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Plus de cent vingt groupes de défense des droits de l’homme exhortent le Giro d’Italia à déplacer le départ d’israël en raison des violations des droits des Palestiniens
posté le 24/11/17 Mots-clés  antifa 

Aujourd’hui, plus de cent-vingt organisations de défense des droits humains, syndicats, associations de tourisme éthique, groupes sportifs et confessionnels de plus de 20 pays lancent un appel international appelant l’événement majeur cycliste Giro d’Italia à déplacer son « Big Start » 2018 d’Israël en raison des graves et croissantes violations du droit international et des droits humains des Palestiniens.

Le célèbre linguiste Noam Chomsky, les éminents juristes John Dugard et Richard Falkancien rapporteur spécial des Nations Unis sur la Palestine, le dramaturge italien Moni Ovadia, les parlementaires européens Eléonore Forenza, Curzio Maltese et Sergio Cofferati, l’ancienne vice-présidente du Parlement européen Luisa Morgantini ont également signé l’appel.

L’appel est lancé à la veille de la présentation officielle de la course prévue le 29 novembre à Milan, qui coïncide avec la Journée internationale de solidarité des Nations Unies avec le peuple palestinien.

Les signataires soulignent que la tenue du Giro d’Italia en Israël masquerait à la fois l’occupation militaire israélienne, la discrimination contre les Palestiniens et augmenterait le sentiment d’impunité d’Israël, encourageant le déni continu des droits des Palestiniens tels que stipulés par les Nations Unies.

Giro d’Italia travaille avec la société israélienne Comtec Group, l’organisateur de l’événement « Big Start », qui a des activités dans les colonies israéliennes illégales. Dans des images officielles de course, cartes et vidéos , le Giro d’Italia décrit de manière trompeuse Jérusalem-Est, qui est sous occupation militaire israélienne depuis cinquante ans, comme si elle faisait partie d’Israël et la capitale unifiée de l’État d’Israël.

L’étape finale prévue pour le sud d’Israël passera par des douzaines de villages bédouins palestiniens qu’Israël refuse de reconnaître ou à qui Israël refuse de fournir « les services les plus élémentaires, y compris électricité, eau, cliniques, écoles et routes », l’un de ces villages ayant été détruit plus de cent fois .

Les soutiens de la déclaration condamnent également le projet du Giro d’Italia de « célébrer » 70 ans de la création de l’État d’Israël alors que les Palestiniens commémorent 70 ans de dépossession, de déplacement forcé et de déni des droits des réfugiés palestiniens conformément aux résolutions des Nations Unies .

Quelques jours avant le Giro d’Italia, l’équipe nationale israélienne de cyclisme, en lice pour l’une des quatre invitations privilégiées au Giro d’Italia, participera à une course illégale à travers Jérusalem-Est occupée jusqu’à la colonie illégale de Pisgat Ze’ev. La Fédération israélienne de cyclisme sponsorise et organise des compétitions de la ligue nationale dans les zones sous occupation militaire israélienne.

L’appel exhorte le propriétaire de la course, RCS MediaGroup, à « déplacer le départ de la course vers un autre pays pour s’assurer de ne pas être impliqué dans les violations israéliennes du droit international et des droits humains palestiniens ».

Les signataires rappellent également à RCS, aux équipes participantes et aux sponsors « les conséquences juridiques et les atteintes à la réputation découlant de la collaboration avec des institutions israéliennes et des entreprises impliquées dans des violations des droits humains et du droit international ».

Bien que RCS affirme qu’il s’agit d’un évènement purement sportif, aucun des commentateurs cyclistes n’est dupe de la manœuvre. Ainsi, le départ de la course en Israël a été décrit par les journalistes et les journalistes sportifs comme un « coup de maître de la diplomatie douce » , un « coup de relations publiques » et un « polissage de l’image » en échange de millions d’euros de parrainage officiel israélien.

Des groupes de la société civile palestinienne ont également écrit au Pape François pour l’exhorter à ne pas accepter l’invitation du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à donner le départ de la course en Israël l’année prochaine et à ne pas « associer son nom d’une quelconque façon au Tour cycliste d’Italie 2018 en raison de l’insistance malheureuse à blanchir l’occupation militaire d’Israël et les graves violations des droits humains. « 

Des milliers de défenseurs des droits de l’homme et de passionnés de cyclisme ont écrit à RCS pour lui demander de déplacer le départ d’Israël.

Des villes de toute l’Italie organiseront des manifestations sur deux roues, les 25 et 26 novembre, pour protester contre l’utilisation d’un sport étroitement associé à la liberté afin de masquer l’occupation militaire brutale et le régime d’apartheid d’Israël.

Contexte :
* Les signataires comprennent
le groupe cycliste belge Wilde Pedal
The Big Ride UK,
le magasin de vélos Biciclettaro en Italie,
la Fédération omnisports de Seine-Saint-Denis en France ;
les syndicats Union Syndicale Solidaires en France, FIOM-CGIL USB en Italie,
le Conseil des syndicats de Craigavon en Irlande du Nord
la Confederación Intersindical Galega en Espagne,
l’Association pour le tourisme équitable et solidaire, représentant 35 organisations en France pour la promotion du tourisme éthique, dont 25 voyagistes ;
Les groupes confessionnels Pax Christi et la communauté chrétienne romaine Grassroots en Italie, Kairos Britain et Friends of Sabeel Royaume-Uni, Friends of Sabeel Norway et Kairos – Sabeel Netherlands Foundation ;
Voix juive pour la paix aux États-Unis,
Union des juifs progressistes en Belgique,
Réseau italien Juifs contre l’occupation,
Juifs pour la justice pour les Palestiniens Royaume-Uni.

* Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a récemment mis en garde 150 entreprises israéliennes et internationales contre l’implication illégale dans les colonies israéliennes, qui constituent un crime de guerre en vertu du droit international.

* La résolution 181 (1947) de l’Assemblée général de l’ONU a défini le statut de Jérusalem comme corpus separatum, un régime international spécial et a maintes fois soutenu que « toute action prise par Israël, puissance occupante, pour imposer ses lois, juridiction et administration à la ville sainte de Jérusalem sont illégales. » En 1967, Israël a occupé Jérusalem-Est, l’annexant unilatéralement comme faisant partie de sa capitale unifiée,

* Mai 2018 marquera le 70e anniversaire de la Nakba (« catastrophe »), quand environ 800 000 Palestiniens autochtones ont été expulsés de force de leur patrie.

https://www.bdsfrance.org/plus-de-cent-vingt-groupes-de-defense-des-droits-de-lhomme-exhortent-le-giro-ditalia-a-deplacer-le-depart-disrael-en-raison-des-violations-des-droits-des-palestiniens/


posté le 24 novembre 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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Commentaires
  • propagande pro-pal

  • 24 novembre 13:09

    mauvaise catégorie : on the web

  • https://collectiflieuxcommuns.fr/689-islamisme-islamophobie-islamo

    Partons effectivement de la question de la passivité d’une grande partie du dit « peuple de gauche », du mutisme face à cette extrême droite musulmane qui remplit tous les critères de ce terme, comme l’exposé précédent les a précisés, et même bien plus que nos droites nationales en France — les néo-nazis, les monarchistes et les croisés sont ici encore vraiment minoritaires — mais qui retiennent toute l’attention.

    Alors pourquoi tant de silence, de gêne, pourquoi aussi peu de réactions ? C’est une question centrale parce qu’une telle attitude ouvre évidemment un boulevard à tous les amalgames et toutes les réactions xénophobes — nous y reviendrons à la fin.

    Pour comprendre cette paralysie critique vis-à-vis de l’islamisme, il peut-être intéressant d’aller voir ceux qui y sont favorables, ou au moins très complaisants : leur discours concentre ce qui est plus diffus ailleurs, ils disent plus clairement et distinctement ce qui se pense plus discrètement sous d’autres cieux.

    Un terme vient alors à l’esprit, celui d’islamo-gauchisme.

    Il est évidemment très polémique.

    Il est sujet à caution d’abord parce que l’expression de gauchiste n’est pas très précise : Ce serait quelqu’un d’apparenté à une famille politique issue du ou plutôt des marxismes qui ont marqué le XXe siècle, parce qu’il y en a eu quand même une sacrée flopée. On va me dire qu’il y a aussi pas mal de pseudo-libertaires ou d’anarchistes ou encore de féministes qui sont concernés, mais comme on le verra, ils ont adopté de facto et depuis longtemps les grands schémas marxistoïdes qui fondent le camp de la religion du progrès, c’est-à-dire, globalement la « gauche » [1].

    Quant au préfixe islamo-, pas très précis non plus, ce serait l’association entre une approche gauchiste et l’islam, sous la forme de la complaisance d’un gauchiste vis-à-vis de l’islam et de tout ce qui s’y rapporte ou, à l’inverse, d’un islamiste qui gauchirait son discours. Bref ce terme descriptif, qui a déjà près de dix ans, recouvre quand même une sacrée réalité et à ce titre, en attendant mieux, nous l’utiliserons, puisqu’il permet de cerner cette mouvance protéiforme qui prétend combattre l’Occident en essayant de s’allier l’héritage des combats anticapitalistes et la guerre actuelle des islamistes plus ou moins soft.

    Bien sûr, c’est un courant confus et épars mais tout à fait tangible qui a eu son heure de gloire au moment de l’altermondialisme, après le 11 septembre et les réactions américaines, mais qui se maintient aujourd’hui largement, même si depuis le naufrage des soulèvements arabes, il a du mal à assurer une apparence de cohérence — mais on verra que c’est le cadet de ses soucis, puisque le but final est de brouiller les cartes.

    Qui sont les islamo-gauchistes ?

    Cette complaisance intellectualisée pour l’islam ou même l’islamisme, qu’il s’agisse de l’islamisme passif ou même actif, on la rencontre très explicitement dans un tout petit noyau.

    Il y a d’un côté les islamistes plus ou moins déclarés,
    - les Tariq Ramadan,
    - les Houria Boutelja et consorts
    - des Indigènes de la République,
    - des imams officiels ou autoproclamés, etc.
    qui ont compris que des gauchistes pouvaient leur être tactiquement utiles.

    De l’autre côté, on trouve tous ces gauchistes qui les entourent et leur servent la soupe. Je pense entre autres à
    - Pierre Tevanian (+Sylvie Tissot),
    - Alain Gresh,
    - Christine Delphy, etc.,
    qui veulent voir plus ou moins confusément dans l’islam et l’islamisme un support à la critique de l’Occident.

    C’est donc, je l’ai dit, un tout petit noyau qui devrait être une curiosité ethnologique, mais il concentre et explicite une posture, un prêt-à-penser, qu’on rencontre ailleurs sous forme de cercles concentriques. Ce discours-là est donc présent de manière diffuse dans des milieux tout de même plus respectables comme
    - Le Monde Diplomatique,
    - l’émission de radio « Là-bas si j’y suis »,
    - médiapart etc.

    C’est bien sûr dans certains cercles « pro-palestiniens » qu’on retrouve le mieux ce salmigondis d’anti-impérialisme et d’éloge (des islamistes) du Hamas, voire du Hezbollah, mais on croise ces réflexes un peu partout : par exemple dans notre brochure, nous ferraillons contre un gauchiste qui reprend ces thèses en vrac, sans en être convaincu lui-même, mais qui ne semble pas pouvoir les réfuter tout seul. Cette posture « à gauche », plus importante qu’on ne le pense, n’est pas un hasard puisque ce discours islamo-gauchiste joue justement sur les catégories historiques de la « pensée » de « Gauche », comme on va le voir. Il est donc assez facile à repérer dès qu’on en a la clef.

    Et puis, il y a tous ceux, très nombreux, pour qui tout cela semble apparaître comme un point aveugle, qui passent la chose sous un silence plus ou moins complice ou procèdent par omissions spécifiques, sous-entendus ou ironie. Ils ne cessent d’excuser, de dédouaner, de minimiser l’extrême droite musulmane, quand ils en reconnaissent l’existence, alors même qu’ils sont extrêmement sourcilleux concernant l’extrême droite française ou tout simplement la droite [2].

    - Les principales victimes, si j’ose dire, ce sont les milieux dits « antifascistes » qui sont absolument aveugles à cette extrême droite musulmane et totalement muets à son endroit, du moins de ce que j’en sais.

    J’en ai vu dernièrement, par exemple, défiler dans ma ville de banlieue populaire en criant « Pas de fachos dans nos quartiers ! », etc. Évidemment, les fachos ne sont pas dans ces quartiers-là, et sûrement pas dans le mien, et à peine dans ses urnes. Par contre des barbus et autres porteurs de qamis il y en a, en tenue de djihadistes, et à tire-larigot. Là, la contradiction est criante, quand même, mais il est impossible de le leur faire comprendre, la question ne sera pas posée, même lorsque des femmes en burqa passent en riant devant la banderole... Ces militants, qui se proclament pour l’égalité des sexes, pour la liberté des homosexuels, contre les discriminations et le capitalisme, etc., mettent l’islamisme de quartier hors de cause, même lorsqu’il fait des morts. Tout cela interroge fortement, et notamment nos copains tunisiens qui ne comprennent pas pourquoi une telle complaisance, qui serait facilement explicable en terre musulmane, parce que ce phénomène d’islamo-gauchisme est très répandu chez eux comme le montre l’interview d’eux dans notre brochure 19, mais qui leur paraît incroyable en France, terre de combats antireligieux.

    Alors avant d’aborder le pourquoi, de proposer une explication, je vais me demander comment ils procèdent, quels sont les arguments utilisés.

    Il y a ainsi un certain nombre de lieux communs que je vais passer en revue. « Lieux Communs », c’est aussi le nom de notre collectif, et c’est lié au fait que nous pensons qu’il y a une quantité hallucinante de lieux communs qu’il y aurait à pulvériser, et parallèlement qu’il y a aussi beaucoup de lieux communs que nous voudrions instaurer, ou du moins des banalités de base sans lesquelles on ne peut pas penser le monde actuel — l’exposé qui m’a précédé en relève, ça a été dit. Je vais donc parler des lieux communs que nous voudrions pulvériser, les absurdités qui surgissent immanquablement dès qu’il est question d’islamisme, pour le diminuer, le justifier, l’excuser, ou le dénier tout simplement.

    Les lieux communs de la tolérance à l’islamisme

    • 1) Premièrement, l’islamisme serait peu ou prou une pratique traditionnelle, et qui mériterait donc le respect. C’est évidemment une absurdité totale, puisque l’islamisme contemporain est un regain tout à fait récent à l’échelle de l’histoire. Il y a seulement trente ans, les voiles traditionnels étaient extrêmement rares dans la rue, et c’était le propre des femmes âgées ou débarquées du bled. Aujourd’hui, ce sont des voiles islamiques, devenus une pratique offensive et tout à fait banale, par exemple ici chez des immigrées de deuxième ou troisième génération, mais cette évolution est visible y compris et surtout dans la plupart des pays musulmans. La chose est aussi évidente au niveau géopolitique : le conflit israélo-palestinien n’avait rien de religieux il y a quelques décennies et aujourd’hui le choix est entre le Hamas et Tsahal — bon courage. Bon, l’exposé précédent a été clair, je ne vais pas m’étendre là-dessus : l’islamisme, s’il appartient en propre à la culture arabo-musulmane, n’a rien d’une tradition, encore moins respectable, et c’est d’ailleurs un argument extrêmement suspect sur lequel nous reviendrons — à cette aune, il faudrait considérer le fascisme comme une honorable tradition italienne. Et quand bien même le serait-ce, la tradition n’a rien de sacré à nos yeux.
    • 2) Deuxième lieu commun — ce ne sont que des exemples et je n’en passe que quelques-uns en revue : l’islamisme se réduirait finalement à quelques excès marginaux tout à fait secondaires de la religion, ces courants seraient des passades qui ne dureraient qu’un temps, bref des épiphénomènes qu’il ne faudrait pas monter en épingle. On pouvait dire ça en étant mal renseigné dans les années 80, mais aujourd’hui malheureusement, il faut admettre que ce sont des dynamiques de fond. Rien qu’en France, il faut au moins remonter jusqu’à Khaled Kelkal et les attentats du GIA, les jeux politiques iraniens via le Hezbollah autour des otages au Liban, ou à la première question du voile, en 1989, ou encore aux fatwas contre Salman Rushdie, etc. Même période temporelle pour l’assassinat de Sadate en Égypte, la formation au Djihad dans l’Afghanistan soviétique ou l’instauration de la république islamique d’Iran. Et tout cela découle d’un réveil dans les années 70... Non, ça ne date pas d’hier. Par ailleurs, on parle d’un phénomène, d’une guerre à l’échelle continentale comme l’a été la guerre froide, qui concerne directement près d’un milliard de personnes, dans des régions aussi séparées que le Soudan, le Pakistan, l’Inde, le Maroc ou l’Indonésie. Sans parler des territoires européens. C’est donc un phénomène de fond, une dynamique civilisationnelle qui doit interroger. Est-ce que cela va continuer ou s’arrêter, c’est une autre question. Mais ce qu’on peut dire, c’est que c’est un phénomène de fond qui n’a plus rien de marginal.
    • 3) Troisième argument, troisième lieu commun, tout cela serait des conséquences normales de situations très difficiles que vivraient les pays arabes ou les musulmans en général. C’est un discours victimaire qui fait florès mais qui est aussi une absurdité, et d’abord parce que l’islamisme est un phénomène postcolonial ; il se déploie après les décolonisations et non pas durant le colonialisme. Les luttes d’indépendance ne sont pas du tout le fait d’islamistes ou en tout cas leur rôle était complètement secondaire : ce n’est pas au nom de l’islam que le peuple algérien réclamait et a gagné son indépendance, pas plus que la Tunisie, etc. Le « chaos algérien » est arrivé près d’une génération après... D’autre part, les immigrés de ces pays qui sont arrivés en France dans les années 50 et 60 ont vécu dans des bidonvilles dans des conditions totalement honteuses, et il n’y avait nulle trace d’islamisme chez eux. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui puisqu’on parle même des « bobars », les « bobos » barbus. C’est même le phénomène inverse, puisqu’on voit aujourd’hui en France des Arabes ou des musulmans membres du gouvernement, journalistes, artistes, chercheurs, humoristes, PDG, profs, cadres, écrivains... et que les États islamistes sont parmi les plus riches du monde. L’extrême droite musulmane est un fait qui concerne aujourd’hui toutes les catégories sociales et n’est pas du tout le fait des plus pauvres ou des plus discriminés : c’est ce que montre concrètement l’impossibilité du « profilage » des terroristes. Au niveau géopolitique, cela se vérifie aussi : l’islamisme est bien installé en Turquie, qui n’a pas été colonisée, et on ne voit aucun extrémisme religieux dans l’ex-Indochine française, ou dans l’ex-Congo Belge, où le colonialisme a été particulièrement ravageur. Enfin, si la souffrance sociale débouchait nécessairement sur l’intégrisme, nous ne serions pas là à nous réclamer d’un mouvement ouvrier, qui était, lui, vraiment en haillons et qui a institué pour la première fois la séparation de l’Église et de l’État pendant la Commune de Paris. Bref, c’est un argument purement victimaire, particulièrement étrange venant de gens très souvent anti-sionistes puisque cette posture victime / bourreau est caractéristique de la défense d’Israël...
    • 4) Quatrième lieu commun, l’islamisme serait le simple produit de jeux politico-médiatiques de l’Occident, la créature des manigances et manipulations du Frankenstein américano-européen. Bien sûr que non : lorsqu’on prend du recul, c’est un fait historique propre, intrinsèque à l’aire arabo-islamique comme le montre l’exposé précédent. À penser de la sorte, on réduit les trois quarts des populations mondiales au rôle de pions irresponsables et demeurés, sans initiatives, jugements ou capacités de réaction. Alors, bien évidemment, les États-Unis, la Russie, les grandes puissances jouent un jeu d’échecs mondial depuis qu’elles existent, c’est le principe immémorial de toute politique, y compris les forces encore subalternes, comme l’Arabie saoudite, ou l’Iran, le Pakistan, etc. Il y a manipulations mutuelles incessantes, qui peuvent se retourner à terme contre l’instigateur. Et puis les luttes de décolonisation, par exemple, étaient en partie épaulées par le bloc de l’Est — ce n’est pas pour ça que l’on va les renier… L’offensive lancée par Ben Laden est elle-même une énorme manipulation qui vise à séparer en Occident les populations arabes immigrées des autochtones — et c’est en train de marcher... Donc sans aucun angélisme, il est impossible de réduire l’islamisme au rôle de la CIA à moins de tomber dans la paranoïa. Quant au jeu des médias français, je n’ai rien lu de convaincant sur le sujet. Le jeu de l’oligarchie locale serait plutôt de laisser s’installer un chaos social stérile, un éclatement du corps social qu’elle pourra facilement surplomber.
    • 5) Cinquième et dernier argument que je prends en compte : l’islamisme n’aurait rien à voir avec l’islam, il y aurait une distance incommensurable, un fossé infranchissable entre la religion mahométane et l’extrême droite islamique. Alors là, vous comprenez immédiatement que c’est en contradiction flagrante avec le premier lieu commun, même si on passe très facilement de l’un à l’autre... C’est évidemment faux : l’islamisme se nourrit du terreau de l’islam exactement comme l’intégrisme catholique naît du catholicisme. Lorsqu’il y a viol, n’importe où, je me sens concerné en tant qu’homme. Le viol interroge la culture masculine, c’est une évidence : il y a un continuum entre cette monstruosité et la banalité du quotidien. Dans le même ordre d’idée, le colonialisme est un fait qui pèse dans l’histoire de la France, c’est un fait qui constitue un pan important de sa culture, et que tout Français, y compris naturalisé, porte en lui, qu’il le veuille ou non. Il y a ici encore un continuum entre le colonialisme et l’universalisme des Lumières, qui demande à être interrogé, qui l’est largement, même si ce n’est pas la même chose, bien entendu. On pourrait continuer : depuis l’après-guerre, le nationalisme ne peut plus être pensé comme au XIXe siècle et interroge tout patriotisme, et le communisme est désormais un mot dégoulinant de sang qui doit faire douter tous les marxistes. Alors oui, évidemment, tout musulman a à se positionner vis-à-vis des monstruosités qui se font au nom de la croyance qu’il a choisie, et l’islamisme interroge profondément l’islam et devrait profondément interroger ses adeptes. Ce n’est pas le cas, c’est même le contraire qui se passe, il y a surenchère et c’est absolument dramatique. J’en reparlerai à la fin.

    https://collectiflieuxcommuns.fr/689-islamisme-islamophobie-islamo

  • Pourquoi les « anti-racialisateurs » (et aussi celleux qui les soutiennent) font partie du problème... et non de la solution

    Depuis plus d’un an une campagne politique acharnée et réactionnaire est menée par les « anti-racialisateurs ». Diffusion de textes, brochures, émission de radio, collage, perturbations.

