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Tariq Ramadan et Médiapart : une occasion manquée ?
posté le 15/11/17 par Ehtugdual Mots-clés  médias 

Ainsi, Mediapart n’était pas au courant du comportement au minimum sexiste et peut-être même pire, à la justice se prononcer, de Tariq Ramadan. Mais, nous autres, couillons d’abonné, aurions bien aimé avoir de Mediapart la révélation du côté sombre du faux « dévot » et vrai Tartuffe.


posté le 15 novembre 2017  par Ehtugdual   Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • Caroline Fourest balance enfin son "porc"...enfin le "porc" de ses confidentes. La parole est vraiment libérée.

    Ce lundi 30 octobre 2017, sur les ondes de RTL, Yves Calvi a cru devoir inviter sa consoeur Caroline Fourest afin d’éclairer au mieux ses auditeurs sur le personnage Tariq Ramadan, lequel est accusé de viol par deux femmes dont une certaine Henda Ayari.

    Qu’a t- on appris ?

    Hé bien, que Caroline Fourest savait depuis 2009 !….. Elle l’a dit ce matin sur RTL, elle l’a écrit dans un papier à Marianne, elle l’a réécrit sur son blog, où d’ailleurs on peut lire : « Juste avant mon duel annoncé face à lui sur France 3, des victimes ont commencé à me contacter. Je les ai rencontrées. Elles m’ont montré des photos explicites et raconté des horreurs, impossible à révéler sans preuves et sans plaintes. »

    Notre féministe a retrouvé sa langue.

    Des « victimes » ont donc contacté Caroline Fourest. Ne reste plus à la police que d’arrêter et de coffrer cet énième musulman. A quoi bon encore juger Tariq Ramadan….Caroline Fourest savait !

    Qu’attendaient ces « victimes » de Caroline Fourest ? Son courage ou son silence ? Fallait-il juste informer la petite Caroline, et attendre sagement le « bon moment » ?

    La journaliste a vu des « photos explicites », elle a entendu des « horreurs » et elle s’est quand même tenue à carreaux. Comment peut-on supporter dans le silence de tels soupçons « d’horreur » en s’affichant chaque matin avec l’étiquette féministe ?

    Si elle, en bonne féministe de son état, ex amoureuse de la « courageuse » Inna Shevchenko, femen emprisonnée, torturée puis libérée dans la forêt, n’a pu dire ce qu’elle savait , alors à quoi bon le féminisme-là ?

    Huit ans de silence, et ça ose crier maintenant sur tous les toits : je le savais depuis 2009…..Et Yves Calvi qui trouve qu’il y a de quoi inviter cette dame, un matin d’automne, pour parler d’une « personnalité » dont elle ne sait absolument rien. Son livre sur les frères musulmans n’est pas une confession intimiste de Tariq ramadan. Elle ne peut donc rien dire sur sa personnalité avec une légitimité qui forcerait le respect.

    Raisons d’un silence

    Caroline Fourest s’est gentiment cloué le bec pendant huit ans au sujet de ces viols. La bonne dame explique qu’il ne suffit pas de savoir pour dire. Et même, qu’elle a essayé d’alerter de toutes ses forces sur la dangerosité de Tariq Ramadan : voilà ce qu’on appelle jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Effectivement, personne ne peut dire que ces deux-là pouvaient se blairer. Tariq avait même aggravé son cas lorsqu’il avait copieusement ridiculisé Caroline Fourest dans un débat sur le plateau de Taddéi.

    Inviter donc Caroline Fourest pour parler de Tariq Ramadan relève donc, ni plus ni moins, de l’obscène. Qu’Yves Calvi ait également cherché à inviter Tariq Ramadan relève, pour sa part, de l’hypocrisie. Au nom de quoi Monsieur Ramadan va-t-il venir s’expliquer des allégations de la féministe Fourest ? Si affaire il y a, elle concerne Tariq Ramadan, ses accusatrices, et les avocats des deux parties. Que vient faire Caroline Fourest dans cette histoire ? Pourquoi l’exhumer du tombeau dans lequel l’avait jeté Ramadan ?

    Amalgame de Caroline Fourest

    Ce qu’on a appris dans cette interview, se résume en quelques points farfelus :

    - Tariq Ramadan hait les femmes

    - Une haine qui correspond à sa vision de la société

    - Son comportement est en phase avec ses idées

    - Pour comprendre son comportement, il faut connaître ses idées

    En gros, ce que la petite Caroline peine à dire convenablement, c’est que sa violence envers les femmes trouve ses origines dans l’Islam.

    Tariq Ramadan peut être coupable ou non, et, on n’a pas besoin d’aller chercher quelques raisons dans sa prétendue vision de la société. Car DSK, Weinstein, et consort ne sont guère musulmans, ils ne partagent pas la même vision de la société que T.Ramadan, et pourtant, DSK, Weinstein sont de redoutables prédateurs sexuels. La violence faite aux femmes n’est pas fonction de la religion. A moins que, la Caroline nous apprenne également que les viols de monsieur Tariq sont plus graves que les viols d’un autre individu. Rappelons au passage à cette Fourest, que le seigneur Cantat a tué sa femme sans réciter la moindre sourate. Pourquoi ne cherche t-on pas dans son acte une quelconque vision de la société ?

    Caroline Fourest aurait du rester dans son silence. Elle l’a su avant tout le monde…elle a fermé sa bouche. Maintenant, que tout le monde semble savoir, qu’elle ne se la ramène pas avec ses grandes théories, ses grandes explications, ses grandes évidences… Qu’elle persiste dans son mutisme. Ce n’est pas aujourd’hui que les preuves tomberont ! L’objectif est, du reste atteint : pur revenge porn.

    Et ma théorie, dans tout ça, est que Caroline Fourest fantasme sur Tariq Ramadan dans un plan à 3.

    https://blogs.mediapart.fr/charles-tsimi/blog/301017/lindigne-caroline-fourest

  • Si Reiser et Gébé voyaient tout ça... Dans un article publié en janvier 2016 dans Télérama, Vuillemin déclarait : "Il y a de très bons dessins dans Charlie, mais il y en a aussi des moins bons, qui manquent de l’esprit marrant et sympa qu’il y avait dans les années 1980. Je chiais sur Charlie avant de les rejoindre (...) je pourrais toujours le faire aujourd’hui". L’occasion me semble bonne....

    Dans un article publié le 29 janvier 2016 dans Télérama et portant sur la nouvelle équipe de Charlie, l’excellent dessinateur Vuillemin déclarait : « Maintenant que Charlie a une audience internationale, le moindre pet qu’il fait prend des proportions énormes. Autant vérifier que la qualité soit correcte (…) Il y a de très bons dessins dans Charlie, mais il y en a aussi des moins bons, qui manquent de l’esprit marrant et sympa qu’il y avait dans les années 1980. Je chiais sur Charlie avant de les rejoindre, parce que je déteste Val, je pourrais toujours chier sur le journal aujourd’hui pour dire que certains dessins sont mauvais ! » Et de conclure : « Quitte à mourir pour un dessin, autant qu’il soit bon. Sinon, ça m’emmerderait. »

    Et, hier, passant devant un kiosque à journaux, comme une grande partie de la France, consternée par autant de bêtise satisfaite étalée ainsi sur tous les murs, qu’ai-je pu voir (je ne reproduis pas le dessin, on l’a assez vu) ? Deux petits enfants écrasés sur la route, avec cette mention, vouée à resplendir quelques temps dans une vitrine du musée de la connerie avant d’être rapidement bazardée, j’espère du moins pour son auteur, dans le vide-ordure d’un oubli bien mérité : « l’islam, religion de paix… éternelle ».

    Donc, bon, voilà, nous y sommes. Je ne sais pas ce qui a bien pu se passer dans la tête de monsieur Juin, l’auteur de ce chef-d’œuvre que Robert Ménard lui-même, connu pour son bon goût et sa connaissance subtile et profonde de la religion musulmane, a beaucoup apprécié. Tout ce que je peux voir, c’est ce que tout le monde a vu, sauf la presse mainstream, qui a généralement, comme d’habitude, fait comme si de rien n’était et regardé dans le vide cosmique pour voir un peu ce que devenait Jupiter : ce dessin est con, raciste, et pas drôle. Ça, et rien de plus. Il n’est la preuve d’aucun courage, simplement la marque d’une dramatique carence d’empathie, de sens critique et d’intelligence.

