape vers un extrémisme violent. Donc, tout dialogue ou contact avec des personnes considérées comme “proches” de ce fondamentaliste, fait soit preuve de faiblesse, soit de complicité envers cet extrémisme, en affaiblissant, en trahissant, le camp des laïcs. On trouve là la recherche d’une pureté laïque analogue à la quête d’une pureté religieuse de certains croyants... »

    « Islamophobie vertueuse »

    Adulée par certains, elle est vilipendée par d’autres, qui voient en elle une des figures médiatiques ayant le plus contribué à la légitimation d’un discours stigmatisant les musulmans, en particulier depuis le 11 septembre 2001. « Caroline Fourest est représentative d’une évolution d’une partie de la gauche et de l’extrême gauche qui est devenue tellement obsédée par l’islam qu’elle a perdu de vue la question sociale et s’est aveuglée sur un certain racisme inconscient en son sein, déplore Mona Chollet, journaliste au Monde diplomatique et ancienne de Charlie Hebdo. Elle n’est pas la seule, bien sûr, mais elle fait partie de ceux qui ont banalisé l’islamophobie et en ont fait quelque chose de vertueux. »

    En 2004, le journaliste Claude Askolovitch, alors au Nouvel Observateur, avait consacré un portrait élogieux à C. Fourest et F. Venner, ce couple de « combattantes » qui « se saoulent au Nutella, se gavent de télé et d’Internet, s’aèrent les méninges à la Playstation » et veulent « combattre tous les fascismes à la fois ». Aujourd’hui, C. Askolovitch renie cet article « paresseux ». « Je les trouvais plutôt marrantes il y a quinze ans, dit-il. Mais, depuis Tirs croisés [ paru en 2003 ], je n’ai jamais été capable de lire un seul de leurs bouquins. C. Fourest est un épiphénomène dans un paysage plus large : la défense des juifs et des homos a été instrumentalisée pour encercler les musulmans. »

    Même à gauche, dit-il, où « l’islamophobie est devenu un cadre structurant dans les années 2000 ». Comprendre la trajectoire intellectuelle de C. Fourest, y compris la rage qui l’anime, c’est se replonger dans quinze ans de déchirements violents au sein de la gauche comme de la société française autour de l’islam et des musulmans. Pour saisir les racines de la zizanie, il faut repartir près de vingt ans en arrière.
    « Il y a chez elle un tournant au début des années 2000. Auparavant, elle était une figure minoritaire et mineure. Elle devient alors majoritaire et majeure. Il y a évidemment un rapport avec ce qu’elle dit. Son décollage social a coïncidé avec une réorientation de ses thématiques. Certes, elle ne parle pas que d’islam, mais c’est ce que son public retient. » Celui qui parle s’appelle Éric Fassin. Il a rencontré C. Fourest il y a bien longtemps, en 1998. Éric Fassin, aujourd’hui professeur de sociologie à Paris-8, internationalement reconnu, est alors un spécialiste des études de genre et des minorités qui commence à avoir une petite réputation. C. Fourest, elle, est toute jeune, vingt-deux ans à peine. Mais elle milite comme lui pour l’instauration d’un contrat social pour les couples de même sexe – ce sera le Pacte civil de solidarité, voté l’année suivante dans une ambiance électrique.

    Éric Fassin accepte d’envoyer des textes pour sa revue. Avec F. Venner, sa compagne, chercheuse sur l’extrême droite rencontrée deux ans plus tôt alors que C. Fourest travaille pour le magazine étudiant Transfac, elle vient de créer ProChoix. Le numéro un, daté de décembre 1997, est une feuille de douze pages tirée à 2 000 exemplaires. Il s’ouvre par un manifeste de gauche radicale : « Inventer un mouvement prochoix passionnant et qui plus est peut- être à la source d’une nouvelle gauche : ambitieuse, écologiste, égalitaire, féministe, antiraciste, antisexiste, antihomophobe. Une gauche qui n’empiète pas sur les idées de droite pour rassurer l’électorat lepéniste, une gauche à gauche, antidote à tous les provies, à toutes les extrêmes droites.
    Enfin ! » Dans ProChoix, C. Fourest et F. Venner écrivent beaucoup sur les anti- IVG d’extrême droite et les « pro-life » américains. […]

    http://www.regards.fr/IMG/pdf/les_croisades_de_caroline_fourest.pdf

  • “Invités sulfureux », « thématiques complotistes », « manque d’informations », passé « rouge-brun ». Caroline Fourest charge Frédéric Taddeï mais ses violentes attaques passent difficilement l’épreuve du fact-checking.

    C’est désormais acté. Après les cathos intégristes, les radicaux islamistes et le Front national, Caroline Fourest part en croisade contre Frédéric Taddeï.

    Alors qu’elle boycotte le plateau de Ce soir (ou jamais !) depuis quatre ans, l’essayiste s’est longuement épanchée dans Le Supplément de Canal + en déclarant : "C’est du cynisme dandy. C’est toute cette nébuleuse des rouges-bruns que l’on a trouvés chez Jean-Edern Hallier qui l’a beaucoup influencé. Au nom d’une posture très parisienne, très chic, je me demande si Frédéric Taddeï ne pense pas que le totalitarisme, c’est de l’art contemporain, en fait. Tellement, pour lui, toutes les idées se valent, surtout les plus cyniques, c’est quand même ses préférées (…). Les gens que l’on met sur le plateau comme de simples experts sont en fait des paranoïaques conspirationnistes qui ont eu des écrits haineux et racistes mais ce n’est jamais dit. Et donc le principe de l’émission de Frédéric Taddeï, c’est ce vieil adage qui dit : ‘Cinq minutes pour les Juifs, cinq minutes pour Hitler.’ Je crois que dans le cas de Frédéric Taddeï, c’est même six minutes pour Hitler".
    Ce mardi, Caroline Fourest a développé ses critiques dans sa chronique hebdomadaire sur France Culture.

    “Une trentaine d’extrémistes qui ont leur rond de serviette”

    Dans sa chronique, Caroline Fourest déclare que l’émission est composée : “d’une bonne tranche de paranoïaques et de complotistes qui n’affichent pas la couleur, mais qui incarnent l’antisystème, face à des journalistes établis, si possible juifs et conservateurs, qui incarneront merveilleusement le système.” Et l’essayiste d’ajouter qu’une “trentaine d’extrémistes ont leur rond de serviette ” en citant pêle-mêle : Alain Soral, Dieudonné, Jean Bricmont, Michel Collon ou bien encore Alain de Benoist.

    Du coup, nous avons fait le compte des invités depuis la création de l’émission en 2006. Sur 650 émissions, Alain Soral a été invité 3 fois (dont la dernière fois en 2011), Dieudonné 3 fois, Jean Bricmont 3 fois, Michel Collon 6 fois et enfin Alain de Benoist 3 fois. Il est donc erroné de parler d’invités récurrents. Parmi les autres personnes citées par Caroline Fourest : l’écrivain Marc-Edouard Nabe, Tariq Ramadan ou bien encore la porte-parole du parti des Indigènes de la République Houria Bouteldja comptabilisent en revanche 10 invitations.

    Mais les véritables "rond de serviette" ne sont pas ceux-là. Parmi les personnes qui comptent plus d’une vingtaine d’invitations, on retrouve plutôt : Emmanuel Todd, Michel Maffesoli, Thierry Lévy ou bien encore Jean-Didier Vincent. Et plus d’une quinzaine d’invitations pour Daniel Cohen, Cynthia Fleury, Eric Fassin, Alain Finkielkraut, Bernard Stiegler ou bien encore Jacques Attali. Des invités qu’il serait difficile de qualifier d’“extrémistes” ou de “complotistes paranoïaques”.

    Même s’il se dit choqué de n’avoir pas été prévenu de l’invitation surprise de Nabe, le président de la Licra Alain Jakubowicz, présent sur le plateau le 8 janvier, estime que les attaques sur la politique d’invitation de Taddeï sont disproportionnées :

    “J’aime bien Caroline Fourest mais lorsqu’elle dit que cette émission c’est 5 minutes pour Hitler, 5 minutes pour les Juifs, je ne suis pas d’accord. Je trouve qu’elle me dépeint en faire-valoir d’Hitler en disant cela. Ce soir (ou jamais !) est un espace de liberté nécessaire.”

    “On les invite comme experts sans les présenter, pour les laisser parler de tout et de n’importe quoi”
    Autre reproche de taille. Caroline Fourest estime que Frédéric Taddeï élève au rang “d’expert” des invités sulfureux, sans préciser leur pedigree. Cet argument ne tient pas. Lorsque l’on revisionne les trois émissions où Alain Soral a été invité, on se rend compte que son passage au Front national est à chaque fois mentionné. Même chose concernant Alain de Benoist qui est présenté comme “le théoricien de la Nouvelle Droite dans les années 70”.

    Spécialiste de l’extrême droite et chercheur associé à l’Iris, Jean-Yves Camus estime que le procès en “contextualisation” est un faux procès :

    “On ne peut pas demander à un présentateur de télévision de dire : ‘Alain de Benoist, théoricien de la Nouvelle Droite, fondateur du Grece, éditorialiste à Eléments sous le pseudonyme de Robert de Herte, etc. Une introduction télévisée, ce n’est pas une fiche de police ou un dictionnaire antifasciste (…) Quand Taddeï présente Soral comme membre du comité central du FN, le téléspectateur sait à qui il a affaire. Préciser qu’il serait antisémite c’est prendre le risque d’un procès pour injure publique.”