    Ielles ont la prétention (et le culot) de se présenter en fins connaisseurs des mouvements politiques qui luttent contre le racisme et comme si ces questions politiques leurs tenaient vraiment à cœur.

    S’autoproclamant comme les vrais révolutionnaires et les vrais anti-racistes, ielles sont parties en croisade pour défendre la pureté de l’idée révolutionnaire contre l’ « idéologie racialiste » (qu’ielles ont inventé de toute pièce), qui serait en train de s’infiltrer dans « les organisations et milieux politiques qui vont de l’extrême gauche jusqu’aux libertaires ».

    Cette prétendue « idéologie » n’apporterait que du confusionnisme et serait le symptôme de la perte de perspectives révolutionnaires. Elle ferait infiltrer dans ces milieux des idées racistes (camouflées en progressistes), à travers l’utilisation de mots et catégories qui viennent du pouvoir (« race ») ou de leurs dérivés (comme « racisé-e », etc), et qu’on devrait donc rejeter en bloc si on est des vrais.
    Ielles essaient de nous faire croire que toutes les personnes qui utilisent ces mots sont pareilles et défendent le même discours. Elles sont toutes racistes. Des ennemies à combattre et à éliminer des milieux qui se veulent révolutionnaires.

    Mais tout n’est pas perdu, vu qu’ielles sont arrivées pour sauver et pour défendre ces milieux !
    Alors vite, il faut faire comprendre à tout le monde qu’à cet endroit-là se situerait le point de rupture, autour duquel il y a urgence à se positionner, pour se donner la possibilité de rouvrir des vraies perspectives révolutionnaires.

    Sans blague ?! Merci de nous protéger de ce grand danger, tout en essayant de nous apprendre la vie et la révolution. Bien essayé, mais raté.

    S’ielles connaissaient vraiment les mouvements anti-racistes et décoloniaux et s’ielles s’intéressaient vraiment aux différents systèmes d’oppression, ielles sauraient sans doute que des débats et des questionnements existent déjà autour de l’utilisation de mots créés par le pouvoir pour parler du racisme structurel et pour analyser l’oppression qui va avec. Ielles sauraient aussi que des débats existent depuis des années dans certains milieux féministes sur l’équilibre à trouver entre la volonté de mettre fin aux oppressions et la volonté de nommer et d’analyser ces mêmes oppressions ; sur comment dépasser les catégories créés par le pouvoir (qui participent à entretenir les oppressions), tout en prenant en compte le fait que ces mêmes catégories permettent aussi de nommer et d’analyser ces oppressions. Parce que ça ne suffit pas de ne plus en vouloir et de ne plus les utiliser pour que ça fasse disparaître les effets et les conséquences concrètes qu’elles produisent dans la réalité.

    Alors pas la peine de faire les messies qui apporteraient la bonne parole pour éclairer les pensées.
    Personne vous a attendu-es pour réfléchir à ces questions. Et surtout, personne n’a besoin de votre avis ni de votre validation.

    Ceci dit, je crois qu’il y a une différence fondamentale entre complexifier ou critiquer certaines applications des grilles d’analyse des oppressions et dominations, tout en voyant et en comprenant l’importance et la valeur de leurs apports, et le faire, à l’inverse, avec l’objectif de s’attaquer à ces grilles d’analyse dans leur totalité, pour les rejeter en bloc. Et c’est justement là qui se trouve le cœur du problème.

    En effet, le problème politique le plus important par rapport aux « anti-racialisateurs » n’est pas leur ignorance autour de toutes ces questions, mais leurs intentions politiques.
    C’est certes très désagréable et malvenu quand, en connaissant très mal ce dont elles parlent, ces personnes se sentent légitime non seulement de pondre des pages et de pages, faire des émissions de radio, des affiches, ect. Et, en plus, de le faire d’une manière super arrogante et méprisante.
    Mais, qui plus est, ielles vont jusqu’à traiter de « racistes » toutes les personnes qui, pour lutter contre le racisme structurel, essaient d’analyser et de critiquer la « race » comme une construction sociale utilisée pour hiérarchiser les individues sur la base de marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno-culturels.

    À grands coups d’amalgames absurdes, de déformations des discours des autres, de raccourcis réducteurs, les « anti-racialisateurs » mettent dans le même sac toutes les personnes qui utilisent le mot « race ». De l’extrême droite au PIR, de la gauche anti-raciste aux mouvements dé-coloniaux, c’est toutes les mêmes. Aucune différence dans les idées, les analyses, les discours portés, les perspectives. Face à autant de confusionnisme, de manipulations et de mauvaise fois, on ne peut pas ne pas comprendre que leurs intérêts et intentions politiques sont toutes autres que celles qu’ielles affichent.

    Il ne faut pas être dupes. Leurs crachats confusionnistes ne visent pas à s’attaquer au racisme, qu’ielles n’utilisent, en bon politicien, que pour redorer leur pilule. Ielles sont, en réalité, en train de s’attaquer à certaines visions politiques auxquelles ielles font parfois allusion mais qu’ielles ne nomment jamais explicitement.

    Ce que les « anti-racialisateurs » sont en train de faire, c’est s’attaquer aux visions et analyses politiques qui, depuis des décennies, essaient de politiser toutes les sphères de la vie et du quotidien pour montrer que les rapports d’oppression et de domination ne se réduisent pas au seul champ économique, ni sont seulement véhiculés par l’État. Ielles sont en train de s’attaquer aux analyses qui considèrent ces rapports d’oppression et de domination comme quelque chose qui traverse tout le monde, que certaines personnes subissent en même temps que d’autre en bénéficient.

    Par la même occasion, ils s’attaquent donc aussi aux implications politiques de ces analyses : comme le fait que les « ennemis » ne sont pas seulement les bourgeois, ni seulement « les autres », les caricatures du raciste ou du macho ; comme le fait que les milieux soi-disant révolutionnaires ne sont pas en dehors de la société mais qu’ils sont aussi traversés par tout ça ; comme l’idée que c’est aux opprimé-es, en tant que groupe social, de définir l’oppression qu’ielles subissent (et donc aussi décider de comment en parler) ; comme le fait que la non-mixité soit pensée comme un outil politique d’émancipation (sans oublier que ça relève tout simplement d’une logique autoritaire de se permettre de dire à d’autres comment ielles devraient s’organiser pour lutter).

    Ces analyses sont des apports des luttes de libération et d’émancipation menées par des opprimé-es, qui ont dû se battre depuis des décennies (et ça continue encore) au sein des milieux révolutionnaires pour que leurs réalités et leurs vécus d’oppressions soient pris en compte comme quelque chose qui existe, qui est politique et qui a autant d’importance que les effets du capitalisme et de l’État. Comme une condition pour pouvoir exister entièrement dans ces mouvements révolutionnaires.
    Ces luttes ont permis de prendre conscience et de mettre en lumière l’existence de ces oppressions, c’est à dire de voir l’oppression là où on ne la voyait pas avant, parce qu’on considérait l’état des choses comme normale, comme relevant de l’ordre naturel.

    L’offensive des « anti-racialisateurs » n’est dans le fond rien de nouveau ni de très original, vu qu’elle n’est rien d’autre qu’un mouvement de « réaction », dans le sens de conservateur et réactionnaire, à l’émergence, à l’existence et au renforcement de ces visions politiques et de leurs implications. Pour ne pas devoir voir ni prendre ses responsabilités dans ces autres systèmes de dominations. Ou, pour certain-es, pour pouvoir continuer à bénéficier de ses privilèges sans avoir à se remettre en question et sans qu’on les fasse chier.

    Alors non, ce qui est en train de se jouer n’est pas un débat, tout comme ce n’est pas une guerre de chapelle ou une bataille pour l’hégémonie. C’est insultant de voir les choses de cette manière.
    Parce que vouloir nier ces oppressions, leurs effets et leurs implications, ou remettre à nouveau en question leur portée politique, n’est pas juste une opinion, mais participe pleinement de l’oppression elle-même.

    C’est pour tout cela que je considère qu’il faut réagir à leur offensive et ne pas laisser de place aux idées réactionnaires qu’ielles essaient de diffuser.
    Depuis quand, pour les révolutionnaires, tout serait discutable et entendable ?
    Non, la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords n’était pas un débat, mais la dernière étape de leur campagne politique nauséabonde.

    Face à ces crachats insultants et méprisants qui véhiculent des idées à vomir et qui puent le moisi, ça me paraît donc tout à fait compréhensible et souhaitable que des gentes décident de ne pas laisser passer cet énième affront.

    C’est pour tout cela que je comprends très bien la colère des personnes racisé-es qui sont venues à Mille Bâbords pour empêcher que la soirée ait lieu. Comme celle des autres personnes (dont je fais partie) venues pour s’opposer à ce pseudo-débat ou qui essaient de différentes manières de leur barrer le chemin.

    C’est pour tout cela que je ne soutiendrai jamais les lieux et les espaces, physiques ou virtuels, qui permettent une existence et une visibilité à ces discours gerbants.
    Parce qu’en faisant cela, ielles cautionnent ces discours. Parce qu’en faisant cela, ielles deviennent une partie du problème et non de la solution.

    Plutôt que de jouer les victimes de violences incompréhensibles et de vous étonner naïvement que des conséquences vous tombent dessus, plutôt que jouer les défenseurs de la liberté d’expression et du débat démocratique et vous poser au dessus de tout le monde, plutôt que de vous cacher derrière vos chartes remplies de mots que vous videz de leur sens et de leur profondeur politique, prenez vos responsabilités et assumez les conséquences de vos choix.

    Plutôt que de pointer la violence visible des personnes qui ripostent à une oppression, regardez déjà la violence « invisible » que vous véhiculez et dont vous ne vous rendez même pas compte tellement elle fait partie de la normalité.

    Ce n’est pas possible de limiter les analyses de la conflictualité politique et de la violence au seul champ économique. Ni de les arrêter devant votre porte.

    On ne vous laissera pas nous renvoyer dans le placard ou parmi les oublié-es de la révolution !

    une personne blanche – novembre 2016

    ps : Je ne me suis pas attardé dans ce texte sur les faits qui se sont déroulés dans la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords. Le communiqué concernant l’action menée contre la discussion prévue ce soir-là décrit déjà assez bien ce qu’il s’y est passé, contrairement aux autres textes remplis de victimisme, de mensonges et de mauvaise fois.

    Modération

    Publié : le vendredi 25 novembre 2016 à 22:50 par modo

    Article validé et commentaires cachés à priori pour éviter le trollage. Des commentaires (et donc leurs réponses) ont été cachés également pour le motif suivant :

    Les articles qui accusent de « racialistes » les personnes qui s’organisent en non-mixité/construisent collectivement des luttes autour de l’analyse de la société hiérarchisée en terme de race n’ont rien à faire sur indymedia nantes. Le site permet la publication d’articles venant de personnes et de groupes qui choisissent la non-mixité comme moyen d’auto-organisation, et c’est certainement pas aux personnes non concernées de venir publier des articles pour dire a quel point c’est contre-révolutionnaire. Une identité de lutte n’a rien a voir avec un mouvement identitaire.

    Pour rappel le racialisme c’est un mouvement scientifique du 19ème et qui a créé des catégories sociales, raciales, de genre... et qui justifiait les systèmes d’oppression, la colonisation, l’exploitation de races, de classes, des femmes,... On notera aussi que ces racialistes – en plus de n’’être que des blancs –, disposaient de canaux de communications larges et de positions de pouvoir comme par exemple être au gouvernement, dans les médias et facs réputées etc.

    Peut être aussi faudrait se calmer sur le PIR et Bouteldja et arrêter de tout ramener a elleux. Tou-te-s les militant-e-s antiracistes ne sont pas forcément affilié-e-s au PIR.
    Enfin bref, vu le contexte raciste actuel, c’est pas très étonnant que ce genre de position ressortent, sauf qu’indymedia ne sera pas utilisé pour être le relais de ce type de discours.

    https://nantes.indymedia.org/articles/36245#comment-279278

  • 25 novembre 19:40

    sionisme = nazisme

    A propos d’un article de Nord-Eclair

    Relatant une manifestation de soutien aux Palestiniens qui a eu lieu à Roubaix le 19 juillet, un journaliste de Nord Eclair, Bruno Renoul, s’est offusqué de voir une banderole présentant un drapeau israélien sur lequel l’étoile de David avait été remplacée par une croix gammée.

    Ce journaliste explique que l’Etat d’Israël n’est pas un Etat totalitaire et qu’on ne saurait le comparer à l’Etat nazi. Et pour conforter son raisonnement, il ajoute que comparer l’Etat d’Israël au Troisième Reich est "injurieux pour les victimes du nazisme dont les Juifs ont été les cibles principales".

    Disons d’abord un premier contresens, l’Etat d’Israël serait donc l’Etat des Juifs, ce qui conduit à considérer toute critique de la politique de cet Etat comme une forme d’antisémitisme, argument malheureusement trop courant.

    Mais ce qui importe, plus important qu’une équation lapidaire "sionisme = nazisme", c’est de chercher ce qui est commun à ces deux idéologies qui toutes deux s’appuient sur la notion d’Etat-Nation telle qu’elle a été théorisée par Herder au tournant des XVIIIe-XIXe siècle et qu’elle s’est développée en Europe. La notion d’Etat-Nation peut conduire à un nationalisme extrême exclusif que l’on retrouve dans le fascisme italien, le nazisme allemand et aujourd’hui le sionisme israélien. La question est moins d’identifier ces idéologies que de comprendre ce qu’elles ont de commun, ce commun se définissant, en ce qui concerne le nazisme et le sionisme, par la pureté ethnique, le terme "ethnique" restant suffisamment ambigu pour prêter à toutes les interprétations.

    Le nazisme voulait un Etat purement aryen et pour cela voulait vider l’Allemagne de tous ses éléments non aryens dont les Juifs. Le sionisme, quant à lui, veut construire un Etat juif, moins au sens religieux que dans un sens ethnique mal défini, et pour cela veut vider l’Etat d’Israël de tous ses éléments non juifs. Cette volonté de pureté ethnique est l’un des points communs aux deux idéologies nazie et sioniste et je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de le dire. Affirmer que l’on ne peut comparer le nazisme et le sionisme sous prétexte que les Juifs ont été victimes du nazisme s’appuie d’abord sur un premier contresens qui fait du sionisme, non une idéologie juive, ce qu’elle est effectivement puisque inventée par des Juifs, mais l’idéologie des Juifs, de tous les Juifs, ensuite sur une incompréhension du sionisme, idéologie européenne construite par des Juifs européens, qui ont cru trouver dans la construction d’un Etat juif la solution à l’antisémitisme européen. Malheureusement, en voulant construire cet Etat dans un pays peuplé, la Palestine, ils ont transformé une idéologie qu’il voulait libératrice en mouvement de conquête et c’est cela qui fait du sionisme un nationalisme extrême au même titre que le nazisme.

    C’est ce nationalisme extrême qui conduit aujourd’hui la politique israélienne à chercher à éradiquer la terre d’Israël de toute présence non juive, que ce soit sous la forme militaire brutale telle l’agression contre Gaza ou, il y a quelques années, la répression des Intifadas, que ce soit sous la forme de l’occupation ou que ce soit sous la forme de ce qu’on appelle les colonies, lesquelles ne sont qu’une façon d’abord de débarrasser la terre de ses habitants palestiniens ensuite de l’annexer pour en faire une terre israélienne.

    J’ajouterai un point qui est loin d’être anecdotique sur les ressemblances entre le sionisme et le nazisme. Hitler a cru trouver dans un symbole venu d’Asie, la staviska, un symbole de la pureté aryenne ; une façon de confisquer un symbole qui n’a rien à voir avec le nazisme ; ainsi on trouve des croix gammée dans des pagodes bouddhistes. La façon dont le sionisme utilise l’étoile de David, y compris pour le drapeau israélien, est plus pernicieuse. L’étoile de David est un vieux symbole juif qui n’a rien à voir avec le sionisme. En confisquant ce symbole à son profit, le sionisme se présente comme le représentant exclusif des Juifs et amène ainsi à considérer à tort l’étoile de David comme un symbole israélien. On comprend alors que l’étoile de David puisse devenir un objet de répulsion comme la staviska a pu devenir un objet de répulsion. Ce qui est choquant, c’est alors moins la répulsion devant un objet détourné de sa signification première que l’usage qui en est fait par des idéologies meurtrières.

    On pourrait dire la même chose du nom même de l’Etat qui s’appelle Israël. Le nom "Israël" représente une longue histoire et c’est cette histoire que le sionisme a voulu confisquer. Lorsque j’entends le slogan "Israël assassin", je suis choqué moins par le fait que l’on puisse crier un tel slogan mais par la façon dont une idéologie nationaliste extrême a conduit à ne voir Israël qu’à travers l’Etat d’Israël et son idéologie fondatrice, le sionisme.

    Rudolf Bkouche

    membre de l’Union Juive Française pour la Paix

    https://nantes.indymedia.org/other_medias/29898

  • Sionisme = fascisme

    Rudolf Bkouche, membre de l’UJFP, exprime ici ses positions sur la question "sionisme et fascisme" en réaction à un article de Shlomo Sand paru dans Haaretz dont la traduction française a été publiée sur notre site

    "La démocratie est notre roc et le seul fondement de notre croissance. Mais nous devons tenir compte d’un principe supérieur à ceux de la démocratie : la construction d’Eretz-Israël par le peuple juif" [1]

    Dans un article récent publié dans Haaretz, Shlomo Sand pose la question de ce que certains appellent la fascisation d’Israël. Sand réfute cette fascisation tout en terminant son article par cette remarque que l’on peut considérer comme un appel au secours :

    "S’il n’y a pas de danger de fascisme, la situation est-elle bonne pour autant ? Non. Nous sommes dans une situation dangereuse qui peut dégénérer par l’expulsion de certains des habitants des territoires, et même, face à la sérieuse résistance armée, en actes de massacre de masse. Ce labyrinthe dans lequel Israël est tombé à partir de l’étape de la colonisation qui a commencé en 1967, semble conduire à une impasse. Il ne semble pas qu’une force politique existe qui puisse sauver la situation. Tout ce qui reste à espérer est que le monde va nous sauver de nous-mêmes."

    L’article montre avec raison que la politique envers les Palestiniens est restée la même depuis que la droite a remplacé le parti travailliste aux rênes de l’Etat, que le gouvernement de droite pratique la même politique que les sionistes de gauche qui ont fondé l’Etat et que les colons religieux se comportent comme les colons sionistes socialistes.

    Mais peut-on pour autant parler de fascisme ? Sand répond "non" à cette question. D’une certaine façon il a raison si on restreint le terme "fascisme" à la seule idéologie développée en Italie par Mussolini. C’est cela qui lui permet de distinguer le nazisme et le fascisme et de critiquer ceux qui, pour des raisons diverses, tendent à identifier les deux idéologies.

    Sand admet pourtant un point commun à ces deux idéologies, le nationalisme, lequel était "le combustible le plus important pour alimenter le nazisme et le fascisme", même s’il explique ensuite que ces mouvements ont été différents, précisant

    "Le nationalisme fasciste peut avoir été agressif et violent, mais il était net, politique et semblable à bien des égards au jacobinisme français."

    Mais ne peut-on pas dire du nazisme qu’il était net et politique ? Quant au lien avec le jacobinisme français, on peut le retrouver autant dans le nazisme que dans le fascisme dans la me-sure où ces deux mouvements, à l’instar du jacobinisme, ont mis en avant le rôle de l’Etat contre les régionalismes, avec cependant une différence fondamentale, le jacobinisme français se présente comme un universalisme dans la tradition des Lumières alors que nazisme et fascisme sont essentiellement des formes de nationalisme extrême au sens qu’ils placent la nation au-dessus de tout.

    Le point commun entre le fascisme et le nazisme est leur nationalisme extrême, une façon de pousser à la limite la notion d’Etat-nation théorisée par Herder, y compris en s’appuyant sur les mythes fondateurs, le lien avec la nation romaine antique pour le fascisme italien, le lien avec les mythes germaniques pour le nazisme allemand.

    Que vient alors faire le sionisme dans cette histoire ? Si, comme le dit Sand, "l’ethnocentrisme juif se révèle chaque jour plus brut et plus dégoûtant", la question reste de définir ce qu’est cet ethnocentrisme juif, question que Sand ne pose pas. Qu’est-ce qui fonde cet ethnocentrisme juif ? Quelle relation entre cet ethnocentrisme juif et le sionisme ?