    Car que penser de cette insulte, quand, au même moment, à Barcelone (ville extraordinaire, où j’ai eu la chance de vivre un an), ainsi que l’a rapporté Florence Aubenas, les manifestants rassemblés sur les Ramblas lors des hommages aux victimes ont jeté dehors les skins venus vomir leur xénophobie sur les charniers de l’attentat, et ont ensuite défilé en criant : « Les fachos dehors » et « Ni terrorisme, ni islamophobie » ? Je dois donc comprendre que monsieur Juin n’aurait pas été le bienvenu… J’espère qu’en voyant ces images d’un peuple refusant fièrement de sombrer dans la haine que leur opposent les fanatiques, ce dessinateur, duquel j’espère qu’il n’est pas aussi abruti que ce dessin peut le laisser le supposer, s’est pissé dessus de honte, et qu’il reviendra vers nous dans de meilleures dispositions. Je lui suggère de lire un peu, ça ne fait jamais de mal. Et de préférence, autre chose que les œuvres complètes d’Eric Zemmour ou l’intégrale du Crapouillot ; pourquoi pas Le Bazar Renaissance, de l’historien Jerry Brotton, qui montre que l’Europe est sortie de l’ère médiévale et de son relatif obscurantisme grâce aux apports de l’Orient et de l’islam ? Ou un recueil de quatrains d’Omar Khayam ? Ou quoi que ce soit qui lui permettra de hisser sa réflexion au-dessus de celle d’un Hanouna qui tenterait laborieusement d’élaborer une pensée théologique...

    Et jeter un oeil à la presse ne serait pas un luxe non plus. Car faut-il rappeler à monsieur Juin que la plupart des victimes du terrorisme, sur cette planète, sont de confession musulmane ? Que les fanatiques assassinent avant tout au Moyen-Orient ? Que les Musulmans sont les premiers à pâtir de l’instrumentalisation de leur croyance par une poignée ultra-minoritaire de cinglés sans foi ni loi, et ignorants du fait que le Coran interdit formellement de répandre le sang de qui que ce soit ?

    Mais je réalise un oubli de ma part. J’ai écrit, plus haut, que la presse maintream était restée de marbre face à ce pitoyable gribouilli xénophobe. Toute la presse ? Que non ! Il aurait été étonnant que Marianne, organe officiel de la dénonciation hystérique de la cinquième colonne islamo-gauchiste, passe à côté d’une si belle occasion de monter sur ses grands chevaux (pur-sang Percherons ou ce que vous voulez, mais surtout pas Arabes), afin de rajouter une pelletée d’ordure à celles déjà versées par Charlie sur les dépouilles des victimes de Barcelone, et de s’exclamer, sous la plume acerbe d’un certain Dion, directeur adjoint de publication, dont la pertinence et la puissance de l’analyse n’a visiblement rien à envier à celle de la chanteuse québécoise homonyme : « Caricatural ? Evidemment. Malvenu ? Ça se discute. Mais de là à lapider Charlie à coups de pierres verbales sous prétexte d’amalgame déplacé, d’injure aux musulmans ou de crime de lèse-religion, il y a un pas qu’il serait dangereux de franchir. C’est pourtant l’exercice auquel se sont livrés quelques hommes politiques ou commentateurs à l’esprit embrumé par le soleil du mois d’août. Pour un journal inspiré de la tradition bête et méchante, il n’y a forcément aucune limite, si ce n’est le respect de la loi. Pour le reste, l’excès est de rigueur, ou alors il faut changer de métier. Un caricaturiste qui ne peut pas caricaturer est un dessinateur au chômage, ou (auto)censuré. On laissera ce genre de pratique aux pays où les Dieux et les puissants sont intouchables, qui sont plus nombreux qu’on ne le croit (les pays, pas les Dieux) » Il n’y a pas grand-chose à ajouter à des propos qui témoignent d’une sorte de cristallisation de la connerie à un état chimiquement pur, de peur d’en briser le fragile équilibre si brillamment obtenu par notre alchimiste ; je dirai simplement, à propos de cette phrase-là : « Pour un journal inspiré de la tradition bête et méchante, il n’y a forcément aucune limite, si ce n’est le respect de la loi », que, pour autant que je m’en souvienne, l’appel à la haine raciale est condamnable, dans le droit français… à bon entendeur. Quand Minute titrera à nouveau : "Taubira retrouve la banane", quelle liberté de ton, quelle dérision, j’espère que notre vibrant apologiste de l’humour sans limites nous régalera de sa verve pour donner renfort à ces hérauts méconnus de l’esprit "bête et méchant". Après tout, pourquoi les dessinateurs de Charlie seraient les seuls à pouvoir goûter aux joies de la vanne raciste décomplexée ?

    Bref. Pour conclure, je vais me permettre de reprendre une partie du papier que j’avais pondu, il y a quelques temps, sur la laïcité et « l’esprit Charlie » : « Le 8 janvier, sur un plateau de France 5, le peu sympathique Richard Malka s’exclame : « ça fait des années qu’on souffre, à Charlie Hebdo, vous savez, de la petite lâcheté du ‘mais’. La liberté d’expression et de caricature, c’est bien mais, mais il ‘faut pas me provoquer, il ne faut pas parler de ça, mettre de l’huile sur le feu, mais vous allez trop loin. La laïcité c’est bien, mais attention, ce sont, c’est vous les intégristes de la laïcité ». Et de conclure : « C’est pas nous les intégristes ». Vraiment ? Le 30 mars 2016 le tout aussi peu sympathique Riss, dans un édito improbable de connerie satisfaite et haineuse mettant en scène un boulanger bien-de-chez-nous remplacé par un autre, Arabe, chez qui on ne vend plus de sandwichs au jambon (une scène de la vie quotidienne sur Pluton, je suppose), écrit quant à lui : « Depuis la boulangerie qui vous interdit de manger ce que vous aimiez jusqu’à cette femme qui vous interdit de lui dire que vous la préfériez sans voile, on se sent coupable d’avoir ces pensées. Dès cet instant, le terrorisme commence son travail de sape. La voie est alors tracée pour ce qui arrivera ensuite. » Donc : le silence coupable entretenu devant le grand remplacement islamo-gauchiste est ce qui fait le lit du fondamentalisme musulman actuellement occupé à saper les bases de notre société -et du jambon-beurre, victime expiatoire.

    Que cette saillie (je précise que tout le papier est du même tonneau, voire pire, associant allégremment Tarik Ramadan, un boulanger Arabe, une femme voilée, bref tous les musulmans, au terrorisme) soit essentialiste et raciste, c’est indéniable. Qu’elle vienne d’un homme ayant souffert dans sa chair de l’extrémisme religieux ne change rien à l’affaire, j’en suis désolé –une connerie raciste est une connerie raciste, point à la ligne, on peut, et on doit, bien entendu, la comprendre, voire l’excuser, mais il est important de la reconnaitre pour ce qu’elle est. Mais le moins que l’on puisse dire est que cette honteuse logorrhée de fin de soirée au bar PMU d’Hénin-Beaumont n’a guère suscité (quelques encarts ici ou là, et un article outré d’Acrimed mis à part) la vague d’indignation à laquelle on aurait pu s’attendre. Et ce, pour des raisons très simples. Cela fait bien longtemps, depuis Philippe Val en fait, que l’islamophobie notoire de Charlie (pour ceux qui en douteraient encore, je renvoie aux excellents papiers de deux anciens de l’hebdomadaire, Olivier Cyran : Pas raciste, Charlie Hebdo ? Si vous le dites, publié par Article 11 ; et Mona Chollet : L’Obscurantisme beauf, publié sur Périphérie) est passée sous silence et/ou accueillie par beaucoup avec une bienveillance bonhomme. Les attentats (ignobles et injustifiables, est-il utile de le préciser) n’ont rien arrangé à l’affaire. Pire : même après que fut passé un temps de crispation, somme toute logique, caractérisé par un assentiment quasi-obligatoire à la Sainte-Parole laïque de Charlie, plus de deux ans après, on ne peut pas dire que la pression soit retombée. « L’esprit Charlie », cette vaste arnaque nationale qui a vu les élites gouvernementales et intellectuelles instrumentaliser sans scrupule une émotion collective sincère afin d’en faire une fabrique du consentement à rythme industriel, fait toujours référence. Encore et toujours, les dessinateurs actuels de Charlie, sachant que les plus modérés ont claqué la porte suite au conflit qui a eu lieu au sein de la rédaction à propos de la répartition des sommes folles engrangées par les évènements, sont tenus pour les héros de notre modèle républicain de laïcité et de liberté d’expression. Alors que ce sont ceux-là même qui, en roue libre, se permettent tous les excès dans un contexte de vive hostilité –savamment entretenue par les incendiaires du « on peut plus rien dire »- de la société civile vis-à-vis d’un islam devenu aujourd’hui, plus que jamais, un bouc émissaire idéal.