    “Le débat du 8 mars a tourné autour du débat sur les chiffres du viol qui n’était pas un peu truqué”

    Pour démontrer que l’émission vire souvent au complot, Caroline Fourest cite celle du 8 mars 2013 dans laquelle un invité aurait remis en question les chiffres officiels sur le viol. L’invité en question est Thierry Lévy, célèbre avocat pénaliste, qui a remis en cause le chiffre de 150 000 viols par an en France donné par la psychiatre Muriel Salmona. Contacté par Les Inrocks, il précise sa pensée :

    “Je n’ai jamais remis en question les chiffres du ministère de l’Intérieur sur le viol, il suffit de revisionner l’émission pour s’en convaincre. J’ai simplement contesté le chiffre donné par Muriel Salmona qui correspond à une extrapolation dix fois supérieure aux chiffres officiels sur le nombre de viols déclarés en France par an.”

    “Rouge-brun de L’Idiot international”

    Au début de sa carrière, Frédéric Taddeï est passé par Maintenant, Actuel ou encore Radio Nova mais Caroline Fourest insiste sur sa participation à L’Idiot international (un journal pamphlétaire français fondé en octobre 1969 et dirigé par le polémiste Jean-Edern Hallier) pour mieux lui accoler le qualificatif de “rouge-brun”.

    Pourtant en parcourant L’Idiot international, une anthologie (Albin Michel) qui raconte l’histoire du journal, la présence de Frédéric Taddeï est pour le moins fugitive. L’animateur de Ce soir (ou jamais !) aurait simplement écrit trois articles sur des livres entre janvier et février 1990 et une critique cinéma en février 1991. Frédéric Taddeï confie d’ailleurs n’avoir jamais assisté à aucun conseil de rédaction et n’avoir jamais été payé pour ses piges. Enfin, avoir écrit à L’Idiot international ne suffit pas à être qualifié de “rouge-brun” sinon Olivier Poivre d’Arvor, Roland Castro, Philippe Sollers, Michel Houellebecq, Frédéric Beigbeder le sont aussi…
    “Le pire c’est que cette recette n’est même pas porteuse, puisque Ce soir (ou jamais !) réalise depuis sept ans des audiences très confidentielles…”

    Pour clôturer son intervention, Caroline Fourest s’en prend aux audiences de l’émission. Mais là aussi, le jugement se révèle légèrement hâtif. La récente émission consacrée à l’affaire Dieudonné n’est pas la seule à avoir dépassé le million de téléspectateurs. A plusieurs reprises dans son histoire, Ce soir (ou jamais !) a atteint cette audience. En 2009, lorsque Caroline Fourest avait été opposée à Tariq Ramadan, Taddeï avait réuni près de 1,2 million de téléspectateurs, soit près de 10 % de parts d’audience.

    “Une émission internet”

    Enfin, on ne peut s’empêcher de relever cette assertion légèrement webophobe de Fourest :

    "Au fond Ce soir (ou jamais !) c’est une émission Internet, au lieu de profiter de la seule case longue qu’offre le service public pour déconstruire les fantasmes reproduits sur n’importe quel forum, eh bien, elle copie ces codes et conforte ce confusionnisme en privant le service public d’un endroit où on pourrait organiser des débats contradictoires tout en veillant à informer sur la désinformation, puisque Frédéric Taddeï refuse de le faire.”

    En déclarant cela, Caroline Fourest donne l’impression que le web se réduit aux rumeurs et au complotisme et offre une lecture pour le moins “confusionniste”.

    Caroline Fourest n’est pas la seule à relayer des contre-vérités sur l’émission. Dans une chronique récente sur Le Plus (Nouvel Observateur), Bruno Roger-Petit a écrit que Frédéric Taddeï a des “chroniqueurs permanents” alors qu’il n’en a aucun. Il affirme également que l’animateur défend “une liberté d’expression totale”, alors que ce dernier a toujours déclaré qu’il était pour la liberté de parole, tant que personne ne tombait sous le coup de la loi.

    Des attaques inévitables

    Les polémiques seraient-elles inhérentes aux émissions de débat ? C’est l’avis de Bernard Pivot qui raconte avoir connu le même type d’attaques lorsqu’il animait Apostrophes :

    “Ça fait partie du commun usage de ce genre d’émission. Il y aura toujours ce type de polémiques.”

    Tandis que le philosophe Régis Debray (invité régulier) estime que ces critiques sont inévitables : “Cette émission est à mes yeux l’honneur de la télévision publique française. La liberté a son prix et le prix à payer, c’est que l’on a les cons contre soi.”

    Papier mis à jour le mercredi 29 janvier 2014 à 17h avec l’ajout du nombre d’invitations pour Marc-Edouard Nabe, Houria Bouteldja et Tariq Ramadan.

    La réponse de Frédéric Taddeï :
    Suite à la publication de cet article, Frédéric Taddeï a été invité par le médiateur de France Culture. Il a répondu aux critiques de Caroline Fourest.

    http://www.lesinrocks.com/2014/01/29/actualite/les-contre-verites-de-caroline-fourest-sur-frederic-taddei-11466469/

  • « Charlie Hebdo », pas raciste ? Si vous le dites…

    http://www.article11.info/?Charlie-Hebdo-pas-raciste-Si-vous

  • 15 novembre 01:48
      • « Il n’y a pas de plus grande force idéologique contre-révolutionnaire que le christianisme sous toutes ses formes, si ce n’est l’islam ! »

    Guy Debord, Correspondance, volume 3, 1965-1968, p. 40.

  • 15 novembre 01:49
      • D’ailleurs, lorsque l’on critique l’islamisme frérosalafiste, ses connivences avec le jihadisme et les textes scripturaires dits « sacrés » qui valident et légitiment ses revendications, certains acteurs bien placés sur l’échiquier associatif et politique, national et européen, crient en une seule voix à l’islamophobie. Farida Tahar en sait quelque chose !
    • Mohamed Louizi
  • 15 novembre 01:49

    Connophobes de tous les pays…

      • IELS commencent à bien me dynamiser le transit avec LEUR débat à la con.

    1. – C’est pourtant simple, je ne suis pas islamophobe, je suis connophobe. Si IELS m’accusent d’islamophobie quand je dénonce une connerie, désolé pour eux, la démonstration est dans LEUR accusation.

    2. – L’islamophobie est un concept forgé par les antilaïques d’Islam et repris par leurs idiots utiles dans l’unique but de délégitimer la laïcité.

    3. – Et ça marche ! Tant médias et militants de toutes obédiences préfèrent les controverses sommaires à la raison, comme s’il fallait obligatoirement choisir un camp, même dans les pseudo-débats pipés.

    4. – Il n’y a pas de débat, il y a une manœuvre.

  • 15 novembre 01:50

    Le fantasme de la conspiration naît, non moins inévitablement, de la compétition et de la lutte. C’est une forme collective de la paranoïa. A défendre son existence et ses valeurs, à combattre des ennemis multiples, on aboutit aisément, lorsque surgissent d’autres contradicteurs et d’autres adversaires, à voir derrière eux un mécanisme maléfique acharné à vous nuire. Assurément, il se trouve des noyaux réels qui tentent d’organiser une lutte contre un individu, un groupement, un ensemble social. Mais ce n’est pas toujours le cas, dans tous les horizons, et surtout le thème du complot permet trop aisément d’oublier les raisons réelles et justifiées qu’on a pu donner à une critique ou à une opposition. On est ainsi entraîné sur une voie narcissique d’adoration de soi-même, de refus total des visions de l’autre sur soi particulièrement maléfique.

    L’idée de la conspiration universelle contre l’Islam a des antécédents dès le Moyen Age. Naturellement toute opposition réelle, toute attaque factuelle la renforcent. Encore plus lorsqu’il s’agit de deux ou plusieurs attaques venant d’horizons différents qui semblent converger.

    Mais les attaques réelles sont insérées dans un système interprétatif qui prend souvent des dimensions fantastiques. Tout système de ce genre a pour effet d’effacer toute trace de responsabilité, de provoquer l’oubli des initiatives de l’attaqué lui-même, qui ont été aussi des attaques ou en tout cas des mouvements (justifiés ou non) de nature à provoquer l’hostilité. La bonne conscience totale résulte de ce mécanisme et c’est une mauvaise conseillère.

    Le fantasme de la conspiration universelle et permanente, puisant ses racines uniquement dans la haine perverse conçue par l’autre contre les siens, a entraîné même des esprits intelligents et informés (et combien plus les autres !) à des conceptions excessives. Toute critique, même minime et partielle, toute relativisation de ce qui ressortit à l’univers islamique leur est devenue insupportable et surtout inspirée par la haine, le mépris, la volonté de nuire. C’est là un phénomène universel qu’on peut relever à propos des groupements et des idéologies les plus divers, en particulier de type ethnico-national. Ceux qu’on a constitués en ennemis des musulmans sont bien loin d’en être indemnes et, là aussi, des exemples impressionnants peuvent être allégués (je l’ai fait ailleurs). Mais ce n’est pas une excuse pour tomber dans le même travers.

    Ainsi toute étude sur l’intégrisme (ou islamisme, etc.) est devenue suspecte à certains. Pourtant tout phénomène doit pouvoir être l’objet d’un examen scientifique. Quand on le fait remarquer, on vous répond en alléguant les défauts (souvent très réels) des études en question (mais nulle étude n’est sans défaut) ou le parti qu’on peut en tirer dans de mauvaises intentions et contre lesquels l’auteur n’a pas suffisamment prévenu. Ce sont là des procédés universels pour décourager toute critique et constituer un tabou envers une collectivité ou une doctrine. Tous ceux qui ont considéré d’un peu près l’univers stalinien ont reconnu des configurations familières. Mais, en vérité, il s’agit de mécanismes dont on peut reconnaître des exemples depuis les plus anciennes attestations de l’existence historique de l’homme et dans les sociétés les plus diverses. Seul varie le degré de systématisation de ces phénomènes.

