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La fachosphère islamophobe gagne du terrain : halte aux promoteurs de haine !
posté le 14/11/17 Mots-clés  antifa  Peuples indigènes  répression / contrôle social 

Nous assistons ces dernières semaines à une offensive sans précédent visant celles et ceux qui défendent les droits, le respect et la dignité de leurs concitoyens musulmans. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. Il s’agit d’une nouvelle vague d’islamophobie qui prend prétexte des accusations de viol portées contre Tariq Ramadan, détournées au plus grand mépris des plaignantes pour attaquer celles et ceux qui préfèrent faire émerger du commun et s’opposer au climat de fascisme qui vient.

C’est ainsi que sont violemment interpellés Edwy Plenel, Edgar Morin et Pascal Boniface, sans parler de la véritable chasse aux sorcières qui vise le PIR et sa porte-parole Houria Bouteldja tout en s’en prenant à la députée de la France Insoumise Danièle Obono. Cette fois-ci encore plus qu’à l’accoutumée, la fachosphère peut compter sur le zèle d’une pseudo-gauche identitaro-laïcarde menée par un Manuel Valls en quête d’existence politique et la mobilisation sans faille de la presse du grand patronat. Que leurs cibles soient d’ailleurs de farouches opposant-e-s au détricotage du droit du travail et à la constitutionnalisation de l’état d’urgence ne relève certainement pas du hasard. Autant faire d’une pierre deux coups.

Deux déclarations attirent particulièrement notre attention, par ce qu’elles ajoutent d’ignoble et de mortifère à cette dérive. Celle tout d’abord de Michel Onfray : « Concrètement, [les collabos d’aujourd’hui] sont les islamo-gauchistes qu’on trouve ici ou là au NPA, dans la France Insoumise, dans l’aile gauche du PS, au PCF, ou à EELV. Il y en a également dans l’aile gauche des Républicains - chez les juppéistes par exemple. [1] » qui vient ajouter de l’huile sur le feu de l’offensive tout en faisant parler de lui à peu de frais. En assimilant les « islamo-gauchistes » à des « collabos », il fait de l’islam le nouveau nazisme et de ses fidèles des nazis. Avec l’assurance d’un nanti se sachant en pleine conformité avec l’esprit de son temps, Michel Onfray rejoint avec enthousiasme la chasse aux sorcières que livre une certaine classe politico-médiatique contre celles et ceux qu’elle accuse de complaisance avec leur vision fantasmée de l’islam radical ou « l’islamosphère » (sic).

Et celle, plus récente, de Karl Lagerfeld : « On ne peut pas, même s’il y a des décennies entre, tuer des millions de Juifs pour faire venir des millions de leurs pires ennemis après », a-t-il déclaré. « Je connais quelqu’un en Allemagne qui a pris un jeune Syrien, qui parlait un peu anglais. Au bout de quatre jours, vous savez ce qu’il a dit à la dame ? "La meilleure invention de l’Allemagne, c’est l’Holocauste." Il était dans la rue la minute qui suit, je vous le dis tout de suite [2]. » Et là c’est l’inconscient qui parle. Ce que nous dit Lagerfeld dans sa première phrase, c’est que l’Europe ne s’est pas débarrassée de tous ses Juifs pour les remplacer par des Arabes ou des Musulmans. La seconde rachète le crime nazi sur le dos des migrants musulmans, désignés comme les « pires » ennemis des Juifs. Ce que contient potentiellement cette déclaration, c’est à la fois la possibilité d’un autre génocide – cette fois contre les nouveaux « intrus » - et l’idée que le grand remplacement serait celui des Juifs par les Musulmans. Et la « solution » est connue.

Certes Lagerfeld n’a pas la stature d’« intellectuel » de Onfray, mais ce qu’il exprime participe du même air du temps irrespirable. Et il le dit au moment même où 60 000 néonazis, avec des représentants de toute l’extrême droite européenne et américaine, défilent tranquillement dans Varsovie aux cris de « Pologne pure ! » et « Pologne Blanche ! » Juifs et Musulmans ne peuvent que frémir devant l’avenir que ces déclarations et campagnes médiatiques dessinent pour une Europe qui cherche à construire son unité autour du racisme. La bonne nouvelle, c’est que comme les suprémacistes blancs aux Etats-Unis ont réussi par leur racisme tous azimuts à créer les conditions du rapprochement des communautés juives et afro-américaines. Juifs et Musulmans français feraient bien, eux aussi, de saisir leur intérêt commun face à la résurgence des extrêmes-droites européennes.

En ces temps de brouillage idéologique et de recomposition politique, nous nous devons de faire preuve de la plus grande clarté : l’UJFP sera toujours du côté de celles et ceux qui exigent l’égalité, la justice sociale et le respect des libertés civiles, au côté de nos concitoyens stigmatisés au nom de leur appartenance religieuse réelle ou supposée, ou de leur couleur.

Le Bureau national de l’UJFP le 14-11-2017


posté le 14 novembre 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • 15 novembre 01:44

    C’est plus que risible, c’est honteux !

  • CNT-AIT : L’islamophobie, une invention du colonialisme français

    (Cet article est extrait du dernier numéro d’Anarchosyndicalisme !)

    « Islamophobie », le terme a envahi le discours politique. Sa datation a été l’occasion d’une belle polémique. Observatrice attentive des dynamiques religieuses actuelles, Caroline Fourest avait cru qu’il était apparu fin années 70 / début années 80. En fait, il avait été forgé au tout début du XXe siècle. Cette erreur de datation, les islamobaratineurs n’ont pas manqué d’en faire des gorges chaudes. Fouillant les archives (plusieurs sont universitaires et donc payés pour ça), ils ont en effet fini par découvrir que c’est vers 1910 qu’un certain Alain Quellien avait forgé ce néologisme (1). Ensuite, le terme a été repris vers 1912 par d’autres auteurs, il aurait circulé quelque peu jusqu’au milieu des années 1920, avant semble-t-il, de disparaître totalement de la circulation.

    Dans les années 1980, quand C. Fourest l’observe, ce n’est donc pas «  d’apparition » qu’elle aurait du parler mais de « réapparition ». Donnons sur ce point toute la raison aux islamobaratineurs et rendons-leur grâce de nous avoir fait découvrir Quellien dont la lecture est bien intéressante : elle montre toute la perversité du concept d’islamophobie.

    La personnalité même du fondateur du concept d’islamophobie est finalement, bien embarrassante pour ceux qui l’on exhumé. Aussi, le présentent-ils tantôt comme membre d’une sorte d’amicale d’«  administrateurs-ethnologues  » (2) – amusant concept qui sent le bricolage – tantôt comme un « orientaliste français spécialiste de l’islam ouest-africain » (3). « Ah, qu’en termes galants ces choses là sont dites » se serait écrié Molière !

    Quellien, et on comprend tout de suite ce qui gêne les enfumeurs, était en réalité un cadre supérieur du Ministère des colonies, en lien avec l’officier « qui dirige avec compétence et distinction, le service des informations islamiques au Ministère des colonies » (4). Foin donc « d’administrateur-ethnologue » ou de sympathique « orientaliste », Quellien est un Attaché du ministère des colonies qui fait son travail : conseiller la meilleure stratégie de colonisation possible. C’est bien là tout l’objectif de son ouvrage « La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française » (5).

    C’est dans cet objectif, qu’après une réflexion bien nourrie et mûrie, il crée le concept « d’islamophobie », une «  islamophobie » que Quellien pourfend avec force dans tout un long chapitre.

    Qu’un fonctionnaire totalement dévoué à la cause de la colonisation en arrive à créer le terme d’islamophobie dans le but de dénoncer les islamophobes avec beaucoup de vigueur, paraît, à première vue étonnant. En fait, c’est une conséquence logique de sa position raciste et de son soutien à la colonisation.

    A la base, Quellien fait un constat : le colonisateur ne « tire » pas tout le bénéfice qu’il pourrait de sa colonisation. Par exemple la partie du « Soudan, demeurant aux fétichistes (…) est une riche contrée vouée à l’immobilité, sans commerce, sans industrie, sans culture, sans aucun progrès dans l’avenir ». Chacun perçoit tout de suite la profondeur du drame : le pays est « une riche contrée », mais le colonisateur n’en tire rien ; ses habitants n’ont pas envie de l’exploiter (et de se faire exploiter) au sens capitaliste du terme. Et ils n’ont pas plus envie d’être asservi par un Etat.

    Or, toujours au Soudan, une partie est islamisée. Quelle différence ! Et Quellien de citer un de ses contemporains : « Le Soudan, accaparé par l’Islam, c’est la discipline et l’organisation de masses d’hommes, jusqu’ici isolés et farouches ;(…) [qui va vers] la formation d’une société, d’un Etat (…) Avec le temps, on arrivera à faire de l’Islam (…) le plus précieux auxiliaire des intérêts français en Afrique » (6).

    Voici donc, en quelques lignes tout le raisonnement : l’autochtone non islamisé (Quellien et autres « orientalistes » et « administrateurs-ethnologues » ne se gênent pas pour écrire « le nègre », le «  fétichiste » et laisser libre court à leur racisme…) n’obéit pas et est improductif (au goût du maître) ; par contre le «  nègre » islamisé devient obéissant et accepte de travailler davantage.

    La diffusion de l’Islam en Afrique noire sert donc les intérêts du colonisateur français. C’est un « précieux auxiliaire ». S’attaquer à la propagande islamique, être « islamophobe » comme le sont les colonialistes les plus stupides, c’est nuire aux intérêts coloniaux de la France*7.

    Reste à justifier le raisonnement, car tous ses contemporains sont loin d’être convaincus.

    La première étape est de persuader tout un chacun de « l’infériorité » des noirs. Et là, Quellien, plutôt cauteleux par ailleurs, n’y va pas avec le dos de la cuillère, soit qu’il cite d’autres auteurs, soit qu’il se « lâche » lui-même. Petit florilège :
    « Le noir comprend difficilement les idées abstraites »
    « Son intellectualité [est] très restreinte et son indolence naturelle le [pousse] vers le moindre effort… »
    « … comme l’esprit d’imitation existe à haute dose chez le nègre, celui-ci sera porté tout naturellement à répéter les gestes qu’il a vus et à prononcer les paroles qu’il a entendues, même s’il ne les comprend pas »
    « ... le système de famille chez les nègres n’est pas le patriarcat, comme chez les sémites [dont les arabes], c’est une forme plus animale, le matriarcat,… »
    « Un abîme profond, …, sépare les noirs des chrétiens, dans l’ordre intellectuel, moral, social et religieux », « Cela tient à ce que la race noire est une race inférieure à qui ne peuvent convenir les subtilités complexes de notre civilisation »

    Bref, d’après l’inventeur du terme «  islamophobie », le « nègre » n’ayant qu’une intellectualité restreinte ne saisirait pas les idées abstraites, tout au plus pourrait-il imiter des gestes et répéter des paroles qu’il ne comprend pas. Son organisation familiale serait même animale.

    Et, pour ceux qui ne seraient pas, malgré ces « arguments » convaincus, de cette infériorité, voici l’argument massue : le « nègre » serait, nécessairement, cannibale : « … le fétichisme obéit toujours à des pratiques hideuses, il tue souvent et dévore son ennemi vaincu » (8).

    L’étalage de ces affirmations aussi fausses qu’humiliantes est à proprement parler écœurant. Oui, mais il est indispensable à la construction du concept d’islamophobie.

    Car c’est cette « infériorité » supposée du « nègre » qui justifie son islamisation, présentée comme une « progrès ». En effet, toujours d’après le pourfendeur de l’islamophobie, le noir malgré ses insuffisances intellectuelles serait tout de même conscient de la supériorité de l’Européen. Il voudrait bien l’imiter, mais il ne peut y parvenir. Par contre «  (…) il a, tout à côté de lui, le musulman dont l’exemple est facile à suivre… » car « La distance qui sépare (…) [le noir] du musulman n’est pas si considérable ». Le noir, avec un petit effort, peut devenir musulman et, alors il « (…) a presque immédiatement conscience de s’être élevé dans la hiérarchie humaine  ». Surtout, et ce n’est pas pour rien que Quellien rappelle qu’Islam veut dire soumission et que sa pratique exige des efforts, le noir islamisé devient un bon petit colonisé : « Au point de vue pratique, il [l’Islam] a l’avantage de constituer des tribus plus facilement gouvernables et administrables que les tribus restées fétichises, à cause … de leur obéissance à l’égard de leurs chefs. ». «  L’action du mahométisme s’est également exercée dans les manifestations économiques et commerciales. La vie commerciale et industrielle s’est développée et à vu naître des industries… ».

    Bref, comme le note un autre auteur  : « Avec une sécurité plus grande sur les parcours commerciaux, il a provoqué une consommation plus intense, la circulation d’une monnaie fiduciaire et le change. Enfin l’Islam n’a pas été un obstacle au recrutement de nos troupes et de nos marins… (…) Il faut ajouter encore que dans l’ordre économique, à côté de la propriété commune qu’il a laissé subsister, l’élévation sociale s’est manifestée aussi par la constitution d’une propriété individuelle et dans le respect de l’autorité »(9).

    L’Islam est là, et enfin, le colonisateur respire ! Les tribus deviennent gouvernables, une vie commerciale démarre, la monnaie fiduciaire circule, le change se développe, la propriété collective disparait progressivement au profit de la propriété individuelle, et tout cela sans affecter le recrutement de nos soldats et marins (dont des milliers, une fois convertis à l’Islam, viendront gentiment se faire exterminer dans les tranchées en 14/18). Et tout ça grâce à quoi ? Grâce à l’islamisation de l’Afrique noire. En un mot comme en cent, la colonisation et l’islamisation marchent la main dans la main, chacune tirant bénéfice des progrès de l’autre. C’est la conclusion à laquelle parvient, après sa longue étude, Quellien. C’est pourquoi, a contrario, il comprend qu’un des obstacles qui peuvent bloquer les « progrès » de la colonisation, c’est… la critique de l’Islam. C’est pour lutter contre cette possibilité d’entraver la colonisation que Quellien crée le terme « islamophobie » (10) et c’est pourquoi aussi il pourfend cette « islamophobie » dans tout un long chapitre.

    Cependant, s’il accorde une « valeur » à l’Islam (celle de constituer un palier bien utile entre « le nègre » et l’Européen et de faciliter ainsi grandement la colonisation), Quellien affiche un certain mépris pour cette religion dont le « … dogme est simple, [qui] manque d’originalité et de sacerdoce… [qui] traite de la vie matérielle et des occupations sensuelles chères aux noirs, dont il flatte les instincts. L’islam est en harmonie avec les idées du milieu, car il tolère l’esclavage et admet la polygamie et la croyance aux génies et aux amulettes… ». Bien plus, le créateur du concept d’islamophobie affirme qu’« Il importe avant tout de réprimer, immédiatement et énergiquement, toutes les tentatives de soulèvement qui revêtent un caractère plus ou moins religieux » des islamistes. Des positions qui, aujourd’hui, le feraient taxer « d’islamophobe » !

    Le concept « d’islamophobie » est donc, depuis son invention, un concept pervers. Il a été inventé pour servir les intérêts du colonialisme français. Aujourd’hui il sert les intérêts du capitalisme international. Sûrement aurons-nous l’occasion de revenir sur ce dernier point…

    NOTES

    _1.- Ainsi, Wikipédia écrit : « En fait, le terme « islamophobie » était apparu en 1910 dans l’ouvrage d’Alain Quellien La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française ». Les autres ouvrages cités sont plus tardifs d’une paire d’année.

    _2.- Ainsi, dans l’article «  Islamophobie : une invention française  »
    (mai 2012) de Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, le terme « administrateurs-ethnologues » est utilisé plusieurs fois. C’est seulement dans une note de bas de page que les véritables fonctions de Quellien sont indiquées. L’article, s’il souligne que c’est un français qui a inventé le terme se garde bien de dénoncer le racisme de ses écrits et sa volonté colonialiste affirmée.

    _3.- http://www.humanite.fr/que-recouvre...