    Quand une nation laisse à une poignée de xénophobes (terme plus approprié ici que le terme « raciste ») le soin d’incarner, à eux seuls, le concept de laïcité, dont la définition duquel ils deviennent en quelque sorte les garants, distribuant satisfécits et bons points au grès de leur humeur, ça, c’est laïque, ça, c’est la France Républicaine, ça, ça ne l’est pas, bref, en gros, ça (Caroline Fourest), c’est un défenseur des nos valeurs sacrées, et ça (Emmanuel Todd) c’est un odieux islamo-gauchiste, il y a un problème, que bon nombre de nos intellectuels seraient bien inspirés de commencer à considérer un peu sérieusement. Faute de quoi, tout ceci finira par réellement nous sauter à la gueule.

    Car la laïcité à la Charlie, qu’est-ce donc ? Tout simplement : l’impossibilité du dialogue. Malka, le lendemain des attentats, l’a bien dit : il ne veut plus entendre de « mais ». Plus de « Charlie, d’accord, mais ». Plus de « la laicité, d’accord, mais ». Déclaration hallucinante, que la seule douleur ne suffit pas à expliquer. Car ce refus du « mais », soit l’une des locutions les plus fondamentales du débat démocratique, porte en lui tous les germes d’une radicalisation tout azimut, en ce qu’il tient pour évident a priori que certains débats ne valent même pas la peine d’être tenus ; l’idée de cette forme bien particulière de laïcité, qu’on est en droit de juger totalitaire, serait donc la suivante : « soit avec moi, soit contre moi ». Soit Charlie, soit non-Charlie –donc : hors du spectre démocratique compris entre Bat ye’or et Bernard-Henri Levy. Une position pour le moins maladroite, alors même que jamais le principe de laïcité ne s’est fait plus excluant, et qui est susceptible –c’est d’ailleurs ce qui arrive- de jeter certains croyants peu désireux de trancher aussi facilement entre leur Foi et la laïcité dans les bras du communautarisme, quel qu’il soit. Et qui pourrait leur en vouloir ? Personnellement, mes opinions anarchistes, par exemple, valent plus pour moi que les lois de cette république très imparfaite ; si l’on me demande de choisir, ce sera vite vu. Pour un croyant, de même, la foi, donc la conscience, est quelque chose d’intime, de structurant : demander de prendre parti entre ça, et une laïcité perçue à juste titre comme inique et oppressante, c’est se vouer sans trop de chance de se tromper à toutes les désillusions.

    Ma laïcité, ainsi, ce n’est pas celle d’une bande de mâles dominants ravis de se gondoler en griffonnant des Petits Mickeys offensants –et, surtout, bien souvent, pas drôles- injuriant une culture minoritaire. Ce n’est pas celle du refus du dialogue avec toutes les religions, et en premier lieu avec l’Islam, au prétexte de la mise au rencard de ces vieilleries « moyenâgeuses » hors de l’espace public. En tant qu’athée respectueux et spirituellement curieux, les blagues sur les religions peuvent me faire rire, jusqu’à un certain degré, mais le muslim-bashing et le fait de tenir tous les croyants pour des crétins néanderthaliens trop demeurés pour avoir perçu la sainte lumière de l’athéisme, très peu pour moi ».

    Aujourd’hui, hélas, je ne peux que persister et signer. En précisant que, bien entendu, la liberté d’expression, c’est aussi de permettre à Minute d’exister, et de s’assurer que personne ne s’en prenne physiquement à eux à cause de leurs idées rassies. Mais hors de question pour moi de tenir des cons racistes pour des héros.

    https://blogs.mediapart.fr/macko-dragan/blog/250817/charlie-betes-et-mechants-ou-juste-cons-racistes-et-pas-droles

  • 15 novembre 12:42

    Caroline Fourest balance enfin son "porc"...enfin le "porc" de ses confidentes. La parole est vraiment libérée.

    Ce lundi 30 octobre 2017, sur les ondes de RTL, Yves Calvi a cru devoir inviter sa consoeur Caroline Fourest afin d’éclairer au mieux ses auditeurs sur le personnage Tariq Ramadan, lequel est accusé de viol par deux femmes dont une certaine Henda Ayari.

    Qu’a t- on appris ?

    Hé bien, que Caroline Fourest savait depuis 2009 !….. Elle l’a dit ce matin sur RTL, elle l’a écrit dans un papier à Marianne, elle l’a réécrit sur son blog, où d’ailleurs on peut lire : « Juste avant mon duel annoncé face à lui sur France 3, des victimes ont commencé à me contacter. Je les ai rencontrées. Elles m’ont montré des photos explicites et raconté des horreurs, impossible à révéler sans preuves et sans plaintes. »

    Notre féministe a retrouvé sa langue.

    Des « victimes » ont donc contacté Caroline Fourest. Ne reste plus à la police que d’arrêter et de coffrer cet énième musulman. A quoi bon encore juger Tariq Ramadan….Caroline Fourest savait !

    Qu’attendaient ces « victimes » de Caroline Fourest ? Son courage ou son silence ? Fallait-il juste informer la petite Caroline, et attendre sagement le « bon moment » ?

    La journaliste a vu des « photos explicites », elle a entendu des « horreurs » et elle s’est quand même tenue à carreaux. Comment peut-on supporter dans le silence de tels soupçons « d’horreur » en s’affichant chaque matin avec l’étiquette féministe ?

    Si elle, en bonne féministe de son état, ex amoureuse de la « courageuse » Inna Shevchenko, femen emprisonnée, torturée puis libérée dans la forêt, n’a pu dire ce qu’elle savait , alors à quoi bon le féminisme-là ?

    Huit ans de silence, et ça ose crier maintenant sur tous les toits : je le savais depuis 2009…..Et Yves Calvi qui trouve qu’il y a de quoi inviter cette dame, un matin d’automne, pour parler d’une « personnalité » dont elle ne sait absolument rien. Son livre sur les frères musulmans n’est pas une confession intimiste de Tariq ramadan. Elle ne peut donc rien dire sur sa personnalité avec une légitimité qui forcerait le respect.

    Raisons d’un silence

    Caroline Fourest s’est gentiment cloué le bec pendant huit ans au sujet de ces viols. La bonne dame explique qu’il ne suffit pas de savoir pour dire. Et même, qu’elle a essayé d’alerter de toutes ses forces sur la dangerosité de Tariq Ramadan : voilà ce qu’on appelle jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Effectivement, personne ne peut dire que ces deux-là pouvaient se blairer. Tariq avait même aggravé son cas lorsqu’il avait copieusement ridiculisé Caroline Fourest dans un débat sur le plateau de Taddéi.

    Inviter donc Caroline Fourest pour parler de Tariq Ramadan relève donc, ni plus ni moins, de l’obscène. Qu’Yves Calvi ait également cherché à inviter Tariq Ramadan relève, pour sa part, de l’hypocrisie. Au nom de quoi Monsieur Ramadan va-t-il venir s’expliquer des allégations de la féministe Fourest ? Si affaire il y a, elle concerne Tariq Ramadan, ses accusatrices, et les avocats des deux parties. Que vient faire Caroline Fourest dans cette histoire ? Pourquoi l’exhumer du tombeau dans lequel l’avait jeté Ramadan ?

    Amalgame de Caroline Fourest

    Ce qu’on a appris dans cette interview, se résume en quelques points farfelus :

    - Tariq Ramadan hait les femmes

    - Une haine qui correspond à sa vision de la société

    - Son comportement est en phase avec ses idées

    - Pour comprendre son comportement, il faut connaître ses idées

    En gros, ce que la petite Caroline peine à dire convenablement, c’est que sa violence envers les femmes trouve ses origines dans l’Islam.

    Tariq Ramadan peut être coupable ou non, et, on n’a pas besoin d’aller chercher quelques raisons dans sa prétendue vision de la société. Car DSK, Weinstein, et consort ne sont guère musulmans, ils ne partagent pas la même vision de la société que T.Ramadan, et pourtant, DSK, Weinstein sont de redoutables prédateurs sexuels. La violence faite aux femmes n’est pas fonction de la religion. A moins que, la Caroline nous apprenne également que les viols de monsieur Tariq sont plus graves que les viols d’un autre individu. Rappelons au passage à cette Fourest, que le seigneur Cantat a tué sa femme sans réciter la moindre sourate. Pourquoi ne cherche t-on pas dans son acte une quelconque vision de la société ?