    Maintenons d’abord qu’aucun tabou n’est admissible, que toute conception et tout groupement doivent pouvoir être étudiés, et cela éventuellement de façon critique. La qualité de victime (réelle ou non) des individus qui incarnent ces idées ou qui adhèrent à ces groupements ne doit pas les mettre à l’abri de l’étude et de la critique. Tout tabou est nocif au plus haut point, à commencer pour ceux qu’il est censé protéger. Il les confirme dans une autosatisfaction qui débouche aisément sur l’arrogance et le mépris des droits des autres. Comment les autres ne s’indigneraient-ils pas aussi de voir les « taboués » protégés des critiques pour des actes strictement analogues à ceux qu’on condamne chez eux ? Et l’indignation a de redoutables conséquences.

    Il importe donc de ne pas céder au chantage permanent qui vise à décourager l’étude et éventuellement la critique de quelque catégorie, de quelque groupement humain que ce soit, quels que soient leurs mérites, leurs malheurs, ou les attaques injustifiées qu’ils subissent. C’est valable pour tout le monde de l’islam comme pour toute autre formation.

    - Maxime Rodinson
    - La fascination de l’islam
    - p. 23-24

  • 15 novembre 01:53

    CNT-AIT : L’islamophobie, une invention du colonialisme français

      • (Cet article est extrait du numéro d’Anarchosyndicalisme !)
    • « Islamophobie », le terme a envahi le discours politique. Sa datation a été l’occasion d’une belle polémique. Observatrice attentive des dynamiques religieuses actuelles, Caroline Fourest avait cru qu’il était apparu fin années 70 / début années 80. En fait, il avait été forgé au tout début du XXe siècle. Cette erreur de datation, les islamobaratineurs n’ont pas manqué d’en faire des gorges chaudes. Fouillant les archives (plusieurs sont universitaires et donc payés pour ça), ils ont en effet fini par découvrir que c’est vers 1910 qu’un certain Alain Quellien avait forgé ce néologisme (1). Ensuite, le terme a été repris vers 1912 par d’autres auteurs, il aurait circulé quelque peu jusqu’au milieu des années 1920, avant semble-t-il, de disparaître totalement de la circulation.
      • Dans les années 1980, quand C. Fourest l’observe, ce n’est donc pas «  d’apparition » qu’elle aurait du parler mais de « réapparition ». Donnons sur ce point toute la raison aux islamobaratineurs et rendons-leur grâce de nous avoir fait découvrir Quellien dont la lecture est bien intéressante : elle montre toute la perversité du concept d’islamophobie.
    • La personnalité même du fondateur du concept d’islamophobie est finalement, bien embarrassante pour ceux qui l’on exhumé. Aussi, le présentent-ils tantôt comme membre d’une sorte d’amicale d’«  administrateurs-ethnologues  » (2) – amusant concept qui sent le bricolage – tantôt comme un « orientaliste français spécialiste de l’islam ouest-africain » (3). « Ah, qu’en termes galants ces choses là sont dites » se serait écrié Molière !
      • Quellien, et on comprend tout de suite ce qui gêne les enfumeurs, était en réalité un cadre supérieur du Ministère des colonies, en lien avec l’officier « qui dirige avec compétence et distinction, le service des informations islamiques au Ministère des colonies » (4). Foin donc « d’administrateur-ethnologue » ou de sympathique « orientaliste », Quellien est un Attaché du ministère des colonies qui fait son travail : conseiller la meilleure stratégie de colonisation possible. C’est bien là tout l’objectif de son ouvrage « La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française » (5).

    - C’est dans cet objectif, qu’après une réflexion bien nourrie et mûrie, il crée le concept « d’islamophobie », une «  islamophobie » que Quellien pourfend avec force dans tout un long chapitre.

    - Qu’un fonctionnaire totalement dévoué à la cause de la colonisation en arrive à créer le terme d’islamophobie dans le but de dénoncer les islamophobes avec beaucoup de vigueur, paraît, à première vue étonnant. En fait, c’est une conséquence logique de sa position raciste et de son soutien à la colonisation.

    • A la base, Quellien fait un constat : le colonisateur ne « tire » pas tout le bénéfice qu’il pourrait de sa colonisation. Par exemple la partie du « Soudan, demeurant aux fétichistes (…) est une riche contrée vouée à l’immobilité, sans commerce, sans industrie, sans culture, sans aucun progrès dans l’avenir ». Chacun perçoit tout de suite la profondeur du drame : le pays est « une riche contrée », mais le colonisateur n’en tire rien ; ses habitants n’ont pas envie de l’exploiter (et de se faire exploiter) au sens capitaliste du terme. Et ils n’ont pas plus envie d’être asservi par un Etat.

    - Or, toujours au Soudan, une partie est islamisée. Quelle différence ! Et Quellien de citer un de ses contemporains : « Le Soudan, accaparé par l’Islam, c’est la discipline et l’organisation de masses d’hommes, jusqu’ici isolés et farouches ;(…) [qui va vers] la formation d’une société, d’un Etat (…) Avec le temps, on arrivera à faire de l’Islam (…) le plus précieux auxiliaire des intérêts français en Afrique » (6).

    - Voici donc, en quelques lignes tout le raisonnement : l’autochtone non islamisé (Quellien et autres « orientalistes » et « administrateurs-ethnologues » ne se gênent pas pour écrire « le nègre », le «  fétichiste » et laisser libre court à leur racisme…) n’obéit pas et est improductif (au goût du maître) ; par contre le «  nègre » islamisé devient obéissant et accepte de travailler davantage.

    La diffusion de l’Islam en Afrique noire sert donc les intérêts du colonisateur français. C’est un « précieux auxiliaire ». S’attaquer à la propagande islamique, être « islamophobe » comme le sont les colonialistes les plus stupides, c’est nuire aux intérêts coloniaux de la France*7.

    Reste à justifier le raisonnement, car tous ses contemporains sont loin d’être convaincus.

      • La première étape est de persuader tout un chacun de « l’infériorité » des noirs. Et là, Quellien, plutôt cauteleux par ailleurs, n’y va pas avec le dos de la cuillère, soit qu’il cite d’autres auteurs, soit qu’il se « lâche » lui-même. Petit florilège :
        « Le noir comprend difficilement les idées abstraites »
        « Son intellectualité [est] très restreinte et son indolence naturelle le [pousse] vers le moindre effort… »
        « … comme l’esprit d’imitation existe à haute dose chez le nègre, celui-ci sera porté tout naturellement à répéter les gestes qu’il a vus et à prononcer les paroles qu’il a entendues, même s’il ne les comprend pas »
        « ... le système de famille chez les nègres n’est pas le patriarcat, comme chez les sémites [dont les arabes], c’est une forme plus animale, le matriarcat,… »
        « Un abîme profond, …, sépare les noirs des chrétiens, dans l’ordre intellectuel, moral, social et religieux », « Cela tient à ce que la race noire est une race inférieure à qui ne peuvent convenir les subtilités complexes de notre civilisation »
    • Bref, d’après l’inventeur du terme «  islamophobie », le « nègre » n’ayant qu’une intellectualité restreinte ne saisirait pas les idées abstraites, tout au plus pourrait-il imiter des gestes et répéter des paroles qu’il ne comprend pas. Son organisation familiale serait même animale.

    - Et, pour ceux qui ne seraient pas, malgré ces « arguments » convaincus, de cette infériorité, voici l’argument massue : le « nègre » serait, nécessairement, cannibale : « … le fétichisme obéit toujours à des pratiques hideuses, il tue souvent et dévore son ennemi vaincu » (8).

    - L’étalage de ces affirmations aussi fausses qu’humiliantes est à proprement parler écœurant. Oui, mais il est indispensable à la construction du concept d’islamophobie.

    - Car c’est cette « infériorité » supposée du « nègre » qui justifie son islamisation, présentée comme une « progrès ». En effet, toujours d’après le pourfendeur de l’islamophobie, le noir malgré ses insuffisances intellectuelles serait tout de même conscient de la supériorité de l’Européen. Il voudrait bien l’imiter, mais il ne peut y parvenir. Par contre «  (…) il a, tout à côté de lui, le musulman dont l’exemple est facile à suivre… » car « La distance qui sépare (…) [le noir] du musulman n’est pas si considérable ». Le noir, avec un petit effort, peut devenir musulman et, alors il « (…) a presque immédiatement conscience de s’être élevé dans la hiérarchie humaine  ». Surtout, et ce n’est pas pour rien que Quellien rappelle qu’Islam veut dire soumission et que sa pratique exige des efforts, le noir islamisé devient un bon petit colonisé : « Au point de vue pratique, il [l’Islam] a l’avantage de constituer des tribus plus facilement gouvernables et administrables que les tribus restées fétichises, à cause … de leur obéissance à l’égard de leurs chefs. ». «  L’action du mahométisme s’est également exercée dans les manifestations économiques et commerciales. La vie commerciale et industrielle s’est développée et à vu naître des industries… ».

    - Bref, comme le note un autre auteur  : « Avec une sécurité plus grande sur les parcours commerciaux, il a provoqué une consommation plus intense, la circulation d’une monnaie fiduciaire et le change. Enfin l’Islam n’a pas été un obstacle au recrutement de nos troupes et de nos marins… (…) Il faut ajouter encore que dans l’ordre économique, à côté de la propriété commune qu’il a laissé subsister, l’élévation sociale s’est manifestée aussi par la constitution d’une propriété individuelle et dans le respect de l’autorité »(9).