    _4.- Termes des remerciements que Quellien lui adresse dans son ouvrage.

    _5.- Facilement consultable en fac-similé sur le site de la bibliothèque Gallica. Toutes les citations de l’ouvrage sont extraites de cette édition.

    _6.- Edouard Viard. Au Bas-Niger. Q. trouve cette opinion trop tranchée.

    _7.- Plus prudent en cela que les politiciens actuels – car s’étant donné la peine de bien étudier le sujet – Quellien est plus réservé sur les conséquences, à terme, de cette islamisation.

    _8.- E.-L. Bonnefon. L’Afrique politique en 1900.

    _9.- Qu’il définit très clairement comme un : « préjugé contre l’Islam  », définition actuelle.

  • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique.

    A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.

    En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical.

    Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages.

    La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains.

    La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

      • Jordi Vidal -Résistance au chaos-2002
  • Jordi Vidal = faussaire.
    CNT-AIT = bolchos.

  • 15 novembre 11:07

    Caroline Fourest balance enfin son "porc"...enfin le "porc" de ses confidentes. La parole est vraiment libérée.

    Ce lundi 30 octobre 2017, sur les ondes de RTL, Yves Calvi a cru devoir inviter sa consoeur Caroline Fourest afin d’éclairer au mieux ses auditeurs sur le personnage Tariq Ramadan, lequel est accusé de viol par deux femmes dont une certaine Henda Ayari.

    Qu’a t- on appris ?

    Hé bien, que Caroline Fourest savait depuis 2009 !….. Elle l’a dit ce matin sur RTL, elle l’a écrit dans un papier à Marianne, elle l’a réécrit sur son blog, où d’ailleurs on peut lire : « Juste avant mon duel annoncé face à lui sur France 3, des victimes ont commencé à me contacter. Je les ai rencontrées. Elles m’ont montré des photos explicites et raconté des horreurs, impossible à révéler sans preuves et sans plaintes. »

    Notre féministe a retrouvé sa langue.

    Des « victimes » ont donc contacté Caroline Fourest. Ne reste plus à la police que d’arrêter et de coffrer cet énième musulman. A quoi bon encore juger Tariq Ramadan….Caroline Fourest savait !

    Qu’attendaient ces « victimes » de Caroline Fourest ? Son courage ou son silence ? Fallait-il juste informer la petite Caroline, et attendre sagement le « bon moment » ?

    La journaliste a vu des « photos explicites », elle a entendu des « horreurs » et elle s’est quand même tenue à carreaux. Comment peut-on supporter dans le silence de tels soupçons « d’horreur » en s’affichant chaque matin avec l’étiquette féministe ?

    Si elle, en bonne féministe de son état, ex amoureuse de la « courageuse » Inna Shevchenko, femen emprisonnée, torturée puis libérée dans la forêt, n’a pu dire ce qu’elle savait , alors à quoi bon le féminisme-là ?

    Huit ans de silence, et ça ose crier maintenant sur tous les toits : je le savais depuis 2009…..Et Yves Calvi qui trouve qu’il y a de quoi inviter cette dame, un matin d’automne, pour parler d’une « personnalité » dont elle ne sait absolument rien. Son livre sur les frères musulmans n’est pas une confession intimiste de Tariq ramadan. Elle ne peut donc rien dire sur sa personnalité avec une légitimité qui forcerait le respect.

    Raisons d’un silence

    Caroline Fourest s’est gentiment cloué le bec pendant huit ans au sujet de ces viols. La bonne dame explique qu’il ne suffit pas de savoir pour dire. Et même, qu’elle a essayé d’alerter de toutes ses forces sur la dangerosité de Tariq Ramadan : voilà ce qu’on appelle jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Effectivement, personne ne peut dire que ces deux-là pouvaient se blairer. Tariq avait même aggravé son cas lorsqu’il avait copieusement ridiculisé Caroline Fourest dans un débat sur le plateau de Taddéi.

    Inviter donc Caroline Fourest pour parler de Tariq Ramadan relève donc, ni plus ni moins, de l’obscène. Qu’Yves Calvi ait également cherché à inviter Tariq Ramadan relève, pour sa part, de l’hypocrisie. Au nom de quoi Monsieur Ramadan va-t-il venir s’expliquer des allégations de la féministe Fourest ? Si affaire il y a, elle concerne Tariq Ramadan, ses accusatrices, et les avocats des deux parties. Que vient faire Caroline Fourest dans cette histoire ? Pourquoi l’exhumer du tombeau dans lequel l’avait jeté Ramadan ?

    Amalgame de Caroline Fourest

    Ce qu’on a appris dans cette interview, se résume en quelques points farfelus :

    - Tariq Ramadan hait les femmes

    - Une haine qui correspond à sa vision de la société

    - Son comportement est en phase avec ses idées

    - Pour comprendre son comportement, il faut connaître ses idées

    En gros, ce que la petite Caroline peine à dire convenablement, c’est que sa violence envers les femmes trouve ses origines dans l’Islam.

    Tariq Ramadan peut être coupable ou non, et, on n’a pas besoin d’aller chercher quelques raisons dans sa prétendue vision de la société. Car DSK, Weinstein, et consort ne sont guère musulmans, ils ne partagent pas la même vision de la société que T.Ramadan, et pourtant, DSK, Weinstein sont de redoutables prédateurs sexuels. La violence faite aux femmes n’est pas fonction de la religion. A moins que, la Caroline nous apprenne également que les viols de monsieur Tariq sont plus graves que les viols d’un autre individu. Rappelons au passage à cette Fourest, que le seigneur Cantat a tué sa femme sans réciter la moindre sourate. Pourquoi ne cherche t-on pas dans son acte une quelconque vision de la société ?

    Caroline Fourest aurait du rester dans son silence. Elle l’a su avant tout le monde…elle a fermé sa bouche. Maintenant, que tout le monde semble savoir, qu’elle ne se la ramène pas avec ses grandes théories, ses grandes explications, ses grandes évidences… Qu’elle persiste dans son mutisme. Ce n’est pas aujourd’hui que les preuves tomberont ! L’objectif est, du reste atteint : pur revenge porn.

    Et ma théorie, dans tout ça, est que Caroline Fourest fantasme sur Tariq Ramadan dans un plan à 3.

    https://blogs.mediapart.fr/charles-tsimi/blog/301017/lindigne-caroline-fourest

  • Tariq Ramadan avant pendant après, par Edgar Morin

    Le philosophe et sociologue Edgar Morin s’exprime pour la première fois sur l’affaire Tariq Ramadan. Pour avoir publié deux livres de discussion intellectuelle avec ce dernier, il fait l’objet d’une campagne de calomnie visant son refus de toute diabolisation de la religion musulmane.

    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/071117/tariq-ramadan-avant-pendant-apres-par-edgar-morin

  • CNT-AIT : L’islamophobie, une invention du colonialisme français

    (Cet article est extrait de numéro d’Anarchosyndicalisme !)

    « Islamophobie », le terme a envahi le discours politique. Sa datation a été l’occasion d’une belle polémique. Observatrice attentive des dynamiques religieuses actuelles, Caroline Fourest avait cru qu’il était apparu fin années 70 / début années 80. En fait, il avait été forgé au tout début du XXe siècle. Cette erreur de datation, les islamobaratineurs n’ont pas manqué d’en faire des gorges chaudes. Fouillant les archives (plusieurs sont universitaires et donc payés pour ça), ils ont en effet fini par découvrir que c’est vers 1910 qu’un certain Alain Quellien avait forgé ce néologisme (1). Ensuite, le terme a été repris vers 1912 par d’autres auteurs, il aurait circulé quelque peu jusqu’au milieu des années 1920, avant semble-t-il, de disparaître totalement de la circulation.

    Dans les années 1980, quand C. Fourest l’observe, ce n’est donc pas «  d’apparition » qu’elle aurait du parler mais de « réapparition ». Donnons sur ce point toute la raison aux islamobaratineurs et rendons-leur grâce de nous avoir fait découvrir Quellien dont la lecture est bien intéressante : elle montre toute la perversité du concept d’islamophobie.

    La personnalité même du fondateur du concept d’islamophobie est finalement, bien embarrassante pour ceux qui l’on exhumé. Aussi, le présentent-ils tantôt comme membre d’une sorte d’amicale d’«  administrateurs-ethnologues  » (2) – amusant concept qui sent le bricolage – tantôt comme un « orientaliste français spécialiste de l’islam ouest-africain » (3). « Ah, qu’en termes galants ces choses là sont dites » se serait écrié Molière !

    Quellien, et on comprend tout de suite ce qui gêne les enfumeurs, était en réalité un cadre supérieur du Ministère des colonies, en lien avec l’officier « qui dirige avec compétence et distinction, le service des informations islamiques au Ministère des colonies » (4). Foin donc « d’administrateur-ethnologue » ou de sympathique « orientaliste », Quellien est un Attaché du ministère des colonies qui fait son travail : conseiller la meilleure stratégie de colonisation possible. C’est bien là tout l’objectif de son ouvrage « La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française » (5).

    C’est dans cet objectif, qu’après une réflexion bien nourrie et mûrie, il crée le concept « d’islamophobie », une «  islamophobie » que Quellien pourfend avec force dans tout un long chapitre.

    Qu’un fonctionnaire totalement dévoué à la cause de la colonisation en arrive à créer le terme d’islamophobie dans le but de dénoncer les islamophobes avec beaucoup de vigueur, paraît, à première vue étonnant. En fait, c’est une conséquence logique de sa position raciste et de son soutien à la colonisation.

    A la base, Quellien fait un constat : le colonisateur ne « tire » pas tout le bénéfice qu’il pourrait de sa colonisation. Par exemple la partie du « Soudan, demeurant aux fétichistes (…) est une riche contrée vouée à l’immobilité, sans commerce, sans industrie, sans culture, sans aucun progrès dans l’avenir ». Chacun perçoit tout de suite la profondeur du drame : le pays est « une riche contrée », mais le colonisateur n’en tire rien ; ses habitants n’ont pas envie de l’exploiter (et de se faire exploiter) au sens capitaliste du terme. Et ils n’ont pas plus envie d’être asservi par un Etat.

    Or, toujours au Soudan, une partie est islamisée. Quelle différence ! Et Quellien de citer un de ses contemporains : « Le Soudan, accaparé par l’Islam, c’est la discipline et l’organisation de masses d’hommes, jusqu’ici isolés et farouches ;(…) [qui va vers] la formation d’une société, d’un Etat (…) Avec le temps, on arrivera à faire de l’Islam (…) le plus précieux auxiliaire des intérêts français en Afrique » (6).

    Voici donc, en quelques lignes tout le raisonnement : l’autochtone non islamisé (Quellien et autres « orientalistes » et « administrateurs-ethnologues » ne se gênent pas pour écrire « le nègre », le «  fétichiste » et laisser libre court à leur racisme…) n’obéit pas et est improductif (au goût du maître) ; par contre le «  nègre » islamisé devient obéissant et accepte de travailler davantage.

    La diffusion de l’Islam en Afrique noire sert donc les intérêts du colonisateur français. C’est un « précieux auxiliaire ». S’attaquer à la propagande islamique, être « islamophobe » comme le sont les colonialistes les plus stupides, c’est nuire aux intérêts coloniaux de la France*7.

    Reste à justifier le raisonnement, car tous ses contemporains sont loin d’être convaincus.

    La première étape est de persuader tout un chacun de « l’infériorité » des noirs. Et là, Quellien, plutôt cauteleux par ailleurs, n’y va pas avec le dos de la cuillère, soit qu’il cite d’autres auteurs, soit qu’il se « lâche » lui-même. Petit florilège :
    « Le noir comprend difficilement les idées abstraites »
    « Son intellectualité [est] très restreinte et son indolence naturelle le [pousse] vers le moindre effort… »
    « … comme l’esprit d’imitation existe à haute dose chez le nègre, celui-ci sera porté tout naturellement à répéter les gestes qu’il a vus et à prononcer les paroles qu’il a entendues, même s’il ne les comprend pas »
    « ... le système de famille chez les nègres n’est pas le patriarcat, comme chez les sémites [dont les arabes], c’est une forme plus animale, le matriarcat,… »
    « Un abîme profond, …, sépare les noirs des chrétiens, dans l’ordre intellectuel, moral, social et religieux », « Cela tient à ce que la race noire est une race inférieure à qui ne peuvent convenir les subtilités complexes de notre civilisation »

    Bref, d’après l’inventeur du terme «  islamophobie », le « nègre » n’ayant qu’une intellectualité restreinte ne saisirait pas les idées abstraites, tout au plus pourrait-il imiter des gestes et répéter des paroles qu’il ne comprend pas. Son organisation familiale serait même animale.

    Et, pour ceux qui ne seraient pas, malgré ces « arguments » convaincus, de cette infériorité, voici l’argument massue : le « nègre » serait, nécessairement, cannibale : « … le fétichisme obéit toujours à des pratiques hideuses, il tue souvent et dévore son ennemi vaincu » (8).

    L’étalage de ces affirmations aussi fausses qu’humiliantes est à proprement parler écœurant. Oui, mais il est indispensable à la construction du concept d’islamophobie.

    Car c’est cette « infériorité » supposée du « nègre » qui justifie son islamisation, présentée comme une « progrès ». En effet, toujours d’après le pourfendeur de l’islamophobie, le noir malgré ses insuffisances intellectuelles serait tout de même conscient de la supériorité de l’Européen. Il voudrait bien l’imiter, mais il ne peut y parvenir. Par contre «  (…) il a, tout à côté de lui, le musulman dont l’exemple est facile à suivre… » car « La distance qui sépare (…) [le noir] du musulman n’est pas si considérable ». Le noir, avec un petit effort, peut devenir musulman et, alors il « (…) a presque immédiatement conscience de s’être élevé dans la hiérarchie humaine  ». Surtout, et ce n’est pas pour rien que Quellien rappelle qu’Islam veut dire soumission et que sa pratique exige des efforts, le noir islamisé devient un bon petit colonisé : « Au point de vue pratique, il [l’Islam] a l’avantage de constituer des tribus plus facilement gouvernables et administrables que les tribus restées fétichises, à cause … de leur obéissance à l’égard de leurs chefs. ». «  L’action du mahométisme s’est également exercée dans les manifestations économiques et commerciales. La vie commerciale et industrielle s’est développée et à vu naître des industries… ».

    Bref, comme le note un autre auteur  : « Avec une sécurité plus grande sur les parcours commerciaux, il a provoqué une consommation plus intense, la circulation d’une monnaie fiduciaire et le change. Enfin l’Islam n’a pas été un obstacle au recrutement de nos troupes et de nos marins… (…) Il faut ajouter encore que dans l’ordre économique, à côté de la propriété commune qu’il a laissé subsister, l’élévation sociale s’est manifestée aussi par la constitution d’une propriété individuelle et dans le respect de l’autorité »(9).

    L’Islam est là, et enfin, le colonisateur respire ! Les tribus deviennent gouvernables, une vie commerciale démarre, la monnaie fiduciaire circule, le change se développe, la propriété collective disparait progressivement au profit de la propriété individuelle, et tout cela sans affecter le recrutement de nos soldats et marins (dont des milliers, une fois convertis à l’Islam, viendront gentiment se faire exterminer dans les tranchées en 14/18). Et tout ça grâce à quoi ? Grâce à l’islamisation de l’Afrique noire. En un mot comme en cent, la colonisation et l’islamisation marchent la main dans la main, chacune tirant bénéfice des progrès de l’autre. C’est la conclusion à laquelle parvient, après sa longue étude, Quellien. C’est pourquoi, a contrario, il comprend qu’un des obstacles qui peuvent bloquer les « progrès » de la colonisation, c’est… la critique de l’Islam. C’est pour lutter contre cette possibilité d’entraver la colonisation que Quellien crée le terme « islamophobie » (10) et c’est pourquoi aussi il pourfend cette « islamophobie » dans tout un long chapitre.