    Caroline Fourest aurait du rester dans son silence. Elle l’a su avant tout le monde…elle a fermé sa bouche. Maintenant, que tout le monde semble savoir, qu’elle ne se la ramène pas avec ses grandes théories, ses grandes explications, ses grandes évidences… Qu’elle persiste dans son mutisme. Ce n’est pas aujourd’hui que les preuves tomberont ! L’objectif est, du reste atteint : pur revenge porn.

    Et ma théorie, dans tout ça, est que Caroline Fourest fantasme sur Tariq Ramadan dans un plan à 3.

    https://blogs.mediapart.fr/charles-tsimi/blog/301017/lindigne-caroline-fourest

  • Voilà Mediapart et quelques autres précipités sur le bûcher au nom d’une « complicité » supposée avec l’intellectuel musulman Tariq Ramadan. Pire même, peut-être aurions-nous délibérément ignoré les actes d’un homme aujourd’hui accusé de viols et d’agressions sexuelles. Cette campagne ignominieuse à la Donald Trump, emmenée par Manuel Valls, porte un projet politique où se rejoignent une partie d’une gauche en ruines et la droite identitaire.

    Edgar Morin, l’un des plus grands intellectuels français, serait donc le complice d’un criminel sexuel. Son tort ? Avoir publié en 2014 et début octobre 2017 deux livres de dialogue (nous avons rendu compte du deuxième ici) avec l’intellectuel musulman Tariq Ramadan, depuis accusé de viols et d’agressions sexuelles. Mesure-t-on l’inanité comme l’abjection d’un tel amalgame ? C’est pourtant ce que Mediapart, son président Edwy Plenel, d’autres médias (Les Inrockuptibles, le Bondy Blog), journalistes (Frédéric Taddéi) et intellectuels (Pascal Boniface) doivent subir depuis plusieurs jours.

    Nous voilà la cible d’une campagne nauséabonde où se retrouvent la « fachosphère », quelques journalistes chroniqueurs et éditocrates, des responsables politiques d’une partie de la gauche socialiste en ruines et de l’extrême droite. Tout ce joli monde est emmené par Manuel Valls, qui s’est livré dimanche 5 novembre à d’indignes déclarations. Nous ne nous y trompons pas : au-delà d’une campagne imbécile et diffamatoire qui vise à nous faire les complices de toujours d’un présumé criminel sexuel, c’est bien un projet politique qui tente de se remettre en selle.

    Sous couvert de défense de la laïcité, de lutte contre le terrorisme et aujourd’hui de défense des femmes, les croisés de la discrimination, de la stigmatisation des musulmans, les enragés de la réaction relancent leur chasse aux sorcières. Donald Trump a franchi l’Atlantique. Sur son modèle, voici les incendiaires qui chassent en meute, avec leurs journalistes à la Fox News, leurs amalgames, leurs « fake news », leurs tweets injurieux.

    Et au moment où les dispositions de l’état d’urgence entrent dans la loi ordinaire (lire notre article ici), ces nouveaux maccarthystes, qui ont troqué l’anticommunisme contre l’islamophobie, veulent créer un nouveau délit. Un délit d’opinion, celui de « complicité » intellectuelle, selon Manuel Valls. Celui d’être des complices ou « idiots utiles du ramadanisme », selon Renaud Dély, directeur de la rédaction de Marianne, qui a fait de la vulgarité anti-musulmane son fonds de commerce.

    https://www.anti-k.org/2017/11/07/affaire-ramadan-croisade-imbeciles/

  • La trajectoire de Caroline Fourest, vigie anxieuse d’une France sous « menace islamiste », éminence grise et visiteuse du soir de la gauche au pouvoir, est moins un cheminement personnel que le reflet d’une dérive : celle d’une gauche hagarde pour qui la République tient lieu depuis quinze ans de question sociale. Une enquête de la Revue du Crieur, dont le sixième numéro sort jeudi 23 février.

    Caroline Fourest est parmi les siens. Le 6 décembre 2016, dans la salle du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, le député socialiste Jean Glavany organise ses Rencontres annuelles de la laïcité – en 2015, Latifa Ibn Ziaten, mère d’un des militaires tués par Mohamed Merah à Toulouse, y avait été « huée » et « agressée » parce qu’elle portait le voile.

    L’animateur de la journée, Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra ), un proche de Manuel Valls, est un ami. Au Parti socialiste, C. Fourest est une figure connue : invitée régulière des universités d’été, on la croise dans des conférences de presse, des meetings ou dans ce type de session à huis clos destinée à préparer le programme du parti pour 2017. Elle n’est pas toujours tendre avec le PS, peut y être contestée, mais elle fait partie des meubles. Elle est proche d’anciens de SOS-Racisme, a encouragé avec bienveillance l’émergence de mouvements comme Ni Putes ni soumises ou Osez le féminisme, biberonnés dans la galaxie socialiste.

    Ceux qui ne l’aiment pas assurent qu’elle sert de boussole laïque déréglée à un parti qui ne pense plus. Ceux qui l’apprécient, comme le sénateur PS de Paris David Assouline, louent son « courage ». Selon l’Élysée, elle a une « relation directe » avec François Hollande. Mais son réseau proche au sein du PS est surtout vallsiste. Elle connaît l’ancien Premier ministre depuis longtemps. Après les attentats, C. Fourest a été vue de temps en temps dans les couloirs de Matignon. Serait-elle son cerveau ? De très proches de M. Valls nuancent : Valls, disent-ils, consulte tous azimuts et l’académicien (fort peu socialiste) Alain Finkielkraut est plus influent qu’elle. Ils se décrivent en tout cas tous les deux en vigies d’une laïcité attaquée, se voient en porte-drapeau de la lutte contre l’extrême droite et bataillent contre une partie de la gauche. Comme C. Fourest l’a rappelé, quand Manuel Valls parle de « deux gauches irréconciliables », c’est moins pour parler d’économie que de « ceux qui font des meetings avec Tariq Ramadan », l’intellectuel suisse contesté que C. Fourest

    caricature en cheval de Troie de « l’islam politique fondamentaliste des Frères musulmans » en Europe.
    Cette « ligne de fracture » politique, Caroline Fourest l’a théorisée il y a plus de douze ans. Dans un texte intitulé « Gauche contre gauche », paru dans sa revue ProChoix,elle fustigeait « une gauche antiraciste qui devient antiblasphème grâce au mot “islamophobe” », et ces « féministes qui deviennent pro-voile et traitent les autres féministes de “racistes” ». Un an plus tard, elle appelait même au combat : « Une autre gauche est encore possible, mais elle ne pourra survivre sans un affrontement idéologique fratricide avec la gauche confuse et sa tentation obscurantiste. » Comme elle, Manuel Valls aime à fustiger la constellation des « islamo-gauchistes ». Cette expression, qui a fait florès à droite et à l’extrême droite, a été élaborée au début des années 2000 par Pierre-André Taguieff dans son livre La Nouvelle Judéophobie. Cet historien des idées est décrit par Fiametta Venner, compagne et coauteure de C. Fourest, comme un de ses « inspirateurs ».

    « Sur la laïcité, elle a fourestisé Valls », déplore un intellectuel qui fréquente l’ancien Premier ministre. De son côté, Malek Boutih, député socialiste de l’Essonne et ancien président de SOS-Racisme, n’a pas de mots assez élogieux pour C. Fourest : « Elle a les mains dans le cambouis. Elle combat les Tartuffe qui sont toujours dans la nuance et ne jouent jamais franc-jeu, cette société molle, confortable, qui dit “pas d’amalgames” et a laissé pénétrer les idées réactionnaires au cœur de la gauche française. Elle mène une bataille centrale : on ne peut pas être de gauche et antilaïque. » Il s’étonne du « degré de haine qu’elle suscite » : « On dirait que c’est la sorcière de Salem qu’il faut brûler. »

    Tenter un portrait intellectuel de Caroline Fourest, c’est s’aventurer sur des pentes glissantes. La littérature la concernant est abondante, mais parfois sexiste et fielleuse. C. Fourest est une femme, et une féministe. L’ancienne présidente du Centre gay et lesbien de Paris, qui enquêta à la fin des années 1990 pour Têtu sur les réseaux de l’extrême droite catholique et milita en faveur du Pacs, n’a par ailleurs jamais caché son homosexualité. Pour toutes ces raisons, le Front national, les partisans d’Alain Soral comme les catholiques intégristes de Civitas la haïssent – elle et des Femen furent frappées en 2013, en marge d’une manifestation contre le mariage des couples de même sexe. Pour toutes ces raisons, beaucoup de féministes, de militants LGBT ou de sympathisants de gauche la considèrent comme une référence.