    - L’Islam est là, et enfin, le colonisateur respire ! Les tribus deviennent gouvernables, une vie commerciale démarre, la monnaie fiduciaire circule, le change se développe, la propriété collective disparait progressivement au profit de la propriété individuelle, et tout cela sans affecter le recrutement de nos soldats et marins (dont des milliers, une fois convertis à l’Islam, viendront gentiment se faire exterminer dans les tranchées en 14/18). Et tout ça grâce à quoi ? Grâce à l’islamisation de l’Afrique noire. En un mot comme en cent, la colonisation et l’islamisation marchent la main dans la main, chacune tirant bénéfice des progrès de l’autre. C’est la conclusion à laquelle parvient, après sa longue étude, Quellien. C’est pourquoi, a contrario, il comprend qu’un des obstacles qui peuvent bloquer les « progrès » de la colonisation, c’est… la critique de l’Islam. C’est pour lutter contre cette possibilité d’entraver la colonisation que Quellien crée le terme « islamophobie » (10) et c’est pourquoi aussi il pourfend cette « islamophobie » dans tout un long chapitre.

    - Cependant, s’il accorde une « valeur » à l’Islam (celle de constituer un palier bien utile entre « le nègre » et l’Européen et de faciliter ainsi grandement la colonisation), Quellien affiche un certain mépris pour cette religion dont le « … dogme est simple, [qui] manque d’originalité et de sacerdoce… [qui] traite de la vie matérielle et des occupations sensuelles chères aux noirs, dont il flatte les instincts. L’islam est en harmonie avec les idées du milieu, car il tolère l’esclavage et admet la polygamie et la croyance aux génies et aux amulettes… ». Bien plus, le créateur du concept d’islamophobie affirme qu’« Il importe avant tout de réprimer, immédiatement et énergiquement, toutes les tentatives de soulèvement qui revêtent un caractère plus ou moins religieux » des islamistes. Des positions qui, aujourd’hui, le feraient taxer « d’islamophobe » !

    - Le concept « d’islamophobie » est donc, depuis son invention, un concept pervers. Il a été inventé pour servir les intérêts du colonialisme français. Aujourd’hui il sert les intérêts du capitalisme international. Sûrement aurons-nous l’occasion de revenir sur ce dernier point…

    NOTES

    _1.- Ainsi, Wikipédia écrit : « En fait, le terme « islamophobie » était apparu en 1910 dans l’ouvrage d’Alain Quellien La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française ». Les autres ouvrages cités sont plus tardifs d’une paire d’année.

    _2.- Ainsi, dans l’article «  Islamophobie : une invention française  »
    (mai 2012) de Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, le terme « administrateurs-ethnologues » est utilisé plusieurs fois. C’est seulement dans une note de bas de page que les véritables fonctions de Quellien sont indiquées. L’article, s’il souligne que c’est un français qui a inventé le terme se garde bien de dénoncer le racisme de ses écrits et sa volonté colonialiste affirmée.

    _3.- http://www.humanite.fr/que-recouvre...

    _4.- Termes des remerciements que Quellien lui adresse dans son ouvrage.

    _5.- Facilement consultable en fac-similé sur le site de la bibliothèque Gallica. Toutes les citations de l’ouvrage sont extraites de cette édition.

    _6.- Edouard Viard. Au Bas-Niger. Q. trouve cette opinion trop tranchée.

    _7.- Plus prudent en cela que les politiciens actuels – car s’étant donné la peine de bien étudier le sujet – Quellien est plus réservé sur les conséquences, à terme, de cette islamisation.

    _8.- E.-L. Bonnefon. L’Afrique politique en 1900.

    _9.- Qu’il définit très clairement comme un : « préjugé contre l’Islam  », définition actuelle.

  • 15 novembre 01:54
      • Le propre d’un concept vrai, c’est son unité, et celui d’islamophobie n’en a pas :

    il rassemble la critique légitime, la détestation stupide et la peur de l’islam en les mettant sur le même plan que la haine des individus de confession ou de culture musulmane, faisant croire que l’on peut subsumer tout ça sous un seul mot.

    Derrière toute escroquerie, il y a une stratégie.

    Ici, empêcher le questionnement. Et si l’on se souvient que ce sont les mollahs iraniens qui en usèrent contre les femmes rebelles au voile, puis contre Salman Rushdie, on verra que, non seulement on a affaire à un discours infalsifiable, mais encore à un mot taché de sang.

    Il y a aussi la stratégie de ceux qui se sentent une dette vis-à-vis d’un autre essentialisé et infantilisé. L’islam a pourtant aussi colonisé et asservi, bien avant la naissance de l’islamisme en tant que tel. Et, à l’heure où l’on fait supplicier les homosexuels et crucifier des enfants en son nom, ses victimes demandent autre chose que la charité d’un colloque sur l’islamophobie.

    Ces musulmans qui critiquent l’islam et dénoncent l’islamisme doivent se sentir bien seuls en voyant qu’au lieu d’appuyer leur lutte, on se lie avec les Frères musulmans : parce que de nombreux catholiques espagnols étaient pauvres, les combattants des Brigades internationales devaient-ils s’entendre avec les prêtres franquistes ? Si je récuse la validité de ce concept, c’est aussi parce que son invention trahit la lutte plus que jamais nécessaire contre le racisme.

  • 15 novembre 01:55

    une citation de Salman Rushdie

    (dans Joseph Anton. Une autobiographie, Plon, 2012, chap. 6) :

      • « Un nouveau mot a été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l’islamophobie.  »
  • 15 novembre 02:01
      • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique. A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.
        En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical. Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages. La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains. La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

    Jordi Vidal -Résistance au chaos-2002

  • 15 novembre 12:27

    Vidal c’est comme Bourseiller et Coleman mais en pire.

  • 15 novembre 13:23

    Connophobes de tous les pays…

      • IELS commencent à bien me dynamiser le transit avec LEUR débat à la con.

    1. – C’est pourtant simple, je ne suis pas islamophobe, je suis connophobe. Si IELS m’accusent d’islamophobie quand je dénonce une connerie, désolé pour eux, la démonstration est dans LEUR accusation.

    2. – L’islamophobie est un concept forgé par les antilaïques d’Islam et repris par leurs idiots utiles dans l’unique but de délégitimer la laïcité.

    3. – Et ça marche ! Tant médias et militants de toutes obédiences préfèrent les controverses sommaires à la raison, comme s’il fallait obligatoirement choisir un camp, même dans les pseudo-débats pipés.

    4. – Il n’y a pas de débat, il y a une manœuvre.

  • 15 novembre 13:24
      • « Un nouveau mot a été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l’islamophobie. »
    • (dans Joseph Anton. Une autobiographie, Plon, 2012, chap. 6) :
      une citation de

      Salman Rushdie

  • 15 novembre 14:04

    Le journaliste Fabrice Nicolino a demandé à prendre la plume, et son article est bien plus long que prévu. Gravement blessé lors de l’attaque meurtrière des frères Kouachi contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, ce pilier de l’hebdomadaire satirique a réclamé deux pleines pages pour dresser, dans le numéro du mercredi 15 novembre, le portrait du patron du site Mediapart, Edwy Plenel.

      • Il surplombe une fresque illustrant la longue marche professionnelle et militante de l’intéressé, suite de pelotons d’exécution, de ruines (l’immeuble du Monde) et d’assemblées serviles, adoratrices de Staline ou de Che Guevara. Juste à côté, l’éditorial au vitriol de Riss, le patron de Charlie, accuse gravement ce même Plenel de les avoir « condamnés à mort une deuxième fois ».

    Il y a quelques années, les querelles idéologiques que se livrent la bande d’anars de l’hebdomadaire et les fidèles d’Edwy Plenel seraient restées confinées aux franges de la gauche et n’auraient sans doute pas connu tel écho.

    La mort de Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, Honoré, Bernard Maris, Elsa Cayat et du correcteur Mustapha Ourrad, ainsi que de Frédéric Boisseau, Michel Renaud et des policiers Franck Brinsolara et Ahmed Merabet, voici bientôt trois ans, a tout changé.

    Depuis ce mercredi fatal où deux terroristes islamistes, les frères Kouachi, ont surgi dans ses locaux, Charlie appartient désormais au patrimoine national ; chaque combat mené par ou contre lui devient un peu celui des Français.

      • Le dernier a commencé le 8 novembre, lorsque l’hebdomadaire a monté en « une » sa caricature d’Edwy Plenel, longue moustache s’étirant pour couvrir bouche, yeux et oreilles et le rendre sourd, muet et aveugle. Au milieu, cette légende : « Affaire Ramadan, Mediapart révèle : “on ne savait pas” », allusion limpide aux accusations de viols touchant le prédicateur musulman.

    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2017/11/15/entre-charlie-et-mediapart-l-histoire-d-une-haine_5214942_3236.html

  • Le MAIS qui tue

    Si on veut connaître les limites de l’« esprit critique » chez la CNT-AIT, il suffit de se reporter à leurs écrits. Ce qu’ils pensent des anti-islamophobes est en parfaite adéquation avec ce qu’ils pensaient déjà de ceux qui n’étaient pas Charlie, avec la même hargne et le même sectarisme autoritaire.

    Ce n’est pas une fiction mais une triste réalité ! Il faut vraiment les lire :

    AYONS LE CULTE DE L’ESPRIT CRITIQUE/ LE « MAIS » QUI TUE
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article735&artpage=2-2

    « Il y a une façon de « soutenir » qui est surtout une façon sournoise « d’enfoncer ». C’est le fameux « mais » (« Je ne suis pas raciste, mais…). Pour faire court, ici, c’est quelque chose comme : « Nous condamnons le crime contre Charlie, MAIS – suit ici la liste des récriminations : leurs caricatures étaient choquantes, ils étaient islamophobes, voire fascistes… », autrement dit, « Ils l’ont bien cherché ») [5].