    Cependant, s’il accorde une « valeur » à l’Islam (celle de constituer un palier bien utile entre « le nègre » et l’Européen et de faciliter ainsi grandement la colonisation), Quel lien affiche un certain mépris pour cette religion dont le « … dogme est simple, [qui] manque d’originalité et de sacerdoce… [qui] traite de la vie matérielle et des occupations sensuelles chères aux noirs, dont il flatte les instincts. L’islam est en harmonie avec les idées du milieu, car il tolère l’esclavage et admet la polygamie et la croyance aux génies et aux amulettes… ». Bien plus, le créateur du concept d’islamophobie affirme qu’« Il importe avant tout de réprimer, immédiatement et énergiquement, toutes les tentatives de soulèvement qui revêtent un caractère plus ou moins religieux » des islamistes. Des positions qui, aujourd’hui, le feraient taxer « d’islamophobe » !

    Le concept « d’islamophobie » est donc, depuis son invention, un concept pervers. Il a été inventé pour servir les intérêts du colonialisme français. Aujourd’hui il sert les intérêts du capitalisme international. Sûrement aurons-nous l’occasion de revenir sur ce dernier point…


    NOTES

    _1.- Ainsi, Wikipédia écrit : « En fait, le terme « islamophobie » était apparu en 1910 dans l’ouvrage d’Alain Quellien La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française ». Les autres ouvrages cités sont plus tardifs d’une paire d’année.

    _2.- Ainsi, dans l’article «  Islamophobie : une invention française  »
    (mai 2012) de Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, le terme « administrateurs-ethnologues » est utilisé plusieurs fois. C’est seulement dans une note de bas de page que les véritables fonctions de Quellien sont indiquées. L’article, s’il souligne que c’est un français qui a inventé le terme se garde bien de dénoncer le racisme de ses écrits et sa volonté colonialiste affirmée.

    _3.- http://www.humanite.fr/que-recouvre...

    _4.- Termes des remerciements que Quellien lui adresse dans son ouvrage.

    _5.- Facilement consultable en fac-similé sur le site de la bibliothèque Gallica. Toutes les citations de l’ouvrage sont extraites de cette édition.

    _6.- Edouard Viard. Au Bas-Niger. Q. trouve cette opinion trop tranchée.

    _7.- Plus prudent en cela que les politiciens actuels – car s’étant donné la peine de bien étudier le sujet – Quellien est plus réservé sur les conséquences, à terme, de cette islamisation.

    _8.- E.-L. Bonnefon. L’Afrique politique en 1900.

    _9.- Qu’il définit très clairement comme un : « préjugé contre l’Islam  », définition actuelle.

      • « Il n’y a pas de plus grande force idéologique contre-révolutionnaire que le christianisme sous toutes ses formes, si ce n’est l’islam ! »
    • Guy Debord, Correspondance, volume 3, 1965-1968, p. 40.
      • « Un nouveau mot a été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l’islamophobie. »

    (dans Joseph Anton. Une autobiographie, Plon, 2012, chap. 6) :
    une citation de

    Salman Rushdie

  • Le journaliste Fabrice Nicolino a demandé à prendre la plume, et son article est bien plus long que prévu. Gravement blessé lors de l’attaque meurtrière des frères Kouachi contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, ce pilier de l’hebdomadaire satirique a réclamé deux pleines pages pour dresser, dans le numéro du mercredi 15 novembre, le portrait du patron du site Mediapart, Edwy Plenel. Il surplombe une fresque illustrant la longue marche professionnelle et militante de l’intéressé, suite de pelotons d’exécution, de ruines (l’immeuble du Monde) et d’assemblées serviles, adoratrices de Staline ou de Che Guevara. Juste à côté, l’éditorial au vitriol de Riss, le patron de Charlie, accuse gravement ce même Plenel de les avoir « condamnés à mort une deuxième fois ».

    Il y a quelques années, les querelles idéologiques que se livrent la bande d’anars de l’hebdomadaire et les fidèles d’Edwy Plenel seraient restées confinées aux franges de la gauche et n’auraient sans doute pas connu tel écho. La mort de Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, Honoré, Bernard Maris, Elsa Cayat et du correcteur Mustapha Ourrad, ainsi que de Frédéric Boisseau, Michel Renaud et des policiers Franck Brinsolara et Ahmed Merabet, voici bientôt trois ans, a tout changé. Depuis ce mercredi fatal où deux terroristes islamistes, les frères Kouachi, ont surgi dans ses locaux, Charlie appartient désormais au patrimoine national ; chaque combat mené par ou contre lui devient un peu celui des Français.

    Le dernier a commencé le 8 novembre, lorsque l’hebdomadaire a monté en « une » sa caricature d’Edwy Plenel, longue moustache s’étirant pour couvrir bouche, yeux et oreilles et le rendre sourd, muet et aveugle. Au milieu, cette légende : « Affaire Ramadan, Mediapart révèle : “on ne savait pas” », allusion limpide aux accusations de viols touchant le prédicateur musulman.

    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2017/11/15/entre-charlie-et-mediapart-l-histoire-d-une-haine_5214942_3236.html

  • La fachosphère islamophobe ne sait plus dans quelle poubelle chercher ses référnces !

    Le MAIS qui tue

    Si on veut connaître les limites de l’« esprit critique » chez la CNT-AIT, il suffit de se reporter à leurs écrits. Ce qu’ils pensent des anti-islamophobes est en parfaite adéquation avec ce qu’ils pensaient déjà de ceux qui n’étaient pas Charlie, avec la même hargne et le même sectarisme autoritaire.

    Ce n’est pas une fiction mais une triste réalité ! Il faut vraiment les lire :

    AYONS LE CULTE DE L’ESPRIT CRITIQUE/ LE « MAIS » QUI TUE
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article735&artpage=2-2

    « Il y a une façon de « soutenir » qui est surtout une façon sournoise « d’enfoncer ». C’est le fameux « mais » (« Je ne suis pas raciste, mais…). Pour faire court, ici, c’est quelque chose comme : « Nous condamnons le crime contre Charlie, MAIS – suit ici la liste des récriminations : leurs caricatures étaient choquantes, ils étaient islamophobes, voire fascistes… », autrement dit, « Ils l’ont bien cherché ») [5].

    Ce « Mais » est un mais qui tue. Car, peu ou prou, il justifie les assassins. Or, nous avons vu fleurir ce « mais », pleutre et jésuitique, dans des milieux ultradicaux, « … de nombreux anti-impérialistes, antisionistes, anarchistes ou gauchistes [ont renvoyé] dos à dos, après quelques précautions d’usage hypocrites (« nous sommes horrifiés », etc.), les assassins et les victimes de « Charlie Hebdo » [6].

    Le NPA nous en offre un bon exemple.?Tout en déplorant « les circonstances les plus tragiques et abominables » il souligne que Charlie Hebdo aurait été « un hebdomadaire peu fréquentable pour les antiracistes » [7].

    « Le summum de l’ignominie, parmi les individus médiatiques, a sans doute été atteint par Norman Finkelstein dont les posts traduits en français [8] mettent en parallèle la couverture de « Charlie Hebdo » ( «  ?Le Coran, c’est de la merde, ça n’arrête pas les balles »), avec une autre couverture imaginée par un salopard, représentant Charb s’exclamant « Charlie, c’est de la merde, ça n’arrête pas les balles ». A un niveau plus confidentiel mais tout aussi nocif, la liste a-infos a diffusé le texte d’un anarchiste (José Antonio Gutierrez D.) qui reprend exactement le même raisonnement ignoble. »*2.

    D’autres se réfugient dans un silence pesant, comme s’il ne s’était rien passé (Pau, Gap… pas un mot, au 31 janvier sur leur site). « Quant à la Coordination des groupes anarchistes [CGA], elle a diffusé un communiqué dans lequel elle proclame : « Nous n’oublions pas le rôle qu’a tenu Charlie Hebdo dans la diffusion des discours racistes, sexistes et islamophobes ces quinze dernières années. Mais rien ne justifie de tels crimes et nous sommes solidaires des familles et proches des victimes. » Donc, si l’on suit bien ce raisonnement fumeux et tortueux, après nous avoir expliqué qu’ils étaient contre « tous les fascismes », religieux, nationalistes, etc., contre les partisans du choc des civilisations, contre toute récupération politicienne, ces libertaires mettent les journalistes de « Charlie Hebdo » dans le même sac que les fascistes, rejoignant ainsi le camp de ceux qui expliquent « Quelque part, ils ne l’ont pas volé. »

    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article735

    Ça ne vous rappelle rien ?

    Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale : « Même là où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. Et nous avons tous entendu les "Oui je soutiens Charlie, MAIS", les "deux poids, deux mesures", les "pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ?" Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école, qui est chargée de transmettre des valeurs. »

    Nathalie Saint-Cricq, qui dirige le service politique sur France 2 déclare : « Il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie. »

    Manuel Valls, à propos de la moindre discussion sur l’islamisme : « Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser »

    Avec un tel mimétisme dans les propos au sujet de la liberté d’expression, on peut raisonnablement être plus que sceptiques sur les capacités de la CNT-AIT à avoir un débat honnête sur l’islamophobie.

  • 15 novembre 14:25

    Que la CNT-AIT se soit spécialisée dans la lutte contre les anti-islamophobes, les antisionistes, les anticolonialistes et pour la « pensée Charlie »… explique qu’elle soit devenue une petite secte coupée des autres composantes du mouvement libertaire, et accumulant même scissions sur scissions.

    Ça ne la dispense pourtant pas, quand elle prétend présenter une « analyse » libertaire, de tenir compte de l’avis des autres, c’est ce qui différencie en principe les libertaires des staliniens.

    Or, faire une analyse de l’islamophobie entièrement à décharge, en la faisant passer pour une vertu « laïque » en accord avec l’anarchisme mais en occultant totalement ce que des anarchistes ont dit sur le sujet, c’est tout simplement une malhonnêteté intellectuelle digne du jésuitisme et de la langue de bois.

    Ceux qui ont signé l’appel (voir la liste ci-dessous) sont-ils des « escrocs intellectuels », à la différence de l’immaculée CNT-AIT ?

    http://www.bboykonsian.com/Libertaires-et-sans-concessions-contre-l-islamophobie-_a2635.html

  • L’islamophobie, une « invention du colonialisme », une « escroquerie intellectuelle », une « invention des mollahs iraniens », un « concept pervers », un « concept bien fumeux »… : les islamophobes ne savent plus où donner de la tête pour justifier leur racisme. On connaissait depuis longtemps les islamophobes de droite, dont l’islamophobie est en accord avec leurs principes, les Finkielkraut, Houellebecq, Zemmour, Fourest, Val…

    On a droit maintenant aux islamophobes de « gauche », certains même prétendument « libertaires », qui essaient d’aller plus loin pour ne pas rester sur le bord du chemin dans la course au politiquement correct de la pensée dominante où se sont engouffrés les Coleman, Guillon ou CNT-AIT, entre autres, s’échangeant aimablement leurs diatribes. Dans la surenchère, on n’arrive plus à distinguer l’extrême droite de l’« extrême gauche », tellement leurs arguments sont semblables et interchangeables.

    Leur maître à penser, Yves Coleman, n’a pas publié moins de trente « articles » pour justifier l’islamophobie, voire s’en revendiquer, suivi par un groupe d’admirateurs en quête de reconnaissance. Venant de sa part, rien ne peut nous étonner, puisqu’il a aussi bien écrit contre le BDS, contre l’antisionisme, pour la défense d’Israël, de la LICRA, du CRIF… et même de BHL ! Mais que des « libertaires » en aient fait leur idole montre l’état de déliquescence du mouvement.

    Et ce n’est pas par manque d’information, c’est bien par CHOIX POLITIQUE que ces personnes ont choisi l’islamophobie comme thème principal et presque unique de militantisme. Voilà ce que donne chez leurs émules, de quoi désespérer de certains libertaires tombés dans le racisme et le beaufisme les plus populistes :

    Protestation devant les libertaires d’hier sur leur capitulation devant la pensée dominante et l’union sacrée
    https://nantes.indymedia.org/articles/31214

    De telles déclarations racistes par des « libertaires » sont faites pour éloigner du mouvement libertaire bon nombre de militants sincèrement antiracistes. C’est pour ça que les libertaires antiracistes (on n’aurait jamais pensé être obligés d’employer un tel pléonasme) ont réagi par des déclarations que nos ayatollahs de la pureté idéologique ont superbement ignorées, préférant répéter les mêmes banalités de base et les mêmes calomnies au nom de « l’anarchie », dont ils donnent une triste image d’intransigeance et de sectarisme autoritaire.

    Pas d’islamophobie au nom des idées libertaires !
    https://quartierslibres.wordpress.com/2014/07/25/pas-dislamophobie-au-nom-des-idees-libertaires/

  • Halim Mahmoudi est dessinateur de presse franco-algérien. Depuis plus de quinze ans, il travaille pour la presse française et étrangère. C’est ainsi qu’il a rencontré l’équipe de Charlie Hebdo et noué des liens avec eux, notamment avec le dessinateur Tignous, décédé lors des attentats de Charlie Hebdo. Après ce mois de commémoration des attentats de janvier 2015, il a voulu s’exprimer et dévoiler son regard, critique, sur la notion de caricatures et mettre en lumière une autre voix du métier qui peine à se faire entendre.

    Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre travail de dessinateur de presse ?

    Je collabore ponctuellement avec des journaux différents. Je n’ai pas de journal de prédilection, même si je travaille très régulièrement avec le Psykopat ( mensuel BD d’humour) et les éditions du groupe La Rumeur. Car ces rencontres sont précieuses et rares, la liberté d’expression y est réelle, et aussi respectueuse que respectée. Malheureusement, ailleurs, dans la plupart des journaux, la liberté d’expression est enrayée par des considérations qui n’ont rien à voir avec le journalisme. La peur de perdre des lecteurs, un espace publicitaire ou celle des procès. C’est ici que la médiocrité, le nivellement par le bas et la censure se nichent.

    Quand on réalise un dessin, peu importe le journal, on fait d’abord des propositions. C’est ensuite les rédacteurs en chef qui décident quel dessin sera publié, en fonction des considérations citées plus haut. Au détriment de l’humour et de l’intelligence car, en général, le dessin choisi est mou, voire carrément nul. Le dessinateur de presse le sait, et il s’autocensure en fonction. Un dessinateur qui ne s’autocensure pas respectera, de toute façon, naturellement, toutes les sensibilités. Il sera guidé par sa part d’humanité et son bon sens. Il invitera à rire avec lui, il gardera en tête qu’il fait de l’humour. Mais l’existence des règles, la précarité du milieu, le carriérisme et la muselière juridique ont créé une impasse. On n’exprime plus que des clichés, des choses préalablement mâchées et admises comme vérités. Plus le temps de réfléchir, ni dans un article ni en dessin. Il faut produire, plaire, survivre, vendre. D’où le règne des évidences, des conclusions hâtives, et outrances décomplexées bâties sur du vide. Aucune "révélation", aucune injustice n’est suivie par des faits, le journalisme n’a plus de pouvoir car la police cadre le périmètre et la justice verrouille. L’actualité a remplacé l’information dans un perpétuel zapping. On passe sans arrêt à autre chose. Ça a déresponsabilisé les médias en les déculpabilisant. Cet angle mort est un "aléa moral" qui est apparu quand des actionnaires ont pu s’offrir des journaux... L’actualité n’est pas de l’information, c’est de la publicité, de la propagande. Et le dessin de presse n’a pas échappé au rouleau compresseur...