    C. Fourest, c’est aussi, bien sûr, une ancienne de Charlie Hebdo. Pendant l’affaire des caricatures de Mahomet, en 2006, elle est en première ligne, défendant aux côtés du directeur de la publication Philippe Val la « une » de l’hebdomadaire sur laquelle un Mahomet « débordé par les intégristes » se

    plaint d’être « aimé par des cons ». Ce dessin et deux des douze caricatures de Mahomet vaudront au journal un procès (gagné), intenté par des associations musulmanes à cause de « leur caractère raciste ». C. Fourest quitte Charlie en 2009, après le départ de P. Val à la direction de France Inter. Elle et F. Venner disent s’y sentir « à l’étroit », ne plus apprécier la « tradition “bête et méchante” qui refait surface à Charlie ».
    C. Fourest se serait bien vue prendre la succession de P. Val, mais la rédaction n’y a même pas songé et s’est tournée naturellement vers le dessinateur Charb – une des victimes de l’attentat de janvier 2015. Dans Éloge du blasphème, paru après la tuerie de Charlie Hebdo, C. Fourest revient sur cette affaire des caricatures. Charlie Hebdo, écrit-elle, « est animé par des athées, dont certains de culture musulmane, qui ont en commun de vouloir désacraliser tous les symboles » religieux. La publication des caricatures était pour elle un acte d’« égalité » et non d’« humiliation », qui l’a contrainte à vivre sous protection policière.

    Au cours de la dernière décennie, Caroline Fourest a réalisé des documentaires pour France Télévisions, Arte ou La Chaîne parlementaire. Elle a tenu chronique au Monde, à France Inter et, jusqu’à cet été, à France Culture. Dans ses tribunes, elle parle de l’actualité, d’Europe, de mondialisation, de la société, de Nuit Debout, de féminisme ou des religions. Mais ce ne sont pas ces textes-là, guère mémorables, qui l’ont rendue célèbre. C. Fourest s’est fait connaître en 2004 avec la publication de Frère Tariq, une enquête où elle dépeint le prédicateur Tariq Ramadan en « stratège intégriste », « spécialiste du double langage », qui pratique la « dissimulation ». Depuis, elle porte le flambeau de la lutte contre les « intégristes », les « rouges-bruns » et leurs « idiots utiles ». Elle est devenue une polémiste, adepte du « clash » vu à la télé, pour parler en priorité d’intégrisme, surtout musulman. Elle tient depuis cet été une chronique
    pour Marianne, hebdomadaire qui fait de la laïcité un « combat français », fustige le « communautarisme » et, lui aussi, les « islamo-gauchistes ».

    « Pour le pôle laïque de la gauche radicale, elle reste une référence », estime l’universitaire Philippe Corcuff, qui l’a croisée à Charlie Hebdo au début des années 2000. Du Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon aux cercles altermondialistes jusqu’à Lutte ouvrière, son féminisme, son combat antiraciste et son soutien à la liberté d’expression des intellectuels menacés lui donnent de l’écho. « Il y a dans notre société un retour de la religion dans l’espace public qui est fatigant, dit l’ancienne coprésidente du PG, Martine Billard. Des voix comme elle sont utiles. » Élevée dans une famille très à droite d’Aix-en- Provence – mère antiquaire, père négociant en vins –, Caroline Fourest- Guillemot a fait ses études dans une école privée. « Il y avait une église au milieu de la cour et, en cas de manifestation, les grilles étaient fermées pour pas qu’on soit perverties », a-t-elle raconté au Monde.

    « Jeanne d’Arc » républicaine – l’expression est employée par plusieurs des trente interlocuteurs interrogés pour cet article –, elle revendique l’héritage des Lumières, vante le rationalisme et le modèle français « de laïcité, jacobin et intégrateur », qu’elle oppose au modèle « anglo-saxon ». « D’après l’approche anglo-saxonne, écrit-elle, l’égalité consiste à respecter tous les totems et tous les tabous de chaque communauté pour qu’elles coexistent sans conflit. L’approche laïque à la française croit au droit de les briser tous. »
    En réalité, elle défend une conception maximaliste de la laïcité, instaurée en 1905 avec la loi de séparation des Églises et de l’État. « Elle entretient un rapport quasi religieux à la laïcité, dont elle s’érige en grande prêtresse, analyse l’historien de la laïcité Jean Baubérot, qui fait partie de ses bêtes noires. Pour Valls, pour elle et une partie de la gauche, tout ce qui – en matière religieuse – va vers un certain “fondamentalisme” constitue une étape vers un extrémisme violent. Donc, tout dialogue ou contact avec des personnes considérées comme “proches” de ce fondamentaliste, fait soit preuve de faiblesse, soit de complicité envers cet extrémisme, en affaiblissant, en trahissant, le camp des laïcs. On trouve là la recherche d’une pureté laïque analogue à la quête d’une pureté religieuse de certains croyants... »

    « Islamophobie vertueuse »

    Adulée par certains, elle est vilipendée par d’autres, qui voient en elle une des figures médiatiques ayant le plus contribué à la légitimation d’un discours stigmatisant les musulmans, en particulier depuis le 11 septembre 2001. « Caroline Fourest est représentative d’une évolution d’une partie de la gauche et de l’extrême gauche qui est devenue tellement obsédée par l’islam qu’elle a perdu de vue la question sociale et s’est aveuglée sur un certain racisme inconscient en son sein, déplore Mona Chollet, journaliste au Monde diplomatique et ancienne de Charlie Hebdo. Elle n’est pas la seule, bien sûr, mais elle fait partie de ceux qui ont banalisé l’islamophobie et en ont fait quelque chose de vertueux. »

    En 2004, le journaliste Claude Askolovitch, alors au Nouvel Observateur, avait consacré un portrait élogieux à C. Fourest et F. Venner, ce couple de « combattantes » qui « se saoulent au Nutella, se gavent de télé et d’Internet, s’aèrent les méninges à la Playstation » et veulent « combattre tous les fascismes à la fois ». Aujourd’hui, C. Askolovitch renie cet article « paresseux ». « Je les trouvais plutôt marrantes il y a quinze ans, dit-il. Mais, depuis Tirs croisés [ paru en 2003 ], je n’ai jamais été capable de lire un seul de leurs bouquins. C. Fourest est un épiphénomène dans un paysage plus large : la défense des juifs et des homos a été instrumentalisée pour encercler les musulmans. »

    Même à gauche, dit-il, où « l’islamophobie est devenu un cadre structurant dans les années 2000 ». Comprendre la trajectoire intellectuelle de C. Fourest, y compris la rage qui l’anime, c’est se replonger dans quinze ans de déchirements violents au sein de la gauche comme de la société française autour de l’islam et des musulmans. Pour saisir les racines de la zizanie, il faut repartir près de vingt ans en arrière.
    « Il y a chez elle un tournant au début des années 2000. Auparavant, elle était une figure minoritaire et mineure. Elle devient alors majoritaire et majeure. Il y a évidemment un rapport avec ce qu’elle dit. Son décollage social a coïncidé avec une réorientation de ses thématiques. Certes, elle ne parle pas que d’islam, mais c’est ce que son public retient. » Celui qui parle s’appelle Éric Fassin. Il a rencontré C. Fourest il y a bien longtemps, en 1998. Éric Fassin, aujourd’hui professeur de sociologie à Paris-8, internationalement reconnu, est alors un spécialiste des études de genre et des minorités qui commence à avoir une petite réputation. C. Fourest, elle, est toute jeune, vingt-deux ans à peine. Mais elle milite comme lui pour l’instauration d’un contrat social pour les couples de même sexe – ce sera le Pacte civil de solidarité, voté l’année suivante dans une ambiance électrique.