    Ce « Mais » est un mais qui tue. Car, peu ou prou, il justifie les assassins. Or, nous avons vu fleurir ce « mais », pleutre et jésuitique, dans des milieux ultradicaux, « … de nombreux anti-impérialistes, antisionistes, anarchistes ou gauchistes [ont renvoyé] dos à dos, après quelques précautions d’usage hypocrites (« nous sommes horrifiés », etc.), les assassins et les victimes de « Charlie Hebdo » [6].

    Le NPA nous en offre un bon exemple.?Tout en déplorant « les circonstances les plus tragiques et abominables » il souligne que Charlie Hebdo aurait été « un hebdomadaire peu fréquentable pour les antiracistes » [7].

    « Le summum de l’ignominie, parmi les individus médiatiques, a sans doute été atteint par Norman Finkelstein dont les posts traduits en français [8] mettent en parallèle la couverture de « Charlie Hebdo » ( «  ?Le Coran, c’est de la merde, ça n’arrête pas les balles »), avec une autre couverture imaginée par un salopard, représentant Charb s’exclamant « Charlie, c’est de la merde, ça n’arrête pas les balles ». A un niveau plus confidentiel mais tout aussi nocif, la liste a-infos a diffusé le texte d’un anarchiste (José Antonio Gutierrez D.) qui reprend exactement le même raisonnement ignoble. »*2.

    D’autres se réfugient dans un silence pesant, comme s’il ne s’était rien passé (Pau, Gap… pas un mot, au 31 janvier sur leur site). « Quant à la Coordination des groupes anarchistes [CGA], elle a diffusé un communiqué dans lequel elle proclame : « Nous n’oublions pas le rôle qu’a tenu Charlie Hebdo dans la diffusion des discours racistes, sexistes et islamophobes ces quinze dernières années. Mais rien ne justifie de tels crimes et nous sommes solidaires des familles et proches des victimes. » Donc, si l’on suit bien ce raisonnement fumeux et tortueux, après nous avoir expliqué qu’ils étaient contre « tous les fascismes », religieux, nationalistes, etc., contre les partisans du choc des civilisations, contre toute récupération politicienne, ces libertaires mettent les journalistes de « Charlie Hebdo » dans le même sac que les fascistes, rejoignant ainsi le camp de ceux qui expliquent « Quelque part, ils ne l’ont pas volé. »

    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article735

    Ça ne vous rappelle rien ?

    Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale : « Même là où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. Et nous avons tous entendu les "Oui je soutiens Charlie, MAIS", les "deux poids, deux mesures", les "pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ?" Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école, qui est chargée de transmettre des valeurs. »

    Nathalie Saint-Cricq, qui dirige le service politique sur France 2 déclare : « Il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie. »

    Manuel Valls, à propos de la moindre discussion sur l’islamisme : « Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser »

    Avec un tel mimétisme dans les propos au sujet de la liberté d’expression, on peut raisonnablement être plus que sceptiques sur les capacités de la CNT-AIT à avoir un débat honnête sur l’islamophobie.

  • 15 novembre 19:45

    Que la CNT-AIT se soit spécialisée dans la lutte contre les anti-islamophobes, les antisionistes, les anticolonialistes et pour la « pensée Charlie »… explique qu’elle soit devenue une petite secte coupée des autres composantes du mouvement libertaire, et accumulant même scissions sur scissions.

    Ça ne la dispense pourtant pas, quand elle prétend présenter une « analyse » libertaire, de tenir compte de l’avis des autres, c’est ce qui différencie en principe les libertaires des staliniens.

    Or, faire une analyse de l’islamophobie entièrement à décharge, en la faisant passer pour une vertu « laïque » en accord avec l’anarchisme mais en occultant totalement ce que des anarchistes ont dit sur le sujet, c’est tout simplement une malhonnêteté intellectuelle digne du jésuitisme et de la langue de bois.

    Ceux qui ont signé l’appel (voir la liste ci-dessous) sont-ils des « escrocs intellectuels », à la différence de l’immaculée CNT-AIT ?

    http://www.bboykonsian.com/Libertaires-et-sans-concessions-contre-l-islamophobie-_a2635.html

  • L’islamophobie, une « invention du colonialisme », une « escroquerie intellectuelle », une « invention des mollahs iraniens », un « concept pervers », un « concept bien fumeux »… : les islamophobes ne savent plus où donner de la tête pour justifier leur racisme. On connaissait depuis longtemps les islamophobes de droite, dont l’islamophobie est en accord avec leurs principes, les Finkielkraut, Houellebecq, Zemmour, Fourest, Val…

    On a droit maintenant aux islamophobes de « gauche », certains même prétendument « libertaires », qui essaient d’aller plus loin pour ne pas rester sur le bord du chemin dans la course au politiquement correct de la pensée dominante où se sont engouffrés les Coleman, Guillon ou CNT-AIT, entre autres, s’échangeant aimablement leurs diatribes. Dans la surenchère, on n’arrive plus à distinguer l’extrême droite de l’« extrême gauche », tellement leurs arguments sont semblables et interchangeables.

    Leur maître à penser, Yves Coleman, n’a pas publié moins de trente « articles » pour justifier l’islamophobie, voire s’en revendiquer, suivi par un groupe d’admirateurs en quête de reconnaissance. Venant de sa part, rien ne peut nous étonner, puisqu’il a aussi bien écrit contre le BDS, contre l’antisionisme, pour la défense d’Israël, de la LICRA, du CRIF… et même de BHL ! Mais que des « libertaires » en aient fait leur idole montre l’état de déliquescence du mouvement.

    Et ce n’est pas par manque d’information, c’est bien par CHOIX POLITIQUE que ces personnes ont choisi l’islamophobie comme thème principal et presque unique de militantisme. Voilà ce que donne chez leurs émules, de quoi désespérer de certains libertaires tombés dans le racisme et le beaufisme les plus populistes :

    Protestation devant les libertaires d’hier sur leur capitulation devant la pensée dominante et l’union sacrée
    https://nantes.indymedia.org/articles/31214

    De telles déclarations racistes par des « libertaires » sont faites pour éloigner du mouvement libertaire bon nombre de militants sincèrement antiracistes. C’est pour ça que les libertaires antiracistes (on n’aurait jamais pensé être obligés d’employer un tel pléonasme) ont réagi par des déclarations que nos ayatollahs de la pureté idéologique ont superbement ignorées, préférant répéter les mêmes banalités de base et les mêmes calomnies au nom de « l’anarchie », dont ils donnent une triste image d’intransigeance et de sectarisme autoritaire.

    Pas d’islamophobie au nom des idées libertaires !
    https://quartierslibres.wordpress.com/2014/07/25/pas-dislamophobie-au-nom-des-idees-libertaires/

  • Halim Mahmoudi est dessinateur de presse franco-algérien. Depuis plus de quinze ans, il travaille pour la presse française et étrangère. C’est ainsi qu’il a rencontré l’équipe de Charlie Hebdo et noué des liens avec eux, notamment avec le dessinateur Tignous, décédé lors des attentats de Charlie Hebdo. Après ce mois de commémoration des attentats de janvier 2015, il a voulu s’exprimer et dévoiler son regard, critique, sur la notion de caricatures et mettre en lumière une autre voix du métier qui peine à se faire entendre.

    Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre travail de dessinateur de presse ?

    Je collabore ponctuellement avec des journaux différents. Je n’ai pas de journal de prédilection, même si je travaille très régulièrement avec le Psykopat ( mensuel BD d’humour) et les éditions du groupe La Rumeur. Car ces rencontres sont précieuses et rares, la liberté d’expression y est réelle, et aussi respectueuse que respectée. Malheureusement, ailleurs, dans la plupart des journaux, la liberté d’expression est enrayée par des considérations qui n’ont rien à voir avec le journalisme. La peur de perdre des lecteurs, un espace publicitaire ou celle des procès. C’est ici que la médiocrité, le nivellement par le bas et la censure se nichent.

    Quand on réalise un dessin, peu importe le journal, on fait d’abord des propositions. C’est ensuite les rédacteurs en chef qui décident quel dessin sera publié, en fonction des considérations citées plus haut. Au détriment de l’humour et de l’intelligence car, en général, le dessin choisi est mou, voire carrément nul. Le dessinateur de presse le sait, et il s’autocensure en fonction. Un dessinateur qui ne s’autocensure pas respectera, de toute façon, naturellement, toutes les sensibilités. Il sera guidé par sa part d’humanité et son bon sens. Il invitera à rire avec lui, il gardera en tête qu’il fait de l’humour. Mais l’existence des règles, la précarité du milieu, le carriérisme et la muselière juridique ont créé une impasse. On n’exprime plus que des clichés, des choses préalablement mâchées et admises comme vérités. Plus le temps de réfléchir, ni dans un article ni en dessin. Il faut produire, plaire, survivre, vendre. D’où le règne des évidences, des conclusions hâtives, et outrances décomplexées bâties sur du vide. Aucune "révélation", aucune injustice n’est suivie par des faits, le journalisme n’a plus de pouvoir car la police cadre le périmètre et la justice verrouille. L’actualité a remplacé l’information dans un perpétuel zapping. On passe sans arrêt à autre chose. Ça a déresponsabilisé les médias en les déculpabilisant. Cet angle mort est un "aléa moral" qui est apparu quand des actionnaires ont pu s’offrir des journaux... L’actualité n’est pas de l’information, c’est de la publicité, de la propagande. Et le dessin de presse n’a pas échappé au rouleau compresseur...