    Il faut bien ici revenir à la source du sionisme, à savoir la théorie de l’Etat-nation selon Herder. Le sionisme est un mouvement juif au sens où il a été inventé puis porté par des Juifs, mais ce n’est pas un mouvement juif au sens où il ne relève pas de la tradition juive au sens religieux du terme. Le sionisme a été inventé par un groupe d’intellectuels juifs qui ont cherché une réponse à l’antisémitisme européen ; nourris de culture européenne bien plus que de tradition juive, ils ont cherché une réponse dans les idéologies qui traversent l’Europe du XIXe siècle, parmi lesquelles les Lumières et les conceptions nationales de Herder. En fait le sionisme a tenté une synthèse entre deux idéologies antinomiques, d’une part l’universalisme des Lumières et d’autre part le nationalisme façon Herder, nationalisme qui repose sur deux principes fondamentaux, la terre et la langue. Comme l’écrit l’un des responsables du mouvement sioniste, Jacob Klatzkin, rédacteur en chef du journal du mouvement Die Welt

    "Dans le passé il y avait deux critères au judaïsme : celui de la religion, selon quoi le judaïsme est un système de commandements positifs et négatifs, et celui de l’esprit, qui considérait le judaïsme comme un complexe d’idées, tel que le monothéisme, le messianisme, la Justice absolue, etc.
    En opposition avec ces deux critères qui font du judaïsme une affaire de croyance, un troisième est maintenant apparu, celui d’un nationalisme conséquent. Selon lui, le judaïsme repose sur une base objective : être juif ne signifie pas l’acceptation d’une croyance religieuse ou éthique. Nous ne sommes pas plus une dénomination qu’une école de pensée, mais les membres d’une famille porteurs d’une histoire commune...
    La définition nationale aussi exige un acte de volonté. Elle définit notre nationalisme sur deux critères : une association dans le passé et la volonté consciente de poursuivre une telle association dans le futur...
    Elle refuse de définir le Juif comme quelque chose de subjectif, comme une foi, mais préfère le définir sur quelque chose d’objectif, sur la terre et la langue..." [2]

    Mais langue et territoire n’existent pas pour la nation juive, et Klatzkin ajoute :

    "Mais notre terre n’est pas la nôtre et notre langue n’est pas aujourd’hui la langue de notre peuple. Oui, ce sont là des accomplissements qui doivent être réalisés par notre mouvement national."

    Ainsi la renaissance de la nation juive implique une double conquête : conquête de la langue, ce sera l’hébreu moderne, conquête de la terre, ce sera la conquête de la Palestine.

    Le mouvement sioniste s’est divisé en deux tendances, d’une part le territorialisme animé par Israël Zangwill, qui propose de chercher "une terre sans peuple pour un peuple sans terre", tâche il est vrai impossible mais, dans la vision coloniale de l’époque, une terre non habitée par des Européens était considérée comme une terre sans peuple, d’autre part la volonté de construire l’Etat juif sur la terre ancestrale. C’est cette seconde tendance qui l’a emporté, ce qui a transformé le mouvement sioniste en mouvement de conquête de la Palestine avec la volonté de remplacer la population palestinienne par une population juive, exemple classique de ce qu’on appelle la "purification ethnique". Ainsi l’universalisme des Lumières disparaissait derrière le fondamentalisme historique, le nouvel Eretz Israël devant continuer l’antique nation hébreu. C’est ainsi que, loin de considérer la création de l’Etat d’Israël comme un moment particulier de l’Histoire des Juifs, c’est cette dernière qui a été intégrée dans l’Histoire d’un Israël qui serait éternel .

    Si, comme le dit Sand dans l’article cité, il faut savoir se méfier des analogies, reste qu’on peut considérer le sionisme comme l’une des formes extrêmes du nationalisme à la Herder. Si la comparaison avec le fascisme et le nazisme pose problème, on peut cependant noter les points de ressemblance entre ces trois formes extrêmes qui magnifient la nation et nous pouvons renvoyer à la phrase de Ben Gourion citée en exergue. La question est donc moins de dire si Israël est un Etat fasciste ou en voie de fascisation que de noter ce qui dans le sionisme ressemble au fascisme et au nazisme.

    Notons d’abord le recours à l’Histoire. Pour le sionisme, comme nous l’avons remarqué ci-dessus, ce n’est pas l’Etat d’Israël qui s’inscrit dans l’histoire des Juifs, c’est l’histoire des Juifs qui s’inscrit dans l’histoire de l’Etat d’Israël et comme l’a écrit Henri Baruch

    "L’Etat d’Israël est obligatoirement inscrit dans l’histoire juive, c’est-à-dire l’histoire du monothéisme hébreu"

    On retrouve ici la vision hégélienne de l’Histoire mais il ne faut pas oublier que la conception hégélienne s’inscrit dans une vision biblique, l’Histoire comme dessein de Dieu ; de façon précise Hegel écrit :

    "L’Histoire n’est rien d’autre que le plan de la Providence divine"

    On peut considérer le sionisme comme l’une des dernières idéologies hégéliennes avec son côté eschatologique. C’est le sens du choix de la Palestine pour construire l’Etat juif en continuité avec le roman national biblique, car la Bible est à la fois l’acte de naissance du monothéisme et l’acte de naissance d’un peuple, les Hébreux, le personnage de Moïse incarnant ce mélange de religieux et de politique. C’est cet aspect "roman national" qui a marqué le sionisme, mouvement laïque, voire antireligieux , et qui a conduit à ce qu’on peut appeler une lecture laïque de la Bible hébraïque.

    Il est vrai que cet appel à l’Histoire pour conforter le sentiment national n’est pas l’apanage du nationalisme extrême et Marc Ferro a montré dans ses ouvrages comment les Etats instrumentalisaient l’Histoire. Reste que cette instrumentalisation a conduit souvent au culte de la nation et que ce culte de la nation est l’un des éléments du nationalisme extrême tel qu’il s’est développé sous ces trois formes que sont le fascisme, le nazisme, et le sionisme.

    C’est cette inscription dans l’histoire des Juifs qui a pu légitimer la "purification ethnique" que constitue la Nakba au moment de ce que les sionistes appellent la guerre d’indépendance et qui se poursuit aujourd’hui avec ce qu’on appelle la "colonisation", laquelle n’est que la continuation de l’annexion de la terre palestinienne par Israël.

    Enfin, si on doit parler d’Apartheid, il faut souligner la différence avec l’Apartheid d’Afrique du Sud. Ce dernier était un Apartheid de domination, les Blancs voulant dominer les Noirs pour mieux les exploiter. L’Apartheid israélien a pour objectif d’amener les Palestiniens, qu’ils aient ou non la citoyenneté israélienne, à quitter à terme la Palestine pour laisser la place libre à une population exclusivement juive
    En ce sens, autant par le recours à l’histoire que par la politique de purification ethnique et d’Apartheid, le sionisme a des ressemblances avec les deux autres formes extrêmes du nationalisme. Dire ou refuser de dire que l’Etat d’Israël est fasciste ou en voie de fascisation n’est qu’une question de choix des mots, ce qui importe, c’est la politique qui est menée à l’encontre des Palestiniens et Sand n’ose pas aller jusqu’au bout.

    Il est vrai que, au delà du discours de Sand, le discours sur les gouvernements israéliens qui seraient de plus en plus à droite laisse entendre une politique de plus en plus dure envers les Palestiniens et permet d’oublier ce qu’était la politique de la gauche israélienne depuis la création de l’Etat . S’il y a des ressemblances avec le fascisme, elles étaient déjà présentes dès les débuts de l’Etat, et la déclaration de Ben Gourion placée en exergue, montrent qu’elles se sont manifestées tout au long de l’histoire du sionisme.

    Il faudrait ajouter ici une spécificité du sionisme. Alors que les deux autres formes de nationalisme extrême, le fascisme et le nazisme, se sont développées dans les pays concernés, l’Italie et l’Allemagne, pays dans lesquels chacune d’elles affirmait représenter les autochtones, les droits historiques soutenus pas ces idéologies étant présentés comme ceux des populations de ces pays, le sionisme s’est donné pour premier objectif, au nom de la brumeuse notion de droits historiques, de reconstruire l’Etat dans une antique patrie et ce au prix de la (re)conquête de cette patrie et de l’expulsion de la population, ce qu’on pourrait résumer sous la forme : il fallait changer d’autochtones. Ainsi a fonctionné le sionisme.

    Pour terminer nous aborderons deux points sur le sionisme et le fascisme.
    Le premier point porte sur l’aspect colonial du sionisme. Si le sionisme présente des liens avec le colonialisme, on peut considérer que ces liens sont liés aux circonstances. Herzl avait déjà pressenti que la conquête de la Palestine pour y construire l’Etat juif exigeait des alliances, alliance avec l’Empire Ottoman comme il l’a essayé lors de son entrevue avec le sultan, alliance avec les puissances, essentiellement l’Allemagne et la Grande Bretagne. Ce sont ces tentatives qu’il raconte dans son Journal. On peut considérer que son argument d’un Etat juif en Palestine bastion de la civilisation contre la barbarie est un argument de circonstance pour convaincre les puissances européennes de soutenir son projet. Mais le projet est essentiellement un projet national, il s’agit de reconstruire en Palestine l’ancien Etat juif décrit par la Bible nonobstant le fait que la Palestine est habitée. Contrairement au projet colonial, le sionisme ne s’appuie sur aucune métropole et, comme l’expliquent certains sionistes, le projet n’a pas pour objectif d’exploiter les populations indigènes ; ce que ces sionistes oublient de dire, c’est que le projet implique l’expulsion des populations indigènes pour les remplacer par des populations juives. Projet exclusivement national et c’est en cela qu’il est plus proche des idéologies fascistes que du projet colonial.

    Ce qui a placé le projet sioniste dans la mouvance colonialiste, c’est l’alliance avec la Grande Bretagne scellée par la Déclaration Balfour. La Grande Bretagne qui espérait, après la première guerre mondiale, contrôler le Moyen-Orient arabe, voyait l’installation d’une population européenne en Palestine comme un avantage et les sionistes trouvaient dans cette alliance avec une grande puissance le moyen de réaliser leur objectif, alliance qui allait montrer ses limites lorsque la Grande Bretagne découvrait que le sionisme pouvait lui poser des difficultés et cherchait à le contrôler. Mais cette alliance était bien plus une alliance de circonstance qu’une alliance idéologique, même si elle l’est devenue par la suite. A la suite du conflit entre les sionistes et la Grande Bretagne, deux autres puissances allaient offrir leur soutien au mouvement sioniste et au jeune Etat d’Israël, les Etats-Unis et l’Union Soviétique, chacune d’elles espérant prendre la relève de la Grande Bretagne dans le contrôle du Moyen Orient arabe. Pour des raisons à la fois idéologiques et stratégiques, l’Etat d’Israël allait choisir le camp occidental mais l’objectif sioniste restait le même, la conquête de la terre palestinienne ; en ce sens le sionisme reste l’une des formes extrêmes du nationalisme à la Herder jusqu’à encore aujourd’hui comme le montre la poursuite de la conquête de la terre palestinienne via ce que l’on appelle "la colonisation".

    L’autre point porte sur la façon de parler du fascisme. Il y a deux façons de parler du fascisme et du nazisme, une façon morale et une façon politique.
    La façon morale insiste sur l’aspect malfaisant du fascisme, la lutte contre le fascisme devenant moins une lutte politique qu’une action du Bien contre le Mal. Mais aussi sympathique puisse être la façon morale, elle est insuffisante pour comprendre les phénomènes historiques que sont le fascisme et le nazisme. Le sentiment d’horreur provoqué par le nazisme a contribué à restreindre trop souvent les analyses du nazisme à une condamnation. Et le fait que les Juifs aient été victimes du nazisme a conduit certains à considérer comme indécent qu’on puisse comparer des crimes commis par des Juifs à des crimes nazis. Comme souvent, les bons sentiments peuvent annihiler le jugement. On oublie ainsi l’Histoire, réduisant celle-ci à une question de Bien et de Mal . Parler des ressemblances entre les trois formes de nationalisme extrême que sont le fascisme, le nazisme et le sionisme devient ainsi indécent. C’est en partie ce qui anime Sand dans son refus de parler des ressemblances entre le sionisme et le fascisme ou le nazisme. Bon historien, Sand se montre un piètre idéologue comme s’il devait se protéger . Il est vrai qu’il est plus facile de dénoncer la supposée invention du peuple juif par les sionistes que de chercher à comprendre comment un mouvement comme le sionisme a pu devenir important ; il est vrai aussi que la dénonciation du sionisme comme mouvement colonial semble plus acceptable que de mettre en avant la face sombre d’un mouvement nationaliste juif montrant les ressemblances entre ce mouvement et les formes extrêmes du nationalisme de l’Etat-nation. Difficile d’échapper au manichéisme, lorsqu’on parle d’Histoire. Sans oublier que cette façon morale d’aborder le fascisme allait rapidement conduire à transformer le terme "fasciste" en une insulte ce qui ne pouvait qu’obscurcir la notion et s’opposer à sa compréhension comme phénomène historique.

    La façon politique, quant à elle, permet de revenir sur les raisons qui ont mené au fascisme et parmi ces raisons le nationalisme joue un rôle essentiel. Il faut alors distinguer entre les deux faces du nationalisme, d’un côté le nationalisme des opprimés qui, s’appuyant sur le symbole de la nation, cherchent à se libérer, de l’autre le nationalisme des oppresseurs qui voient dans la défense de la nation le moyen de conserver leur domination ; mais cette distinction ne saurait faire oublier que la frontière entre ces deux faces est floue et qu’une nation qui se libère peut à son tour devenir un oppresseur. On peut considérer que c’est le cas du sionisme ; réaction contre l’antisémitisme européen, le sionisme s’est voulu mouvement de libération nationale, ce qu’il aurait pu être, mais le choix de construire l’Etat juif en Palestine et d’en expulser les habitants a fait du sionisme un mouvement oppresseur.
    Il est vrai que devant les agissements du sionisme, on peut prendre une attitude morale comme le fait Sand lorsqu’il déclare qu’il ne veut plus être juif, ce qui montre non seulement une incompréhension d’une question qu’il trouve insupportable, mais une façon de se protéger. Il est vrai qu’il est insupportable de voir un mouvement de révolte contre une oppression se transformer en un mouvement oppresseur. C’est peut-être cela qui a fait le succès de Sand ; lorsqu’il a déclaré que le peuple juif n’était qu’une invention sioniste, il a soulagé ceux qui avaient peur, en soutenant la lutte des Palestiniens, d’apparaître antisémites. On avait donc une raison "scientifique" de soutenir les Palestiniens. Comme si l’injustice perpétrée contre les Palestiniens n’était pas une raison suffisante pour condamner le sionisme. Pourtant l’historien Sand devrait savoir que la transformation de mouvements de lutte contre l’oppression en mouvements oppresseurs et chose courante dans l’histoire.

    http://www.ujfp.org/spip.php?article5112

  • Article refusé par les modérateurs
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    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article16073

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    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article16081

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    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article16058

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    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article15874&lang=fr

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    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article15877&lang=fr

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    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article15879&lang=fr

    Article refusé.

    Publié : le samedi 18 novembre 2017 à 01:58 par modo

    un article coupé de sa source et de ses illustrations pro-charlie n’a pas sa place sur indymedia nantes. c’est bonn y’a assez de mainstream pour défendre leur "liberté de publier" bien loin de toute solidarité avec les médias libres attaqués par l’état...

    https://nantes.indymedia.org/articles/39171

    Article refusé.

    Publié : le samedi 28 octobre 2017 à 13:52 par modo

    Refuser comme le précédent, pour les mêmes raisons : encore une fois, Fourest n’est pas la bienvenue ici.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38966

    Article refusé.

    Publié : le samedi 28 octobre 2017 à 18:03 par modo

    Toujours pour les mêmes raisons.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38967

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 29 octobre 2017 à 22:58 par modo

    trollage / spammage / harcèlement.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38980

    Article refusé.
    Publié : le lundi 30 octobre 2017 à 10:58 par modo

    harcèlement de troll

    https://nantes.indymedia.org/articles/38983

    Article refusé.

    Moderation

    Publié : le dimanche 12 novembre 2017 à 00:01 par modo

    ça fait un moment maintenant qu’on laisse "VSGCI" critiquer à sa guise tout ce qui n’est pas CCI sans intervenir, mais là, faut intervenir à nouveau. critiquer ne veut pas dire cracher, mépriser, encore moins traiter les gens d’autistes : ça n’est pas une insulte mais du validisme et de toute façon les insultes ne sont pas admises par ici. merci de faire attention à ne pas tout confondre.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38724#comment-283936

    Article refusé.

    Publié : le mardi 31 octobre 2017 à 11:55 par modo

    SPAM

    https://nantes.indymedia.org/articles/38995

    Article refusé.

    Publié : le mardi 31 octobre 2017 à 20:39 par modo

    assurément une belle tentative de troller

    https://nantes.indymedia.org/articles/38998

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 1 novembre 2017 à 02:38 par modo

    trollage

    https://nantes.indymedia.org/articles/39000

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 8 novembre 2015 à 15:40 par modo

    Ouaip, poubelle.
    Coleman dénonce que " LES « sionistes » cela n’existe pas", mais dénonce aussi les antisionistes, qui semblent se limiter à Stambul, voire l’UFJP.
    A Indy Nantes on soutient la lutte palestinienne, et cet article est trop malhonnète pour alimenter un débat compliqué.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32335

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 10 juin 2016 à 14:38 par modo

    Mettre dans le même panier un ensemble de gens qui veulent combattre le racisme, en focalisant sur la position d’une des composantes (le PIR) est assez malhonnète. Reconnaître l’existence du concept de "race" chez une partie de la population qui l’emploi dans un but de domination et d’exploitation ne veut pas forcément dire qu’on valide l’existence ce concept. L’argument de l’interclassisme est une des grands classiques lorsqu’on parle des tentatives d’organisation en non-mixité, les féministes l’ont déjà bien entendu de la part des parternalistes. Enfin, parler de "colonisation" des représentations, c’est plutôt dégueulasse.

    https://nantes.indymedia.org/about/Racisme?page=5

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 27 mai 2016 à 16:10 par modo

    Merci au Remouleur d’être intervenu, je me doutais vaguement d’un truc comme ça à la lecture de l’intro et surtout la certitude d’un énième import de conflit avec l’avalenche de commentaires, sauf que vraiment pas le temps de chercher plus loin.
    Du coup comme on a pour principe de pas modifier les textes, je le refuse.
    Pour infos aux personnes qui s’amusent à troller indymedia nantes on va prendre de moins en moins de gants et d’attention histoire de retirer un maximum de votre nouriture.

    https://nantes.indymedia.org/articles/34746

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 14 septembre 2017 à 15:31 par modo

    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme".
    Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38448

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 6 septembre 2017 à 10:18 par modo

    Troll
    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme".
    Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38494

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 26 juillet 2017 à 17:42 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    Ceci n’est pas un article...

    https://nantes.indymedia.org/articles/38258

    Article refusé.

    Publié : le mardi 3 novembre 2015 à 13:46 par modo

    Article refusé. Critiquer c’est bien, mais se baser sur des amalgammes et des propos mensonger pour les mélanger avec des faits réels et ainsi faire du confusionisme, c’est non.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32296

    Article refusé.

    Publié : le lundi 30 novembre 2015 à 15:29 par modo

    Article refusé et commentaires invisibilisés.
    Tant que Yves Colleman, mondialisme.org, non fides entretiendront une polémique stérile sur le mode confusionisme en orientant toutes leurs publications sur les "vilain-e-s faux anarchistes libertaires qui ne condamnent pas le PIR et les vilain-e-s PIR qui ne représentent personne, ne sont personne mais font exister le pire risque de la terre de l’univers : le racisme anti-blanc" (et encore je fais court), ils ne seront plus les bienvenus sur indymedia nantes pour ce qui me concerne.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32523#comment-274475

    Article refusé.

    Publié : le mardi 25 juillet 2017 à 23:03 par modo

    Ceci n’est pas un article... et sans doute un trollage.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38255

    Article refusé.

    Publié : le mardi 25 juillet 2017 à 22:53 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38254

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:37 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38190

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:39 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38189

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:41 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38188

    Article refusé.

    Publié : le samedi 15 juillet 2017 à 15:56 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38186

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:38 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38185

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:39 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38182

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 13 juillet 2017 à 23:01 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38172

    Article refusé.

    Publié : le mardi 11 juillet 2017 à 21:01 par modo

    TROLLAGE RELOU.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 7 juillet 2017 à 15:21 par modo

    spam de trollage....

    https://nantes.indymedia.org/articles/38140

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:13 par modo

    trollage..................

    https://nantes.indymedia.org/articles/38135

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:06 par modo

    trollage. les explications ont été données à chaque fois. Les "anti-racialistes" et les trolls n’ont pas leur place sur indymedia.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38133

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:05 par modo

    trollage. les commentaires qui nourrissent le(s) troll(s) ont été viré aussi.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38132

    Article refusé.

    Publié : le mardi 4 juillet 2017 à 15:37 par modo

    spam trollesque....

    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Article refusé.

    Publié : le mardi 4 juillet 2017 à 16:53 par modo

    trollage

    https://nantes.indymedia.org/articles/38117

    Article refusé.

    Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 21:51 par modo

    spam.

    pour rappel : " sauf à dénoncer PLUSIEURS types de courants politiques et/ou types de courants religieux oposés à l’émancipation, en l’état un tel article n’est qu’un trollage islamophobe de plus.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38115

    Article refusé.

    Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 21:53 par modo

    Enième trollage.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 30 juin 2017 à 19:27 par modo

    ce compte-rendu technique de quelques partis trop bien choisis n’a pas de rapport avec indymedia nantes. sauf à dénoncer plusieurs types de courants politiques et types de courants religieux oposés à l’émancipation, en l’état un tel article n’est qu’un trollage islamophobe de plus.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38109

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 28 juin 2017 à 22:33 par modo

    Trollage confusioniste.

    Les amis de Juliette et du printemps semblent avoir du temps à perdre à faire passer pour "identitaires" "racistes" toute personne personne qui diffuse des textes qui ne lui reviennent pas
    nous on a autre chose à faire que faire des enquêtes de purisme des auteurs de la Fabrique qui publie bien ce qu’elle veut. et faire un raccourci "PIR, LMSI, BDS, CRAN" est assez puant.
    Pour faire court, les "anti-racialistes" ne sont pas les bienvenus sur indymedia nantes.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38096

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 22 juin 2017 à 20:12 par modo

    HAAAAAAAAA les joies du trollage... mais allez jouer ailleurs au lieu de semez vos gerbes anti palestinien-ne-s ici.... On vire un commentaire du même troll pour le coup encore plus gerbant.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38053

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 16 juin 2017 à 07:08 par modo

    Trollage. Z’avez vraiment que ça à faire ?

    https://nantes.indymedia.org/articles/38009

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 15 juin 2017 à 12:32 par modo

    Vieux texte de Novembre 2016 posté ici manifestement dans le but de troller.
    Un commentaire pas tellement plus fin a également été caché.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38002

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 16 juin 2017 à 17:51 par modo

    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme". Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/37999

    Article refusé

    Publié : le dimanche 11 juin 2017 à 17:09 par modo

    Nouvel extrait du brulot "la race comme si vous y étiez", dont plusieurs extraits confusionistes sur la racisme ont déjà été refusés. De plus ces publications servent visiblement de défouloir en comentaires à une / des personnes de Paris qui se comportent en trolls et feraient mieux de régler une fois pour toutes leurs problème sirectement plutôt que troller partout...
    Un autre commentaire sur notre position comme collectiif quand à la lutte des personnes racisées sera ajouté bientôt.