    Éric Fassin accepte d’envoyer des textes pour sa revue. Avec F. Venner, sa compagne, chercheuse sur l’extrême droite rencontrée deux ans plus tôt alors que C. Fourest travaille pour le magazine étudiant Transfac, elle vient de créer ProChoix. Le numéro un, daté de décembre 1997, est une feuille de douze pages tirée à 2 000 exemplaires. Il s’ouvre par un manifeste de gauche radicale : « Inventer un mouvement prochoix passionnant et qui plus est peut- être à la source d’une nouvelle gauche : ambitieuse, écologiste, égalitaire, féministe, antiraciste, antisexiste, antihomophobe. Une gauche qui n’empiète pas sur les idées de droite pour rassurer l’électorat lepéniste, une gauche à gauche, antidote à tous les provies, à toutes les extrêmes droites.
    Enfin ! » Dans ProChoix, C. Fourest et F. Venner écrivent beaucoup sur les anti- IVG d’extrême droite et les « pro-life » américains. […]

    http://www.regards.fr/IMG/pdf/les_croisades_de_caroline_fourest.pdf

      • « Il n’y a pas de plus grande force idéologique contre-révolutionnaire que le christianisme sous toutes ses formes, si ce n’est l’islam ! »
    • Guy Debord, Correspondance, volume 3, 1965-1968, p. 40.
      • « Un nouveau mot a été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l’islamophobie. »

    (dans Joseph Anton. Une autobiographie, Plon, 2012, chap. 6) :
    une citation de

    Salman Rushdie

  • Le journaliste Fabrice Nicolino a demandé à prendre la plume, et son article est bien plus long que prévu. Gravement blessé lors de l’attaque meurtrière des frères Kouachi contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, ce pilier de l’hebdomadaire satirique a réclamé deux pleines pages pour dresser, dans le numéro du mercredi 15 novembre, le portrait du patron du site Mediapart, Edwy Plenel.

      • Il surplombe une fresque illustrant la longue marche professionnelle et militante de l’intéressé, suite de pelotons d’exécution, de ruines (l’immeuble du Monde) et d’assemblées serviles, adoratrices de Staline ou de Che Guevara. Juste à côté, l’éditorial au vitriol de Riss, le patron de Charlie, accuse gravement ce même Plenel de les avoir « condamnés à mort une deuxième fois ».

    Il y a quelques années, les querelles idéologiques que se livrent la bande d’anars de l’hebdomadaire et les fidèles d’Edwy Plenel seraient restées confinées aux franges de la gauche et n’auraient sans doute pas connu tel écho.

    • La mort de Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, Honoré, Bernard Maris, Elsa Cayat et du correcteur Mustapha Ourrad, ainsi que de Frédéric Boisseau, Michel Renaud et des policiers Franck Brinsolara et Ahmed Merabet, voici bientôt trois ans, a tout changé.

    Depuis ce mercredi fatal où deux terroristes islamistes, les frères Kouachi, ont surgi dans ses locaux, Charlie appartient désormais au patrimoine national ; chaque combat mené par ou contre lui devient un peu celui des Français.

      • Le dernier a commencé le 8 novembre, lorsque l’hebdomadaire a monté en « une » sa caricature d’Edwy Plenel, longue moustache s’étirant pour couvrir bouche, yeux et oreilles et le rendre sourd, muet et aveugle. Au milieu, cette légende : « Affaire Ramadan, Mediapart révèle : “on ne savait pas” », allusion limpide aux accusations de viols touchant le prédicateur musulman.

    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2017/11/15/entre-charlie-et-mediapart-l-histoire-d-une-haine_5214942_3236.html

  • « Charlie » contre « Mediapart » vu du Royaume-Uni : « Une discussion consternante »

      • Larvée, la guerre que se mènent deux courants de la gauche est devenue ouverte depuis la parution, mercredi 8 novembre, d’un numéro de Charlie Hebdo dont la « une » met en cause le directeur de la rédaction de Mediapart, Edwy Plenel. Professeur à l’université d’Oxford, spécialiste de la France des XIXe et XXe siècles, Sudhir Hazareesingh analyse ces déchirements français.

    Peut-on parler d’une « guerre des deux gauches » ?

    Même si la gauche en France a toujours été plurielle, l’expression résume bien le moment actuel et elle témoigne de la tendance très française à condenser les grands débats dans une opposition binaire. Car cette discussion est un peu consternante : elle soulève des questions très complexes sur lesquelles on est sommé de choisir son camp. On est soit la « gauche Charlie » soit la « gauche Mediapart ». Or on parle implicitement de sujets qui, certes, ont des liens entre eux, car ils ont trait à la place des musulmans dans la société française, mais qui sont différents : la question sociologique (les banlieues) ; la question idéologique (la laïcité) ; la question culturelle (qu’est-ce qu’être français ?), avec en arrière-plan la question coloniale ; sans oublier la question du terrorisme (quelle lutte efficace ?). Or, sur toutes ces questions, le penchant français à l’abstraction conduit à une regrettable schématisation.

    « Quand on met Tariq Ramadan en face de Caroline Fourest, on peut prédire qu’il y aura des étincelles »

    Cette affaire témoigne aussi d’une certaine montée de la violence verbale dans le discours public. Ce n’est pas neuf : dans les grands moments de la pensée française au XXe siècle, les gens se traitaient de tous les noms, pourtant il y avait de véritables confrontations d’idées. Mais, depuis un certain temps, nous sommes submergés par l’effet « On n’est pas couché » : la violence verbale devient un spectacle.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/15/charlie-contre-mediapart-vu-du-royaume-uni-une-discussion-consternante_5215163_3232.html

  • « Il semble bien que nous soyons confrontés ici à une campagne politique qui, loin de défendre la cause des femmes, la manipule pour imposer à notre pays un agenda délétère, fait de haine et de peur », écrivent plus de 160 personnalités signataires de ce texte en réponse à la Une de « Charlie Hebdo ».

    Tout doit avoir le droit de se dire, de s’écrire et de se représenter, et cela doit être dit et répété, particulièrement pour Charlie Hebdo.

    Nous avons aussi le droit d’écrire que la Une de Charlie de cette semaine est diffamatoire, et haineuse.

    Elle relaie une campagne de délation, dont « l’argumentaire » défie la logique, la justice, et la morale. Il y a quelques années, on a reproché à Mediapart d’avoir publié les informations au sujet de Cahuzac lorsqu’il en avait les preuves, aujourd’hui on (parfois le « on » est le même) lui reproche de ne pas avoir publié ce qu’il ne savait pas.

    Edwy Plenel et Mediapart se sont exprimés, preuves et vidéos à l’appui, sur leurs « relations » avec Tariq Ramadan. Cela n’empêche pas la délation de se développer, en utilisant, entre autres, des photo-montages truqués, et des affirmations non vérifiées.

    Mediapart est l’un des rares grands moyens d’information français à avoir publié une enquête fouillée sur Tariq Ramadan, dans une série de cinq longs articles. Les délateurs, tout en affirmant que eux « savaient » (mais quoi ?), reprochent aujourd’hui à Mediapart de ne pas avoir publié des informations dont les faits sont apparus il y a quelques jours. Comme l’écrit Mathieu Magnaudeix, le journaliste qui a mené l’enquête sur Ramadan pour Mediapart : « la question intéressante dans tout ça, la vraie question journalistique, [...] c’est pourquoi il a fallu autant de temps, et Weinstein, pour que ces témoignages atroces soient connus. Pourquoi ces femmes ne voulaient pas témoigner. Amener des victimes de violences sexuelles à la parole, c’est le vrai enjeu pour les journalistes. »

    Nous défendons et respectons l’attitude conforme à l’éthique qui est, et a été, celle de Mediapart dans le cadre de cette enquête comme dans les autres, et notamment pour celles menées sur les sujets de harcèlements sexuels.

    Il semble bien que nous soyons confrontés ici à une campagne politique qui, loin de défendre la cause des femmes, la manipule pour imposer à notre pays un agenda délétère, fait de haine et de peur. Cette campagne s’attaque au journal qui, depuis bientôt dix ans, combat avec constance cette politique de la peur, défendant les causes communes de l’égalité contre toutes les discriminations, qu’elles visent les femmes, les LGBT, les musulmans, les noirs, les juifs, les victimes du racisme et de la xénophobie, les migrants et les réfugiés, etc.

    Nous défendons et respectons toute attitude qui mène à la fraternité plutôt qu’à l’affrontement, au rassemblement plutôt qu’à l’exclusion, au respect plutôt qu’à la chasse en meute.

    La campagne inique menée contre Mediapart et sa rédaction est dangereuse : elle vise le symbole d’une presse libre, indépendante des pouvoirs quels qu’ils soient, au service du droit de savoir des citoyennes et des citoyens.