    Depuis 2005, le moindre dessin dans un journal est appelé une caricature. En dépit de toute analyse graphique de base. Alors que si on ne fait pas dans la caricature, il y a une bonne raison. La caricature est mauvaise ! Mais aucun dessinateur de presse n’a trouvé étrange, et tous se sont laissés mettre une laisse de "caricaturiste" sans broncher. Nous avons servi la soupe aux mêmes incultes en col blanc qui auparavant ne s’étaient jamais gênés pour entraver notre liberté d’expression. Autant à l’étranger on peut tout aborder à condition de n’insulter personne, autant en France, on peut insulter qui on veut, mais on ne doit pas tout aborder. Par exemple, il sera plus facile de blasphémer une religion que les symboles de la République, ou encore rire d’une tuerie en Égypte oui...mais pas des attentats de Charlie Hebdo... Sous prétexte que Charlie Hebdo n’a fait que 7 couvertures sur l’Islam (sans compter les BD) et 13 sur l’Église, cela prouverait que Charlie n’est pas islamophobe. Ce raisonnement comptable est de la mauvaise foi à l’état pur ! C’est comme faire le décompte des blagues racistes de Marine Le Pen. Si elle en faisait plus sur les juifs que les arabes, ça voudrait dire qu’elle est antisémite, mais surtout pas raciste ?

    C’est ça l’obscurantisme, le vrai. Celui qui détourne l’attention pour éviter la moindre analyse d’image sérieuse, avec des arguments et des faits. C’est à la portée de n’importe qui. Sauf qu’en un an, personne n’a réalisé d’étude visuelle des caricatures. Tout ce à quoi nous avons eu droit, c’est un étalage d’ignorance totale convoquant des vagues principes fondamentaux et complètement contradictoires. Après les erreurs, les mensonges, il fallait sauvegarder les apparences...

    Comment en tant que dessinateur de presse, vous êtes-vous positionné sur le fameux “je suis Charlie” ?

    Suite aux attentats de janvier, j’étais tétanisé par le choc, le refus d’y croire… Je connaissais les dessinateurs, et la douleur m’a submergé d’autant plus fort (particulièrement Tignous que j’avais revu 6 mois auparavant. On avait envie de faire quelque chose ensemble sur le TAFTA - Grand Marché Transatlantique). J’ai perdu des amis, des êtres humains, et non pas un journal. Et encore moins un état d’esprit que de toute façon je ne partageais pas.

    Hors de question pour moi d’être Charlie ! Être Charlie ne veut strictement rien dire, ce n’est pas un trait d’identité... Ne pas être Charlie voudrait dire qu’on est contre la liberté d’expression, ou que l’on cautionne la barbarie. Pas de juste milieu. Aucune réflexion n’est autorisée, le totalitarisme prévaut. Le but était d’étouffer la liberté de penser par la liberté d’expression. Et ça a réussi. On est allé jusqu’à condamner des gens comme Tariq Ramadan de dire "je suis Charlie mais..." ou "oui pour la liberté d’expression mais...". Pourtant, ce n’est pas l’esprit critique qui est interdit, car des gens comme Emmanuel Todd ont pu librement critiquer Charlie. Ce qui est vraiment interdit, c’est d’être porteur d’une autre culture, une autre origine. Nous (les autres) apparaissons comme un danger pour leurs démocraties (les discriminations, les lois d’exceptions en sont la traduction concrète). Ces questions raciales ont toujours agité toutes les sphères d’un État qui n’a eu de cesse de ramener nos revendications d’égalité et de dignité à de simples questions identitaires. L’attitude post-coloniale raciste par excellence !

    Moi, comme tout arabe ou noir en France, le moindre attentat m’a fait craindre que ce ne soit encore un des "nôtres" qui ait mal agi au nom de la religion. Il nous fait craindre d’être encore (et toujours) pris pour cible. Et ça finit toujours par arriver ! Mon dessin (ci-dessus) était ironique : Il disait que dans mon cas, ça allait être compliqué, voire impossible que je me joigne à la population française. Je disais "non" sans le dire ! Ce n’est même pas le luxe d’un positionnement de ma part, c’est de la salubrité morale. On est juste pas du même monde. Je n’ai pas découvert les gardes à vues entre 2007( grâce à Sarkozy qui avait généralisé la bévue aux classes supérieures), ni les violences policières en 2014 avec Rémy Fraisse. Leur conception de la liberté d’expression et de la satire, je m’en tape sérieusement !

    Ils se permettent le luxe de questionner notre aptitude à l’humour, au second degré et à la liberté. Mais s’ils combattent tant l’obscurantisme c’est parce qu’ils le sont. L’obscurantisme est le reflet de leur ignorance. Le dialogue est inexistant. Ils lancent des petites balles dans notre direction, et on se fatigue à leur répondre, à se justifier dans le vide (intégration, laïcité, port du voile, le Hallal, déchéance de la nationalité, assignation à résidence...). Ils font des lignes de démarcation entre nous (insérés ou clandestins ? intégrés ou racailles ? modérés ou fondamentalistes ? laïcs ou barbares ?!). Est-ce que nous les traitons de cette façon, nous ? Non, le problème est là. Et je pense que nous avons tort... L’expérience de Stanford menée aux États-Unis dans les années 70 a démontré les effets pervers de l’autorité et de l’obéissance en présence d’une idéologie légitimée (sociale ou culturelle). L’expérience a révélé que ceux qui subissaient l’autorité, les "sujets" se constituaient prisonniers. Le rôle qu’on leur attribue les dépasse et conditionne leur comportement. Ils deviennent "fragiles et perturbés". Quant à l’autorité, elle surjoue son rôle, se sentant renforcée, elle abuse de son pouvoir encore et encore.... jusqu’à écraser le sujet. L’autorité totalitaire que nous subissons en France aujourd’hui relève de cela. De la même violence. Elle ne comprendra que le rapport de force ! Comme après les émeutes de 2005 qui ont forcé le gouvernement à débloquer le gel des subventions allouées aux associations de quartiers. C’est l’État qui doit être notre sujet, pas l’inverse. Donc non, ce n’est pas compliqué, je ne suis pas Charlie, parce que je n’ai pas le "gueule de l’emploi" voilà tout.. […]

    http://contre-attaques.org/magazine/article/halim-mahmoudi

  • Juste après les attentats de janvier, vous avez été très sollicité et vous expliquez que des demandes de dessins vous ont été censurés notamment dans le cadre d’une exposition collective sur la "liberté d’expression", pouvez-vous nous raconter cet épisode ?

    C’était juste après les attentats, il y a un an. Je recevais plein de demandes et d’invitations à dessiner en faveur de Charlie, de la défendre la liberté d’expression et tout ça. Là j’aurai pu être publié partout, avec un crayon qui pleure, ou qui se fâchent tout rouge. Mais j’ai décliné, d’abord parce que j’étais encore en deuil, il s’était à peine passé quelques jours... Je ne sais pas comment les autres faisaient mais moi, je n’avais pas la tête à cela. Avoir perdu quelques amis m’a dévasté le coeur ! Ensuite voir le racisme se propager, dans les actes islamophobes, les journaux, les mots, les abus et bavures sécuritaires m’ont blessé davantage encore. Nombreux de mes collègues dessinateurs de presse perdirent la tête dans une espèce d’hystérie guerrière contre l’obscurantisme. Ils réclamaient le droit de blasphémer comme si blasphémer c’était remettre en question quoique ce soit. En confondant un dessin satirique avec une caricature. Ils voulaient la liberté d’expression totale et non négociable, et seulement à partir du moment où des confères étaient morts pour des dessins.... Comme si avant ce drame, c’était la fête au village !

    C’est dans ce contexte là que j’intéressais les médias. Un dessinateur de presse satirique français de culture musulmane qui chante la marseillaise, ça serait idéal. Sauf que les journaux veulent entendre le dessinateur, mais pas l’arabe. Mes réponses à leurs interviews furent censurées, parce que je retournais cette sale histoire des caricatures comme une crêpe. Et donc pas de publication au motif que ça pourrait "poser problème".

    L’exposition collective sur la liberté d’expression s’intitulait "Faut rigoler". Elle était en hommage à Wolinsky dessinateur de Charlie Hebdo. C’était lors du "Maghreb des Livres" qui eu lieu à la Mairie de Paris début Février 2015. J’avais envie de faire des dessins alternatifs, offrir une voix différente, habituellement réduite au silence. Comme la mienne ou celles de nombreuses personnes arabes, noires et/ou musulmanes qui allaient venir au Maghreb des Livres. J’avais envie qu’ils voient d’autres dessins, une autre conception de la liberté d’expression, vécue de l’intérieur. Les erreurs et les mensonges de Charlie Hebdo. Je voulais leur "parler", dire quelque chose de positif sur nous qui étions isolés, pris en otages par le traitement post-charlie. Deux petites heures après que j’ai accroché mes dessins au milieu de ceux des autres, ils ont tous été retirés. Entre temps, Anne Hidalgo était venue dire bonjour avec ses sbires. On m’a dit que des gens s’étaient offusqués de mes dessins. Pourtant moi j’en avais vu qui riaient et prenaient même des photos. Alors je ne comprenais pas... Mais tant pis, je n’ai pas insisté.

    Quelques journaux et revues communautaires ont eu vent de l’affaire, et me signifiaient qu’ils voulaient me soutenir. Qu’il ne fallait pas que l’on se laisse écraser de la sorte par la chape de plomb qui s’était abattue sur nos communautés. Mais un seul dessin à été publié dans un seul de ces journaux. Avec une petite annotation pour expliquer ou justifier je ne sais quoi.. Les autres ont fait comme on le fait d’habitude, raser les murs. Ils étaient peut-être tenus par des subventions, des publicitaires, ou l’envie de ne pas faire de vagues, je ne sais pas. Tout ce silence m’a fait encore plus mal. Nous sommes beaucoup plus que divisés, complètement isolés les uns des autres. Il n’y a pas pire censure au monde que la nôtre propre !