    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 8 juin 2017 à 21:27 par modo

    en fait c’est un copié-collé d’un vieil article uniquement là pour troller et nous faire astturer sur le sujet, donc hop, refusé !

    https://nantes.indymedia.org/articles/37951

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 20 novembre 2015 à 12:43 par modo

    Encore un texte en provenance de Non Fides qui, sous couvert de critiquer la religion, ne s’en prend qu’à une partie très ciblée des "religieux". En poussant un tout petit peu plus loin la rétorique simpliste, pourquoi ne pas dire que tous les humains, avec tous leurs types de croyances qui ne sont pas que religieuses, sont compromis dans les attentats terroristes ? La boucle serait bouclée autour du nombril et Non fides commencerait peut-être à pratiquer un peu d’auto-critique pour, qui sait, enfin abandonner l’élitisme crasse du statut d’élus de la seule vraie pensée pour lesquels ils tentent désespérément de se faire passer.

    En attendant ce type de texte assimilant, par la monomanie et la confusion, exclusivement tous les musulmans pour de potentiels terroristes, est bien évidemment refusé.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32428

    Cet article est refusé :

    Rappel des [principes de publication sur Indymedia Grenoble->

    Sont refusées, mais restent consultables sur le site, les contributions :
    défendant des thèses conspirationnistes/complotistes/confusionnistes.

    « Cette idéologie séparatiste insufflée par le NPA et le Qatar »

    C’est moi, ou ça pue le confusionnisme ? ou, à tout le moins, un certain manque de contextualisation et d’argumentation qui peut faire passer l’article comme tel ?

    Par ailleurs, Indymedia en général et Indymedia Grenoble en particulier ne me semblent en général pas particulièrement être un endroit où se défendent les « principes républicains ».

    En plus la page Facebook donne plus l’impression d’être une vaste blague qui cherche à se moquer des anti-racialisateur sur le mode du Gorafi, mais… en fait il semble qu’il s’agisse vraiment de gens sérieux (et si c’est en effet le cas, ils sont vraiment cons). Ça fait un peu peur.

    https://grenoble.indymedia.org/2017-07-06-Defendre-la-liberte-d-expression

    Cet article est refusé :

    Article copié/collé depuis Indymedia Bruxelles et Indymedia Nantes, par ailleurs classé dans aucune catégorie.

    Indymedia Grenoble n’est pas un réceptacle à articles copiés-collés, ni mediaslibre.org, ni rezo.net. Merci d’avance de prendre ceci en compte !

    Nous voulons vraiment re-privilégier fortement la production d’une information locale et d’articles originaux.

    Nous tenons à rappeler que la masse de contenus non-appropriés à modérer est l’une des raisons pour laquelle l’équipe précédente a fini par abandonner le site l’année dernière, avant de passer la main.

    Il serait courtois de la part des « contributeurs » d’en prendre compte.

    Merci d’avance.

    https://grenoble.indymedia.org/2017-06-29-Les-positions-bourgeoises-de-l

  • https://collectiflieuxcommuns.fr/689-islamisme-islamophobie-islamo

    Partons effectivement de la question de la passivité d’une grande partie du dit « peuple de gauche », du mutisme face à cette extrême droite musulmane qui remplit tous les critères de ce terme, comme l’exposé précédent les a précisés, et même bien plus que nos droites nationales en France — les néo-nazis, les monarchistes et les croisés sont ici encore vraiment minoritaires — mais qui retiennent toute l’attention.

    Alors pourquoi tant de silence, de gêne, pourquoi aussi peu de réactions ? C’est une question centrale parce qu’une telle attitude ouvre évidemment un boulevard à tous les amalgames et toutes les réactions xénophobes — nous y reviendrons à la fin.

    Pour comprendre cette paralysie critique vis-à-vis de l’islamisme, il peut-être intéressant d’aller voir ceux qui y sont favorables, ou au moins très complaisants : leur discours concentre ce qui est plus diffus ailleurs, ils disent plus clairement et distinctement ce qui se pense plus discrètement sous d’autres cieux.

    Un terme vient alors à l’esprit, celui d’islamo-gauchisme.

    Il est évidemment très polémique.

    Il est sujet à caution d’abord parce que l’expression de gauchiste n’est pas très précise : Ce serait quelqu’un d’apparenté à une famille politique issue du ou plutôt des marxismes qui ont marqué le XXe siècle, parce qu’il y en a eu quand même une sacrée flopée. On va me dire qu’il y a aussi pas mal de pseudo-libertaires ou d’anarchistes ou encore de féministes qui sont concernés, mais comme on le verra, ils ont adopté de facto et depuis longtemps les grands schémas marxistoïdes qui fondent le camp de la religion du progrès, c’est-à-dire, globalement la « gauche » [1].

    Quant au préfixe islamo-, pas très précis non plus, ce serait l’association entre une approche gauchiste et l’islam, sous la forme de la complaisance d’un gauchiste vis-à-vis de l’islam et de tout ce qui s’y rapporte ou, à l’inverse, d’un islamiste qui gauchirait son discours. Bref ce terme descriptif, qui a déjà près de dix ans, recouvre quand même une sacrée réalité et à ce titre, en attendant mieux, nous l’utiliserons, puisqu’il permet de cerner cette mouvance protéiforme qui prétend combattre l’Occident en essayant de s’allier l’héritage des combats anticapitalistes et la guerre actuelle des islamistes plus ou moins soft.

    Bien sûr, c’est un courant confus et épars mais tout à fait tangible qui a eu son heure de gloire au moment de l’altermondialisme, après le 11 septembre et les réactions américaines, mais qui se maintient aujourd’hui largement, même si depuis le naufrage des soulèvements arabes, il a du mal à assurer une apparence de cohérence — mais on verra que c’est le cadet de ses soucis, puisque le but final est de brouiller les cartes.


    Qui sont les islamo-gauchistes ?

    Cette complaisance intellectualisée pour l’islam ou même l’islamisme, qu’il s’agisse de l’islamisme passif ou même actif, on la rencontre très explicitement dans un tout petit noyau.

    Il y a d’un côté les islamistes plus ou moins déclarés,
    - les Tariq Ramadan,
    - les Houria Boutelja et consorts
    - des Indigènes de la République,
    - des imams officiels ou autoproclamés, etc.
    qui ont compris que des gauchistes pouvaient leur être tactiquement utiles.

    De l’autre côté, on trouve tous ces gauchistes qui les entourent et leur servent la soupe. Je pense entre autres à
    - Pierre Tevanian (+Sylvie Tissot),
    - Alain Gresh,
    - Christine Delphy, etc.,
    qui veulent voir plus ou moins confusément dans l’islam et l’islamisme un support à la critique de l’Occident.

    C’est donc, je l’ai dit, un tout petit noyau qui devrait être une curiosité ethnologique, mais il concentre et explicite une posture, un prêt-à-penser, qu’on rencontre ailleurs sous forme de cercles concentriques. Ce discours-là est donc présent de manière diffuse dans des milieux tout de même plus respectables comme
    - Le Monde Diplomatique,
    - l’émission de radio « Là-bas si j’y suis »,
    - médiapart etc.

    C’est bien sûr dans certains cercles « pro-palestiniens » qu’on retrouve le mieux ce salmigondis d’anti-impérialisme et d’éloge (des islamistes) du Hamas, voire du Hezbollah, mais on croise ces réflexes un peu partout : par exemple dans notre brochure, nous ferraillons contre un gauchiste qui reprend ces thèses en vrac, sans en être convaincu lui-même, mais qui ne semble pas pouvoir les réfuter tout seul. Cette posture « à gauche », plus importante qu’on ne le pense, n’est pas un hasard puisque ce discours islamo-gauchiste joue justement sur les catégories historiques de la « pensée » de « Gauche », comme on va le voir. Il est donc assez facile à repérer dès qu’on en a la clef.

    Et puis, il y a tous ceux, très nombreux, pour qui tout cela semble apparaître comme un point aveugle, qui passent la chose sous un silence plus ou moins complice ou procèdent par omissions spécifiques, sous-entendus ou ironie. Ils ne cessent d’excuser, de dédouaner, de minimiser l’extrême droite musulmane, quand ils en reconnaissent l’existence, alors même qu’ils sont extrêmement sourcilleux concernant l’extrême droite française ou tout simplement la droite [2].

    - Les principales victimes, si j’ose dire, ce sont les milieux dits « antifascistes » qui sont absolument aveugles à cette extrême droite musulmane et totalement muets à son endroit, du moins de ce que j’en sais.

    J’en ai vu dernièrement, par exemple, défiler dans ma ville de banlieue populaire en criant « Pas de fachos dans nos quartiers ! », etc. Évidemment, les fachos ne sont pas dans ces quartiers-là, et sûrement pas dans le mien, et à peine dans ses urnes. Par contre des barbus et autres porteurs de qamis il y en a, en tenue de djihadistes, et à tire-larigot. Là, la contradiction est criante, quand même, mais il est impossible de le leur faire comprendre, la question ne sera pas posée, même lorsque des femmes en burqa passent en riant devant la banderole... Ces militants, qui se proclament pour l’égalité des sexes, pour la liberté des homosexuels, contre les discriminations et le capitalisme, etc., mettent l’islamisme de quartier hors de cause, même lorsqu’il fait des morts. Tout cela interroge fortement, et notamment nos copains tunisiens qui ne comprennent pas pourquoi une telle complaisance, qui serait facilement explicable en terre musulmane, parce que ce phénomène d’islamo-gauchisme est très répandu chez eux comme le montre l’interview d’eux dans notre brochure 19, mais qui leur paraît incroyable en France, terre de combats antireligieux.

    Alors avant d’aborder le pourquoi, de proposer une explication, je vais me demander comment ils procèdent, quels sont les arguments utilisés.

    Il y a ainsi un certain nombre de lieux communs que je vais passer en revue. « Lieux Communs », c’est aussi le nom de notre collectif, et c’est lié au fait que nous pensons qu’il y a une quantité hallucinante de lieux communs qu’il y aurait à pulvériser, et parallèlement qu’il y a aussi beaucoup de lieux communs que nous voudrions instaurer, ou du moins des banalités de base sans lesquelles on ne peut pas penser le monde actuel — l’exposé qui m’a précédé en relève, ça a été dit. Je vais donc parler des lieux communs que nous voudrions pulvériser, les absurdités qui surgissent immanquablement dès qu’il est question d’islamisme, pour le diminuer, le justifier, l’excuser, ou le dénier tout simplement.

    Les lieux communs de la tolérance à l’islamisme

    • 1) Premièrement, l’islamisme serait peu ou prou une pratique traditionnelle, et qui mériterait donc le respect. C’est évidemment une absurdité totale, puisque l’islamisme contemporain est un regain tout à fait récent à l’échelle de l’histoire. Il y a seulement trente ans, les voiles traditionnels étaient extrêmement rares dans la rue, et c’était le propre des femmes âgées ou débarquées du bled. Aujourd’hui, ce sont des voiles islamiques, devenus une pratique offensive et tout à fait banale, par exemple ici chez des immigrées de deuxième ou troisième génération, mais cette évolution est visible y compris et surtout dans la plupart des pays musulmans. La chose est aussi évidente au niveau géopolitique : le conflit israélo-palestinien n’avait rien de religieux il y a quelques décennies et aujourd’hui le choix est entre le Hamas et Tsahal — bon courage. Bon, l’exposé précédent a été clair, je ne vais pas m’étendre là-dessus : l’islamisme, s’il appartient en propre à la culture arabo-musulmane, n’a rien d’une tradition, encore moins respectable, et c’est d’ailleurs un argument extrêmement suspect sur lequel nous reviendrons — à cette aune, il faudrait considérer le fascisme comme une honorable tradition italienne. Et quand bien même le serait-ce, la tradition n’a rien de sacré à nos yeux.
      • 2) Deuxième lieu commun — ce ne sont que des exemples et je n’en passe que quelques-uns en revue : l’islamisme se réduirait finalement à quelques excès marginaux tout à fait secondaires de la religion, ces courants seraient des passades qui ne dureraient qu’un temps, bref des épiphénomènes qu’il ne faudrait pas monter en épingle. On pouvait dire ça en étant mal renseigné dans les années 80, mais aujourd’hui malheureusement, il faut admettre que ce sont des dynamiques de fond. Rien qu’en France, il faut au moins remonter jusqu’à Khaled Kelkal et les attentats du GIA, les jeux politiques iraniens via le Hezbollah autour des otages au Liban, ou à la première question du voile, en 1989, ou encore aux fatwas contre Salman Rushdie, etc. Même période temporelle pour l’assassinat de Sadate en Égypte, la formation au Djihad dans l’Afghanistan soviétique ou l’instauration de la république islamique d’Iran. Et tout cela découle d’un réveil dans les années 70... Non, ça ne date pas d’hier. Par ailleurs, on parle d’un phénomène, d’une guerre à l’échelle continentale comme l’a été la guerre froide, qui concerne directement près d’un milliard de personnes, dans des régions aussi séparées que le Soudan, le Pakistan, l’Inde, le Maroc ou l’Indonésie. Sans parler des territoires européens. C’est donc un phénomène de fond, une dynamique civilisationnelle qui doit interroger. Est-ce que cela va continuer ou s’arrêter, c’est une autre question. Mais ce qu’on peut dire, c’est que c’est un phénomène de fond qui n’a plus rien de marginal.
    • 3) Troisième argument, troisième lieu commun, tout cela serait des conséquences normales de situations très difficiles que vivraient les pays arabes ou les musulmans en général. C’est un discours victimaire qui fait florès mais qui est aussi une absurdité, et d’abord parce que l’islamisme est un phénomène postcolonial ; il se déploie après les décolonisations et non pas durant le colonialisme. Les luttes d’indépendance ne sont pas du tout le fait d’islamistes ou en tout cas leur rôle était complètement secondaire : ce n’est pas au nom de l’islam que le peuple algérien réclamait et a gagné son indépendance, pas plus que la Tunisie, etc. Le « chaos algérien » est arrivé près d’une génération après... D’autre part, les immigrés de ces pays qui sont arrivés en France dans les années 50 et 60 ont vécu dans des bidonvilles dans des conditions totalement honteuses, et il n’y avait nulle trace d’islamisme chez eux. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui puisqu’on parle même des « bobars », les « bobos » barbus. C’est même le phénomène inverse, puisqu’on voit aujourd’hui en France des Arabes ou des musulmans membres du gouvernement, journalistes, artistes, chercheurs, humoristes, PDG, profs, cadres, écrivains... et que les États islamistes sont parmi les plus riches du monde. L’extrême droite musulmane est un fait qui concerne aujourd’hui toutes les catégories sociales et n’est pas du tout le fait des plus pauvres ou des plus discriminés : c’est ce que montre concrètement l’impossibilité du « profilage » des terroristes. Au niveau géopolitique, cela se vérifie aussi : l’islamisme est bien installé en Turquie, qui n’a pas été colonisée, et on ne voit aucun extrémisme religieux dans l’ex-Indochine française, ou dans l’ex-Congo Belge, où le colonialisme a été particulièrement ravageur. Enfin, si la souffrance sociale débouchait nécessairement sur l’intégrisme, nous ne serions pas là à nous réclamer d’un mouvement ouvrier, qui était, lui, vraiment en haillons et qui a institué pour la première fois la séparation de l’Église et de l’État pendant la Commune de Paris. Bref, c’est un argument purement victimaire, particulièrement étrange venant de gens très souvent anti-sionistes puisque cette posture victime / bourreau est caractéristique de la défense d’Israël...
      • 4) Quatrième lieu commun, l’islamisme serait le simple produit de jeux politico-médiatiques de l’Occident, la créature des manigances et manipulations du Frankenstein américano-européen. Bien sûr que non : lorsqu’on prend du recul, c’est un fait historique propre, intrinsèque à l’aire arabo-islamique comme le montre l’exposé précédent. À penser de la sorte, on réduit les trois quarts des populations mondiales au rôle de pions irresponsables et demeurés, sans initiatives, jugements ou capacités de réaction. Alors, bien évidemment, les États-Unis, la Russie, les grandes puissances jouent un jeu d’échecs mondial depuis qu’elles existent, c’est le principe immémorial de toute politique, y compris les forces encore subalternes, comme l’Arabie saoudite, ou l’Iran, le Pakistan, etc. Il y a manipulations mutuelles incessantes, qui peuvent se retourner à terme contre l’instigateur. Et puis les luttes de décolonisation, par exemple, étaient en partie épaulées par le bloc de l’Est — ce n’est pas pour ça que l’on va les renier… L’offensive lancée par Ben Laden est elle-même une énorme manipulation qui vise à séparer en Occident les populations arabes immigrées des autochtones — et c’est en train de marcher... Donc sans aucun angélisme, il est impossible de réduire l’islamisme au rôle de la CIA à moins de tomber dans la paranoïa. Quant au jeu des médias français, je n’ai rien lu de convaincant sur le sujet. Le jeu de l’oligarchie locale serait plutôt de laisser s’installer un chaos social stérile, un éclatement du corps social qu’elle pourra facilement surplomber.
    • 5) Cinquième et dernier argument que je prends en compte : l’islamisme n’aurait rien à voir avec l’islam, il y aurait une distance incommensurable, un fossé infranchissable entre la religion mahométane et l’extrême droite islamique. Alors là, vous comprenez immédiatement que c’est en contradiction flagrante avec le premier lieu commun, même si on passe très facilement de l’un à l’autre... C’est évidemment faux : l’islamisme se nourrit du terreau de l’islam exactement comme l’intégrisme catholique naît du catholicisme. Lorsqu’il y a viol, n’importe où, je me sens concerné en tant qu’homme. Le viol interroge la culture masculine, c’est une évidence : il y a un continuum entre cette monstruosité et la banalité du quotidien. Dans le même ordre d’idée, le colonialisme est un fait qui pèse dans l’histoire de la France, c’est un fait qui constitue un pan important de sa culture, et que tout Français, y compris naturalisé, porte en lui, qu’il le veuille ou non. Il y a ici encore un continuum entre le colonialisme et l’universalisme des Lumières, qui demande à être interrogé, qui l’est largement, même si ce n’est pas la même chose, bien entendu. On pourrait continuer : depuis l’après-guerre, le nationalisme ne peut plus être pensé comme au XIXe siècle et interroge tout patriotisme, et le communisme est désormais un mot dégoulinant de sang qui doit faire douter tous les marxistes. Alors oui, évidemment, tout musulman a à se positionner vis-à-vis des monstruosités qui se font au nom de la croyance qu’il a choisie, et l’islamisme interroge profondément l’islam et devrait profondément interroger ses adeptes. Ce n’est pas le cas, c’est même le contraire qui se passe, il y a surenchère et c’est absolument dramatique. J’en reparlerai à la fin.

    https://collectiflieuxcommuns.fr/689-islamisme-islamophobie-islamo

  • 27 novembre 00:52

    Pourquoi les « anti-racialisateurs » (et aussi celleux qui les soutiennent) font partie du problème... et non de la solution

    Depuis plus d’un an une campagne politique acharnée et réactionnaire est menée par les « anti-racialisateurs ». Diffusion de textes, brochures, émission de radio, collage, perturbations.

    Ielles ont la prétention (et le culot) de se présenter en fins connaisseurs des mouvements politiques qui luttent contre le racisme et comme si ces questions politiques leurs tenaient vraiment à cœur.

    S’autoproclamant comme les vrais révolutionnaires et les vrais anti-racistes, ielles sont parties en croisade pour défendre la pureté de l’idée révolutionnaire contre l’ « idéologie racialiste » (qu’ielles ont inventé de toute pièce), qui serait en train de s’infiltrer dans « les organisations et milieux politiques qui vont de l’extrême gauche jusqu’aux libertaires ».

    Cette prétendue « idéologie » n’apporterait que du confusionnisme et serait le symptôme de la perte de perspectives révolutionnaires. Elle ferait infiltrer dans ces milieux des idées racistes (camouflées en progressistes), à travers l’utilisation de mots et catégories qui viennent du pouvoir (« race ») ou de leurs dérivés (comme « racisé-e », etc), et qu’on devrait donc rejeter en bloc si on est des vrais.
    Ielles essaient de nous faire croire que toutes les personnes qui utilisent ces mots sont pareilles et défendent le même discours. Elles sont toutes racistes. Des ennemies à combattre et à éliminer des milieux qui se veulent révolutionnaires.

    Mais tout n’est pas perdu, vu qu’ielles sont arrivées pour sauver et pour défendre ces milieux !
    Alors vite, il faut faire comprendre à tout le monde qu’à cet endroit-là se situerait le point de rupture, autour duquel il y a urgence à se positionner, pour se donner la possibilité de rouvrir des vraies perspectives révolutionnaires.

    Sans blague ?! Merci de nous protéger de ce grand danger, tout en essayant de nous apprendre la vie et la révolution. Bien essayé, mais raté.

    S’ielles connaissaient vraiment les mouvements anti-racistes et décoloniaux et s’ielles s’intéressaient vraiment aux différents systèmes d’oppression, ielles sauraient sans doute que des débats et des questionnements existent déjà autour de l’utilisation de mots créés par le pouvoir pour parler du racisme structurel et pour analyser l’oppression qui va avec. Ielles sauraient aussi que des débats existent depuis des années dans certains milieux féministes sur l’équilibre à trouver entre la volonté de mettre fin aux oppressions et la volonté de nommer et d’analyser ces mêmes oppressions ; sur comment dépasser les catégories créés par le pouvoir (qui participent à entretenir les oppressions), tout en prenant en compte le fait que ces mêmes catégories permettent aussi de nommer et d’analyser ces oppressions. Parce que ça ne suffit pas de ne plus en vouloir et de ne plus les utiliser pour que ça fasse disparaître les effets et les conséquences concrètes qu’elles produisent dans la réalité.