    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/121117/en-defense-de-mediapart-et-d-edwy-plenel

  • 16 novembre 00:11

    Nadia Aissaoui, sociologue, féministe,
    Paul Alliès, juriste,
    Claude Alphandéry,
    Pouria Amirshahi, citoyen,
    Salah Amokrane, militant associatif,
    Louis Astre,
    Lucien Attoun, homme de théâtre,
    Micheline Attoun, femme de théâtre,
    Régis Aubry, professeur de médecine, membre du CCNE,
    Gabrielle Babin Gugenheim,
    Andrew Bampfield, scénariste,
    Pierre-Louis Basse, écrivain,
    Christian Baudelot, sociologue,
    Jean-Philippe Béja, Directeur de Recherche émérite,
    Jay Bernfeld, musicien,
    Olivier Besancenot, membre du NPA,
    Jean-Paul Besset, ex-député européen,
    Pascal Boniface, géopolitologue,
    Nicolas Bordas,
    Sophie Bouchet-Petersen, conseiller d’Etat retraitée et féministe,
    Daniel Boukman, écrivain, militant culturel martiniquais,
    William Bourdon, avocat,
    Abdelkrim Branine, journaliste
    Fabienne Brion, professeur à l’Université catholique de Louvain
    Jean-Louis Brochen, avocat,
    Julie Brochen, actrice et metteur en scène,
    Ian Brossat, adjoint (PCF) à la Maire de Paris, élu du 18e,
    Michel Broué, président de la Société des amis de Mediapart,
    Dorothée Browaeys, journaliste scientifique et auteur,
    Louise Bruit Zaidman, historienne,
    André Burguière, historien, EHESS,
    Alain Cabos,
    Claude Calame, anthopologue, EHESS,
    Michel Calvo,
    Jean-Claude Carrière, écrivain, dramaturge,
    Carmen Castillo, écrivaine et cinéaste,
    Patrick Chamoiseau, écrivain,
    Suzanne Citron, historienne,
    Rémi Cochard, militant associatif (LDH),
    Laurence de Cock, historienne,
    Philippe Corcuff, ancien chroniqueur de Charlie Hebdo,
    Marie Cosnay, écrivaine,
    Constantin Costa-Gavras, réalisateur,
    Michèle Costa-Gavras, productrice,
    Thomas Coutrot, économiste,
    Sylvain Cypel, journaliste
    Pierre Dardot, philosophe,
    Sonia Dayan-Herzbrun, professeur émérite à l’université Paris Diderot,
    Caroline De Haas, militante féministe,
    André Deledicq, prix Erdös 2004,
    Marc-François Deligne, vidéaste
    Manthia Diawara,
    Ian Dufour, militant syndical,
    Françoise Dumas, productrice et réalisatrice,
    Aude Evin, avocate,
    Éric Fassin, sociologue,
    Michel Feher, philosophe,
    Sylvie Fennec, comédienne,
    Gérard Filoche, militant socialiste,
    Lydia Flem, psychanalyste, photographe, écrivain,
    Dan Franck, écrivain,
    René Gallissot, historien,
    François Gemenne, chercheur à Sciences-Po,
    Alain Genestar, journaliste,
    Denis Gheerbrant, cinéaste,
    Sylvie Glissant, Institut du Tout-Monde,
    Caroline Glorion, productrice et réalisatrice,
    Anouk Grinberg, comédienne,
    Caroline Gruson, mathématicienne,
    Christophe Hadri,
    Frédéric Hocquard, adjoint à la Mairie de Paris,
    Claire Hocquet, avocat
    Pascale Iltis,
    Erich Inciyan, journaliste,
    Hugues Jallon, écrivain et éditeur,
    Samy Johsua, professeur émérite des universités,
    Geneviève Joutard, historienne,
    Philippe Joutard, historien,
    Leslie Kaplan, écrivain,
    Naruna Kaplan de Macedo, cinéaste,
    Pierre Khalfa,
    Christiane Klapisch-Zuber, historienne,
    Thierry Kuhn, militant associatif,
    Jean Labib, producteur,
    Mehdi Lallaoui, président de Au Nom de la Mémoire,
    Nicole Lapierre, socio-anthropologue,
    Mathilde Larrère, historienne,
    Céline Larrière, attachée culturelle,
    Sylvain Larrière, sculpteur,
    Bernard Latarjet,
    Patricia Lavail, musicienne,
    Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire,
    Catherine Legalery, cadre de santé
    Jean-Louis Legalery, universitaire
    Séverine Leidwanger, universitaire,
    Pierre Leterrier,
    Michael Lowy, directeur de recherche émérite au CNRS,
    Dominique Lurcel, metteur en scène,
    Emmanuel Maheu, médecin,
    Ziad Majed, politologue, professeur universitaire,
    Noël Mamère, ex-député,
    Gilles Manceron, historien,
    Philippe Mangeot, militant associatif,
    Farouk Mardam Bey, éditeur,
    Philippe Marlière, politiste,
    Roger Martelli, historien, co-directeur de Regards,
    François Marthouret, comédien,
    Muhammad Marwan, auteur, statisticien,
    Francine Mazière, linguiste,
    Mohamed Mechmache, militant associatif,
    Muriel Mesguich,
    Jean-Pierre Mignard, avocat,
    Edgar Morin, sociologue et philosophe,
    Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue,
    Océanerosemarie, auteure et comédienne,
    Heitor O’Dwyer de Macedo, psychanalyste,
    Maurice Olender, historien (EHESS), éditeur (Seuil),
    Paul Otchakovsky-Laurens, éditeur,
    Gilbert Pago, historien,
    Bernard Paillard, chercheur à la retraite,
    Marc Paquien, metteur en scène,
    Christian Paul, ancien ministre,
    Willy Pelletier, sociologue, Fondation Copernic,
    Nicole Phelouzat, sociologue à la retraite, membre de la LDH,
    Alfredo Pena-Vega, sociologue (EHESS),
    Martyne Perrot, sociologue CNRS,
    Thomas Piketty, directeur d’études à l’EHESS,
    Manuel Piolat Soleymat, écrivain et critique dramatique,
    Vincent Présumey, professeur d’Histoire et syndicaliste,
    Jérôme Prieur, réalisateur et historien,
    Salvatore Puglia, photographe,
    Lydie Rappaport, directeur de recherche au CNRS, retraitée,
    Sylvain Rappaport,
    Marie Raymond,
    Michel Ricard,
    Carol Rio,
    Régine Robin, historienne,
    Barbara Romagnan, militante politique,
    Delia et Alexandre Romanes, directeurs du Cirque Tzigane Romanes et de Tchiriclif Centre des Arts et des Cultures Tziganes et Gitanes,
    Dominique Rousseau, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne,
    Isabelle Saint-Saens, militante associative,
    Christian Salmon, écrivain,
    Elias Sanbar, écrivain,
    Jane-Lise Samuel, biologiste,
    Shlomo Sand, historien,
    Sarkis, artiste-sculpteur,
    Eva Sas, ex-députée EELV,
    Denis Sieffert, journaliste,
    Jean-Pierre Siméon, poète et dramaturge,
    Béatrice Soulé, directrice artistique, militante,
    Xavier Soule, architecte,
    Bernard Stéphan, éditeur,
    Enzo Traverso, historien, Cornell University,
    Aurélie Trouvé, militante altermondialiste,
    Francoise Vibert-Guigue,
    Christine Vitrani,
    François Vitrani, président de l’Institut du Tout-Monde,
    Patrick Viveret, philosophe,
    Eleni Vrikas, maître de conférences émérite, Paris 8,
    Michelle Zancarini-Fournel, historienne.

    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/121117/en-defense-de-mediapart-et-d-edwy-plenel

  • Il fut pourtant un temps, pas si lointain, où Charlie et Mediapart s’entendaient bien. En 2008, Caroline Fourest faisait son apparition sur le site, lors d’Etats généraux de la presse,

    « au temps où les deux médias défendaient les mêmes valeurs »

    , se souvient l’essayiste. En septembre 2012, le magistrat Jean-Yves Monfort, spécialiste reconnu du droit de la presse, assiste à un colloque organisé au Havre pour le quarantième anniversaire de la loi Pleven contre le racisme. Avec lui, la chroniqueuse de France Inter Sophia Aram et Fabrice Arfi ainsi que Charb, celui que les frères Kouachi voulaient tuer en priorité. Le retour s’était fait à quatre.