    Vous contestez l’idée de liberté d’expression qui est brandie lorsque l’on parle des caricatures en évoquant la citation d’Henri Gustave Jossot (fondateur de l’Assiette au beurre, magazine hebdomadaire humoristique et satirique illustré français fondé le 4 avril 1901), "la caricature est un exutoire de la haine". Et vous allez plus loin en faisant le parallèle entre les caricatures haineuses à l’encontre des juifs des années 30 et celles d’aujourd’hui à l’encontre des musulmans. Pourquoi ?

    Exactement ! C’est même plus qu’un simple parallèle. Il s’agit de la même chose, la même peur qui fabrique la même logique de haine. L’obscurantisme occidental se réclame de la raison, comme le disait Pierre Bourdieu. L’islamophobie vise moins la religion que les cibles "étrangères" habituelles avec les mêmes clichés racistes. Tout ce qui est culturellement visible, différent, étranger, et non blanc est dangereux, c’est de la propagande, rien d’autre. Les caricatures de l’ "Infâme Juif" du début du XXe siècle participaient du même délire collectif guerrier au nom des intérêts industriels. Cette époque était en crise comme aujourd’hui. Les médias mordaient la poussière ou mettaient la clé sous la porte. Henri Jossot, lui, est parti vivre en Tunisie en voyant le désastre de ses concitoyens qui allaient faire la guerre pour des industriels. Il s’est même converti à l’islam ! Mais cela personne ne le dit aujourd’hui, que l’un des plus grands dessinateurs satiriques français a eu cette vie, et cette indépendance là. Tout semble concourir pour que le monde arabe ne soit pas reconnu comme une grande civilisation, mais plutôt comme un ennemi trouble et ambigu. […]

    http://contre-attaques.org/magazine/article/halim-mahmoudi

  • Juste après les attentats de janvier, vous avez été très sollicité et vous expliquez que des demandes de dessins vous ont été censurés notamment dans le cadre d’une exposition collective sur la "liberté d’expression", pouvez-vous nous raconter cet épisode ?

    C’était juste après les attentats, il y a un an. Je recevais plein de demandes et d’invitations à dessiner en faveur de Charlie, de la défendre la liberté d’expression et tout ça. Là j’aurai pu être publié partout, avec un crayon qui pleure, ou qui se fâchent tout rouge. Mais j’ai décliné, d’abord parce que j’étais encore en deuil, il s’était à peine passé quelques jours... Je ne sais pas comment les autres faisaient mais moi, je n’avais pas la tête à cela. Avoir perdu quelques amis m’a dévasté le coeur ! Ensuite voir le racisme se propager, dans les actes islamophobes, les journaux, les mots, les abus et bavures sécuritaires m’ont blessé davantage encore. Nombreux de mes collègues dessinateurs de presse perdirent la tête dans une espèce d’hystérie guerrière contre l’obscurantisme. Ils réclamaient le droit de blasphémer comme si blasphémer c’était remettre en question quoique ce soit. En confondant un dessin satirique avec une caricature. Ils voulaient la liberté d’expression totale et non négociable, et seulement à partir du moment où des confères étaient morts pour des dessins.... Comme si avant ce drame, c’était la fête au village !

    C’est dans ce contexte là que j’intéressais les médias. Un dessinateur de presse satirique français de culture musulmane qui chante la marseillaise, ça serait idéal. Sauf que les journaux veulent entendre le dessinateur, mais pas l’arabe. Mes réponses à leurs interviews furent censurées, parce que je retournais cette sale histoire des caricatures comme une crêpe. Et donc pas de publication au motif que ça pourrait "poser problème".

    L’exposition collective sur la liberté d’expression s’intitulait "Faut rigoler". Elle était en hommage à Wolinsky dessinateur de Charlie Hebdo. C’était lors du "Maghreb des Livres" qui eu lieu à la Mairie de Paris début Février 2015. J’avais envie de faire des dessins alternatifs, offrir une voix différente, habituellement réduite au silence. Comme la mienne ou celles de nombreuses personnes arabes, noires et/ou musulmanes qui allaient venir au Maghreb des Livres. J’avais envie qu’ils voient d’autres dessins, une autre conception de la liberté d’expression, vécue de l’intérieur. Les erreurs et les mensonges de Charlie Hebdo. Je voulais leur "parler", dire quelque chose de positif sur nous qui étions isolés, pris en otages par le traitement post-charlie. Deux petites heures après que j’ai accroché mes dessins au milieu de ceux des autres, ils ont tous été retirés. Entre temps, Anne Hidalgo était venue dire bonjour avec ses sbires. On m’a dit que des gens s’étaient offusqués de mes dessins. Pourtant moi j’en avais vu qui riaient et prenaient même des photos. Alors je ne comprenais pas... Mais tant pis, je n’ai pas insisté.

    Quelques journaux et revues communautaires ont eu vent de l’affaire, et me signifiaient qu’ils voulaient me soutenir. Qu’il ne fallait pas que l’on se laisse écraser de la sorte par la chape de plomb qui s’était abattue sur nos communautés. Mais un seul dessin à été publié dans un seul de ces journaux. Avec une petite annotation pour expliquer ou justifier je ne sais quoi.. Les autres ont fait comme on le fait d’habitude, raser les murs. Ils étaient peut-être tenus par des subventions, des publicitaires, ou l’envie de ne pas faire de vagues, je ne sais pas. Tout ce silence m’a fait encore plus mal. Nous sommes beaucoup plus que divisés, complètement isolés les uns des autres. Il n’y a pas pire censure au monde que la nôtre propre !

    Vous contestez l’idée de liberté d’expression qui est brandie lorsque l’on parle des caricatures en évoquant la citation d’Henri Gustave Jossot (fondateur de l’Assiette au beurre, magazine hebdomadaire humoristique et satirique illustré français fondé le 4 avril 1901), "la caricature est un exutoire de la haine". Et vous allez plus loin en faisant le parallèle entre les caricatures haineuses à l’encontre des juifs des années 30 et celles d’aujourd’hui à l’encontre des musulmans. Pourquoi ?

    Exactement ! C’est même plus qu’un simple parallèle. Il s’agit de la même chose, la même peur qui fabrique la même logique de haine. L’obscurantisme occidental se réclame de la raison, comme le disait Pierre Bourdieu. L’islamophobie vise moins la religion que les cibles "étrangères" habituelles avec les mêmes clichés racistes. Tout ce qui est culturellement visible, différent, étranger, et non blanc est dangereux, c’est de la propagande, rien d’autre. Les caricatures de l’ "Infâme Juif" du début du XXe siècle participaient du même délire collectif guerrier au nom des intérêts industriels. Cette époque était en crise comme aujourd’hui. Les médias mordaient la poussière ou mettaient la clé sous la porte. Henri Jossot, lui, est parti vivre en Tunisie en voyant le désastre de ses concitoyens qui allaient faire la guerre pour des industriels. Il s’est même converti à l’islam ! Mais cela personne ne le dit aujourd’hui, que l’un des plus grands dessinateurs satiriques français a eu cette vie, et cette indépendance là. Tout semble concourir pour que le monde arabe ne soit pas reconnu comme une grande civilisation, mais plutôt comme un ennemi trouble et ambigu. […]

    http://contre-attaques.org/magazine/article/halim-mahmoudi

  • Les caricatures anti-juives d’avant-guerre sont les mêmes si on les regarde bien. Ce sont des portraits grossiers insultants, soulignant une menace, un danger par l’entremise de traits physiques exagérés qui aujourd’hui sont devenus des traits de contours psychologiques dangereux. La liasse de billet remplace le faciès avare des juifs. La bombe ou le couteau illustre la menace fantasmé que représente le monde arabe aux yeux de l’Occident. Les caricatures illustrent moins les gens qui sont représentés que la vision qu’en ont ceux qui dessinent, et observent. La caricature traduit surtout le racisme. C’est pourquoi elles sont les mêmes aujourd’hui, qu’en 1930. Particulièrement celles du Jylland Posten. L’Occident a défendu des caricatures qui graphiquement sont identiques à celles des nazis et antisémites, une charge portraiturée, sans titre, sans dialogue ni mise en scène, aucune volonté de faire rire ou réfléchir. Rien n’est plus explicite et directe qu’une caricature. C’est une attaque, rien d’autre ! Absolument rien d’autre que la violence d’une peur exprimée par des sentiments racistes. On déshumanise complètement non pas un seul individu, mais toute une communauté d’appartenance, d’origine, ou de croyance. C’est de l’appel à la haine raciale. Elle n’appelle que la violence de masse, la vindicte populaire, la condamnation en place publique. L’abominable déshumanisation de l’autre. Quand on déshumanise quelqu’un, comme les juifs avant ou les musulmans aujourd’hui, on prépare les pires passages à l’acte, les violences de masse les plus meurtrières.

    Est-il nécessaire de rappeler que les caricatures juives d’avant guerre sont interdites grâce à la Shoah ? Que la moindre caricature qui indigénise un africain est jugée raciste seulement grâce à l’esclavage ? Que la caricature est donc bel et bien le dessein du pire des racismes, et que malheureusement seul un drame absolu peut l’ "invalider" ? C’est tout cela la caricature en regard de l’histoire, si nous la regardons en face. Et si nous ne confondons pas dessin d’humour avec caricature.