    Alors pas la peine de faire les messies qui apporteraient la bonne parole pour éclairer les pensées.
    Personne vous a attendu-es pour réfléchir à ces questions. Et surtout, personne n’a besoin de votre avis ni de votre validation.

    Ceci dit, je crois qu’il y a une différence fondamentale entre complexifier ou critiquer certaines applications des grilles d’analyse des oppressions et dominations, tout en voyant et en comprenant l’importance et la valeur de leurs apports, et le faire, à l’inverse, avec l’objectif de s’attaquer à ces grilles d’analyse dans leur totalité, pour les rejeter en bloc. Et c’est justement là qui se trouve le cœur du problème.

    En effet, le problème politique le plus important par rapport aux « anti-racialisateurs » n’est pas leur ignorance autour de toutes ces questions, mais leurs intentions politiques.
    C’est certes très désagréable et malvenu quand, en connaissant très mal ce dont elles parlent, ces personnes se sentent légitime non seulement de pondre des pages et de pages, faire des émissions de radio, des affiches, ect. Et, en plus, de le faire d’une manière super arrogante et méprisante.
    Mais, qui plus est, ielles vont jusqu’à traiter de « racistes » toutes les personnes qui, pour lutter contre le racisme structurel, essaient d’analyser et de critiquer la « race » comme une construction sociale utilisée pour hiérarchiser les individues sur la base de marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno-culturels.

    À grands coups d’amalgames absurdes, de déformations des discours des autres, de raccourcis réducteurs, les « anti-racialisateurs » mettent dans le même sac toutes les personnes qui utilisent le mot « race ». De l’extrême droite au PIR, de la gauche anti-raciste aux mouvements dé-coloniaux, c’est toutes les mêmes. Aucune différence dans les idées, les analyses, les discours portés, les perspectives. Face à autant de confusionnisme, de manipulations et de mauvaise fois, on ne peut pas ne pas comprendre que leurs intérêts et intentions politiques sont toutes autres que celles qu’ielles affichent.

    Il ne faut pas être dupes. Leurs crachats confusionnistes ne visent pas à s’attaquer au racisme, qu’ielles n’utilisent, en bon politicien, que pour redorer leur pilule. Ielles sont, en réalité, en train de s’attaquer à certaines visions politiques auxquelles ielles font parfois allusion mais qu’ielles ne nomment jamais explicitement.

    Ce que les « anti-racialisateurs » sont en train de faire, c’est s’attaquer aux visions et analyses politiques qui, depuis des décennies, essaient de politiser toutes les sphères de la vie et du quotidien pour montrer que les rapports d’oppression et de domination ne se réduisent pas au seul champ économique, ni sont seulement véhiculés par l’État. Ielles sont en train de s’attaquer aux analyses qui considèrent ces rapports d’oppression et de domination comme quelque chose qui traverse tout le monde, que certaines personnes subissent en même temps que d’autre en bénéficient.

    Par la même occasion, ils s’attaquent donc aussi aux implications politiques de ces analyses : comme le fait que les « ennemis » ne sont pas seulement les bourgeois, ni seulement « les autres », les caricatures du raciste ou du macho ; comme le fait que les milieux soi-disant révolutionnaires ne sont pas en dehors de la société mais qu’ils sont aussi traversés par tout ça ; comme l’idée que c’est aux opprimé-es, en tant que groupe social, de définir l’oppression qu’ielles subissent (et donc aussi décider de comment en parler) ; comme le fait que la non-mixité soit pensée comme un outil politique d’émancipation (sans oublier que ça relève tout simplement d’une logique autoritaire de se permettre de dire à d’autres comment ielles devraient s’organiser pour lutter).

    Ces analyses sont des apports des luttes de libération et d’émancipation menées par des opprimé-es, qui ont dû se battre depuis des décennies (et ça continue encore) au sein des milieux révolutionnaires pour que leurs réalités et leurs vécus d’oppressions soient pris en compte comme quelque chose qui existe, qui est politique et qui a autant d’importance que les effets du capitalisme et de l’État. Comme une condition pour pouvoir exister entièrement dans ces mouvements révolutionnaires.
    Ces luttes ont permis de prendre conscience et de mettre en lumière l’existence de ces oppressions, c’est à dire de voir l’oppression là où on ne la voyait pas avant, parce qu’on considérait l’état des choses comme normale, comme relevant de l’ordre naturel.

    L’offensive des « anti-racialisateurs » n’est dans le fond rien de nouveau ni de très original, vu qu’elle n’est rien d’autre qu’un mouvement de « réaction », dans le sens de conservateur et réactionnaire, à l’émergence, à l’existence et au renforcement de ces visions politiques et de leurs implications. Pour ne pas devoir voir ni prendre ses responsabilités dans ces autres systèmes de dominations. Ou, pour certain-es, pour pouvoir continuer à bénéficier de ses privilèges sans avoir à se remettre en question et sans qu’on les fasse chier.

    Alors non, ce qui est en train de se jouer n’est pas un débat, tout comme ce n’est pas une guerre de chapelle ou une bataille pour l’hégémonie. C’est insultant de voir les choses de cette manière.
    Parce que vouloir nier ces oppressions, leurs effets et leurs implications, ou remettre à nouveau en question leur portée politique, n’est pas juste une opinion, mais participe pleinement de l’oppression elle-même.

    C’est pour tout cela que je considère qu’il faut réagir à leur offensive et ne pas laisser de place aux idées réactionnaires qu’ielles essaient de diffuser.
    Depuis quand, pour les révolutionnaires, tout serait discutable et entendable ?
    Non, la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords n’était pas un débat, mais la dernière étape de leur campagne politique nauséabonde.

    Face à ces crachats insultants et méprisants qui véhiculent des idées à vomir et qui puent le moisi, ça me paraît donc tout à fait compréhensible et souhaitable que des gentes décident de ne pas laisser passer cet énième affront.

    C’est pour tout cela que je comprends très bien la colère des personnes racisé-es qui sont venues à Mille Bâbords pour empêcher que la soirée ait lieu. Comme celle des autres personnes (dont je fais partie) venues pour s’opposer à ce pseudo-débat ou qui essaient de différentes manières de leur barrer le chemin.

    C’est pour tout cela que je ne soutiendrai jamais les lieux et les espaces, physiques ou virtuels, qui permettent une existence et une visibilité à ces discours gerbants.
    Parce qu’en faisant cela, ielles cautionnent ces discours. Parce qu’en faisant cela, ielles deviennent une partie du problème et non de la solution.

    Plutôt que de jouer les victimes de violences incompréhensibles et de vous étonner naïvement que des conséquences vous tombent dessus, plutôt que jouer les défenseurs de la liberté d’expression et du débat démocratique et vous poser au dessus de tout le monde, plutôt que de vous cacher derrière vos chartes remplies de mots que vous videz de leur sens et de leur profondeur politique, prenez vos responsabilités et assumez les conséquences de vos choix.

    Plutôt que de pointer la violence visible des personnes qui ripostent à une oppression, regardez déjà la violence « invisible » que vous véhiculez et dont vous ne vous rendez même pas compte tellement elle fait partie de la normalité.

    Ce n’est pas possible de limiter les analyses de la conflictualité politique et de la violence au seul champ économique. Ni de les arrêter devant votre porte.

    On ne vous laissera pas nous renvoyer dans le placard ou parmi les oublié-es de la révolution !

    une personne blanche – novembre 2016

    ps : Je ne me suis pas attardé dans ce texte sur les faits qui se sont déroulés dans la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords. Le communiqué concernant l’action menée contre la discussion prévue ce soir-là décrit déjà assez bien ce qu’il s’y est passé, contrairement aux autres textes remplis de victimisme, de mensonges et de mauvaise fois.

    Modération

    Publié : le vendredi 25 novembre 2016 à 22:50 par modo

    Article validé et commentaires cachés à priori pour éviter le trollage. Des commentaires (et donc leurs réponses) ont été cachés également pour le motif suivant :

    Les articles qui accusent de « racialistes » les personnes qui s’organisent en non-mixité/construisent collectivement des luttes autour de l’analyse de la société hiérarchisée en terme de race n’ont rien à faire sur indymedia nantes. Le site permet la publication d’articles venant de personnes et de groupes qui choisissent la non-mixité comme moyen d’auto-organisation, et c’est certainement pas aux personnes non concernées de venir publier des articles pour dire a quel point c’est contre-révolutionnaire. Une identité de lutte n’a rien a voir avec un mouvement identitaire.

    Pour rappel le racialisme c’est un mouvement scientifique du 19ème et qui a créé des catégories sociales, raciales, de genre... et qui justifiait les systèmes d’oppression, la colonisation, l’exploitation de races, de classes, des femmes,... On notera aussi que ces racialistes – en plus de n’’être que des blancs –, disposaient de canaux de communications larges et de positions de pouvoir comme par exemple être au gouvernement, dans les médias et facs réputées etc.

    Peut être aussi faudrait se calmer sur le PIR et Bouteldja et arrêter de tout ramener a elleux. Tou-te-s les militant-e-s antiracistes ne sont pas forcément affilié-e-s au PIR.
    Enfin bref, vu le contexte raciste actuel, c’est pas très étonnant que ce genre de position ressortent, sauf qu’indymedia ne sera pas utilisé pour être le relais de ce type de discours.

    https://nantes.indymedia.org/articles/36245#comment-279278

  • https://collectiflieuxcommuns.fr/689-islamisme-islamophobie-islamo
    Partons effectivement de la question de la passivité d’une grande partie du dit « peuple de gauche », du mutisme face à cette extrême droite musulmane qui remplit tous les critères de ce terme, comme l’exposé précédent les a précisés, et même bien plus que nos droites nationales en France — les néo-nazis, les monarchistes et les croisés sont ici encore vraiment minoritaires — mais qui retiennent toute l’attention.

    Alors pourquoi tant de silence, de gêne, pourquoi aussi peu de réactions ? C’est une question centrale parce qu’une telle attitude ouvre évidemment un boulevard à tous les amalgames et toutes les réactions xénophobes — nous y reviendrons à la fin.

    Pour comprendre cette paralysie critique vis-à-vis de l’islamisme, il peut-être intéressant d’aller voir ceux qui y sont favorables, ou au moins très complaisants : leur discours concentre ce qui est plus diffus ailleurs, ils disent plus clairement et distinctement ce qui se pense plus discrètement sous d’autres cieux.

    Un terme vient alors à l’esprit, celui d’islamo-gauchisme.

    Il est évidemment très polémique.

    Il est sujet à caution d’abord parce que l’expression de gauchiste n’est pas très précise : Ce serait quelqu’un d’apparenté à une famille politique issue du ou plutôt des marxismes qui ont marqué le XXe siècle, parce qu’il y en a eu quand même une sacrée flopée. On va me dire qu’il y a aussi pas mal de pseudo-libertaires ou d’anarchistes ou encore de féministes qui sont concernés, mais comme on le verra, ils ont adopté de facto et depuis longtemps les grands schémas marxistoïdes qui fondent le camp de la religion du progrès, c’est-à-dire, globalement la « gauche » [1].

    Quant au préfixe islamo-, pas très précis non plus, ce serait l’association entre une approche gauchiste et l’islam, sous la forme de la complaisance d’un gauchiste vis-à-vis de l’islam et de tout ce qui s’y rapporte ou, à l’inverse, d’un islamiste qui gauchirait son discours. Bref ce terme descriptif, qui a déjà près de dix ans, recouvre quand même une sacrée réalité et à ce titre, en attendant mieux, nous l’utiliserons, puisqu’il permet de cerner cette mouvance protéiforme qui prétend combattre l’Occident en essayant de s’allier l’héritage des combats anticapitalistes et la guerre actuelle des islamistes plus ou moins soft.

    Bien sûr, c’est un courant confus et épars mais tout à fait tangible qui a eu son heure de gloire au moment de l’altermondialisme, après le 11 septembre et les réactions américaines, mais qui se maintient aujourd’hui largement, même si depuis le naufrage des soulèvements arabes, il a du mal à assurer une apparence de cohérence — mais on verra que c’est le cadet de ses soucis, puisque le but final est de brouiller les cartes.

    Qui sont les islamo-gauchistes ?

    Cette complaisance intellectualisée pour l’islam ou même l’islamisme, qu’il s’agisse de l’islamisme passif ou même actif, on la rencontre très explicitement dans un tout petit noyau.

    Il y a d’un côté les islamistes plus ou moins déclarés,
    - les Tariq Ramadan,
    - les Houria Boutelja et consorts
    - des Indigènes de la République,
    - des imams officiels ou autoproclamés, etc.
    qui ont compris que des gauchistes pouvaient leur être tactiquement utiles.

    De l’autre côté, on trouve tous ces gauchistes qui les entourent et leur servent la soupe. Je pense entre autres à
    - Pierre Tevanian (+Sylvie Tissot),
    - Alain Gresh,
    - Christine Delphy, etc.,
    qui veulent voir plus ou moins confusément dans l’islam et l’islamisme un support à la critique de l’Occident.

    C’est donc, je l’ai dit, un tout petit noyau qui devrait être une curiosité ethnologique, mais il concentre et explicite une posture, un prêt-à-penser, qu’on rencontre ailleurs sous forme de cercles concentriques. Ce discours-là est donc présent de manière diffuse dans des milieux tout de même plus respectables comme
    - Le Monde Diplomatique,
    - l’émission de radio « Là-bas si j’y suis »,
    - médiapart etc.

    C’est bien sûr dans certains cercles « pro-palestiniens » qu’on retrouve le mieux ce salmigondis d’anti-impérialisme et d’éloge (des islamistes) du Hamas, voire du Hezbollah, mais on croise ces réflexes un peu partout : par exemple dans notre brochure, nous ferraillons contre un gauchiste qui reprend ces thèses en vrac, sans en être convaincu lui-même, mais qui ne semble pas pouvoir les réfuter tout seul. Cette posture « à gauche », plus importante qu’on ne le pense, n’est pas un hasard puisque ce discours islamo-gauchiste joue justement sur les catégories historiques de la « pensée » de « Gauche », comme on va le voir. Il est donc assez facile à repérer dès qu’on en a la clef.

    Et puis, il y a tous ceux, très nombreux, pour qui tout cela semble apparaître comme un point aveugle, qui passent la chose sous un silence plus ou moins complice ou procèdent par omissions spécifiques, sous-entendus ou ironie. Ils ne cessent d’excuser, de dédouaner, de minimiser l’extrême droite musulmane, quand ils en reconnaissent l’existence, alors même qu’ils sont extrêmement sourcilleux concernant l’extrême droite française ou tout simplement la droite [2].

    - Les principales victimes, si j’ose dire, ce sont les milieux dits « antifascistes » qui sont absolument aveugles à cette extrême droite musulmane et totalement muets à son endroit, du moins de ce que j’en sais.

    J’en ai vu dernièrement, par exemple, défiler dans ma ville de banlieue populaire en criant « Pas de fachos dans nos quartiers ! », etc. Évidemment, les fachos ne sont pas dans ces quartiers-là, et sûrement pas dans le mien, et à peine dans ses urnes. Par contre des barbus et autres porteurs de qamis il y en a, en tenue de djihadistes, et à tire-larigot. Là, la contradiction est criante, quand même, mais il est impossible de le leur faire comprendre, la question ne sera pas posée, même lorsque des femmes en burqa passent en riant devant la banderole... Ces militants, qui se proclament pour l’égalité des sexes, pour la liberté des homosexuels, contre les discriminations et le capitalisme, etc., mettent l’islamisme de quartier hors de cause, même lorsqu’il fait des morts. Tout cela interroge fortement, et notamment nos copains tunisiens qui ne comprennent pas pourquoi une telle complaisance, qui serait facilement explicable en terre musulmane, parce que ce phénomène d’islamo-gauchisme est très répandu chez eux comme le montre l’interview d’eux dans notre brochure 19, mais qui leur paraît incroyable en France, terre de combats antireligieux.

    Alors avant d’aborder le pourquoi, de proposer une explication, je vais me demander comment ils procèdent, quels sont les arguments utilisés.

    Il y a ainsi un certain nombre de lieux communs que je vais passer en revue. « Lieux Communs », c’est aussi le nom de notre collectif, et c’est lié au fait que nous pensons qu’il y a une quantité hallucinante de lieux communs qu’il y aurait à pulvériser, et parallèlement qu’il y a aussi beaucoup de lieux communs que nous voudrions instaurer, ou du moins des banalités de base sans lesquelles on ne peut pas penser le monde actuel — l’exposé qui m’a précédé en relève, ça a été dit. Je vais donc parler des lieux communs que nous voudrions pulvériser, les absurdités qui surgissent immanquablement dès qu’il est question d’islamisme, pour le diminuer, le justifier, l’excuser, ou le dénier tout simplement.

    Les lieux communs de la tolérance à l’islamisme

    1) Premièrement, l’islamisme serait peu ou prou une pratique traditionnelle, et qui mériterait donc le respect. C’est évidemment une absurdité totale, puisque l’islamisme contemporain est un regain tout à fait récent à l’échelle de l’histoire. Il y a seulement trente ans, les voiles traditionnels étaient extrêmement rares dans la rue, et c’était le propre des femmes âgées ou débarquées du bled. Aujourd’hui, ce sont des voiles islamiques, devenus une pratique offensive et tout à fait banale, par exemple ici chez des immigrées de deuxième ou troisième génération, mais cette évolution est visible y compris et surtout dans la plupart des pays musulmans. La chose est aussi évidente au niveau géopolitique : le conflit israélo-palestinien n’avait rien de religieux il y a quelques décennies et aujourd’hui le choix est entre le Hamas et Tsahal — bon courage. Bon, l’exposé précédent a été clair, je ne vais pas m’étendre là-dessus : l’islamisme, s’il appartient en propre à la culture arabo-musulmane, n’a rien d’une tradition, encore moins respectable, et c’est d’ailleurs un argument extrêmement suspect sur lequel nous reviendrons — à cette aune, il faudrait considérer le fascisme comme une honorable tradition italienne. Et quand bien même le serait-ce, la tradition n’a rien de sacré à nos yeux.

    2) Deuxième lieu commun — ce ne sont que des exemples et je n’en passe que quelques-uns en revue : l’islamisme se réduirait finalement à quelques excès marginaux tout à fait secondaires de la religion, ces courants seraient des passades qui ne dureraient qu’un temps, bref des épiphénomènes qu’il ne faudrait pas monter en épingle. On pouvait dire ça en étant mal renseigné dans les années 80, mais aujourd’hui malheureusement, il faut admettre que ce sont des dynamiques de fond. Rien qu’en France, il faut au moins remonter jusqu’à Khaled Kelkal et les attentats du GIA, les jeux politiques iraniens via le Hezbollah autour des otages au Liban, ou à la première question du voile, en 1989, ou encore aux fatwas contre Salman Rushdie, etc. Même période temporelle pour l’assassinat de Sadate en Égypte, la formation au Djihad dans l’Afghanistan soviétique ou l’instauration de la république islamique d’Iran. Et tout cela découle d’un réveil dans les années 70... Non, ça ne date pas d’hier. Par ailleurs, on parle d’un phénomène, d’une guerre à l’échelle continentale comme l’a été la guerre froide, qui concerne directement près d’un milliard de personnes, dans des régions aussi séparées que le Soudan, le Pakistan, l’Inde, le Maroc ou l’Indonésie. Sans parler des territoires européens. C’est donc un phénomène de fond, une dynamique civilisationnelle qui doit interroger. Est-ce que cela va continuer ou s’arrêter, c’est une autre question. Mais ce qu’on peut dire, c’est que c’est un phénomène de fond qui n’a plus rien de marginal.

    3) Troisième argument, troisième lieu commun, tout cela serait des conséquences normales de situations très difficiles que vivraient les pays arabes ou les musulmans en général. C’est un discours victimaire qui fait florès mais qui est aussi une absurdité, et d’abord parce que l’islamisme est un phénomène postcolonial ; il se déploie après les décolonisations et non pas durant le colonialisme. Les luttes d’indépendance ne sont pas du tout le fait d’islamistes ou en tout cas leur rôle était complètement secondaire : ce n’est pas au nom de l’islam que le peuple algérien réclamait et a gagné son indépendance, pas plus que la Tunisie, etc. Le « chaos algérien » est arrivé près d’une génération après... D’autre part, les immigrés de ces pays qui sont arrivés en France dans les années 50 et 60 ont vécu dans des bidonvilles dans des conditions totalement honteuses, et il n’y avait nulle trace d’islamisme chez eux. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui puisqu’on parle même des « bobars », les « bobos » barbus. C’est même le phénomène inverse, puisqu’on voit aujourd’hui en France des Arabes ou des musulmans membres du gouvernement, journalistes, artistes, chercheurs, humoristes, PDG, profs, cadres, écrivains... et que les États islamistes sont parmi les plus riches du monde. L’extrême droite musulmane est un fait qui concerne aujourd’hui toutes les catégories sociales et n’est pas du tout le fait des plus pauvres ou des plus discriminés : c’est ce que montre concrètement l’impossibilité du « profilage » des terroristes. Au niveau géopolitique, cela se vérifie aussi : l’islamisme est bien installé en Turquie, qui n’a pas été colonisée, et on ne voit aucun extrémisme religieux dans l’ex-Indochine française, ou dans l’ex-Congo Belge, où le colonialisme a été particulièrement ravageur. Enfin, si la souffrance sociale débouchait nécessairement sur l’intégrisme, nous ne serions pas là à nous réclamer d’un mouvement ouvrier, qui était, lui, vraiment en haillons et qui a institué pour la première fois la séparation de l’Église et de l’État pendant la Commune de Paris. Bref, c’est un argument purement victimaire, particulièrement étrange venant de gens très souvent anti-sionistes puisque cette posture victime / bourreau est caractéristique de la défense d’Israël...