    Depuis 2005, le moindre dessin dans un journal est appelé une caricature. En dépit de toute analyse graphique de base. Alors que si on ne fait pas dans la caricature, il y a une bonne raison. La caricature est mauvaise ! Mais aucun dessinateur de presse n’a trouvé étrange, et tous se sont laissés mettre une laisse de "caricaturiste" sans broncher. Nous avons servi la soupe aux mêmes incultes en col blanc qui auparavant ne s’étaient jamais gênés pour entraver notre liberté d’expression. Autant à l’étranger on peut tout aborder à condition de n’insulter personne, autant en France, on peut insulter qui on veut, mais on ne doit pas tout aborder. Par exemple, il sera plus facile de blasphémer une religion que les symboles de la République, ou encore rire d’une tuerie en Égypte oui...mais pas des attentats de Charlie Hebdo... Sous prétexte que Charlie Hebdo n’a fait que 7 couvertures sur l’Islam (sans compter les BD) et 13 sur l’Église, cela prouverait que Charlie n’est pas islamophobe. Ce raisonnement comptable est de la mauvaise foi à l’état pur ! C’est comme faire le décompte des blagues racistes de Marine Le Pen. Si elle en faisait plus sur les juifs que les arabes, ça voudrait dire qu’elle est antisémite, mais surtout pas raciste ?

    C’est ça l’obscurantisme, le vrai. Celui qui détourne l’attention pour éviter la moindre analyse d’image sérieuse, avec des arguments et des faits. C’est à la portée de n’importe qui. Sauf qu’en un an, personne n’a réalisé d’étude visuelle des caricatures. Tout ce à quoi nous avons eu droit, c’est un étalage d’ignorance totale convoquant des vagues principes fondamentaux et complètement contradictoires. Après les erreurs, les mensonges, il fallait sauvegarder les apparences...

    Comment en tant que dessinateur de presse, vous êtes-vous positionné sur le fameux “je suis Charlie” ?

    Suite aux attentats de janvier, j’étais tétanisé par le choc, le refus d’y croire… Je connaissais les dessinateurs, et la douleur m’a submergé d’autant plus fort (particulièrement Tignous que j’avais revu 6 mois auparavant. On avait envie de faire quelque chose ensemble sur le TAFTA - Grand Marché Transatlantique). J’ai perdu des amis, des êtres humains, et non pas un journal. Et encore moins un état d’esprit que de toute façon je ne partageais pas.

    Hors de question pour moi d’être Charlie ! Être Charlie ne veut strictement rien dire, ce n’est pas un trait d’identité... Ne pas être Charlie voudrait dire qu’on est contre la liberté d’expression, ou que l’on cautionne la barbarie. Pas de juste milieu. Aucune réflexion n’est autorisée, le totalitarisme prévaut. Le but était d’étouffer la liberté de penser par la liberté d’expression. Et ça a réussi. On est allé jusqu’à condamner des gens comme Tariq Ramadan de dire "je suis Charlie mais..." ou "oui pour la liberté d’expression mais...". Pourtant, ce n’est pas l’esprit critique qui est interdit, car des gens comme Emmanuel Todd ont pu librement critiquer Charlie. Ce qui est vraiment interdit, c’est d’être porteur d’une autre culture, une autre origine. Nous (les autres) apparaissons comme un danger pour leurs démocraties (les discriminations, les lois d’exceptions en sont la traduction concrète). Ces questions raciales ont toujours agité toutes les sphères d’un État qui n’a eu de cesse de ramener nos revendications d’égalité et de dignité à de simples questions identitaires. L’attitude post-coloniale raciste par excellence !

    Moi, comme tout arabe ou noir en France, le moindre attentat m’a fait craindre que ce ne soit encore un des "nôtres" qui ait mal agi au nom de la religion. Il nous fait craindre d’être encore (et toujours) pris pour cible. Et ça finit toujours par arriver ! Mon dessin (ci-dessus) était ironique : Il disait que dans mon cas, ça allait être compliqué, voire impossible que je me joigne à la population française. Je disais "non" sans le dire ! Ce n’est même pas le luxe d’un positionnement de ma part, c’est de la salubrité morale. On est juste pas du même monde. Je n’ai pas découvert les gardes à vues entre 2007( grâce à Sarkozy qui avait généralisé la bévue aux classes supérieures), ni les violences policières en 2014 avec Rémy Fraisse. Leur conception de la liberté d’expression et de la satire, je m’en tape sérieusement !

    Ils se permettent le luxe de questionner notre aptitude à l’humour, au second degré et à la liberté. Mais s’ils combattent tant l’obscurantisme c’est parce qu’ils le sont. L’obscurantisme est le reflet de leur ignorance. Le dialogue est inexistant. Ils lancent des petites balles dans notre direction, et on se fatigue à leur répondre, à se justifier dans le vide (intégration, laïcité, port du voile, le Hallal, déchéance de la nationalité, assignation à résidence...). Ils font des lignes de démarcation entre nous (insérés ou clandestins ? intégrés ou racailles ? modérés ou fondamentalistes ? laïcs ou barbares ?!). Est-ce que nous les traitons de cette façon, nous ? Non, le problème est là. Et je pense que nous avons tort... L’expérience de Stanford menée aux États-Unis dans les années 70 a démontré les effets pervers de l’autorité et de l’obéissance en présence d’une idéologie légitimée (sociale ou culturelle). L’expérience a révélé que ceux qui subissaient l’autorité, les "sujets" se constituaient prisonniers. Le rôle qu’on leur attribue les dépasse et conditionne leur comportement. Ils deviennent "fragiles et perturbés". Quant à l’autorité, elle surjoue son rôle, se sentant renforcée, elle abuse de son pouvoir encore et encore.... jusqu’à écraser le sujet. L’autorité totalitaire que nous subissons en France aujourd’hui relève de cela. De la même violence. Elle ne comprendra que le rapport de force ! Comme après les émeutes de 2005 qui ont forcé le gouvernement à débloquer le gel des subventions allouées aux associations de quartiers. C’est l’État qui doit être notre sujet, pas l’inverse. Donc non, ce n’est pas compliqué, je ne suis pas Charlie, parce que je n’ai pas le "gueule de l’emploi" voilà tout.. […]

    http://contre-attaques.org/magazine/article/halim-mahmoudi

  • Juste après les attentats de janvier, vous avez été très sollicité et vous expliquez que des demandes de dessins vous ont été censurés notamment dans le cadre d’une exposition collective sur la "liberté d’expression", pouvez-vous nous raconter cet épisode ?

    C’était juste après les attentats, il y a un an. Je recevais plein de demandes et d’invitations à dessiner en faveur de Charlie, de la défendre la liberté d’expression et tout ça. Là j’aurai pu être publié partout, avec un crayon qui pleure, ou qui se fâchent tout rouge. Mais j’ai décliné, d’abord parce que j’étais encore en deuil, il s’était à peine passé quelques jours... Je ne sais pas comment les autres faisaient mais moi, je n’avais pas la tête à cela. Avoir perdu quelques amis m’a dévasté le coeur ! Ensuite voir le racisme se propager, dans les actes islamophobes, les journaux, les mots, les abus et bavures sécuritaires m’ont blessé davantage encore. Nombreux de mes collègues dessinateurs de presse perdirent la tête dans une espèce d’hystérie guerrière contre l’obscurantisme. Ils réclamaient le droit de blasphémer comme si blasphémer c’était remettre en question quoique ce soit. En confondant un dessin satirique avec une caricature. Ils voulaient la liberté d’expression totale et non négociable, et seulement à partir du moment où des confères étaient morts pour des dessins.... Comme si avant ce drame, c’était la fête au village !

    C’est dans ce contexte là que j’intéressais les médias. Un dessinateur de presse satirique français de culture musulmane qui chante la marseillaise, ça serait idéal. Sauf que les journaux veulent entendre le dessinateur, mais pas l’arabe. Mes réponses à leurs interviews furent censurées, parce que je retournais cette sale histoire des caricatures comme une crêpe. Et donc pas de publication au motif que ça pourrait "poser problème".

    L’exposition collective sur la liberté d’expression s’intitulait "Faut rigoler". Elle était en hommage à Wolinsky dessinateur de Charlie Hebdo. C’était lors du "Maghreb des Livres" qui eu lieu à la Mairie de Paris début Février 2015. J’avais envie de faire des dessins alternatifs, offrir une voix différente, habituellement réduite au silence. Comme la mienne ou celles de nombreuses personnes arabes, noires et/ou musulmanes qui allaient venir au Maghreb des Livres. J’avais envie qu’ils voient d’autres dessins, une autre conception de la liberté d’expression, vécue de l’intérieur. Les erreurs et les mensonges de Charlie Hebdo. Je voulais leur "parler", dire quelque chose de positif sur nous qui étions isolés, pris en otages par le traitement post-charlie. Deux petites heures après que j’ai accroché mes dessins au milieu de ceux des autres, ils ont tous été retirés. Entre temps, Anne Hidalgo était venue dire bonjour avec ses sbires. On m’a dit que des gens s’étaient offusqués de mes dessins. Pourtant moi j’en avais vu qui riaient et prenaient même des photos. Alors je ne comprenais pas... Mais tant pis, je n’ai pas insisté.

    Quelques journaux et revues communautaires ont eu vent de l’affaire, et me signifiaient qu’ils voulaient me soutenir. Qu’il ne fallait pas que l’on se laisse écraser de la sorte par la chape de plomb qui s’était abattue sur nos communautés. Mais un seul dessin à été publié dans un seul de ces journaux. Avec une petite annotation pour expliquer ou justifier je ne sais quoi.. Les autres ont fait comme on le fait d’habitude, raser les murs. Ils étaient peut-être tenus par des subventions, des publicitaires, ou l’envie de ne pas faire de vagues, je ne sais pas. Tout ce silence m’a fait encore plus mal. Nous sommes beaucoup plus que divisés, complètement isolés les uns des autres. Il n’y a pas pire censure au monde que la nôtre propre !

    Vous contestez l’idée de liberté d’expression qui est brandie lorsque l’on parle des caricatures en évoquant la citation d’Henri Gustave Jossot (fondateur de l’Assiette au beurre, magazine hebdomadaire humoristique et satirique illustré français fondé le 4 avril 1901), "la caricature est un exutoire de la haine". Et vous allez plus loin en faisant le parallèle entre les caricatures haineuses à l’encontre des juifs des années 30 et celles d’aujourd’hui à l’encontre des musulmans. Pourquoi ?

    Exactement ! C’est même plus qu’un simple parallèle. Il s’agit de la même chose, la même peur qui fabrique la même logique de haine. L’obscurantisme occidental se réclame de la raison, comme le disait Pierre Bourdieu. L’islamophobie vise moins la religion que les cibles "étrangères" habituelles avec les mêmes clichés racistes. Tout ce qui est culturellement visible, différent, étranger, et non blanc est dangereux, c’est de la propagande, rien d’autre. Les caricatures de l’ "Infâme Juif" du début du XXe siècle participaient du même délire collectif guerrier au nom des intérêts industriels. Cette époque était en crise comme aujourd’hui. Les médias mordaient la poussière ou mettaient la clé sous la porte. Henri Jossot, lui, est parti vivre en Tunisie en voyant le désastre de ses concitoyens qui allaient faire la guerre pour des industriels. Il s’est même converti à l’islam ! Mais cela personne ne le dit aujourd’hui, que l’un des plus grands dessinateurs satiriques français a eu cette vie, et cette indépendance là. Tout semble concourir pour que le monde arabe ne soit pas reconnu comme une grande civilisation, mais plutôt comme un ennemi trouble et ambigu. […]

    http://contre-attaques.org/magazine/article/halim-mahmoudi

  • Les caricatures anti-juives d’avant-guerre sont les mêmes si on les regarde bien. Ce sont des portraits grossiers insultants, soulignant une menace, un danger par l’entremise de traits physiques exagérés qui aujourd’hui sont devenus des traits de contours psychologiques dangereux. La liasse de billet remplace le faciès avare des juifs. La bombe ou le couteau illustre la menace fantasmé que représente le monde arabe aux yeux de l’Occident. Les caricatures illustrent moins les gens qui sont représentés que la vision qu’en ont ceux qui dessinent, et observent. La caricature traduit surtout le racisme. C’est pourquoi elles sont les mêmes aujourd’hui, qu’en 1930. Particulièrement celles du Jylland Posten. L’Occident a défendu des caricatures qui graphiquement sont identiques à celles des nazis et antisémites, une charge portraiturée, sans titre, sans dialogue ni mise en scène, aucune volonté de faire rire ou réfléchir. Rien n’est plus explicite et directe qu’une caricature. C’est une attaque, rien d’autre ! Absolument rien d’autre que la violence d’une peur exprimée par des sentiments racistes. On déshumanise complètement non pas un seul individu, mais toute une communauté d’appartenance, d’origine, ou de croyance. C’est de l’appel à la haine raciale. Elle n’appelle que la violence de masse, la vindicte populaire, la condamnation en place publique. L’abominable déshumanisation de l’autre. Quand on déshumanise quelqu’un, comme les juifs avant ou les musulmans aujourd’hui, on prépare les pires passages à l’acte, les violences de masse les plus meurtrières.

    Est-il nécessaire de rappeler que les caricatures juives d’avant guerre sont interdites grâce à la Shoah ? Que la moindre caricature qui indigénise un africain est jugée raciste seulement grâce à l’esclavage ? Que la caricature est donc bel et bien le dessein du pire des racismes, et que malheureusement seul un drame absolu peut l’ "invalider" ? C’est tout cela la caricature en regard de l’histoire, si nous la regardons en face. Et si nous ne confondons pas dessin d’humour avec caricature.

    Au plus fort du procès de Charlie Hebdo, un autre dessinateur, ancien collaborateur de Charlie a été condamné pour avoir caricaturé un flic avec un groin de cochon. On peut donc caricaturer un prophète mais pas un flic... Et la raison est simple parce que la caricature est dangereuse. L’État l’a bien compris. La loi condamne le blasphème des symboles nationaux ! La haine du drapeau, la haine de la République est condamnable...mais pas la haine des religions. C’est dangereux, car on stigmatise une population pour une appartenance (culturelle, ethnique, religieuse..) et on la montre comme cible à éliminer, à abattre. On fabrique le même consentement qui a convaincu l’opinion publique de l’infériorité des indigènes africains, ou de l’extermination des juifs comme salubrité nécessaire

    Aujourd’hui comment êtes-vous perçu dans la profession ?

    Je ne sais pas si je suis réellement ou pas du tout isolé. Ni comment je suis exactement perçu par mes pairs. Et le mieux est de ne point s’en préoccuper, j’y perdrais mon énergie, et ma santé. Comme le dit l’adage "Il vaut mieux être détesté pour ce que l’on est, qu’être aimé pour ce que l’on n’est pas".... N’importe qui serait d’accord avec cela.

    La perception, les relations ne sont jamais exprimées clairement. Sinon, elles passeraient pour ce qu’elles sont réellement, de l’intolérance et de l’étroitesse d’esprit. Quand cela arrive, vous êtes juste gentiment poussé vers la sortie, ou la marge (silence des journaux et festivals de dessin de presse). Peu importe que je puisse avoir connu Charlie Hebdo, et avoir été ami avec Tignous, ce n’est pas cela qui est pris en compte. Les attentats ont, bien entendu, cristallisé les passions mais même avant, c’était déjà comme ça. Il vous suffisait de faire des dessins un peu trop dérangeants et vous n’étiez simplement pas invité à publier dans tel journal. Ainsi, un dessin qui critique les militants trouvera plus facilement sa place dans Les Échos, ou Le Figaro, que dans un journal comme Libération ou Politis. Le pire, ce sont des dessins qui se moquent de la cabbale contre Dieudonné, de l’unité nationale, de l’esprit Charlie ou tout ce qui va à contre courant de la pensée dominante. Les dessins les plus satiriques en France font dans les lieux communs comme le racisme, le sexisme, le patronat ou les dérives politiques. La liberté d’expression est délimitée.

    Le dessin de presse est un milieu très particulier, comme tous les métiers d’arts. Les individus ont des "carrières" à gérer, ce qui explique l’absence, ou la faible solidarité dans ces milieux-là. Ceux qui réussissent à percer, referment la porte derrière eux, et pérennisent leur carrière ad-nauséum. Le dessin de presse n’échappe pas à la règle. Les journaux publient des noms, des signatures connues. Les dessinateurs font des OPA individuels, ainsi Cabu salarié à Charlie, l’était aussi au Canard Enchaîné et dans d’autres journaux. Plantu est le dessinateur du Monde, de L’Express et la fête continue... Ils verrouillent les entrées. Ils sortent des livres, exposent partout, vendent des originaux.