    Au plus fort du procès de Charlie Hebdo, un autre dessinateur, ancien collaborateur de Charlie a été condamné pour avoir caricaturé un flic avec un groin de cochon. On peut donc caricaturer un prophète mais pas un flic... Et la raison est simple parce que la caricature est dangereuse. L’État l’a bien compris. La loi condamne le blasphème des symboles nationaux ! La haine du drapeau, la haine de la République est condamnable...mais pas la haine des religions. C’est dangereux, car on stigmatise une population pour une appartenance (culturelle, ethnique, religieuse..) et on la montre comme cible à éliminer, à abattre. On fabrique le même consentement qui a convaincu l’opinion publique de l’infériorité des indigènes africains, ou de l’extermination des juifs comme salubrité nécessaire

    Aujourd’hui comment êtes-vous perçu dans la profession ?

    Je ne sais pas si je suis réellement ou pas du tout isolé. Ni comment je suis exactement perçu par mes pairs. Et le mieux est de ne point s’en préoccuper, j’y perdrais mon énergie, et ma santé. Comme le dit l’adage "Il vaut mieux être détesté pour ce que l’on est, qu’être aimé pour ce que l’on n’est pas".... N’importe qui serait d’accord avec cela.

    La perception, les relations ne sont jamais exprimées clairement. Sinon, elles passeraient pour ce qu’elles sont réellement, de l’intolérance et de l’étroitesse d’esprit. Quand cela arrive, vous êtes juste gentiment poussé vers la sortie, ou la marge (silence des journaux et festivals de dessin de presse). Peu importe que je puisse avoir connu Charlie Hebdo, et avoir été ami avec Tignous, ce n’est pas cela qui est pris en compte. Les attentats ont, bien entendu, cristallisé les passions mais même avant, c’était déjà comme ça. Il vous suffisait de faire des dessins un peu trop dérangeants et vous n’étiez simplement pas invité à publier dans tel journal. Ainsi, un dessin qui critique les militants trouvera plus facilement sa place dans Les Échos, ou Le Figaro, que dans un journal comme Libération ou Politis. Le pire, ce sont des dessins qui se moquent de la cabbale contre Dieudonné, de l’unité nationale, de l’esprit Charlie ou tout ce qui va à contre courant de la pensée dominante. Les dessins les plus satiriques en France font dans les lieux communs comme le racisme, le sexisme, le patronat ou les dérives politiques. La liberté d’expression est délimitée.

    Le dessin de presse est un milieu très particulier, comme tous les métiers d’arts. Les individus ont des "carrières" à gérer, ce qui explique l’absence, ou la faible solidarité dans ces milieux-là. Ceux qui réussissent à percer, referment la porte derrière eux, et pérennisent leur carrière ad-nauséum. Le dessin de presse n’échappe pas à la règle. Les journaux publient des noms, des signatures connues. Les dessinateurs font des OPA individuels, ainsi Cabu salarié à Charlie, l’était aussi au Canard Enchaîné et dans d’autres journaux. Plantu est le dessinateur du Monde, de L’Express et la fête continue... Ils verrouillent les entrées. Ils sortent des livres, exposent partout, vendent des originaux.

    Ce qui explique qu’aujourd’hui, ce sont ces gens-là qui ont la parole. On les écoute en boucle, sur le métier de dessinateur de presse et la liberté d’expression. A répéter ce qu’on leur a demandé de dire, que le métier est devenu un petit peu dangereux, qu’un dessin c’est pas bien méchant, et que la liberté d’expression, elle, est belle.

    J’étais allé voir Charlie Hebdo après l’incendie de leurs locaux. Tout le monde était absent ce jour-là, il n’y avait qu’une femme dont je ne me rappelle pas le nom. J’avais apporté des dessins satiriques qui remettaient clairement leurs conceptions de la caricature et de la liberté d’expression en cause. Je voulais leur apporter un point de vue différent, une ouverture, une issue. Cette femme a regardé les dessins et s’est mise en colère, elle ne comprenait pas ma démarche, m’a dit que je n’avais qu’à apporter ces dessins au Figaro. Même en lui expliquant, elle restait campée sur ses positions. Hors de question de remettre en cause la ligne de Charlie, surtout pas dans le journal. Elle haussa le ton avec ses grands gestes, son impatience. Mes dessins avaient fait mouche. Plus tard, j’en ai discuté avec Charb qui avait pris le temps d’écouter, et de comprendre mon point de vue. Il admit même que mon avis sur les caricatures était pertinent. Mais pour lui, la liberté d’expression était tout ce qui importait. À chaque argument, il opposait le risque de recul sur les libertés. Il n’y avait rien à faire... et surtout pas de terrain d’entente. Sinon, ça reviendrait à donner raison à ceux qui avaient tort. Mais dans ce cas là, qui avait tort ?

    Propos recueillis par l’équipe de Contre-attaque(s)

    http://contre-attaques.org/magazine/article/halim-mahmoudi

  • 15 novembre 21:05

    contre attaques . org = est le site du stalinien pro-islamiste A . Gresh

  • 15 novembre 21:06

    Le journaliste Fabrice Nicolino a demandé à prendre la plume, et son article est bien plus long que prévu. Gravement blessé lors de l’attaque meurtrière des frères Kouachi contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, ce pilier de l’hebdomadaire satirique a réclamé deux pleines pages pour dresser, dans le numéro du mercredi 15 novembre, le portrait du patron du site Mediapart, Edwy Plenel.

      • Il surplombe une fresque illustrant la longue marche professionnelle et militante de l’intéressé, suite de pelotons d’exécution, de ruines (l’immeuble du Monde) et d’assemblées serviles, adoratrices de Staline ou de Che Guevara. Juste à côté, l’éditorial au vitriol de Riss, le patron de Charlie, accuse gravement ce même Plenel de les avoir « condamnés à mort une deuxième fois ».

    Il y a quelques années, les querelles idéologiques que se livrent la bande d’anars de l’hebdomadaire et les fidèles d’Edwy Plenel seraient restées confinées aux franges de la gauche et n’auraient sans doute pas connu tel écho.

      • La mort de Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, Honoré, Bernard Maris, Elsa Cayat et du correcteur Mustapha Ourrad, ainsi que de Frédéric Boisseau, Michel Renaud et des policiers Franck Brinsolara et Ahmed Merabet, voici bientôt trois ans, a tout changé.

    Depuis ce mercredi fatal où deux terroristes islamistes, les frères Kouachi, ont surgi dans ses locaux, Charlie appartient désormais au patrimoine national ; chaque combat mené par ou contre lui devient un peu celui des Français.

      • Le dernier a commencé le 8 novembre, lorsque l’hebdomadaire a monté en « une » sa caricature d’Edwy Plenel, longue moustache s’étirant pour couvrir bouche, yeux et oreilles et le rendre sourd, muet et aveugle. Au milieu, cette légende : « Affaire Ramadan, Mediapart révèle : “on ne savait pas” », allusion limpide aux accusations de viols touchant le prédicateur musulman.

    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2017/11/15/entre-charlie-et-mediapart-l-histoire-d-une-haine_5214942_3236.html

  • 16 novembre 01:37

    Il fut pourtant un temps, pas si lointain, où Charlie et Mediapart s’entendaient bien. En 2008, Caroline Fourest faisait son apparition sur le site, lors d’Etats généraux de la presse,

    « au temps où les deux médias défendaient les mêmes valeurs »

    , se souvient l’essayiste. En septembre 2012, le magistrat Jean-Yves Monfort, spécialiste reconnu du droit de la presse, assiste à un colloque organisé au Havre pour le quarantième anniversaire de la loi Pleven contre le racisme. Avec lui, la chroniqueuse de France Inter Sophia Aram et Fabrice Arfi ainsi que Charb, celui que les frères Kouachi voulaient tuer en priorité. Le retour s’était fait à quatre.

    « Je garde un merveilleux souvenir de ce voyage où le train s’arrêtait à toutes les stations, comme les diligences de Maupassant, raconte Monfort. Nous venions tous les quatre d’horizons différents, mais en refaisant le monde, on réalisait qu’on partageait pas mal de vues. »

    Sur les murs des locaux de Mediapart, des dessins joliment encadrés de Charb et de Tignous, deux des victimes de l’attentat de 2015, attestent aussi de la bonne entente passée. Sur l’un d’eux, un type, seul chez lui, devant son ordinateur. Sa femme passe une tête : « Tu fais quoi chéri ? » « Euh… je m’informe sur Mediapart. » Sur un autre, un Nicolas Sarkozy discourant doctement de « la France qui se lève tôt ». Une figure commode, Sarkozy, un bouc émissaire idéal pour tenir les morceaux de deux gauches déjà en bisbille : l’une (Charlie) tenante d’une laïcité ultra-stricte, l’autre (Mediapart) allant jusqu’à parler de « racisme d’Etat » en France. Le temps d’un quinquennat, le schisme qui menace la gauche est mis sous le boisseau.

    « Tout a pourtant commencé il y a dix ans, après le meurtre d’Ilan Halimi »

    , analyse le sociologue Philippe Corcuff, un ancien de Charlie, quoiqu’il tienne maintenant un blog sur Mediapart.

    « Lors des attentats contre la rue Copernic – quatre morts devant une synagogue parisienne en 1980 –, la gauche entière avait défilé, poursuit-il. Après ce meurtre, la Ligue communiste révolutionnaire a choisi de ne pas manifester ; c’était le premier coup de boutoir porté à l’antiracisme légendaire. Rien non plus dans la gauche radicale après le massacre de Mohamed Merah dans une école juive de Toulouse.

    On assiste depuis à une guerre sourde entre anti-islamophobie et antisémitisme, comme s’il y avait concurrence, Cette bagarre atomique entre Mediapart et Charlie en est aussi le reflet déformé. »

    conclut l’universitaire.

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