    4) Quatrième lieu commun, l’islamisme serait le simple produit de jeux politico-médiatiques de l’Occident, la créature des manigances et manipulations du Frankenstein américano-européen. Bien sûr que non : lorsqu’on prend du recul, c’est un fait historique propre, intrinsèque à l’aire arabo-islamique comme le montre l’exposé précédent. À penser de la sorte, on réduit les trois quarts des populations mondiales au rôle de pions irresponsables et demeurés, sans initiatives, jugements ou capacités de réaction. Alors, bien évidemment, les États-Unis, la Russie, les grandes puissances jouent un jeu d’échecs mondial depuis qu’elles existent, c’est le principe immémorial de toute politique, y compris les forces encore subalternes, comme l’Arabie saoudite, ou l’Iran, le Pakistan, etc. Il y a manipulations mutuelles incessantes, qui peuvent se retourner à terme contre l’instigateur. Et puis les luttes de décolonisation, par exemple, étaient en partie épaulées par le bloc de l’Est — ce n’est pas pour ça que l’on va les renier… L’offensive lancée par Ben Laden est elle-même une énorme manipulation qui vise à séparer en Occident les populations arabes immigrées des autochtones — et c’est en train de marcher... Donc sans aucun angélisme, il est impossible de réduire l’islamisme au rôle de la CIA à moins de tomber dans la paranoïa. Quant au jeu des médias français, je n’ai rien lu de convaincant sur le sujet. Le jeu de l’oligarchie locale serait plutôt de laisser s’installer un chaos social stérile, un éclatement du corps social qu’elle pourra facilement surplomber.

    5) Cinquième et dernier argument que je prends en compte : l’islamisme n’aurait rien à voir avec l’islam, il y aurait une distance incommensurable, un fossé infranchissable entre la religion mahométane et l’extrême droite islamique. Alors là, vous comprenez immédiatement que c’est en contradiction flagrante avec le premier lieu commun, même si on passe très facilement de l’un à l’autre... C’est évidemment faux : l’islamisme se nourrit du terreau de l’islam exactement comme l’intégrisme catholique naît du catholicisme. Lorsqu’il y a viol, n’importe où, je me sens concerné en tant qu’homme. Le viol interroge la culture masculine, c’est une évidence : il y a un continuum entre cette monstruosité et la banalité du quotidien. Dans le même ordre d’idée, le colonialisme est un fait qui pèse dans l’histoire de la France, c’est un fait qui constitue un pan important de sa culture, et que tout Français, y compris naturalisé, porte en lui, qu’il le veuille ou non. Il y a ici encore un continuum entre le colonialisme et l’universalisme des Lumières, qui demande à être interrogé, qui l’est largement, même si ce n’est pas la même chose, bien entendu. On pourrait continuer : depuis l’après-guerre, le nationalisme ne peut plus être pensé comme au XIXe siècle et interroge tout patriotisme, et le communisme est désormais un mot dégoulinant de sang qui doit faire douter tous les marxistes. Alors oui, évidemment, tout musulman a à se positionner vis-à-vis des monstruosités qui se font au nom de la croyance qu’il a choisie, et l’islamisme interroge profondément l’islam et devrait profondément interroger ses adeptes. Ce n’est pas le cas, c’est même le contraire qui se passe, il y a surenchère et c’est absolument dramatique. J’en reparlerai à la fin.

    https://collectiflieuxcommuns.fr/689-islamisme-islamophobie-islamo

  • https://collectiflieuxcommuns.fr/689-islamisme-islamophobie-islamo

    Partons effectivement de la question de la passivité d’une grande partie du dit « peuple de gauche », du mutisme face à cette extrême droite musulmane qui remplit tous les critères de ce terme, comme l’exposé précédent les a précisés, et même bien plus que nos droites nationales en France — les néo-nazis, les monarchistes et les croisés sont ici encore vraiment minoritaires — mais qui retiennent toute l’attention.

    Alors pourquoi tant de silence, de gêne, pourquoi aussi peu de réactions ? C’est une question centrale parce qu’une telle attitude ouvre évidemment un boulevard à tous les amalgames et toutes les réactions xénophobes — nous y reviendrons à la fin.

    Pour comprendre cette paralysie critique vis-à-vis de l’islamisme, il peut-être intéressant d’aller voir ceux qui y sont favorables, ou au moins très complaisants : leur discours concentre ce qui est plus diffus ailleurs, ils disent plus clairement et distinctement ce qui se pense plus discrètement sous d’autres cieux.

    Un terme vient alors à l’esprit, celui d’islamo-gauchisme.

    Il est évidemment très polémique.

    Il est sujet à caution d’abord parce que l’expression de gauchiste n’est pas très précise : Ce serait quelqu’un d’apparenté à une famille politique issue du ou plutôt des marxismes qui ont marqué le XXe siècle, parce qu’il y en a eu quand même une sacrée flopée. On va me dire qu’il y a aussi pas mal de pseudo-libertaires ou d’anarchistes ou encore de féministes qui sont concernés, mais comme on le verra, ils ont adopté de facto et depuis longtemps les grands schémas marxistoïdes qui fondent le camp de la religion du progrès, c’est-à-dire, globalement la « gauche » [1].

    Quant au préfixe islamo-, pas très précis non plus, ce serait l’association entre une approche gauchiste et l’islam, sous la forme de la complaisance d’un gauchiste vis-à-vis de l’islam et de tout ce qui s’y rapporte ou, à l’inverse, d’un islamiste qui gauchirait son discours. Bref ce terme descriptif, qui a déjà près de dix ans, recouvre quand même une sacrée réalité et à ce titre, en attendant mieux, nous l’utiliserons, puisqu’il permet de cerner cette mouvance protéiforme qui prétend combattre l’Occident en essayant de s’allier l’héritage des combats anticapitalistes et la guerre actuelle des islamistes plus ou moins soft.

    Bien sûr, c’est un courant confus et épars mais tout à fait tangible qui a eu son heure de gloire au moment de l’altermondialisme, après le 11 septembre et les réactions américaines, mais qui se maintient aujourd’hui largement, même si depuis le naufrage des soulèvements arabes, il a du mal à assurer une apparence de cohérence — mais on verra que c’est le cadet de ses soucis, puisque le but final est de brouiller les cartes.

    Qui sont les islamo-gauchistes ?

    Cette complaisance intellectualisée pour l’islam ou même l’islamisme, qu’il s’agisse de l’islamisme passif ou même actif, on la rencontre très explicitement dans un tout petit noyau.

    Il y a d’un côté les islamistes plus ou moins déclarés,

    • les Tariq Ramadan,
    • les Houria Boutelja et consorts
    • des Indigènes de la République,
    • des imams officiels ou autoproclamés, etc.
      qui ont compris que des gauchistes pouvaient leur être tactiquement utiles.

    De l’autre côté, on trouve tous ces gauchistes qui les entourent et leur servent la soupe. Je pense entre autres à
    - Pierre Tevanian (+Sylvie Tissot),
    - Alain Gresh,
    - Christine Delphy, etc.,
    qui veulent voir plus ou moins confusément dans l’islam et l’islamisme un support à la critique de l’Occident.

    C’est donc, je l’ai dit, un tout petit noyau qui devrait être une curiosité ethnologique, mais il concentre et explicite une posture, un prêt-à-penser, qu’on rencontre ailleurs sous forme de cercles concentriques. Ce discours-là est donc présent de manière diffuse dans des milieux tout de même plus respectables comme

    • Le Monde Diplomatique,
    • l’émission de radio « Là-bas si j’y suis »,
    • médiapart etc.

    C’est bien sûr dans certains cercles « pro-palestiniens » qu’on retrouve le mieux ce salmigondis d’anti-impérialisme et d’éloge (des islamistes) du Hamas, voire du Hezbollah, mais on croise ces réflexes un peu partout : par exemple dans notre brochure, nous ferraillons contre un gauchiste qui reprend ces thèses en vrac, sans en être convaincu lui-même, mais qui ne semble pas pouvoir les réfuter tout seul. Cette posture « à gauche », plus importante qu’on ne le pense, n’est pas un hasard puisque ce discours islamo-gauchiste joue justement sur les catégories historiques de la « pensée » de « Gauche », comme on va le voir. Il est donc assez facile à repérer dès qu’on en a la clef.

    Et puis, il y a tous ceux, très nombreux, pour qui tout cela semble apparaître comme un point aveugle, qui passent la chose sous un silence plus ou moins complice ou procèdent par omissions spécifiques, sous-entendus ou ironie. Ils ne cessent d’excuser, de dédouaner, de minimiser l’extrême droite musulmane, quand ils en reconnaissent l’existence, alors même qu’ils sont extrêmement sourcilleux concernant l’extrême droite française ou tout simplement la droite [2].

    - Les principales victimes, si j’ose dire, ce sont les milieux dits « antifascistes » qui sont absolument aveugles à cette extrême droite musulmane et totalement muets à son endroit, du moins de ce que j’en sais.

    J’en ai vu dernièrement, par exemple, défiler dans ma ville de banlieue populaire en criant « Pas de fachos dans nos quartiers ! », etc. Évidemment, les fachos ne sont pas dans ces quartiers-là, et sûrement pas dans le mien, et à peine dans ses urnes. Par contre des barbus et autres porteurs de qamis il y en a, en tenue de djihadistes, et à tire-larigot. Là, la contradiction est criante, quand même, mais il est impossible de le leur faire comprendre, la question ne sera pas posée, même lorsque des femmes en burqa passent en riant devant la banderole... Ces militants, qui se proclament pour l’égalité des sexes, pour la liberté des homosexuels, contre les discriminations et le capitalisme, etc., mettent l’islamisme de quartier hors de cause, même lorsqu’il fait des morts. Tout cela interroge fortement, et notamment nos copains tunisiens qui ne comprennent pas pourquoi une telle complaisance, qui serait facilement explicable en terre musulmane, parce que ce phénomène d’islamo-gauchisme est très répandu chez eux comme le montre l’interview d’eux dans notre brochure 19, mais qui leur paraît incroyable en France, terre de combats antireligieux.

    Alors avant d’aborder le pourquoi, de proposer une explication, je vais me demander comment ils procèdent, quels sont les arguments utilisés.

    Il y a ainsi un certain nombre de lieux communs que je vais passer en revue. « Lieux Communs », c’est aussi le nom de notre collectif, et c’est lié au fait que nous pensons qu’il y a une quantité hallucinante de lieux communs qu’il y aurait à pulvériser, et parallèlement qu’il y a aussi beaucoup de lieux communs que nous voudrions instaurer, ou du moins des banalités de base sans lesquelles on ne peut pas penser le monde actuel — l’exposé qui m’a précédé en relève, ça a été dit. Je vais donc parler des lieux communs que nous voudrions pulvériser, les absurdités qui surgissent immanquablement dès qu’il est question d’islamisme, pour le diminuer, le justifier, l’excuser, ou le dénier tout simplement.

    Les lieux communs de la tolérance à l’islamisme

    • 1) Premièrement, l’islamisme serait peu ou prou une pratique traditionnelle, et qui mériterait donc le respect. C’est évidemment une absurdité totale, puisque l’islamisme contemporain est un regain tout à fait récent à l’échelle de l’histoire. Il y a seulement trente ans, les voiles traditionnels étaient extrêmement rares dans la rue, et c’était le propre des femmes âgées ou débarquées du bled. Aujourd’hui, ce sont des voiles islamiques, devenus une pratique offensive et tout à fait banale, par exemple ici chez des immigrées de deuxième ou troisième génération, mais cette évolution est visible y compris et surtout dans la plupart des pays musulmans. La chose est aussi évidente au niveau géopolitique : le conflit israélo-palestinien n’avait rien de religieux il y a quelques décennies et aujourd’hui le choix est entre le Hamas et Tsahal — bon courage. Bon, l’exposé précédent a été clair, je ne vais pas m’étendre là-dessus : l’islamisme, s’il appartient en propre à la culture arabo-musulmane, n’a rien d’une tradition, encore moins respectable, et c’est d’ailleurs un argument extrêmement suspect sur lequel nous reviendrons — à cette aune, il faudrait considérer le fascisme comme une honorable tradition italienne. Et quand bien même le serait-ce, la tradition n’a rien de sacré à nos yeux.
      • 2) Deuxième lieu commun — ce ne sont que des exemples et je n’en passe que quelques-uns en revue : l’islamisme se réduirait finalement à quelques excès marginaux tout à fait secondaires de la religion, ces courants seraient des passades qui ne dureraient qu’un temps, bref des épiphénomènes qu’il ne faudrait pas monter en épingle. On pouvait dire ça en étant mal renseigné dans les années 80, mais aujourd’hui malheureusement, il faut admettre que ce sont des dynamiques de fond. Rien qu’en France, il faut au moins remonter jusqu’à Khaled Kelkal et les attentats du GIA, les jeux politiques iraniens via le Hezbollah autour des otages au Liban, ou à la première question du voile, en 1989, ou encore aux fatwas contre Salman Rushdie, etc. Même période temporelle pour l’assassinat de Sadate en Égypte, la formation au Djihad dans l’Afghanistan soviétique ou l’instauration de la république islamique d’Iran. Et tout cela découle d’un réveil dans les années 70... Non, ça ne date pas d’hier. Par ailleurs, on parle d’un phénomène, d’une guerre à l’échelle continentale comme l’a été la guerre froide, qui concerne directement près d’un milliard de personnes, dans des régions aussi séparées que le Soudan, le Pakistan, l’Inde, le Maroc ou l’Indonésie. Sans parler des territoires européens. C’est donc un phénomène de fond, une dynamique civilisationnelle qui doit interroger. Est-ce que cela va continuer ou s’arrêter, c’est une autre question. Mais ce qu’on peut dire, c’est que c’est un phénomène de fond qui n’a plus rien de marginal.
    • 3) Troisième argument, troisième lieu commun, tout cela serait des conséquences normales de situations très difficiles que vivraient les pays arabes ou les musulmans en général. C’est un discours victimaire qui fait florès mais qui est aussi une absurdité, et d’abord parce que l’islamisme est un phénomène postcolonial ; il se déploie après les décolonisations et non pas durant le colonialisme. Les luttes d’indépendance ne sont pas du tout le fait d’islamistes ou en tout cas leur rôle était complètement secondaire : ce n’est pas au nom de l’islam que le peuple algérien réclamait et a gagné son indépendance, pas plus que la Tunisie, etc. Le « chaos algérien » est arrivé près d’une génération après... D’autre part, les immigrés de ces pays qui sont arrivés en France dans les années 50 et 60 ont vécu dans des bidonvilles dans des conditions totalement honteuses, et il n’y avait nulle trace d’islamisme chez eux. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui puisqu’on parle même des « bobars », les « bobos » barbus. C’est même le phénomène inverse, puisqu’on voit aujourd’hui en France des Arabes ou des musulmans membres du gouvernement, journalistes, artistes, chercheurs, humoristes, PDG, profs, cadres, écrivains... et que les États islamistes sont parmi les plus riches du monde. L’extrême droite musulmane est un fait qui concerne aujourd’hui toutes les catégories sociales et n’est pas du tout le fait des plus pauvres ou des plus discriminés : c’est ce que montre concrètement l’impossibilité du « profilage » des terroristes. Au niveau géopolitique, cela se vérifie aussi : l’islamisme est bien installé en Turquie, qui n’a pas été colonisée, et on ne voit aucun extrémisme religieux dans l’ex-Indochine française, ou dans l’ex-Congo Belge, où le colonialisme a été particulièrement ravageur. Enfin, si la souffrance sociale débouchait nécessairement sur l’intégrisme, nous ne serions pas là à nous réclamer d’un mouvement ouvrier, qui était, lui, vraiment en haillons et qui a institué pour la première fois la séparation de l’Église et de l’État pendant la Commune de Paris. Bref, c’est un argument purement victimaire, particulièrement étrange venant de gens très souvent anti-sionistes puisque cette posture victime / bourreau est caractéristique de la défense d’Israël...
      • 4) Quatrième lieu commun, l’islamisme serait le simple produit de jeux politico-médiatiques de l’Occident, la créature des manigances et manipulations du Frankenstein américano-européen. Bien sûr que non : lorsqu’on prend du recul, c’est un fait historique propre, intrinsèque à l’aire arabo-islamique comme le montre l’exposé précédent. À penser de la sorte, on réduit les trois quarts des populations mondiales au rôle de pions irresponsables et demeurés, sans initiatives, jugements ou capacités de réaction. Alors, bien évidemment, les États-Unis, la Russie, les grandes puissances jouent un jeu d’échecs mondial depuis qu’elles existent, c’est le principe immémorial de toute politique, y compris les forces encore subalternes, comme l’Arabie saoudite, ou l’Iran, le Pakistan, etc. Il y a manipulations mutuelles incessantes, qui peuvent se retourner à terme contre l’instigateur. Et puis les luttes de décolonisation, par exemple, étaient en partie épaulées par le bloc de l’Est — ce n’est pas pour ça que l’on va les renier… L’offensive lancée par Ben Laden est elle-même une énorme manipulation qui vise à séparer en Occident les populations arabes immigrées des autochtones — et c’est en train de marcher... Donc sans aucun angélisme, il est impossible de réduire l’islamisme au rôle de la CIA à moins de tomber dans la paranoïa. Quant au jeu des médias français, je n’ai rien lu de convaincant sur le sujet. Le jeu de l’oligarchie locale serait plutôt de laisser s’installer un chaos social stérile, un éclatement du corps social qu’elle pourra facilement surplomber.
    • 5) Cinquième et dernier argument que je prends en compte : l’islamisme n’aurait rien à voir avec l’islam, il y aurait une distance incommensurable, un fossé infranchissable entre la religion mahométane et l’extrême droite islamique. Alors là, vous comprenez immédiatement que c’est en contradiction flagrante avec le premier lieu commun, même si on passe très facilement de l’un à l’autre... C’est évidemment faux : l’islamisme se nourrit du terreau de l’islam exactement comme l’intégrisme catholique naît du catholicisme. Lorsqu’il y a viol, n’importe où, je me sens concerné en tant qu’homme. Le viol interroge la culture masculine, c’est une évidence : il y a un continuum entre cette monstruosité et la banalité du quotidien. Dans le même ordre d’idée, le colonialisme est un fait qui pèse dans l’histoire de la France, c’est un fait qui constitue un pan important de sa culture, et que tout Français, y compris naturalisé, porte en lui, qu’il le veuille ou non. Il y a ici encore un continuum entre le colonialisme et l’universalisme des Lumières, qui demande à être interrogé, qui l’est largement, même si ce n’est pas la même chose, bien entendu. On pourrait continuer : depuis l’après-guerre, le nationalisme ne peut plus être pensé comme au XIXe siècle et interroge tout patriotisme, et le communisme est désormais un mot dégoulinant de sang qui doit faire douter tous les marxistes. Alors oui, évidemment, tout musulman a à se positionner vis-à-vis des monstruosités qui se font au nom de la croyance qu’il a choisie, et l’islamisme interroge profondément l’islam et devrait profondément interroger ses adeptes. Ce n’est pas le cas, c’est même le contraire qui se passe, il y a surenchère et c’est absolument dramatique. J’en reparlerai à la fin.

    https://collectiflieuxcommuns.fr/689-islamisme-islamophobie-islamo

  • Au vu de l’ensemble de ces données, il apparaît indubitable que vous pouvez faire votre deuil de toute tentative de communication idéale avec un néotroll. Par conséquent évitez de perdre trop de temps dans vos explications. Cet adepte de la pensée unique n’a pas l’intention d’écouter autre chose que les idées conformément admises même si vos réponses sont parfaitement argumentées.

    Rappel : Selon wikipedia, en argot Internet, un troll caractérise ce qui vise à générer des polémiques. Il peut s’agir d’un message (par exemple sur un forum), d’un débat conflictuel dans son ensemble, ou de la personne qui en est à l’origine. Ainsi, « troller », c’est créer artificiellement une controverse qui focalise l’attention aux dépens des échanges et de l’équilibre habituel de la communauté”.

    Le NéoTroll : un parasite néo-con qui tente de brouiller toute remise en question de la doctrine ultra-libérale et coloniale.

    Cependant, un nombre de critères supplémentaires tels que ses sources, son réseau, sa narration bien distinctive et surtout ses thèmes de prédilection et sa vision géopolitique, permettent de distinguer une variante particulière de troll sur les réseaux sociaux, forums et fils de commentaires d’articles d’actualité.

    Quand la zizanie s’empare d’un forum…

    Si vous êtes féru de débats contradictoires en lien direct avec l’actualité politique, il vous est probablement arrivé de participer à quelques discussions sur les réseaux sociaux et les forums. Alors vous avez pu mesurer à quel point il était devenu difficile de pouvoir dialoguer cordialement. Vous vous êtes peut-être rappelé qu’initialement, dans les années 2000, les forums avaient été conçus pour échanger des idées sur des thèmes déterminés au préalable sous la forme de listes de “topics” administrés par des “modérateurs”… mais qu’aujourd’hui ces mêmes forums étaient devenus le plus souvent des zones de railleries où se diffusent de manière péremptoire des accusations infondées contre une personne ou un groupe de personnes. Et une fois injuriés, les individus ciblés n’ont que très peu de pouvoir de rétorsion à opposer à leurs détracteurs car il se trouve qu’ils sont déjà fustigés dans de nombreux médias, toujours lorsque leurs idées sont plus ou moins éloignées des préjugés officiels.

    Puis cet état de fait vous a le cas échéant amené à vous poser les questions suivantes : “Qui sont ces militants qui s’expriment avec autant de véhémence sans jamais daigner répondre à une question précise ?” “Sont-ils vraiment de bonne foi ?” “Pourquoi usent-ils de sophismes qui peuvent se résumer à ces quelques mots : “le bien c’est nous, le mal c’est vous » ? Et si vous observez les sujets abordés, ”Quel intérêt ont-ils à relayer sur internet les campagnes de diabolisation instrumentalisées de toutes pièces par les gardiens du néo-libéralisme ?” ou encore “Comment se fait-il qu’ils développent autant d’arguments en adoptant des comportements qui manquent totalement de logique ?”

    Pour essayer d’apporter quelques réponses à ces questions, nous avons tenté de décrypter et lister les différentes attitudes qui indiquent dans un fil de discussion la présence d’un ou plusieurs trolls de cette espèce particulière, dont nous allons montrer qu’en fait, elle appartient à la nébuleuse néo-cons. Pour la commodité de la démonstration, nous les appellerons tout simplement les “néotrolls”.