    Ce qui explique qu’aujourd’hui, ce sont ces gens-là qui ont la parole. On les écoute en boucle, sur le métier de dessinateur de presse et la liberté d’expression. A répéter ce qu’on leur a demandé de dire, que le métier est devenu un petit peu dangereux, qu’un dessin c’est pas bien méchant, et que la liberté d’expression, elle, est belle.

    J’étais allé voir Charlie Hebdo après l’incendie de leurs locaux. Tout le monde était absent ce jour-là, il n’y avait qu’une femme dont je ne me rappelle pas le nom. J’avais apporté des dessins satiriques qui remettaient clairement leurs conceptions de la caricature et de la liberté d’expression en cause. Je voulais leur apporter un point de vue différent, une ouverture, une issue. Cette femme a regardé les dessins et s’est mise en colère, elle ne comprenait pas ma démarche, m’a dit que je n’avais qu’à apporter ces dessins au Figaro. Même en lui expliquant, elle restait campée sur ses positions. Hors de question de remettre en cause la ligne de Charlie, surtout pas dans le journal. Elle haussa le ton avec ses grands gestes, son impatience. Mes dessins avaient fait mouche. Plus tard, j’en ai discuté avec Charb qui avait pris le temps d’écouter, et de comprendre mon point de vue. Il admit même que mon avis sur les caricatures était pertinent. Mais pour lui, la liberté d’expression était tout ce qui importait. À chaque argument, il opposait le risque de recul sur les libertés. Il n’y avait rien à faire... et surtout pas de terrain d’entente. Sinon, ça reviendrait à donner raison à ceux qui avaient tort. Mais dans ce cas là, qui avait tort ?

    Propos recueillis par l’équipe de Contre-attaque(s)

    http://contre-attaques.org/magazine/article/halim-mahmoudi

  • Voilà Mediapart et quelques autres précipités sur le bûcher au nom d’une « complicité » supposée avec l’intellectuel musulman Tariq Ramadan. Pire même, peut-être aurions-nous délibérément ignoré les actes d’un homme aujourd’hui accusé de viols et d’agressions sexuelles. Cette campagne ignominieuse à la Donald Trump, emmenée par Manuel Valls, porte un projet politique où se rejoignent une partie d’une gauche en ruines et la droite identitaire.

    Edgar Morin, l’un des plus grands intellectuels français, serait donc le complice d’un criminel sexuel. Son tort ? Avoir publié en 2014 et début octobre 2017 deux livres de dialogue (nous avons rendu compte du deuxième ici) avec l’intellectuel musulman Tariq Ramadan, depuis accusé de viols et d’agressions sexuelles. Mesure-t-on l’inanité comme l’abjection d’un tel amalgame ? C’est pourtant ce que Mediapart, son président Edwy Plenel, d’autres médias (Les Inrockuptibles, le Bondy Blog), journalistes (Frédéric Taddéi) et intellectuels (Pascal Boniface) doivent subir depuis plusieurs jours.

    Nous voilà la cible d’une campagne nauséabonde où se retrouvent la « fachosphère », quelques journalistes chroniqueurs et éditocrates, des responsables politiques d’une partie de la gauche socialiste en ruines et de l’extrême droite. Tout ce joli monde est emmené par Manuel Valls, qui s’est livré dimanche 5 novembre à d’indignes déclarations. Nous ne nous y trompons pas : au-delà d’une campagne imbécile et diffamatoire qui vise à nous faire les complices de toujours d’un présumé criminel sexuel, c’est bien un projet politique qui tente de se remettre en selle.

    Sous couvert de défense de la laïcité, de lutte contre le terrorisme et aujourd’hui de défense des femmes, les croisés de la discrimination, de la stigmatisation des musulmans, les enragés de la réaction relancent leur chasse aux sorcières. Donald Trump a franchi l’Atlantique. Sur son modèle, voici les incendiaires qui chassent en meute, avec leurs journalistes à la Fox News, leurs amalgames, leurs « fake news », leurs tweets injurieux.

    Et au moment où les dispositions de l’état d’urgence entrent dans la loi ordinaire (lire notre article ici), ces nouveaux maccarthystes, qui ont troqué l’anticommunisme contre l’islamophobie, veulent créer un nouveau délit. Un délit d’opinion, celui de « complicité » intellectuelle, selon Manuel Valls. Celui d’être des complices ou « idiots utiles du ramadanisme », selon Renaud Dély, directeur de la rédaction de Marianne, qui a fait de la vulgarité anti-musulmane son fonds de commerce.

    Mediapart a rendu compte et informé ces lecteurs de ce scandale Ramadan, du dépôt des plaintes (lire notre article ici) et de l’accumulation de témoignages. Nous poursuivons notre enquête sur ces faits présumés, avec nos règles de travail (ici expliquées par Lénaïg Bredoux) et les obstacles classiques que nous rencontrons dans ce type de recherche : la protection des sources ; la difficulté des femmes de témoigner ; la nécessité de croiser les témoignages recueillis et d’en vérifier la véracité. Enfin, cette affaire Ramadan s’inscrit dans une couverture plus large que nous consacrons au séisme provoqué par le scandale Weinstein. Voilà notre dossier complet : DSK, Baupin, Weinstein. La fin du silence ?

    Au cœur des engagements éditoriaux de Mediapart se trouve précisément cette volonté d’installer au centre du débat public la question des violences faites aux femmes, du sexisme ordinaire, des discriminations permanentes.

    Nous l’avions fait lors de l’affaire Strauss-Kahn, en 2011, non sans provoquer quelques remarques courroucées de politiques et d’éditocrates (les mêmes qui s’indignent aujourd’hui de notre « complicité » !) dénonçant cette soudaine « tyrannie de la transparence ». C’était en mai 2011 et un certain Manuel Valls estimait alors que les images de DSK, inculpé pour tentative de viol, sortant menotté du commissariat de Harlem à New York étaient d’« une cruauté insoutenable », tandis que Jean-Christophe Cambadélis, autre fidèle strauss-kahnien, protestait contre « cette humiliation planétaire ».

    Le même Manuel Valls, devenu premier ministre, ne s’est pas plus ému du sort des femmes lorsque Mediapart et France Inter ont révélé en mai 2016 plusieurs témoignages sur des faits pouvant être qualifiés d’agression et de harcèlement sexuels impliquant le député écologiste Denis Baupin. Il n’a pas eu un mot lorsque trois femmes ont déposé plainte contre le parlementaire (notre dossier sur l’affaire Baupin est ici). Et il n’a pas plus réagi quand il a été révélé qu’un de ses ministres, Jean-Michel Baylet, avait fait en 2002 l’objet d’une plainte pour violences de la part de son ancienne collaboratrice parlementaire (lire l’enquête de Buzzfeed et notre article est ici).

    Notre récente enquête sur le sexisme et les harcèlements commis par le député Jean Lassalle n’a pas davantage provoqué l’indignation ou au moins l’inquiétude de nos croisés d’aujourd’hui. Est-ce parce qu’il s’agit de cette « gauloiserie » si française qu’elle en deviendrait tolérable, même si ce quotidien de sexisme et de harcèlement est le quotidien des femmes ? De même, le Machoscope, que nous publions depuis 2012 et qui tient la chronique ordinaire du sexisme en politique, n’a jamais ému ni même intéressé nos belles âmes d’un jour.

    Le camp de la nouvelle Inquisition

    Depuis 2003 au moins, année où Tariq Ramadan est sans doute au faîte de son influence, une partie de la gauche alliée à la droite et à l’extrême droite mène une guerre sans merci à l’intellectuel musulman. Le principe est assez simple : exercer une censure préalable. Ne pas voir, ne pas lire, ne pas débattre et disqualifier tout propos public de cette personnalité comme étant le fruit d’un double langage systématisé, d’habiletés rhétoriques visant à dissimuler l’essentiel : un islam politique radical, faisant tout à la fois le lit du terrorisme, du salafisme, des Frères musulmans…

    Pour avoir croisé deux fois Tariq Ramadan et s’être retrouvé à débattre avec lui à l’occasion d’une invitation lancée en 2015 par une association musulmane, voici Edwy Plenel et Mediapart avec lui accusés d’être les « idiots utiles des barbus intégristes », les nouveaux fourriers d’un agenda islamiste. Nous voilà « islamo-gauchistes », ce concept creux brandi par Caroline Fourest, le journaliste Renaud Dély (Marianne), Pascal Bruckner, Élisabeth Lévy, Alain Finkielkraut, Manuel Valls, encore lui, et les reliquats perdus d’un PS effondré réfugiés dans Le Printemps républicain (Laurent Bouvet, Gilles Clavreul), un mouvement identitaire avançant masqué derrière l’étendard de la laïcité.

    Il est vrai qu’aux excommunications édictées au nom de la République pour faire taire une voix qui dérange, nous préférons connaître, interroger, débattre, enquêter, bref faire notre métier de journaliste. Surtout quand il s’agit de Tariq Ramadan, dont l’influence intellectuelle a été importante auprès de musulmans en recherche de nouvelles façons de pratiquer leur religion.

    https://www.anti-k.org/2017/11/07/affaire-ramadan-croisade-imbeciles/

      • Larvée, la guerre que se mènent deux courants de la gauche est devenue ouverte depuis la parution, mercredi 8 novembre, d’un numéro de Charlie Hebdo dont la « une » met en cause le directeur de la rédaction de Mediapart, Edwy Plenel. Professeur à l’université d’Oxford, spécialiste de la France des XIXe et XXe siècles, Sudhir Hazareesingh analyse ces déchirements français.


    Peut-on parler d’une « guerre des deux gauches » ?

    Même si la gauche en France a toujours été plurielle, l’expression résume bien le moment actuel et elle témoigne de la tendance très française à condenser les grands débats dans une opposition binaire. Car cette discussion est un peu consternante : elle soulève des questions très complexes sur lesquelles on est sommé de choisir son camp. On est soit la « gauche Charlie » soit la « gauche Mediapart ». Or on parle implicitement de sujets qui, certes, ont des liens entre eux, car ils ont trait à la place des musulmans dans la société française, mais qui sont différents : la question sociologique (les banlieues) ; la question idéologique (la laïcité) ; la question culturelle (qu’est-ce qu’être français ?), avec en arrière-plan la question coloniale ; sans oublier la question du terrorisme (quelle lutte efficace ?). Or, sur toutes ces questions, le penchant français à l’abstraction conduit à une regrettable schématisation.

    « Quand on met Tariq Ramadan en face de Caroline Fourest, on peut prédire qu’il y aura des étincelles »

    Cette affaire témoigne aussi d’une certaine montée de la violence verbale dans le discours public. Ce n’est pas neuf : dans les grands moments de la pensée française au XXe siècle, les gens se traitaient de tous les noms, pourtant il y avait de véritables confrontations d’idées. Mais, depuis un certain temps, nous sommes submergés par l’effet « On n’est pas couché » : la violence verbale devient un spectacle.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/15/charlie-contre-mediapart-vu-du-royaume-uni-une-discussion-consternante_5215163_3232.html

  • Cet article n’est pas passé sur indymedia nantes :

    Des modos estiment que ne pas dire explicitement son soutien aux personnes agressées par Ramadan c’est ne pas être solidaire et que l’UFJP instrumentalise cette histoire de la même façon que ceux qu’ils dénoncent.

    Alors que d’autres estiment que faire porter une non-solidarité implicite à ce texte participe du même fonctionnement qui est (très mal) dénoncé : détourner l’attention d’un problème en sur-visibilisant un autre sujet.

  • debord gourou sectaire conspi pédophile avant-gardiste
    internationale situ = poubelle de l’histoire

  • 15 novembre 17:49

    Que bboykonsian aka b-boys cons et chiants se soit spécialisée dans la lutte contre les méchant-e-s islamophobes pour la pensée islamo-gaucho … explique qu’elle soit devenue un petit groupe de rap coupé des autres composantes du mouvement libertaire, et accumulant même scissions sur scissions.

    Ça ne la dispense pourtant pas, quand elle prétend présenter une « analyse » datée et soit-disant libertaire, de tenir compte de l’avis des autres, c’est ce qui différencie en principe les libertaires des staliniens et des maos.

    Or, faire une analyse de l’islamisme entièrement à décharge, en la faisant passer pour une vertu en accord avec l’anarchisme mais en occultant totalement ce que des anarchistes ont dit sur le sujet, c’est tout simplement une malhonnêteté intellectuelle digne du jésuitisme et de la langue de bois.

    Ceux qui ont signé les articles (voir ci-dessus) sont-iels des « islamophobes », à la différence des immaculées islamophiles islamo-gauchos bboykonsian aka les b-boys cons et chiants ?

  • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique.

    A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.

    En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical.

    Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages.

    La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains.

    La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

      • Jordi Vidal
      • -Résistance au chaos-2002
      • « Un nouveau mot a été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l’islamophobie. »

    (dans Joseph Anton. Une autobiographie, Plon, 2012, chap. 6) :
    une citation de

    - > Salman Rushdie

  • « Il n’y a pas de plus grande force idéologique contre-révolutionnaire que le christianisme sous toutes ses formes, si ce n’est l’islam ! »

    Guy Debord

    , Correspondance, volume 3, 1965-1968, p. 40.

  • Article refusé par les modérateurs
    Raison du refus :
    troll

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article15874&lang=fr

    Article refusé par les modérateurs
    Raison du refus :
    troll

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article15877&lang=fr

    Article refusé par les modérateurs
    Raison du refus :
    troll

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article15879&lang=fr

    Article refusé.

    Publié : le samedi 28 octobre 2017 à 13:52 par modo

    Refuser comme le précédent, pour les mêmes raisons : encore une fois, Fourest n’est pas la bienvenue ici.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38966

    Article refusé.

    Publié : le samedi 28 octobre 2017 à 18:03 par modo

    Toujours pour les mêmes raisons.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38967

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 29 octobre 2017 à 22:58 par modo

    trollage / spammage / harcèlement.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38980

    Article refusé.
    Publié : le lundi 30 octobre 2017 à 10:58 par modo

    harcèlement de troll

    https://nantes.indymedia.org/articles/38983

    Article refusé.

    Moderation

    Publié : le dimanche 12 novembre 2017 à 00:01 par modo

    ça fait un moment maintenant qu’on laisse "VSGCI" critiquer à sa guise tout ce qui n’est pas CCI sans intervenir, mais là, faut intervenir à nouveau. critiquer ne veut pas dire cracher, mépriser, encore moins traiter les gens d’autistes : ça n’est pas une insulte mais du validisme et de toute façon les insultes ne sont pas admises par ici. merci de faire attention à ne pas tout confondre.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38724#comment-283936

    Article refusé.

    Publié : le mardi 31 octobre 2017 à 11:55 par modo

    SPAM

    https://nantes.indymedia.org/articles/38995

    Article refusé.