    « Je garde un merveilleux souvenir de ce voyage où le train s’arrêtait à toutes les stations, comme les diligences de Maupassant, raconte Monfort. Nous venions tous les quatre d’horizons différents, mais en refaisant le monde, on réalisait qu’on partageait pas mal de vues. »

    Sur les murs des locaux de Mediapart, des dessins joliment encadrés de Charb et de Tignous, deux des victimes de l’attentat de 2015, attestent aussi de la bonne entente passée. Sur l’un d’eux, un type, seul chez lui, devant son ordinateur. Sa femme passe une tête : « Tu fais quoi chéri ? » « Euh… je m’informe sur Mediapart. » Sur un autre, un Nicolas Sarkozy discourant doctement de « la France qui se lève tôt ». Une figure commode, Sarkozy, un bouc émissaire idéal pour tenir les morceaux de deux gauches déjà en bisbille : l’une (Charlie) tenante d’une laïcité ultra-stricte, l’autre (Mediapart) allant jusqu’à parler de « racisme d’Etat » en France. Le temps d’un quinquennat, le schisme qui menace la gauche est mis sous le boisseau.

    « Tout a pourtant commencé il y a dix ans, après le meurtre d’Ilan Halimi »

    , analyse le sociologue Philippe Corcuff, un ancien de Charlie, quoiqu’il tienne maintenant un blog sur Mediapart.

    « Lors des attentats contre la rue Copernic – quatre morts devant une synagogue parisienne en 1980 –, la gauche entière avait défilé, poursuit-il. Après ce meurtre, la Ligue communiste révolutionnaire a choisi de ne pas manifester ; c’était le premier coup de boutoir porté à l’antiracisme légendaire. Rien non plus dans la gauche radicale après le massacre de Mohamed Merah dans une école juive de Toulouse.

    On assiste depuis à une guerre sourde entre anti-islamophobie et antisémitisme, comme s’il y avait concurrence, Cette bagarre atomique entre Mediapart et Charlie en est aussi le reflet déformé. »

    conclut l’universitaire.

  • En ce sens, le corcuffisme a tout de l’imposture sur tous les plans - intellectuel, philosophique et surtout politique.

    Sixième sophisme : l’irréfutabilité apparente du discours

    Une des grande forces de l’appareil sophistique est qu’il permet d’aligner des énoncés sans que ceux-ci puissent être réfutés, selon le critère poppérien classique, qui consiste à poser qu’un énoncé doit être réfutable pour être scientifique.

    Même si le critère popperien est à manier avec précaution dans le domaine des sciences humaines et politiques, où l’administration de la preuve est quasi-impossible, Corcuff abuse de ce statut forcément émancipé de ce critère des sciences humaines pour dire absolument ce qui l’arrange, sans qu’il soit possible d’y apporter une contradiction franche : on assiste au retour des années 30, il y a convergence impensée entre des auteurs de la gauche critique et la droite xénophobe, la critique des media "fait le jeu" de cette même droite etc...autant d’énoncés parfaitement irréfutables.

    Une contradiction interne forte m’a cependant sauté aux oreilles au fil du discours, ce qui montre bien que Corcuff ne s’embarrasse pas de cohérence et de conséquence en construisant son discours et qu’il doit être mu par autre chose que par une quelconque quête de vérité - ou en tout cas de véracité.

    En début de conférence, Corcuff, qui se situe sur le plan du discours pratique, veut nous mettre en garde d’un "danger" qui justifie la totalité de son développement :

    "Ce néo-conservatisme [...] est en train de monter dans la société française mais aussi dans d’autres sociétés européennes, et il n’est pas impossible de considérer qu’il devienne un jour l’idéologie des élites, l’idéologie dominante"

    Rappelons-nous que Corcuff inclut dans cette nébuleuse néo-conservatiste le pseudo "nationalisme" des intellectuels de gauche défendant le protectionnisme économique. C’est là que ropose l’essentiel de la charge de Corcuff contre ces économistes, dont il reconnaît par ailleurs la pertinence des propos, mais qu’il fustige au nom de son "éthique de responsabilité".

    Or que dit-il bien plus loin à propos des mêmes économistes accusés de "fétichiser" la Nation :

    "Si l’on regarde d’ailleurs l’histoire des gauches radicales depuis la 2e guerre mondiale, les intellectuels critiques ont pourtant plus de probabilité de peser sur les mouvements sociaux que sur les politiques étatiques, en tout cas s’ils restent critiques, et en général hors de leur portée, hors du seul niveau rhétorique.[...] Pourtant ces intellectuels critiques sont tentés de surestimer la place des mesures destinées aux institutions étatiques, comme si ils avaient en leur for intérieur un âme de gouvernant, une âme de conseiller du prince, ou comme si un Lénine someillait en chacun."

    De deux choses l’une, soit ces intellectuels sont à même d’influencer l’"idéologie dominante", soit ils ne le sont pas.

    La deuxième proposition, qui hélas est réaliste et plutôt lucide, constitue un argument à charge mais parfaitement recevable contre la performativité de leurs propositions qui reviennent selon lui à pisser dans un violon - pour qui n’est pas dupe de la comédie d’un Montebourg, caution pratique du feu gouvernement Ayrault. Mais elle entre en totale contradiction avec la première. Dans ce cas en effet, plus rien ne justifie la charge de Corcuff contre ces soi-disant fétichistes de l’"Etat-Nation", voués de toute façon à demeurer parfaitement inaudibles et innoffensifs.

    On se demande alors pourquoi il prend la peine de les attaquer, et le gros soufflé de la "convergence" rouge-brune impensée se dégonfle tout seul.

    Qu’y at-il derrière cette charge contre ces intellectuels, si ceux-ci sont de fait de petites choses inoffensives ? Simplement un présupposé anti-étatique que Corcuff déroule paresseusement en suivant ce qu’il suppose être un principe fondateur de l’anarchisme. Ce genre d’anarchisme universitaire se moque complètement des conditions concrètes d’exploitation des victimes de la mondialisation libérale : ce qui compte, c’est de désigner le Mal défini de façon caricaturalement essentialiste - en l’occurence, par ordre croissant d’ignominie supposée, l’Etat-Nation, le Prince, Lénine.

    De l’opinion mise en forme, voilà à quoi se résument les "cours" de Corcuff.

    https://blogs.mediapart.fr/jarogne/blog/120515/les-sophismes-de-corcuff

  • Il fut pourtant un temps, pas si lointain, où Charlie et Mediapart s’entendaient bien. En 2008, Caroline Fourest faisait son apparition sur le site, lors d’Etats généraux de la presse,

    « au temps où les deux médias défendaient les mêmes valeurs »

    , se souvient l’essayiste. En septembre 2012, le magistrat Jean-Yves Monfort, spécialiste reconnu du droit de la presse, assiste à un colloque organisé au Havre pour le quarantième anniversaire de la loi Pleven contre le racisme. Avec lui, la chroniqueuse de France Inter Sophia Aram et Fabrice Arfi ainsi que Charb, celui que les frères Kouachi voulaient tuer en priorité. Le retour s’était fait à quatre.

    « Je garde un merveilleux souvenir de ce voyage où le train s’arrêtait à toutes les stations, comme les diligences de Maupassant, raconte Monfort. Nous venions tous les quatre d’horizons différents, mais en refaisant le monde, on réalisait qu’on partageait pas mal de vues. »

    Sur les murs des locaux de Mediapart, des dessins joliment encadrés de Charb et de Tignous, deux des victimes de l’attentat de 2015, attestent aussi de la bonne entente passée. Sur l’un d’eux, un type, seul chez lui, devant son ordinateur. Sa femme passe une tête : « Tu fais quoi chéri ? » « Euh… je m’informe sur Mediapart. » Sur un autre, un Nicolas Sarkozy discourant doctement de « la France qui se lève tôt ». Une figure commode, Sarkozy, un bouc émissaire idéal pour tenir les morceaux de deux gauches déjà en bisbille : l’une (Charlie) tenante d’une laïcité ultra-stricte, l’autre (Mediapart) allant jusqu’à parler de « racisme d’Etat » en France. Le temps d’un quinquennat, le schisme qui menace la gauche est mis sous le boisseau.

    « Tout a pourtant commencé il y a dix ans, après le meurtre d’Ilan Halimi »

    , analyse le sociologue Philippe Corcuff, un ancien de Charlie, quoiqu’il tienne maintenant un blog sur Mediapart.

    « Lors des attentats contre la rue Copernic – quatre morts devant une synagogue parisienne en 1980 –, la gauche entière avait défilé, poursuit-il. Après ce meurtre, la Ligue communiste révolutionnaire a choisi de ne pas manifester ; c’était le premier coup de boutoir porté à l’antiracisme légendaire. Rien non plus dans la gauche radicale après le massacre de Mohamed Merah dans une école juive de Toulouse.

    On assiste depuis à une guerre sourde entre anti-islamophobie et antisémitisme, comme s’il y avait concurrence, Cette bagarre atomique entre Mediapart et Charlie en est aussi le reflet déformé. »

    conclut l’universitaire.

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