    Les caractéristiques du “néotroll”

    Manipulateur sans vergogne  : Dans son système, la mauvaise foi est une prérogative, aussi pour parvenir à ses fins le néotroll a recours à de multiples stratégies. Par exemple, il fixe l’attention sur un mot dérisoire afin d’éviter de répondre à une question embarrassante. Ou encore, quand ils lui sont défavorables, il n’hésite pas à banaliser les sujets sensibles. Ayant pour objectif de pervertir le débat, chacun de ses commentaires est une nouvelle occasion de vociférer.

    Harceleur impénitent : Sa technique bien choisie de type trolling est délibérément narquoise. Son but ? Provoquer chez l’interlocuteur une réaction émotionnelle et ainsi le disqualifier en isolant un mot ou une petite phrase que ce truqueur arrive toujours à caricaturer.

    Adversaire déloyal : En géopolitique, bien qu’il s’en défende, le néotroll est constamment aligné sur le positionnement “atlantiste”. Il approuve la totalité des guerres impérialistes dont l’agenda récent fut défini par les faucons de l’administration de George Bush, cette stratégie belliqueuse qui sera par la suite totalement entérinée par la grande majorité des libéraux occidentaux.

    Ainsi, même à l’issue d’une opération militaire israélienne de grande envergure telle que l’Opération Plomb Durci (“Cast Lead”) entre Noël 2008 et l’investiture d’Obama le 20 janvier 2009, le néotroll fini toujours par vous dire que les torts sont partagés dans le conflit israélo-palestinien. Le HAMAS est alors le grand méchant loup de service que le néotroll utilise pour appuyer son raisonnement biaisé. Nous retrouvons cette méthode ( “on ne négocie pas avec …” ) qui bien sûr a pour but de maintenir le statu quo, dans les discours de George Bush et de Benjamin Netanyahu. Du reste, cette rhétorique est utilisée par la totalité des théoriciens néoconservateurs :

    “Pourquoi Israël ne doit jamais négocier avec le Hamas” (Mohamed Sifaoui).

    « On ne peut pas reconnaître un Etat palestinien avec le Hamas aux commandes« (BHL).

    “Propalestinisme, endoctrinement islamiste et judéophobie en France” (Pierre-André Taguieff).

    Bluffeur invétéré : A l’instar de ses illustres modèles que sont BHL, Fourest, Taguieff, Sifaoui, Finkielkraut, Kouchner etc., et même quand il n’a pas une seule carte majeure dans les mains, le néotroll ne se démonte pas. Pour l’essentiel, son bluff s’appuie sur l’utilisation d’arguments – épouvantails. Par exemple “confusionnistes”, “rouges bruns”, “conspirationnistes”. Ces petits mots bien connotés lui permettent de jeter l’anathème sans jamais avoir à s’expliquer, provoquant ainsi la clôture définitive des échanges.

    Néocon/néocorbeau : Il recherche constamment le contrôle du débat par la culpabilité.

    Aussi, afin de multiplier les coups bas, le néotroll a souvent recours à des documents anonymes et non sourcés. Polémique, médisance, pures rumeurs et accusations violentes sont les ingrédients redondants de sa propagande. Sa rhétorique bien rodée finit toujours par atteindre le point Godwin. [Le point Godwin est le principe tiré de la règle qui porte le même nom dite “loi de Godwin ». Cette idée fut conceptualisée en 1990 par l’avocat Mike Godwin. Selon lui « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler est probable ». Godwin pense que l’omniprésence de ces comparaisons a pour conséquence de banaliser l’Holocauste]. Dès lors la diabolisation atteint son point culminant et l’offensé se voit reprocher par une méthode d’extrapolation généralisée des sympathies pour le fascisme. Un martelage en boucle qui se traduit par des affirmations du style : » Il emploie les mêmes mots que l’extrême droite”. Ou encore : “Savez vous qu’il était présent à une manifestation où nous avons pu également dénombrer quelques membre du FN ? C’est bien la preuve qu’il en fait partie !” Cette emphase usée et abusée ne varie jamais d’un iota.

    Indigné sélectif : Le néotroll comme nous venons de le voir s’est donc spécialisé dans le commérage, les amalgames et les procès d’intention. Ceci étant, il est moins loquace voir même carrément muet quand il s’agit d’aborder certains sujets sensibles qui pourtant si l’on en croit ses prétentions devraient concentrer toute son énergie. Par exemple, il ne dit jamais un mot sur les liens entre les gouvernements occidentaux et le nouveau pouvoir d’Ukraine qui utilise des groupe para-militaires ouvertement néonazis. De plus si notre néotroll se montre toujours très généreux en affirmations quand il s’agit d’associer la lutte contre l’impérialisme à un acte d’allégeance à Milosevic, Kadhafi ou à présent Assad, il reste très avare en informations sur les partenariats économiques et militaires qui unissent les différents pays membres de l’OTAN aux pétromonarchies héréditaires du Golfe qui comme nous le savons sont des « modèles démocratiques ». Arabie saoudite : un jeune de 21 ans risque la décapitation

    Tolérant seulement pour lui même : Le néotroll a la fâcheuse habitude d’amalgamer ses contradicteurs avec des personnalités stigmatisées au préalable par les grands médias. Entre autres nous retrouvons Poutine, Arafat, Chavez, Ahmadinejad que le néotroll fusionne, point Godwin oblige, à Hitler, puis suivent dans ses déclinaisons, dans cet ordre ou un autre, Le Pen, Staline, Hamas, Hezbollah, PCF, Bricmont, CGT, Chouard, Mélenchon, Lordon, Dieudonné, Meyssan, Todd, Sapir et Onfray depuis quelques temps, etc.

    Voici par exemple un “message de néotroll type” posté sur le forum d’un site ordurier « Les morbacks véners » , prétendument à gauche mais formellement spécialisé dans l’insulte, la menace et les amalgames. Un militant néocon se fait appeler « nomore ». Le 27 mars 2014 à 10:52, en réponse au message d’un autre participant à ce forum, « nomore » écrit :

    “Vu la réaction de « Red Star » nous avons probablement affaire là, à un de ces débris stalinoïdes genre PRCF-Mpep-Cgt bas du front du nord-CNR 2.0-Comite Valmy qui sont aussi de grands admirateurs de démagogue-Natio-productiviste Mélenchon et de son « Front de Gauche » et de temps à autres des grands amis des « constituants » regroupés autour du duo de « Gauche Alter » des Chouard-Lordon . Un « Front de gauche » un PCF et un « Mouvement pour la paix » que ça n’a pas gêné le 29 août 2014 dernier de « Manifester contre l’intervention militaire en Syrie » place des innocents à paris aux coté des pires chabihas Bacharistes de l’ambassade de Syrie en France, des fachos de la « dissidence », de la négationniste Ginette Skandrani , du « Cercle des Volontaires » et de divers autres soraliens et fracassés du bulbe conspirationnistes. (…)”

    Nous vous épargnons le reste du message, qui n’apporte vraiment rien de plus.

    Bref, « nomore » nous propose une “ratatouille façon Maître Taguieff” qui consiste à salir un maximum de gens qui n’ont rien à voir les uns avec les autres en les réunissant dans un minimum d’espace. Dès lors, « exigeant pour les autres, indulgent pour moi-même » pourrait être la devise du néotroll, qui lui n’est jamais très regardant sur la qualité de ses propres sources. Rappelons que Conspiracywatch et Confusionnisme.info sont les deux sites principaux auxquels s’abreuve l’ensemble de la nébuleuse néocon/néotroll. La source principale Conspiracywatch, est animée par Rudy Reichstadt, ce dernier fait la jonction entre la droite néocon islamophobe et la pensée ultra-libérale. En bref, Monsieur Reichstadt est toujours “du côté du fric et des bombes”. La source secondaire Confusionnisme.info est animée par Ornella Guyet qui en complément de ses annonces putrides, distille jusqu’à plus soif les rapports douteux de Monsieur Reichstadt. Au final, les deux sites, sous couvert de lutte contre le « conspirationnisme », relaient de façon permanente la propagande guerrière occidentale sur internet et dans les médias. A cela se rajoute une multitude de sites aussi primaires qu’anecdotiques qui pour obtenir un semblant de véracité rééditent les pseudo-analyses des deux sites pilotes.

    Néocon /néomanichéen : En 2001 George Bush dans un discours post 11-Septembre empreint de religiosité promettait une vengeance « du bien contre le mal ». De la doctrine Bush, le néotroll a surtout conservé la violence et le manichéisme. Dans la narration néotroll le diable qui était constamment sous-entendu dans les sermons de Bush, est remplacé par les termes « fachos” , “conspi”, ou encore “rouge brun « . Et nous avons vu plus haut dans le billet comment ces labels étaient attribués. Cependant la toxicité de ces expressions vient du fait que répétées en boucle elles ont fini par déboucher sur des formules toutes faites qui se suffisent à elles-mêmes. Pour exemple : « Pas de quartiers pour les fachos« – “Conspis hors de nos villes » s’écriait l’égérie de la nébuleuse néotroll Ornella Guyet. Ces deux exemples d’affirmations péremptoires, qui de surcroît encouragent le lynchage, illustrent parfaitement le manichéisme néotroll.

    Résumons ! Semblable à une toxine hautement pathogène, le neotroll diffuse sa malveillance principalement sur les forums consacrés aux questions de macroéconomie et de politique internationale. Le néotroll est dépourvu de sens moral. La calomnie est son principal attribut. Il est au service d’une stratégie perverse qui justifie la guerre au nom des droits de l’homme. Il martèle sans cesse les mêmes inepties tirées de sources plus que douteuses. Son indignation est paradoxale. Convaincu de son bon droit, il peut aller jusqu’à préconiser la violence.

    Se défendre en connaissance de cause

    A présent que nous avons repéré le “militant néocon catégorie troll”, la question est de savoir comment lutter efficacement contre lui ?

    1. Pour éviter qu’il ne dévore toute votre énergie, ne prenez pas plus de cinq minutes à lui répondre.

    2. Pour aller plus vite utilisez la presse de masse qui bien que l’information y soit diluée, représente quand on prend le temps de varier les sources une très bonne base de données. Exemple : Un jour dans Haaretz un autre dans le Telegraph le surlendemain avec le New York Times, et ainsi de suite… vous pouvez même de cette façon descendre jusqu’à L’Express c’est vous dire !

    3. Très succinctement vous pouvez aussi rappeler à notre néotroll qu’inconsciemment ou pas il est constamment dans la roue des “chiens de garde” du néocolonialisme qui, sous couvert de bons sentiments, nous ont vendu les campagnes militaires (entreprises de spoliation )d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, de Syrie et toutes celles d’Afrique, dont aujourd’hui nous mesurons pleinement les conséquences sur les peuples .

    4. Quand il s’agit de faire la promotion d’une guerre, les néocons français n’hésitent pas pour les culpabiliser, à amalgamer les militants pacifistes à l’épouvantail FN. En 2002, Pascal Bruckner, André Glucksmann et Romain Goupil écrivaient : « Force est de constater que l’antiaméricanisme n’est pas un accident de l’actualité ou la simple réticence face à l’administration de Washington, mais le credo d’une politique qui soude les uns avec les autres, en dépit de leurs divergences, le Front national et les Verts, les socialistes et les conservateurs, les communistes, les souverainistes… A droite comme à gauche, ils sont rares ceux qui n’ont pas cédé à ce « nationalisme des imbéciles » qui est toujours un symptôme de ressentiment et de déclin. » Bien entendu, le néotroll n’a rien oublié de cette méthode. Pour lui comme pour Bruckner et ses camarades, le FN est un monstre utile qui leur permet de faire oublier leur propre monstruosité. Dès lors, pour éviter les discutions sans fin, vous pouvez simplement signifier au néotroll que Marine Le Pen est contre le cannibalisme, et que ce n’est pas pour autant que vous n’allez pas devenir anthropophage…

    5. Inutile de spéculer sur les raisons de ses agissements. Peu importe de savoir si le néotroll défend des intérêts camouflés, ou si son implication est seulement intéressée, ou bien encore si il s’agit d’un psychorigide verrouillé ad vitam æternam sur des idées reçues … si vous abordez ce type de questions avec lui vous le conforterez dans son rôle de merle moqueur. Retenons simplement que le néotroll n’a pas son pareil pour semer la discorde dans les milieux du cybermilitantisme.

    Conclusion

    Au vu de l’ensemble de ces données, il apparaît indubitable que vous pouvez faire votre deuil de toute tentative de communication idéale avec un néotroll. Par conséquent évitez de perdre trop de temps dans vos explications. Cet adepte de la pensée unique n’a pas l’intention d’écouter autre chose que les idées conformément admises même si vos réponses sont parfaitement argumentées. Ne perdez jamais de vue que le néotroll est un destructeur qui se moque éperdument du sens et du non-sens. Avec lui le vivre ensemble est tout simplement impossible à envisager. Son “jusqu’au-boutisme” ne tolère rien d’autre qu’une lutte sans règle de conduite dont il doit sortir gagnant coûte que coûte et cela par n’importe quel moyen. En somme, nous pouvons résumer la situation en quelques mots : le néotroll se situe toujours au niveau le plus archaïque des échanges, l’avant dernier palier, celui qui précède de très peu les crachats, les jets de pierre et le lynchage.

    https://blogs.mediapart.fr/pizzicalaluna/blog/190116/comment-dejouer-les-manipulations-d-un-cyberactiviste-neo-con

  • La satisfaction des partisans du multiculturalisme est compréhensible devant les succès immenses, si longuement préparés, que leur idéal ne cesse de rencontrer un peu partout dans le monde occidental. Il convient donc de rendre explicite ce qu’un Comité Central conséquent ne manquerait pas de formuler par des communiqués internes à vocation de formation, afin d’éclairer définitivement la logique qui sous-tend cette activité idéologico-pratique. Il s’agit en somme de laisser s’exprimer le “surmoi collectif” de ses partisans les plus déterminés. Leur mot d’ordre peut se résumer à ce cri du cœur des populistes russes de la fin du XIXe siècle, qui fut la boussole du marxisme-léninisme dans toutes ses manifestations : “détruire l’Occident pourri !”.

    La multiculturalie sans état d’âme

    (communiqué interne n° 008 du Comité Central du gauchisme culturel)

    Rouillan et l’indispensable goût du carnage

    De même que l’ignorance, c’est la force, on peut affirmer que la bêtise c’est l’intelligence. C’est en tout cas ce qu’a involontairement rappelé celui que l’on qualifie si volontiers de “benêt assassin”, J.M. Rouillan, lorsqu’il a rendu hommage au “courage” des djihadistes du 13 novembre 2015 : “ils se sont battus courageusement dans les rues de Paris en sachant qu’il y avait près de 3 000 flics autour d’eux”. Il a eu beau tenter de se démarquer des expressions qu’il avait employées (en deux circonstances, sur “radio Grenouille” et lors d’un entretien avec un journal local militant, Le Ravi), et son avocat plaider “la maladresse”, il demeure que Rouillan se refuse à condamner les attentats, par esprit de rejet de l’État français. Saluons sa reprise de la légende du million de morts en Algérie, qui est un des derniers points de repère du stalino-gauchisme reconverti en “anti-impérialisme”. Voir du “courage” dans le mitraillage de terrasses et l’exécution d’une foule désarmée dans un lieu clos fait partie du répertoire typique de la gauche fondamentale.

    Il ne fait aucun doute que ces propos rendent compte d’une dimension essentielle de son engagement, même si Rouillan affecte de revendiquer la référence “libertaire”, plus présentable, alors que les textes de sa cellule Action Directe mimaient, par leur ton et leur logorrhée, le style des communiqués propres à la RAF ou aux Brigades rouges. Rouillan et sa bande ont été constamment reconnus comme étant de la grande “famille” de la gauche. Cela seul explique que ces militants détenus aient été si aimablement libérés par le pouvoir mitterrandiste en 1981 et qu’ils aient ainsi pu exécuter deux personnages qui déplaisaient souverainement à l’État iranien de l’époque : l’ingénieur général de l’armement René Audran en 1985, qui avait signé d’importants contrats d’armement avec l’Irak, en conflit avec l’Iran dans la première guerre du Golfe de 1980 à 1988, et le PDG de Renault Georges Besse en 1986 (en fait ancien responsable du projet nucléaire Eurodif, dans lequel le Shah avait investi un milliard de francs, gelés à la suite de la révolution des mollahs). Et c’est grâce à cette appartenance à la “famille” que Rouillan peut aujourd’hui encore grenouiller dans le marais de la-gauche-radicale. N’est-ce pas indice d’une réinsertion politique exemplaire ?

    Comment s’étonner des déclarations, un peu antérieures, d’un Xavier Mathieu, ancien syndicaliste de Continental, qui fut très lié à un représentant d’une secte trotskiste de fer, convaincue que sa “méthode d’organisation” toute militaire rouvrirait la voie de la révolution ouvrière attendue par le dix-neuvième siècle ? Cet ancien syndicaliste, aujourd’hui reconverti dans diverses occupations du bas-clergé culturel (il est recyclé en acteur pour des rôles de... syndicaliste), a déclaré à l’automne 2015 apprécier ce même Rouillan, lors d’un festival de cinéma “engagé” à Toulouse. Son approbation de la posture générale de ce terroriste à peine retraité, a affecté le ton d’une colère “sacrée” : “Je suis un peu plus passé du côté de Rouillan. Je pense qu’il n’y aura pas de révolution sans carnage” (signalé tardivement dans l’émission 28 Minutes de la chaîne Arte, le 11 mars 2016).

    Ce Xavier Mathieu, qui a la réputation d’éructer plus vite que son ombre, est évidemment marqué par la frustration devant ce qui a été fait aux salariés de Continental. Mais il pourrait se voir reprocher que carnage signifie massacre d’innocents. Le bas clergé culturel est aussi peu cultivé que celui du Moyen-Age, ce qui est d’ailleurs la condition de son volontarisme. X. Mathieu personnifie le très beau cas d’une insatisfaction dans un conflit social face à des meneurs de jeu oligarchiques, qui devient volonté de détruire à tout prix, aveuglément. L’incapacité à identifier l’adversaire et ses méthodes conduit à s’inventer des solutions sommaires, de plus en plus primitives.

    Il demeure que l’inconsistance de tels survivants du stalino-gauchisme est saisissante en regard du néo-islam, dont la férocité sans phrase les laisse littéralement sans emploi.


      • Cela vient de loin.

    Comment oublier les expressions indigentes de leurs ancêtres dans l’affaire Goldman, il y a déjà plus de quarante ans, lorsque ce militant en recherche d’une guérilla en Amérique latine, et qui ne se payait pas de mots, revint pour devenir pégreux ? Il fut, contre toute évidence, finalement “absous”, sous la pression de l’hystérie de ses “amis” politiques, demeurés très proches de leurs origines fondatrices mais se gardant bien de passer à l’acte. Cette grande victoire symbolique a pu gêner rétrospectivement un Krivine, qui s’est senti joué par ce Pierre Goldman, assassin très probable. Les partisans du stalino-gauchisme persistent dans leur comportement en admirant imperturbablement les plus frustres d’entre eux. La persistance de la figure d’un Che Guevara ne peut en ce sens que nous réjouir : ceux qui prétendent simplifier toutes les questions par le massacre incarnent la gauche absolue.

    Ces “simplificateurs” étant désormais produits à échelle industrielle hors du marxisme-léninisme, le Comité Central du gauchisme culturel se doit de saluer l’arme du ressentiment islamique, presque toujours sans objet avouable et d’autant plus entêtée. Il se nourrit d’une aspiration à la brutalité sans phrases, encore plus imprévisible. Nous devons nous montrer à la hauteur de ce néo-islam, expression du prolétariat transhistorique et transcendantal, quitte à faire de lui notre mentor collectif...

    Paris, le 24 mars 2016

    Défendre la multiculturalie !

    (communiqué interne n° 009 du Comité Central du gauchisme culturel)

    L’intolérable pamphlet de Fumaroli :

    ’L’État culturel’ (Essai sur une religion moderne) [1]

    Il est un ouvrage de 1991, heureusement oublié, qui retraçait avec une inquiétante précision l’archéologie de l’État culturel français, cette nomenklatura prospère vivant d’un nouveau succédané de religion. Marc Fumaroli, qui enseignait alors au Collège de France, a commis un véritable Évangile du dénigrement qu’il importe de mettre à l’index sans ambiguïté. La monstrueuse ignominie de ce pamphlet se trouve condensée dans le passage suivant :

    « La IVe république a effacé les traces du fascisme, mais elle a laissé, et la Ve n’y a pas remédié, l’empreinte du système soviétique s’imposer à des pans entiers de la société française.
    Des générations de “cadres” français ont été formées par les écoles du Parti, la presse du Parti, les meetings du Parti, et par diverses métastases, passant par le maoïsme, le trotskisme, le tiers-mondisme, ont fait leur chemin dans les syndicats, les mutuelles, l’administration, l’enseignement, la presse “capitaliste”, les institutions “culturelles” du Pouvoir. La rage au coeur, mais la rage est une énergie, ils ont dû s’adapter à la victoire de l’économie libérale, et à la déroute de la “révolution”. Ils ont enfin trouvé dans le Pouvoir-Providence, qui s’est substitué à la République, le milieu favorable à la volonté de puissance qui leur est née à la fois de leur ancienne haine de la France “bourgeoise” et de leur rage nouvelle de la sentir persévérante. Par un paradoxe moral, classique et qui appartient à la clinique de la haine, les vidangeurs des “eaux glacées du calcul égoïste” s’y sont plongés avec une âpreté des “bourgeois conquérants”, mais il y ont noyé leur âme, leur rêve, leur enfance, leur naturel, dont les bourgeois n’étaient pas infirmes.
    La “troisième voie” française, ni communisme ni capitalisme, a fini par engendrer un monstre qui conjugue deux amoralités, deux stérilités, celle du communisme et celle d’un capitalisme d’État de nouveaux convertis. A cette utopie française rassemblée autour du Pouvoir, la Culture a fourni une vitrine nationale et internationale. A l’ersatz de République, la Culture a servi d’ersatz de drapeau. Elle a conjugué dans son ordre la badauderie envers l’Est marxiste et le tiers monde marxisé et une autre de plus en plus éblouie envers les apparences du Nouveau Monde. Elle subventionna et mit en avant longtemps les spectacles qui servaient la “vision du monde” marxiste, et ceux qui émanaient de la “contre-culture” new-yorkaise ». (p. 55-56)

    Cet auteur est allé jusqu’à percevoir à quel point les villes et tous les territoires allaient être voués par l’État culturel à devenir des décors de mises en scène festives, et même à pressentir que le pays de France serait condamné au crépuscule que connut une république comme Venise, réduite dans ses deux derniers siècles à un lieu de plaisir et de villégiature pour toute la noblesse d’Europe.
    Il serait trop long d’égrener les passages, tous plus scandaleux les uns que les autres, dans lesquels Fumaroli prétend élucider le nihilisme sous-jacent de l’élan bureaucratico-culturel français, à ses yeux produit d’une convergence technocratique entre la droite et la gauche, et qui sous-tend l’ensemble des entreprises de cette industrie culturelle dont le tourisme sans limite est la condition d’existence.