    Publié : le mardi 31 octobre 2017 à 20:39 par modo

    assurément une belle tentative de troller

    https://nantes.indymedia.org/articles/38998

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 1 novembre 2017 à 02:38 par modo

    trollage

    https://nantes.indymedia.org/articles/39000

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 8 novembre 2015 à 15:40 par modo

    Ouaip, poubelle.
    Coleman dénonce que " LES « sionistes » cela n’existe pas", mais dénonce aussi les antisionistes, qui semblent se limiter à Stambul, voire l’UFJP.
    A Indy Nantes on soutient la lutte palestinienne, et cet article est trop malhonnète pour alimenter un débat compliqué.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32335

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 10 juin 2016 à 14:38 par modo

    Mettre dans le même panier un ensemble de gens qui veulent combattre le racisme, en focalisant sur la position d’une des composantes (le PIR) est assez malhonnète. Reconnaître l’existence du concept de "race" chez une partie de la population qui l’emploi dans un but de domination et d’exploitation ne veut pas forcément dire qu’on valide l’existence ce concept. L’argument de l’interclassisme est une des grands classiques lorsqu’on parle des tentatives d’organisation en non-mixité, les féministes l’ont déjà bien entendu de la part des parternalistes. Enfin, parler de "colonisation" des représentations, c’est plutôt dégueulasse.

    https://nantes.indymedia.org/about/Racisme?page=5

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 27 mai 2016 à 16:10 par modo

    Merci au Remouleur d’être intervenu, je me doutais vaguement d’un truc comme ça à la lecture de l’intro et surtout la certitude d’un énième import de conflit avec l’avalenche de commentaires, sauf que vraiment pas le temps de chercher plus loin.
    Du coup comme on a pour principe de pas modifier les textes, je le refuse.
    Pour infos aux personnes qui s’amusent à troller indymedia nantes on va prendre de moins en moins de gants et d’attention histoire de retirer un maximum de votre nouriture.

    https://nantes.indymedia.org/articles/34746

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 14 septembre 2017 à 15:31 par modo

    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme".
    Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38448

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 6 septembre 2017 à 10:18 par modo

    Troll
    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme".
    Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38494

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 26 juillet 2017 à 17:42 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    Ceci n’est pas un article...

    https://nantes.indymedia.org/articles/38258

    Article refusé.

    Publié : le mardi 3 novembre 2015 à 13:46 par modo

    Article refusé. Critiquer c’est bien, mais se baser sur des amalgammes et des propos mensonger pour les mélanger avec des faits réels et ainsi faire du confusionisme, c’est non.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32296

    Article refusé.

    Publié : le lundi 30 novembre 2015 à 15:29 par modo

    Article refusé et commentaires invisibilisés.
    Tant que Yves Colleman, mondialisme.org, non fides entretiendront une polémique stérile sur le mode confusionisme en orientant toutes leurs publications sur les "vilain-e-s faux anarchistes libertaires qui ne condamnent pas le PIR et les vilain-e-s PIR qui ne représentent personne, ne sont personne mais font exister le pire risque de la terre de l’univers : le racisme anti-blanc" (et encore je fais court), ils ne seront plus les bienvenus sur indymedia nantes pour ce qui me concerne.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32523#comment-274475

    Article refusé.

    Publié : le mardi 25 juillet 2017 à 23:03 par modo

    Ceci n’est pas un article... et sans doute un trollage.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38255

    Article refusé.

    Publié : le mardi 25 juillet 2017 à 22:53 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38254

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:37 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38190

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:39 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38189

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:41 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38188

    Article refusé.

    Publié : le samedi 15 juillet 2017 à 15:56 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38186

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:38 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38185

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:39 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38182

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 13 juillet 2017 à 23:01 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38172

    Article refusé.

    Publié : le mardi 11 juillet 2017 à 21:01 par modo

    TROLLAGE RELOU.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 7 juillet 2017 à 15:21 par modo

    spam de trollage....

    https://nantes.indymedia.org/articles/38140

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:13 par modo

    trollage..................

    https://nantes.indymedia.org/articles/38135

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:06 par modo

    trollage. les explications ont été données à chaque fois. Les "anti-racialistes" et les trolls n’ont pas leur place sur indymedia.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38133

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:05 par modo

    trollage. les commentaires qui nourrissent le(s) troll(s) ont été viré aussi.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38132

    Article refusé.

    Publié : le mardi 4 juillet 2017 à 15:37 par modo

    spam trollesque....

    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Article refusé.

    Publié : le mardi 4 juillet 2017 à 16:53 par modo

    trollage

    https://nantes.indymedia.org/articles/38117

    Article refusé.

    Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 21:51 par modo

    spam.

    pour rappel : " sauf à dénoncer PLUSIEURS types de courants politiques et/ou types de courants religieux oposés à l’émancipation, en l’état un tel article n’est qu’un trollage islamophobe de plus.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38115

    Article refusé.

    Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 21:53 par modo

    Enième trollage.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 30 juin 2017 à 19:27 par modo

    ce compte-rendu technique de quelques partis trop bien choisis n’a pas de rapport avec indymedia nantes. sauf à dénoncer plusieurs types de courants politiques et types de courants religieux oposés à l’émancipation, en l’état un tel article n’est qu’un trollage islamophobe de plus.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38109

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 28 juin 2017 à 22:33 par modo

    Trollage confusioniste.

    Les amis de Juliette et du printemps semblent avoir du temps à perdre à faire passer pour "identitaires" "racistes" toute personne personne qui diffuse des textes qui ne lui reviennent pas
    nous on a autre chose à faire que faire des enquêtes de purisme des auteurs de la Fabrique qui publie bien ce qu’elle veut. et faire un raccourci "PIR, LMSI, BDS, CRAN" est assez puant.
    Pour faire court, les "anti-racialistes" ne sont pas les bienvenus sur indymedia nantes.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38096

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 22 juin 2017 à 20:12 par modo

    HAAAAAAAAA les joies du trollage... mais allez jouer ailleurs au lieu de semez vos gerbes anti palestinien-ne-s ici.... On vire un commentaire du même troll pour le coup encore plus gerbant.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38053

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 16 juin 2017 à 07:08 par modo

    Trollage. Z’avez vraiment que ça à faire ?

    https://nantes.indymedia.org/articles/38009

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 15 juin 2017 à 12:32 par modo

    Vieux texte de Novembre 2016 posté ici manifestement dans le but de troller.
    Un commentaire pas tellement plus fin a également été caché.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38002

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 16 juin 2017 à 17:51 par modo

    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme". Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/37999

    Article refusé

    Publié : le dimanche 11 juin 2017 à 17:09 par modo

    Nouvel extrait du brulot "la race comme si vous y étiez", dont plusieurs extraits confusionistes sur la racisme ont déjà été refusés. De plus ces publications servent visiblement de défouloir en comentaires à une / des personnes de Paris qui se comportent en trolls et feraient mieux de régler une fois pour toutes leurs problème sirectement plutôt que troller partout...
    Un autre commentaire sur notre position comme collectiif quand à la lutte des personnes racisées sera ajouté bientôt.

    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 8 juin 2017 à 21:27 par modo

    en fait c’est un copié-collé d’un vieil article uniquement là pour troller et nous faire astturer sur le sujet, donc hop, refusé !

    https://nantes.indymedia.org/articles/37951

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 20 novembre 2015 à 12:43 par modo

    Encore un texte en provenance de Non Fides qui, sous couvert de critiquer la religion, ne s’en prend qu’à une partie très ciblée des "religieux". En poussant un tout petit peu plus loin la rétorique simpliste, pourquoi ne pas dire que tous les humains, avec tous leurs types de croyances qui ne sont pas que religieuses, sont compromis dans les attentats terroristes ? La boucle serait bouclée autour du nombril et Non fides commencerait peut-être à pratiquer un peu d’auto-critique pour, qui sait, enfin abandonner l’élitisme crasse du statut d’élus de la seule vraie pensée pour lesquels ils tentent désespérément de se faire passer.

    En attendant ce type de texte assimilant, par la monomanie et la confusion, exclusivement tous les musulmans pour de potentiels terroristes, est bien évidemment refusé.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32428

    Cet article est refusé :

    Rappel des [principes de publication sur Indymedia Grenoble->

    Sont refusées, mais restent consultables sur le site, les contributions :
    défendant des thèses conspirationnistes/complotistes/confusionnistes.

    « Cette idéologie séparatiste insufflée par le NPA et le Qatar »

    C’est moi, ou ça pue le confusionnisme ? ou, à tout le moins, un certain manque de contextualisation et d’argumentation qui peut faire passer l’article comme tel ?

    Par ailleurs, Indymedia en général et Indymedia Grenoble en particulier ne me semblent en général pas particulièrement être un endroit où se défendent les « principes républicains ».

    En plus la page Facebook donne plus l’impression d’être une vaste blague qui cherche à se moquer des anti-racialisateur sur le mode du Gorafi, mais… en fait il semble qu’il s’agisse vraiment de gens sérieux (et si c’est en effet le cas, ils sont vraiment cons). Ça fait un peu peur.

    https://grenoble.indymedia.org/2017-07-06-Defendre-la-liberte-d-expression

    Cet article est refusé :

    Article copié/collé depuis Indymedia Bruxelles et Indymedia Nantes, par ailleurs classé dans aucune catégorie.

    Indymedia Grenoble n’est pas un réceptacle à articles copiés-collés, ni mediaslibre.org, ni rezo.net. Merci d’avance de prendre ceci en compte !

    Nous voulons vraiment re-privilégier fortement la production d’une information locale et d’articles originaux.

    Nous tenons à rappeler que la masse de contenus non-appropriés à modérer est l’une des raisons pour laquelle l’équipe précédente a fini par abandonner le site l’année dernière, avant de passer la main.

    Il serait courtois de la part des « contributeurs » d’en prendre compte.

    Merci d’avance.

    https://grenoble.indymedia.org/2017-06-29-Les-positions-bourgeoises-de-l

  • Les accusations portées contre l’islamologue Tariq Ramadan font depuis plusieurs jours la « Une » des journaux. Personnage médiatique, controversé en France mais honoré en Angleterre (il enseigne dans la prestigieuse université d’Oxford), les plaintes déposées contre lui ne pouvaient pas passer inaperçues : deux femmes l’accusent de viol. Et l’une d’elles, Henda Ayari, a témoigné à visage découvert à la télévision : elle raconte comment Tariq Ramadan, après des échanges sur Facebook, puis par Skype, lui a donné rendez-vous dans une chambre d’hôtel, où il l’a violée. Elle explique également que pour justifier son comportement méprisant, insultant, brutal et symboliquement assassin, il lui a dit, après coup, qu’elle n’avait eu que ce qu’elle méritait, ce qu’elle voulait, puisqu’elle avait décidé de retirer son voile.

    Tout part en effet d’une histoire de voile : autrefois salafiste, mariée à un homme qui la soumet, la maltraite, Henda Ayari a divorcé, puis s’est éloignée de l’islam rigoriste, jusqu’à décider d’enlever son voile - « faute » que Ramadan lui aurait donc fait payer en la violant. C’est pourquoi le jeu de mot s’impose : « voilée ou violée », telle est l’alternative laissée aux femmes musulmanes. Le récit d’Henda Ayari confirme ainsi avec fracas les accusations portées depuis longtemps contre Tariq Ramadan, à savoir que sous couvert d’un discours se voulant réformiste, rationaliste et progressiste se cache une réalité sexiste, fondamentaliste et violente. Ce fut notamment le cheval de bataille de Caroline Fourest. La journaliste d’investigation dénonçait en effet un « double discours » : Ramadan expliquerait aux européens une chose, aux musulmans son contraire, autrement dit il tiendrait un discours « éclairé » en certaines occasions, « obscur » en d’autres. Elle accusait aussi l’enseignant à Oxford d’être un « imposteur ». Mais en guise de preuves, Fourest n’avait jusqu’alors rien pu fournir de probant, précisément, sinon des citations tronquées. La preuve matérielle qui manquait est finalement venue de la bouche de Henda Ayari : Ramadan lui a tenu un discours « obscur » dans une chambre d’hôtel, et ses agissements furent plus « obscurs » encore…

    Fourest explique aujourd’hui qu’elle savait, qu’elle avait recueilli depuis longtemps les témoignages de plusieurs femmes mais que la crainte de représailles les empêchant de dénoncer publiquement leur agresseur, elle était elle-même contrainte au silence. Lors d’un débat avec Ramadan dans une émission de Frédéric Taddeï en 2009, elle y aurait toutefois fait allusion, comme elle l’explique sur son blog :

    « Je me souviens de son regard quand j’ai souligné avec une très légère ironie (que lui seul pouvait comprendre) qu’il défendait une vision extrêmement moraliste de la sexualité « en discours », et qu’il devait bien sûr se l’appliquer à lui-même… A la fin du débat, deux de ses proies, dont celle qui vient de raconter courageusement l’atrocité des sévices qu’elle a subis, se sont levées pour me dire « bravo » et « merci », devant lui. Tariq Ramadan se démaquillait en parlant avec son ami Taddeï. Il s’est décomposé. Je n’oublierai jamais son regard, livide et défait. Ce jour-là, il a su… Qu’un jour tout se saurait. [1] »

    Lors de l’émission de Taddeï, la journaliste d’investigation glisse en effet une remarque teintée d’ironie au sujet de la vie privée de Ramadan, « évidemment » en accord avec son discours… Mais il n’est pas question de « sévices », il est question de relations extra-conjugales. Qui est sensible à l’ironie de Fourest se dit alors que Ramadan, s’il prêche en public une sexualité exclusivement conjugale, ne s’interdirait pas, en privé, des aventures extra-conjugales. Rien ne laisse en revanche deviner « l’atrocité des sévices », l’ironie de Fourest, sourire en coin, n’en laissant rien transparaître. Il est vrai qu’en matière de sexualité, il est difficile de faire la part des choses, ce qui déplaît aux uns pouvant plaire aux autres. C’est du reste pourquoi le seul critère qui vaille est le consentement de chacun. Et à ce sujet le témoignage d’Henda Ayari est sans équivoque : elle a dit « non », il l’a violentée et violée. Fourest avait donc raison depuis près de dix ans : ce soi-disant musulman éclairé est un « porc ». Et honte à ceux qui, durant toutes ces années, ont pris la défense d’un « porc » malgré les preuves d’ores et déjà apportées par le livre de Fourest. C’est la conclusion du texte paru sur son blog :

    « Je n’oublie pas ceux qui ont continué à le mettre à l’antenne pour faire de l’audience et à le présenter comme un intellectuel (alors que son imposture universitaire était prouvée et que mon livre détaillait la portée intégriste de son double discours). Ceux-là portent la responsabilité de l’avoir laissé séduire la jeunesse musulmane d’Europe, même après le 7 janvier et ses commentaires ignobles sur Charlie. Sans vouloir réfléchir à leur métier. Par complicité virile, parfois par paresse ou naïveté, ils ont nourri un monstre qui a fait reculer les droits des femmes et la laïcité dans les esprits, mais aussi brisé quelques vies. »

    Le problème est que le témoignage d’Henda Ayari est tout récent et qu’en ce qui concerne le livre de Fourest écrit il y a près de dix ans, il n’est pas probant. De fait, si une chose est acquise, c’est que Ramadan, quoi qu’on en pense, est un intellectuel, ce qui est moins le cas de Fourest. (Aussi, quitte à reprocher à Edwy Plenel d’avoir discuté publiquement avec Ramadan, ou à Edgar Morin d’avoir co-signé un livre avec lui, autant reprocher aux consommateurs de l’industrie du spectacle d’engraisser les comptes en banque de Weinstein). Ce qu’il reste à déterminer, c’est la question de l’innocence ou de la culpabilité de Ramadan dans ces deux affaires de viol. Que faut-il en penser ? D’un côté, il y a le témoignage de deux femmes, que nous n’avons moralement pas le droit de mettre en doute (jusqu’à preuve du contraire), parce que ce serait les rendre coupables d’une faute grave : la dénonciation calomnieuse. De l’autre, il y a le témoignage d’un homme, Tariq Ramadan, qui clame son innocence par la voix de ses avocats, témoignage que nous n’avons moralement pas le droit de mettre en doute (jusqu’à preuve du contraire), parce que ce serait le rendre coupable d’un crime dont il est présumé innocent. Ne reste donc plus qu’à se taire, en attendant que la Justice tranche. Hélas, on risque fort d’en rester là : la parole de l’une contre la parole de l’autre. Et si c’est le cas, Ramadan sera vraisemblablement innocenté, « faute de preuves… ». On devine aisément qui en tirera tout le bénéfice : les grenouilles.

    Les grenouilles sont une plaie d’Egypte. Les plaies d’Egypte, au nombre de dix, ne sont pas des châtiments arbitraires tombés du ciel mais des signes, des symptômes, en l’occurrence une invasion de grenouilles, expression d’une terre livrée au bruit, d’un monde devenu inaudible, illisible et finalement impraticable hormis, peut-être, les chemins tracés par le courant. Mais précisément, comme dit la sagesse populaire, notamment alsacienne : « seuls les poissons morts vont dans le sens du courant ». Tâchons donc, dans la mesure de nos moyens, de rester vivant, ou du moins, pour ce qui concerne « l’affaire Ramadan », d’y introduire un minimum de lisibilité, en attendant – l’espoir fait vivre - que Justice soit faite.
    ***

    Comme précisé ci-dessus - mais il est bon d’y insister - il revient à l’institution judiciaire de trancher la question de savoir si Henda Ayari dit vrai ou faux, et conséquemment de savoir si Tariq Ramadan est coupable ou innocent. Et je n’ai, personnellement, strictement rien à dire à ce sujet. En revanche, il est trois éléments dans « l’affaire Ramadan » qui me paraissent d’ores et déjà établis, sans l’ombre d’un doute.

    Le premier élément est relatif au contexte, celui d’une révélation en cascade de harcèlements et de viols, singulièrement dans l’industrie du spectacle, comme en témoignent les dizaines d’accusations portées contre un producteur américain, puis celles de 456 actrices suédoises portées contre des acteurs, metteurs en scène et cinéastes [2] ; si bien qu’on est en droit de se demander si l’idéologie patriarcale et sexiste est d’abord le fait de l’islam rigoriste ou de l’industrie occidentale du divertissement.

    Le second élément est relatif au témoignage de Henda Ayari que Le Parisien présente comme une « ancienne salafiste devenue militante féministe et laïque [3] », sa conversion aux valeurs occidentales ayant notamment eu pour « déclic », à suivre cette fois Le Figaro, les odieux attentats de 2015 : « Le déclic intervient après les attentats de 2015. Elle tire un trait sur son passé salafiste, retire son djilbab et parvient à s’affranchir des milieux islamistes [4] ». Or il se trouve qu’à s’en tenir au témoignage télévisé de Henda Ayari, l’histoire qu’elle raconte est sensiblement différente. Elle explique en effet qu’après son divorce elle a été séparée de ses enfants, ce qui, on l’imagine aisément, la faisait terriblement souffrir. Elle a alors consulté une assistante sociale, laquelle lui a expliqué que si elle voulait obtenir la garde de ses enfants, il lui fallait disposer d’un appartement et donc de ressources financières, et que par conséquent elle devait trouver du travail. À l’époque, Henda Ayari portait le voile. Et l’assistante sociale, soucieuse de l’aider à trouver du travail, lui a vivement conseillé de l’enlever. Henda Ayari est très claire à ce sujet et s’épanche à visage découvert sur BFM-TV : « J’ai porté le voile depuis l’âge de vingt ans, et donc le fait de devoir retirer le voile pour pouvoir trouver du boulot, pour pouvoir retrouver la garde de mes enfants, ça a été pour moi très difficile, très compliqué, beaucoup de culpabilisation [5] ». Elle le redit dans son témoignage sur France 3 Normandie, lorsqu’elle évoque de nouveau l’état de détresse dans lequel elle se trouvait à l’époque de sa rencontre avec Ramadan : « C’est ça, c’est vraiment cette souffrance avec la séparation de mes enfants, qui a fait que je me sentais très fragile, et aussi le fait de retirer le voile, parce que moi j’ai été obligée, enfin… [elle s’interrompt, puis reprend] voilà, j’ai voulu récupérer la garde de mes enfants, et pour ça il fallait que je trouve un boulot, et pour trouver un boulot, eh bien il a fallu que je retire le voile, parce que c’était très compliqué avec le voile, donc je culpabilisais [6] ». Que Tariq Ramadan ait brutalisé et violé Henda Ayari, ou qu’il ait eu avec elle des rapports consentis, ou qu’ils n’aient pas dépassé le stade de la pâtisserie orientale, c’est à l’institution judiciaire de trancher. En revanche, on peut d’emblée tenir pour vrai le témoignage de cette femme relatif à la séparation d’avec ses enfants et au fait qu’elle a été « obligée » de retirer son voile afin de trouver du travail, obligation dont elle a souffert : « ça a été pour moi très difficile, très compliqué, beaucoup de culpabilisation ». D’autres femmes, comme elles, ont été contraintes de retirer leur voile, pour aller à l’école, trouver du travail, s’insérer dans la société, etc., ce qui a dû être « très difficile, très compliqué, beaucoup de culpabilisation ». Mais qui s’en émeut ? L’histoire que les médias vous racontent est d’une tout autre facture : une femme autrefois salafiste s’est aujourd’hui libérée de l’islam ; elle est vêtue de cuir, épanouie, dévoilée, sexy et heureuse, si ce n’était le viol commis par un prédicateur musulman qui juge qu’une femme doit être « voilée ou violée ». On se croirait dans un mauvais téléfilm. Mais la réalité dépasse parfois la fiction, c’est vrai. Toujours est-il qu’en l’état actuel des choses, le seul élément qu’on puisse considérer établi par le témoignage télévisé de Henda Ayari, c’est que dans la France du XXIe siècle, la liberté qu’on accorde à une musulmane mariée à un salafiste est la suivante : « ou bien tu restes chez toi à t’occuper de tes enfants pendant que ton mari travaille (s’il a lui-même trouvé du travail malgré sa barbe et sa djellabah) ; ou bien tu quittes ton mari sans retirer ton voile, mais en ce cas on te retire la garde de tes enfants ; ou bien tu retires ton voile, tu raccourcis ta jupe, bref t’occidentalises et alors tout ira mieux. (Tu pourras même – qui sait ? - faire carrière au cinéma…) ». Appelons cela une islamophobie structurelle, singulièrement violente, et sexiste.

    Le troisième élément établi avec certitude est le rôle que certains attribuent au « sionisme » dans cette affaire, comme en témoigne, à suivre différents médias, l’intitulé d’un texte paru sur le site de l’Union française des consommateurs musulmans : « Tariq Ramadan face au sionisme international ». C’est un autre versant de la xénophobie : l’étranger n’est pas, cette fois, la femme musulmane voilée, c’est le juif-sioniste-comploteur, dominateur et argenté, dont un avatar, ou rejeton, est cet « enfant coiffé d’une kippa » que vous aurez un jour croisé à Paris, ou Toulouse.

    Je ne sais pas ce que l’enquête policière, puis le jugement s’il y en a un, parviendront à établir avec certitude, mais je crains fort qu’en guise de vérité on doive se contenter de ce qui est d’ores et déjà acquis : la parole de l’une contre celle de l’autre. Henda Ayari a-t-elle été violée ou Tariq Ramadan calomnié ? Nous ne saurons vraisemblablement pas. Ce que nous aurons su, en revanche, c’est que sexisme et xénophobie sont liés et qu’ils stigmatisent et violentent aujourd’hui en France, aux Etats-Unis ou en Suède. Aussi, puisqu’on nous invite, ces derniers temps, à balancer notre porc, je balance le mien : l’islamophobe et le judéophobe sont les deux faces d’une même perversion. Et j’ajoute qu’à ce sujet également il n’y a pas grand-chose à attendre de l’institution judiciaire. C’est à nous qu’il revient de penser, de parler et d’agir, du moins si nous n’entendons pas céder à l’idéologie dominante, laquelle nous enjoint en effet, comme l’a écrit Gilles Châtelet, de « vivre et penser comme des porcs ».

    [1] https://carolinefourest.wordpress.com/2017/10/28/laffaire-ramadan/

    [2] Voir notamment sur le site du journal Le Monde : http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/11/09/agressions-sexuelles-456-actrices-suedoises-accusent_5212786_3214.html

    [3] http://www.leparisien.fr/faits-divers/affaire-tariq-ramadan-la-deuxieme-plaignante-a-ete-entendue-mercredi-09-11-2017-7382949.php

    [4] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/11/07/01016-20171107ARTFIG00323-accusations-de-viols-contre-tariq-ramadan-comment-l8216affaire-a-eclate.php

    [5] https://www.youtube.com/watch?v=tTl-AV5ODsw&t=177s

    [6] https://www.youtube.com/watch?v=LIk5IfiLzi4&t=327s

  • Il fut pourtant un temps, pas si lointain, où Charlie et Mediapart s’entendaient bien. En 2008, Caroline Fourest faisait son apparition sur le site, lors d’Etats généraux de la presse, « au temps où les deux médias défendaient les mêmes valeurs », se souvient l’essayiste. En septembre 2012, le magistrat Jean-Yves Monfort, spécialiste reconnu du droit de la presse, assiste à un colloque organisé au Havre pour le quarantième anniversaire de la loi Pleven contre le racisme. Avec lui, la chroniqueuse de France Inter Sophia Aram et Fabrice Arfi ainsi que Charb, celui que les frères Kouachi voulaient tuer en priorité. Le retour s’était fait à quatre.

    « Je garde un merveilleux souvenir de ce voyage où le train s’arrêtait à toutes les stations, comme les diligences de Maupassant, raconte Monfort. Nous venions tous les quatre d’horizons différents, mais en refaisant le monde, on réalisait qu’on partageait pas mal de vues. »

    Sur les murs des locaux de Mediapart, des dessins joliment encadrés de Charb et de Tignous, deux des victimes de l’attentat de 2015, attestent aussi de la bonne entente passée. Sur l’un d’eux, un type, seul chez lui, devant son ordinateur. Sa femme passe une tête : « Tu fais quoi chéri ? » « Euh… je m’informe sur Mediapart. » Sur un autre, un Nicolas Sarkozy discourant doctement de « la France qui se lève tôt ». Une figure commode, Sarkozy, un bouc émissaire idéal pour tenir les morceaux de deux gauches déjà en bisbille : l’une (Charlie) tenante d’une laïcité ultra-stricte, l’autre (Mediapart) allant jusqu’à parler de « racisme d’Etat » en France. Le temps d’un quinquennat, le schisme qui menace la gauche est mis sous le boisseau.

    « Tout a pourtant commencé il y a dix ans, après le meurtre d’Ilan Halimi »

    , analyse le sociologue Philippe Corcuff, un ancien de Charlie, quoiqu’il tienne maintenant un blog sur Mediapart.

    « Lors des attentats contre la rue Copernic – quatre morts devant une synagogue parisienne en 1980 –, la gauche entière avait défilé, poursuit-il. Après ce meurtre, la Ligue communiste révolutionnaire a choisi de ne pas manifester ; c’était le premier coup de boutoir porté à l’antiracisme légendaire. Rien non plus dans la gauche radicale après le massacre de Mohamed Merah dans une école juive de Toulouse.

    On assiste depuis à une guerre sourde entre anti-islamophobie et antisémitisme, comme s’il y avait concurrence, Cette bagarre atomique entre Mediapart et Charlie en est aussi le reflet déformé. »

    conclut l’universitaire.

  • Une série d’usages identitaristes opposés de « l’affaire Ramadan », sans guère de rapports avec la légitime indignation féministe, sont révélateurs des manichéismes dominant les débats publics aujourd’hui, dans la logique d’une concurrence des antiracismes entre lutte contre l’islamophobie et combat contre l’antisémitisme.

    L’islam, l’antisémitisme, la libération de la parole face aux violences sexuelles : des bouts successifs de notre actualité sont amalgamés par des entrepreneurs en préjugés.

    Des essences maléfiques écrasent les complications et les contradictions du réel dans les polémiques publiques.

    Une gauche intellectuellement et politiquement à bout de souffle s’en trouve un peu plus déboussolée.

    Valls : un politicien loser en islamophobie

    Un ex-Premier ministre « socialiste », incarnant la trahison de la parole donnée, prend pour cibles Mediapart, Les Inrockuptibles et le Bondy Blog en assimilant de manière grotesque l’expression passée d’un intellectuel musulman controversé et les plaintes actuelles pour viol le visant (1). Lorsque DSK était accusé du même crime, Manuel Valls se préoccupait pourtant davantage de l’ancien patron du FMI que de sa victime présumée. Ainsi, il qualifiait les images de DSK menotté de « cruauté insoutenable » devant Jean-Michel Apathie sur RTL le 16 mai 2011 (http://www.rtl.fr/actu/politique/manuel-valls-dsk-menotte-des-images-d-une-cruaute-insoutenable-7686731056#ampshare=http://www.rtl.fr/actu/politique/manuel-valls-dsk-menotte-des-images-d-une-cruaute-insoutenable-7686731056), sans un mot pour Nafissatou Diallo.

    Au-delà d’un loser cherchant à rebondir dans le marigot politicien, la galaxie des néocons’ « de gauche », avec les Caroline Fourest et autres Laurent Bouvet, s’agite médiatiquement en consolidant les passages islamophobes entre « islam », « islamisme » et « djihadisme ».

    L’antisémitisme invisibilisé dans certains secteurs de la gauche

    Dans le même temps, du côté de défenseurs de Tariq Ramadan au sein des réseaux sociaux, les vannes de la haine antisémite sont ouvertes. « Complot sioniste » et/ou « complot juif » : les chemins du conspirationnisme judéophobe, largement frayés historiquement, sont réactivés. Là aussi des amalgames essentialistes occupent le terrain du manichéisme : entre « État d’Israël », « sionisme » et « juifs ».

    Or les défenses contre l’antisémitisme ont été affaiblies au sein de secteurs de la gauche ces dernières années. Certains, comme le groupusculaire mais médiatique Parti des indigènes de la République, ont exprimé une compréhension teintée de complaisance à l’égard des dérives de Dieudonné et des crimes de Mohamed Merah. En mars 2015, le PIR a même lancé le thème ambigu du « philosémitisme d’État », susceptible d’être entendu comme un équivalent du funeste « lobby juif » (voir http://www.grand-angle-libertaire.net/indigenes-de-la-republique-pluralite-des-dominations-et-convergences-des-mouvements-sociaux-philippe-corcuff/). D’autres ont participé à relativiser l’antisémitisme et sa recrudescence depuis le meurtre d’Ilan Halimi en janvier-février 2006, dont la stèle en son hommage vient une deuxième fois d’être vandalisée à Bagneux (Hauts-de-Seine). Par exemple, le penseur critique Frédéric Lordon fait principalement de l’antisémitisme une accusation visant à disqualifier les adversaires du « système » dans Le Monde diplomatique d’octobre 2017 (« Le complot des anticomplotistes », https://www.monde-diplomatique.fr/2017/10/LORDON/57960).

    Le poison du « politiquement incorrect »

    Dans le cas de la gangrène islamophobe comme de celui du poison antisémite, l’installation publique de manichéismes concurrents a bénéficié du développement d’une compétition des antiracismes, entre lutte contre l’antisémitisme et combat contre l’islamophobie. Et chez certains intellectuels, pris par les passions tristes du « politiquement incorrect », une morale de l’irresponsabilité participe à mettre de l’huile dans les mécanismes de ces dérèglements idéologiques.

    Pourtant, la gauche possède des ressources historiques afin de résister à la progression d’un tel brouillard confusionniste qui fait le jeu d’un ultra-conservatisme aux facultés renforcées d’aimantation idéologique et politique. Les Lumières du XVIIIe siècle, quand elles ne sont pas transformées en dogmes antireligieux ou en revendication coloniale d’un prétendu monopole français sur l’universel, ne nous ont-elles pas appris que penser contre soi-même aide à penser par soi-même ? La raison critique ne devrait-elle pas instiller le goût de l’observation du réel et de ses nuances ? La radicalité, depuis Marx, ne s’efforce-t-elle pas de saisir les racines emmêlées de nos problèmes ? L’intrication de rapports sociaux de domination que nous (re-)fabriquons quotidiennement dans une demi-conscience n’est-elle pas davantage à considérer que la démarcation supposée intangible de figures du Bien et du Mal, qui constituent deux pôles empiriquement exceptionnels ? Maurice Merleau-Ponty écrivait en 1960 dans Signes (Gallimard) : « Le mal n’est pas créé par nous ou par d’autres, il naît dans ce tissu que nous avons filé entre nous et qui nous étouffe. »

    Du voile à Detroit : les nuances du réel

    Être davantage sensibles aux polyphonies de la vie ordinaire comme à l’intelligence critique des meilleures fictions populaires nous fournirait aussi d’utiles contrepoisons aux brouillages actuels. Cela rejoindrait la culture de l’enquête propre aux sciences sociales, dans leur attention au caractère composite de la réalité socio-historique et à la pluralité des facteurs explicatifs. Arrêtons-nous sur deux exemples récents.

    Dans la cafétéria de Sciences-Po Lyon, il y a quelques semaines, j’entends derrière moi une étudiante s’adresser à des camarades à peu près ainsi :

    « La recherche c’est vraiment chercher. Il ne faut pas partir de réponses dès le départ. Ce serait malhonnête intellectuellement. »

    Je me retourne : il s’agit d’une jeune femme voilée. Un tel rationalisme critique en acte, ouvert aux surprises de l’observation, pourrait apparaître déroutant pour ceux qui voient nécessairement dans le voile une « aliénation » religieuse opposée à la raison ou une chape de plomb interdisant l’autonomie des femmes.

    Dans Detroit, encore sur nos écrans, la cinéaste Kathryn Bigelow tente d’éclairer avec un sens rare du rythme, entre sources documentaires et fictionnalisation, des émeutes réagissant à la ségrégation raciale survenues à Détroit en juillet 1967. Y est bien montré le poids structurel de la domination, autorisant la violence raciste parmi les forces de police, mais pas dans une logique déterministe, avec une part donnée à la dynamique aléatoire des événements et à la pluralité identitaire des personnages. On pense à la Sociologie des crises politiques (Presses de Sciences Po, 1986) du chercheur Michel Dobry dans son articulation originale du structurel et du situationnel, bien loin du « danger sociologique » stigmatisé aujourd’hui du point de vue d’une vision irénique des sociétés contemporaines.
    Dans ces deux exemples, ce sont aussi les singularités individuelles, en tant qu’entrecroisements uniques de fils collectifs diversifiés, qui se détachent. Individualités qui sont niées par les manichéismes concurrents et qui devraient être davantage chéries dans nos sociétés à idéaux démocratiques.

    (1) Le 5 novembre, Manuel Valls a déclaré au Grand Rendez-Vous Europe 1-les Echos-CNews : « Quand une partie de la presse progressistes, une presse de qualité – je pense aux Inrockuptibles, au Bondy Blog – quand on reçoit et quand on a reçu Tariq Ramadan, y compris sur Europe 1 (...), alors on abdique. » Et aussi : « Il faut que la vérité éclate sur ce soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamiste, qui a fait un mal terrible dans notre jeunesse avec ses cassettes, ses prêches dans nos mosquées, ses invitations sur tous les plateaux, ses amitiés, ses complicités – je pense à Edwy Plenel. Il y a un moment où il faut dire : ça suffit ! »

      • « Il n’y a pas de plus grande force idéologique contre-révolutionnaire que le christianisme sous toutes ses formes, si ce n’est l’islam ! »

    Guy Debord, Correspondance, volume 3, 1965-1968, p. 40.

  • Moix, Attal et la Palestine : un chef-d’œuvre de propagande télévisuelle

    Le samedi 18 novembre, dans l’arène de l’émission d’On n’est pas couché, la présentation d’Utopia XXI, le dernier livre d’Aymeric Caron, a donné lieu à une ahurissante logorrhée du chroniqueur Yann Moix et de l’acteur Yvan Attal. Ils illustrent à merveille ce qu’il est possible d’asséner comme contre-vérités sur le sionisme et la création d’Israël en quelques minutes à la télévision française.

    Le reproche de Moix est double, Caron ne rend pas justice à l’« une des plus belles utopies de l’épopée humaine », le sionisme, et, quand il le mentionne, c’est dans des termes qui lui déplaisent fortement. La phrase incriminée est la suivante : « En 1948, des habitants d’un territoire modeste, mais porteur d’histoire, ont été expulsés de chez eux, privés de leur terre, car des dirigeants étrangers réunis au sein de l’Organisation des Nations unies ont décidé d’installer sur ces terres des réfugiés, issus d’un peuple persécuté depuis toujours, et qu’un dictateur malade venait de tenter d’exterminer. »

    Moix, la désinformation en continu

    Qu’Aymeric Caron n’ait pas fait preuve d’un grand sens de la formule s’entend, mais rien dans ce qu’il y dit n’est faux. Et pourtant, ces quelques mots auront permis à Yann Moix, sous couvert de « débat », de vitupérer les pires âneries et faire office de propagandiste à la petite semaine durant près de dix minutes.

    Moix souligne trois « aberrations ». Il serait trop long de faire le commentaire de ses innombrables approximations et erreurs ou de son obsession à défendre les pires thèses sionistes. Je m’en tiendrai à lui répondre a minima sur ces trois points, sachant que l’exercice est aussi pénible que nécessaire, mais demanderait pour bien faire de revenir sur l’histoire du sionisme et du conflit israélo-palestinien dans le détail.

    La première vise l’expression « dirigeants étrangers ». Si elle est en effet peu heureuse, elle dit bien une vérité : jamais les Palestiniens ou leurs dirigeants ne furent associés, par une organisation qui tente d’incarner le droit à l’autodétermination des peuples, aux décisions concernant leur futur. Le « plan de partage[1] » voté en 1947 est bien le fait de dirigeants étrangers à la Palestine, et fait suite à la décision britannique de céder le mandat de Palestine à l’ONU, que la couronne s’était attribuée au sortir de la Première Guerre mondiale pour se partager avec la France une partie des territoires arabes d’un Empire ottoman sur le point de s’effondrer[2].

    La seconde conteste que les juifs de Palestine aient été autorisés à s’y installer, ce qui laisserait entendre que les immigrants juifs soient dépossédés de toute volonté propre. Moix fait dire à cette phrase ce qu’elle ne dit pas, mais semble méconnaître que leur installation – et parfois leur rejet – en Palestine fut la décision des autorités compétentes, à savoir l’Empire britannique. Et que c’est l’ONU qui décida ensuite d’appuyer les revendications du mouvement sioniste en inscrivant le principe d’un « État juif » dans le plan de partage de 1947.

    C’est aussi la fin de la phrase, reliant la Shoah à la création d’Israël, qui fait bondir le chroniqueur, puisque son auteur se rendrait coupable de prêter quelque vertu créatrice à l’extermination des juifs d’Europe. Là encore, on s’interroge sur la lecture de Moix. S’il est tout à fait inexact de faire remonter la naissance du sionisme et de l’immigration juive en Palestine à la Seconde Guerre mondiale (ce que Caron ne fait pas), il faut être particulièrement de mauvaise foi pour ne pas comprendre que le plan de partage de 1947 est une sordide tentative de répondre au génocide des juifs européens, en faisant porter les conséquences (territoriales) de la création d’un État juif aux habitants de Palestine.

    Yann Moix n’aura rien dit de juste ou de pertinent, mais il aura joué à merveille le rôle de garde-chiourme télévisuel qui entend faire taire toute critique à l’égard du récit sioniste de la création d’Israël. Caron tenta vainement de lui répondre en disant : « Oui ou non, l’État d’Israël s’est-il créé dans des conditions extrêmement douloureuses pour beaucoup de gens ? Oui ou non, il y a-t-il eu à ce moment-là 900 000 Palestiniens qui ont été expulsés de chez eux » ?

    Yvan Attal, le "juif de service" ?

    Là intervient Yvan Attal, qui s’invite dans le débat pour y asséner une énorme contre-vérité : « Par qui ils ont été expulsés ? Par les Israéliens ? C’est la Syrie, la Jordanie et tous les voisins arabes qui ont appelé les Palestiniens à quitter leurs maisons ».

    La mise en cause de la responsabilité des pays arabes dans l’exode de 700 à 900 000 Palestiniens en 1948 fait partie des mythes fondateurs du roman national israélien. Il a ceci de commode qu’il exonère Israël de sa responsabilité, faisant oublier au passage que ces mêmes Palestiniens habitaient villes et villages qui furent rasés (les chiffres vont de 400 à plus de 600, suivant la période prise en compte et la précision du cadastre).

    Mais depuis la fin des années 1980, une série d’ouvrages publiés par ceux que l’on qualifiera de « nouveaux historiens » israéliens[3] met à mal ce récit. Dans la foulée de l’invasion du Liban en 1982, qui a vu la société israélienne s’interroger sur ses crimes, et suite à l’ouverture des archives militaires de 1948, ces historiens vont méthodiquement mettre au jour la responsabilité des milices sionistes, puis de l’armée israélienne, dans l’expulsion forcée des Palestiniens. Quarante ans plus tard, historiographies israélienne et palestinienne semblaient enfin se rejoindre dans l’écriture de ce que les uns appellent la guerre d’Indépendance et les autres la Catastrophe (Nakba).

    Contrairement à la caricature qui en est faite, cette « nouvelle » histoire n’est pas uniquement le fait d’historiens de gauche et antisionistes. Après de violents débats, la droite israélienne a su faire sien ce récit en regrettant toutefois que l’expulsion n’ait pas été complète, ce qui aurait réglé une fois pour toutes la question israélo-palestinienne. Dans l’Israël des années Oslo, le récit des nouveaux historiens participe d’une réécriture de la mémoire collective israélienne. Mais à la fin de la décennie 1990, avec l’effondrement du mirage du « processus de paix » et le déclenchement de la seconde Intifada, la société israélienne et ses dirigeants reviennent à une lecture plus idéologisée de leur histoire.

    Le débat a cependant bel et bien existé et très largement au-delà des cercles académiques. Ignorant la production historique des trois dernières décennies, Yvan Attal ne fait pas seulement la démonstration de son ignorance (au demeurant excusable) quant au déroulé des combats de 1948, il se fait le porte-parole du sionisme le plus obtus. Une fois sa contre-vérité jetée sur le plateau d’ONPC, il énonce sa volonté de ne pas participer au débat en rajoutant : « Vous savez quoi, je vais éviter de faire le juif de service ce soir, je vais vous laisser entre vous ».

    Qu’est-ce donc que ce « juif de service » ? Pour Yvan Attal, il semble que ce soit l’invité, juif, obligé de se coltiner la défense d’Israël. Cette expression est triplement trompeuse. D’une, parce que personne ne l’a invité à prendre part à l’empoignade qui opposait Yann Moix et Aymeric Caron, encore moins ès qualités. L’inverse aurait d’ailleurs été problématique.

    En second lieu, parce qu’il faut se sentir tenu par la propagande israélienne pour assimiler tout juif français (et plus largement non israélien) à la « défense d’Israël ». Outre les nombreuses associations communautaires qui font entendre une voix contraire (comme l’Union juive française pour la paix, pour rester en France), de très nombreux citoyens français de confession juive n’ont absolument aucune envie d’être assimilés à des crimes commis en leur nom, dans un pays qu’ils ne connaissent pas ou peu, par une armée dans laquelle ils ne servent pas et s’exprimant dans une langue qui n’est pas la leur. Qu’Attal considère que le « juif de service » doive défendre – y compris en recourant à la falsification historique – « son » pays est une opinion. C’est également celle d’individus comme Avigdor Lieberman ou de Meyer Habib et plus largement de tous les sionistes décomplexés qui compte enrôler malgré eux les deux juifs sur trois vivant hors d’Israël dans la défense de leurs exactions. Rappelons simplement que nul n’est tenu d’assimiler juif à Israélien sans demander leur avis aux principaux intéressés, et qu’alors il n’y a pas lieu de fantasmer le rôle du « juif de service ».

    Cette expression semble enfin faire écho à celle de l’« arabe de service ». Mais comparaison vaut-elle raison ? L’« arabe de service » – ou le « house nigger » nord-américain – c’est ce représentant « indigène » qui vient conforter le maître ou le colon dans sa prétention à dominer. C’est aussi celui qui, de plateaux télévisés en réunions publiques, offre une image de docilité et de servilité et accepte de faire les basses besognes de l’autre pour un peu de reconnaissance. Désigné porte-parole d’une « communauté » qui ne s’y reconnaît pas forcément, il conforte les préjugés qu’il incarne parfois jusqu’à la caricature, si l’on prend l’imam Chalghoumi, incapable de faire une phrase correcte en français, invité à parler au nom de millions de français de confession musulmane qui, eux, savent manier avec autrement plus de talent leur langue maternelle.

    Quoi de comparable alors avec le rôle prétendument incarné par Yvan Attal sur ce plateau ? Rien. Il aurait été mieux inspiré de parler de « sioniste de service », puisque c’est là le rôle qu’il a rempli, tout comme Yann Moix qui vient rappeler qu’il n’est nul besoin d’être juif pour être sioniste. Ils ont fait l’un et l’autre ce qu’on peut attendre du sioniste le plus caricatural : confondre à dessein judéité, citoyenneté israélienne et idéologie sioniste. Ils ont vainement tenté, à la suite du gouvernement israélien, de falsifier l’Histoire à leur profit et de faire croire que le drapeau israélien est celui de tous les juifs, alors qu’il est d’abord et avant tout celui de ceux qui se reconnaissent dans son projet politique, sioniste.

    À tout le moins, quand il incarnait avec brio Ariel, ce jeune français qui rejoint Israël puis intègre ses services de renseignement, dans le film Les patriotes (1994), Yvan Attal joignait l’utile (propagande) à l’agréable (plaisir de voir son talent d’acteur se déployer dans un film magistral). Samedi dernier, il n’a offert qu’un complément de parole à Yann Moix, l’un et l’autre aussi obsédés par la défense d’Israël que mal informés.

    [1] Plan de partage de la Palestine entre un État arabe, un État juif et la ville de Jérusalem placée sous régime international spécial (le corpus separatum), contenu dans la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Vote pour : Australie, Belgique, Bolivie, Brésil, Biélorussie, Canada, Costarica, Danemark, Équateur, États-Unis d’Amérique, France, Guatemala, Haïti, Islande, Libéria, Luxembourg, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Pologne, République dominicaine, Suède, Tchécoslovaquie, Ukraine, Union Sud-Africaine, U.R.S.S., Uruguay et Vénézuela.Vote contre : Afghanistan, Arabie saoudite, Cuba, Égypte, Grèce, Inde, Iran, Irak, Liban, Pakistan, Syrie, Turquie, Yémen. Absention : Argentine, Chili, Chine, Colombie, Salvador, Éthiopie, Honduras, Mexique, Royaume-Uni, Yougoslavie.

    [2] Ce sont les fameux accords Sykes-Picot de 1916 qui prévoient le partage de ces territoires entre mandats français et britanniques, entériné par la Conférence de San Remo (avril 1920) puis le Traité de Sèvres (août 1920) et enfin reconnu par la Sociétés des Nations en juillet 1922.

    [3] Citons par exemple Simha Flapan (The birth of Israel : myths & realities, 1987) Benny Morris (The birth of the Palestinian refugee problem, 1947-1949, 1988), Ilan Pappe (Britain and the Arab-Israeli conflict, 1948-1951, 1988) ou Avi Shlaim (Collusion across the Jordan : king Abdullah, the Zionist movement and the partition of Palestine, 1988).

    https://blogs.mediapart.fr/xavier-guignard/blog/211117/moix-attal-et-la-palestine-un-chef-d-oeuvre-de-propagande-televisuelle

  • Ça ne fera pas la UNE de Charlie

    Un flic tue trois personnes et en blesse grièvement trois autres.

    Ça ne fera pas la UNE de Charlie, ils ont trop besoin des flics pour les protéger.

    Peu à peu, Charlie Facho, soutenu par l’Etat, la classe politique de la droite à la gauche, la magistrature, les médias du pouvoir, en est réduit à limiter ses caricatures aux musulmans et aux médias indépendants.

    Fin d’une aventure, Charlie Facho est devenu le porte-parole du pouvoir et de la France profonde.

    http://scandale34.over-blog.com/2015/01/charlie-hebdo-sexiste-homo-lesbophobe-colonialiste-et-raciste.html

    https://blogs.mediapart.fr/charles-tsimi/blog/301017/lindigne-caroline-fourest

    https://blogs.mediapart.fr/macko-dragan/blog/250817/charlie-suite-et-fin-lettre-riss

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