    Mais certaines phrases comme :

    « La balance difficile entre égalité et liberté est la vertu libérale par excellence, parfois personnelle, mais normalement politique et sociale, elle peut tâtonner, elle ne perd jamais de vue le juste milieu entre l’excès d’égalité et l’excès de liberté qui est la santé du régime.(...) Sans l’amour ombrageux de la liberté, sans la limite qu’il impose à cette pathologie de l’égalité qu’est l’égalitarisme, la passion égalitaire devient une arme de factions, elle sert d’appât à une oligarchie démagogique et régnant par la culture de masse : la France en a fait la première l’expérience sous la Convention. La Terreur robespierriste a ouvert la voie aux totalitarismes modernes dont ni l’Angleterre ni l’Amérique n’offrent aucun exemple. Cette pathologie de la démocratie libérale est cependant l’une des angoisses de l’Amérique, et la prolifération en son sein de sectes ou de coteries intolérantes la ranime sans cesse... » (p. 33-34)

    ou encore :

    « Le théâtre a été le fer de lance originel de la Culture “à la française”. Ce n’est pas un hasard. Le monde est un théâtre, une nation est un théâtre, la caverne de Platon est un théâtre : dans le rapport de la scène à la salle, de l’acteur au spectateur, se joue l’essence du politique, et même du religieux, dans la vie des communautés humaines. Passer d’un théâtre à un autre, c’est passer d’un régime à un autre, d’un régime de l’esprit à un autre. La “brechtisation” de la vie politique et de la vie spirituelle de la nation, la déroute de la Comédie-Française, signalent la défaillance du théâtre classique de la nation et de sa langue. Tous les épisodes de la vie française, depuis le XVIIe siècle, Révolution comprise, se sont déroulés sur une scène à l’italienne, avec des acteurs formés à l’école oratoire. Le talent, l’intelligence, étaient de la partie autant que l’illusion et les passions. Ce théâtre était celui d’Aristote et de Quintillien. Celui de Brecht est une école de cynisme machiavélique et de calcul froid, dont le metteur en scène est le tyran. Le Magnanime d’Aristote est remplacé par le Prince de Machiavel, le naturel théâtral par une affectation rusée qui interdit l’enthousiasme et le rire. On y joue au plus fin, comme Brecht lui-même dont le compte en banque était en Allemagne de l’Ouest et la troupe officielle au service des bourreaux de l’Allemagne stalinienne. La parenté entre ce théâtre pervers et le mentir “vrai” d’Aragon, le plus retors parmi les staliniens français, fit de lui l’école d’une nomenklatura intellectuelle et mondaine française... » (p. 57).

    donnent une idée du pouvoir de nuisance de l’ouvrage. Les aperçus acérés de cet auteur et ses innombrables errements, étrangement éloquents, dessinent un condensé d’hostilité à notre cause. Ils menacent tant de carrières et d’emplois dont nous vivons si bien qu’ils appellent un effacement complet de la source d’un tel état d’esprit. Si nos techniques d’étouffement par le contrôle de l’édition et de l’université n’étaient aussi efficaces, le retrait de ce pamphlet de toutes les bibliothèques et l’interdiction de sa republication s’imposeraient. Tous nos fidèles partisans doivent demeurer minutieusement vigilants sur un tel sujet !

    Paris, le 28 mars 2016

    https://collectiflieuxcommuns.fr/876-la-multiculturalie-sans-etat-d-ame

    • J’appelle fascisme toutes les variantes de la peste brune. Qu’aucun fasciste ne se réclame du fascisme n’invalide en rien mon propos ; le fascisme ne se présente jamais lui-même comme il est réellement.
      • Le fascisme n’est pas l’incarnation du mal absolu, si on considère que le mal est une monstruosité qui dépasse toute compréhension et ne peut s’expliquer autrement que par lui-même, à l’image d’une déité infernale.
    • Le fascisme n’est pas non plus une scorie, une perversion ou une déviation de la démocratie. Le fascisme n’est pas l’antithèse de la démocratie ; il est une des formes de la démocratie – sa forme panique.

    Le fascisme est une des stratégies de mobilisation employées alors que la bourgeoisie est en décomposition.

    Le fascisme est une des stratégies de mobilisation employées alors que les relations de production sont séparées de l’étalon-or.

    Le fascisme est une des stratégies de mobilisation employées par l’État lorsqu’il prend en charge la reproduction sociale et devient le producteur principal de force de travail.

    • Le fascisme est une des stratégies de mobilisation de l’être social lorsqu’il commence à perdre contact avec ce qui animait auparavant son existence.
      • Le fascisme est une des stratégies de mobilisation des individus possédés par le désir impétueux de se soumettre à la certitude des structures de commandement.
    • Le fascisme ne se distingue pas par son fétichisme de la race et du caractère national, parce que ces phénomènes n’existent pas ; il se distingue par son fétichisme des représentations idéalisées de ces deux fictions.
  • 4 décembre 10:42

    Dont’ feed the troll - not sure if trolling or just stupid

    https://img15.hostingpics.net/pics/257793Unknown1.jpg

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    Troubles obsessionnels compulsifs


    Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont des comportements répétitifs et irraisonnés mais irrépressibles qui touchent le plus souvent des sujets jeunes, voire des enfants. […] Les progrès en imagerie médicale et le développement de modèles animaux ont permis de mieux comprendre les mécanismes des TOC au cours des dernières années.

    Les TOC touchent environ 2 % de la population. Il s’agit ainsi de la 4e pathologie psychiatrique la plus fréquente après les troubles phobiques, les addictions et les troubles dépressifs. Le début du trouble est le plus souvent précoce et son évolution est chronique : environ 65 % des cas débutent avant l’âge de 25 ans et 15 % après 35 ans. Il peut survenir dès la petite enfance avec une prévalence allant jusqu’à 3,6 % avant 18 ans.

    Heureusement, les phobies, ça se soigne

    Non, l’antiracisme politique n’est pas "racialiste" !
    https://nantes.indymedia.org/articles/37534

    Pourquoi les « anti-racialisateurs » (et aussi celleux qui les soutiennent) font partie du problème... et non de la solution
    https://nantes.indymedia.org/articles/36245

    Le racisme de gauche, c’est…
    https://www.facebook.com/hashtag/leracismedegauchecest?source=feed_text&story_id=1809370132621029

    Manifeste pour un antiracisme politique
    http://reprenons.info/manifeste-pour-un-antiracisme-politique/

    Auto défense anti raciste que commence a trembler la gauche blanche
    https://nantes.indymedia.org/articles/36072

    Surfer sur les vaguelettes de la beauferie anarcho identitaire ?
    https://grenoble.indymedia.org/2016-09-19-Surfer-sur-les-vaguelettes-de-la

    La Décence, Chèr-E-S Blanc-He-S…
    https://nantes.indymedia.org/articles/36746#comment-280060

    https://nantes.indymedia.org/articles/36746

    Nique sa race, la Discordia !
    https://nantes.indymedia.org/other_medias/34713

    https://iaata.info/Utiliser-le-mot-race-1512.html

    http://iaata.info/La-non-mixite-gros-978.html

    Pour en finir avec le terme « racialisateur »
    https://mars-infos.org/pour-en-finir-avec-le-terme-1709

    https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/07/23/la-question-des-premiers-concernes/

    https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/07/23/vous-avez-dit-privilege/

    http://iaata.info/Chronique-d-une-action-d-autodefense-a-Marseille-1657.html

    You won’t Gettaway with this !
    https://nantes.indymedia.org/articles/36030

    La race, ça t’agace ?

    http://iaata.info/La-race-ca-t-agace-2136.html

    https://nantes.indymedia.org/articles/38155

    https://www.lille.indymedia.org/spip.php?article30937

  • Tiens, ça glisse…
    ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)
    https://racialisateursgohome.noblogs.org/post/2015/09/26/comment-a-trop-sapprocher-de-la-race-on-finit-par-tomber-dedans-et-son-materialisme-avec/

    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Le messie sera-t-il racisé.e ? Un Segré bien gardé...
    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

  • 6 décembre 23:40

    Pour rappel, le 28 octobre 2016 à Mille Bâbords, un groupe de personnes racisées s’est organisé pour empêcher une « discussion » animée par des auto-dénommés « anti-racialisateurs » (cf leurs textes1) autour de ce qu’ils appellent les dangers du « racialisme ». C’est le paroxysme d’un confit qui dure depuis deux ans et qui s’est traduit notamment par des départs des collectifs de Mille Bâbords et de Mars Info à Marseille, mais aussi du Rémouleur à Paris.

    Nous ne souhaitons pas nous adresser aux « anti-racialisateurs ». Nous nous adressons plutôt ici à toutes les personnes qui ont participé à la diffusion de leurs idées, et à celles qui n’ont pas été choquées par leurs publications sur des sites d’info et d’organisation politique. Nous ne pouvons que constater que ces personnes sont à notre connaissance toutes blanches et que cela n’est pas anodin, même si, bien sûr, loin de nous l’idée de déduire leur position de leur couleur de peau.

    L’arrogance avec laquelle la « polémique » a été écrite, dite, publiée est impressionnante : sans prendre le temps de se taire, d’essayer de comprendre, d’écouter ce que les personnes concernées ont à dire de l’oppression qu’elles vivent.

    Il nous semblait nécessaire, en tant que blanches, féministes et dans une perspective révolutionnaire, de nous désolidariser de ce milieu politique qui n’a pas su intégrer dans ses luttes les analyses post-coloniales (et parfois aussi féministes). D’expliquer, une fois de plus, que ces « anti-racialisateurs » et ceux qui diffusent leurs idées ne peuvent pas être nos camarades.

    Le contenu de ce texte est sans prétention, il redit de manière succincte des choses beaucoup mieux développées par des personnes directement concernées par le racisme et qui ont passé beaucoup plus de temps à analyser cette domination, à lutter contre.

    DE L’USAGE DU TERME « RACE » ET DE PRIVILÈGE

    Il semblerait que le refus systématique d’utiliser les termes de race/ racisé.es soit dû à un malentendu tenace, à un manque de curiosité intellectuelle, ou bien encore à une mauvaise foi impressionnante et exaspérante. On a lu quelque part que les personnes racisées se racisent ELLES-MÊMES. Ouaaaah !

    Alors récapitulons :

    La racisation est un processus que des personnes subissent. C’est le processus par lequel elles se voient attribuer une supposée race en fonction de certains critères physiques et/ou culturels. Dire que les personnes se racisent elles- même est le comble du contre-sens !

    Ce processus de racisation est un pivot important dans un système raciste, et nous vient de notre histoire esclavagiste et coloniale, de nos missions humanitaires etc... c’est le système de pensée « blanc » qui racise les gens, qui leur attribue des étiquettes, des particularités, et ce sont nous, les blanc.he.s, qui gardons le pouvoir de classiffier et de hiérarchiser2. On ne nous a jamais appris qu’on était blanc.he.s, on nous a dit qu’on était des Hommes, plus précisément l’Homme drapé.

    Des personnes se disant anti-racialisatrices et anti-racistes remettent en cause l’utilisation des termes de race et racisé.e. Le hic quand ces personnes parlent de race, c’est qu’elles font référence à la race qui essentialise3, la race que les scientifiques ont essayé d’inventer puis qui est tombée. De là viendrait le contre-sens...

    Sans déconner ! Nous avons trop d’estime pour les capacités intellectuelles des militant.es concerné.es pour le croire. Si ça bloque, c’est pas pour préserver LA révolution en évitant que la lutte ne soit morcelée. C’est que c’est trop difficile d’accepter de voir qu’on jouit du privilège blanc, qu’on jouit d’une place de privilégié.es dans les « mouvements révolutionnaires » et dans la société en général.

    Le privilège blanc, dans un contexte de luttes, c’est par exemple, prendre de la place en réunion sans se faire couper la parole, être écouté.e avec intérêt (et non comme faire-valoir), ne pas être renvoyé.e à ses supposées origines par ses camarades. C’est aussi moins risquer de se faire arrêter, de subir des violences policières, moins risquer devant les juges.
    Le terme de privilège décale la « normalité » de ce que vivent les personnes en position de force, qu’on appelle ici les dominant.e.s, sans pour autant que ces personnes s’inscrivent dans des rapports de force explicites ou conscients ou actifs. Malgré ce qu’on voudrait croire, être écouté.e dans une réunion n’est pas « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    LE CAPITALISME N’EST PAS LE SEUL SYSTÈME DE DOMINATION

    À chaque fois qu’un groupe minorisé parle d’un autre système d’oppression que celui du capitalisme il se fait accuser de diviser la classe ouvrière !

    Ce reproche fait au féminisme dans les réunions du parti communiste des années 50 est devenu l’un des arguments qui justifient la publication sur internet des textes des « anti-racialisateurs » : les personnes racisées (= personnes qui subissent le racisme ) qui s’organisent ou osent tout simplement parler de leur oppression spécifique sont attaquées, ces derniers temps du moins, avec nettement plus d’agressivité.

    Observation : quand un groupe non-dominant exprime un désaccord profond, quand il veut mettre un terme à la domination qu’il subit, et qu’il s’organise pour la contrer, il se fait immanquablement traiter d’anti-révolutionnaire et de... nazi4.
    Il n’y a pas d’un côté les rapports de classe qui renvoient à l’instance économique et de l’autre le patriarcat et le racisme qui renvoient à une instance purement idéologique.

    Il y a une tendance à psychologiser, individualiser le sexisme et le racisme : une homme battrait sa femme parce qu’il est alcoolique, un français identitaire serait raciste parce qu’il est phobique de la différence, qu’il a peur de se faire envahir, ou parce qu’il croit aux théories scientifiques racialistes. Non, les rapports de classe de sexe et de race sont socialement construits, ce sont des systèmes de dominations qui s’articulent et s’alimentent entre eux, et chacun possède ses propres instances qui exploitent, dominent et oppriment. Certain.es pensent que puisqu’un homme racisé comme Obama, ou qu’une femme comme Thatcher peuvent gouverner les principales puissances mondiales, alors le capitalisme s’arrangerait bien du racisme et du sexisme. Certes, le fait de faire partie de l’élite économique met à l’abri de la violence économique. Mais, bien que ça transforme les violences sexistes et racistes, ça ne les fait pas disparaître. En témoignent les agressions sexuelles (a aire Beaupin) et racistes (insultes adressées à Taubira) subies par des femmes de l’élite politique française. Rappelons quand même que l’élite économique et politique européenne reste majoritairement composée d’hommes blancs, et que le racisme et le sexisme structurent nos sociétés, quelles que soient les politiques de « parité » mises en place, et les exceptions mises en avant.

    IDENTITÉS ?

    À ce reproche de créer la division « du mouvement » vient s’ajouter celui du repli identitaire. Les mots utilisés semblent bien tout droits sortis de la bouche de Finkielkraut. C’est assez fascinant à quel point les argumentaires utilisés rejoignent ceux des républicains laïcards, et de l’extrême droite : La peur de l’identitarisme, des communautarismes etc etc.

    Ah oui ça, ça fait peur ! Il suffitt de s’organiser de manière autonome pour voir surgir le spectre du repli identitaire.
    Le terme de « racisé.es » en l’occurence est loin de se référer à une identité, à l’inverse du terme « noir.e » ou « gouine ». Il permet de « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    Certains usages de l’identité ne sont pas souhaitables, avant tout quand elles sont faites par les dominant.e.s, mais aussi quand elles essentialisent l’identité, quand elles produisent une victimisation ou une hiérarchisation des luttes.
    Et pourtant, poser des mots sur différentes identités permet aussi de lutter contre la moulinette qui broie à tous les niveaux, de l’exploitation salariale, à l’exploitation patriarcale en passant par l’universalisme qu’il soit républicain ou soi-disant révolutionnaire. Ces identités ne sont pas des sofas sur lesquels on s’a ale, ce sont des balises de positionnement sur la pyramide sociale, pour la dézinguer.

    Sous prétexte de maintenir l’unité révolutionnaire ou républicaine on ne peut pas lutter contre des dominations sans nommer les identités qu’elles produisent. S’il y a des personnes qui ont réfléchi et critiqué cette question d’identité, c’est bien certain.e.s anti-colonialistes, queers et féministes5. Eh oui il y a de nombreux livres passionnants à lire6 plutôt que de s’attarder sur la littérature du PIR (dont il n’est pas l’objet de faire une analyse critique ici, mais d’autres s’en chargent très bien7).

    Si vous voulez on peut s’en tenir pour l’instant à Wikipédia :

    « On parle d’identité sociale dès qu’un individu ou un groupe se voit attribuer une caractéristique identitaire par d’autres. Cette forme d’identification répond à une logique classificatoire dans la mesure où elle permet à un individu ou un groupe d’ordonner l’Autre sur la base de critères dominants. » Mon identité sociale est (entre autres choses) d’être une femme. Je suis femme c’est-à-dire que le patriarcat a décidé que j’étais une femme et se préoccupe de me le rappeler tous les jours, c’est quelque chose que je subis car cette identité me fait appartenir à une classe de dominées8.

    La société ne m’attribue pas une identité de blanche car elle ne nomme pas la norme : lorsqu’on dit blanc.he on ne parle pas d’une couleur mais de transparence sociale. Je suis pourtant blanche c’est-à- dire que le système
    raciste a créé cette différence entre non-blanc.he et blanc.he qui me permet de jouir de certains privilèges et d’exercer un pouvoir sur d’autres.9

    […]

    1 Jusqu’ici tout va bien ? entre autres textes publiés sur presque tous les sites d’infos dits alternatifs

    2 Et on peut garder en tête que « ...la division se construit en même temps que la hiérarchie et non pas avant. C’est dans le même temps, par le même mouvement, qu’une distinction ou division sociale est créée, et qu’elle est créée hiérarchique, opposant des supérieurs et des inférieurs », Classer, dominer, Christine Delphy

    3 L’essentialisation pose des différences « naturelles » , et donc indépassables, entre certaines catégories de personnes : « femmes »/ « hommes », « blanches »/ « noires », etc...

    4 C’est le point Godwin : quand on n’a plus d’arguments, on traite les gens de nazi.es, de fascistes

    5 A ce sujet, lire la synthèse d’Elsa Dorlin dans Sexe, genre et sexualité, PUF, 2008, chapitres : « le sujet politique du féminisme » et « philosophies de l’identité et praxis queer »

    6 Femme, race, classe d’Angela Davis, Black feminism, anthologie du féminisme africain-américain coordonné par Elsa Dorlin. Pour plus de spécificité en contexte « français » (puisqu’il est toujours reproché que toute cette analyse est une importation des États-Unis) : La matrice de la race, généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française d’Elsa Dorlin ; les blogs de Mignon chaton, de João, et de Mrs Dreydful ; Christine Delphy, « antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme » dans Nouvelles questions féministes n°1 ou en ligne sur le site « Les mots sont importants »...

    7 On peut lire par exemple Boutelja ses sœurs et nous sur https://infokiosques.net/lire.php ? id_article=1356

    8 Par exemple, en France le salaire moyen des femmes (qui travaillent à temps complet) est égal à 83 % de celui des hommes (source : Observatoire des inégalités). Les femmes possèdent 2% de la propriété mondiale (source : Banque mondiale).

    9 En France, les statistiques dites « ethniques » (ce terme tout droit hérité de l’héritage colonial, mais qui, lui, ne semble pas déranger les « anti-racilisateurs » et leurs sympathisants) sont interdits. On a quand même des chiffres basés sur la consonance du nom de famille : selon l’Observatoire des inégalités, plus de deux fois plus de candidatures "hexagonales" sont favorisées par rapport aux candidatures "maghrébines" (2017) dans les grandes entreprises. Et, à niveau de vie équivalent, les candidats à un logement d’origine maghrébine ou africaine ont quatre fois moins de chances d’en obtenir un que ceux d’origine française (2009).

    10 Et c’est un enjeu des luttes anti-racistes et post-coloniales de visibiliser les positions dominantes en nommant les blanc.hes

    11 C’est le fameux concept d’intersectionnalité. « Le féminisme noir critique cette tendance à se replier implicitement sur une compréhension de la domination qui prend la situation de certaines femmes pour la situation de toutes les femmes. » Elsa Dorlin, Sexe, genre et sexualités, p.85

    12 Sous le régime nazi on stérilisait notamment les juives et les femmes rroms. Ces dernières ont subit la stérilisation forcée jusqu’aux années 90 en Roumanie et aujourd’hui en France les médecins leurs installent souvent des stérilets ou des implants sans leur consentement. Rappelons aussi qu’alors que la pilule et l’avortement étaient encore interdits en France métropolitaine, aux Antilles françaises et à la Réunion on stérilisait les femmes à leur insu, et les pouvoirs publiques avortaient les femmes en toute quiétude.

    13 Cis désigne l’inverse de trans : il s’agit des personnes qui se reconnaissent dans le genre qui leur a été assigné à la naissance

    14 Audre Lorde (black féministe américaine) : « Pour provoquer un véritable effort révolutionnaire, nous ne devons jamais nous intéresser exclusivement aux situations d’oppression dont nous cherchons à nous libérer, nous devons nous concentrer sur cette partie de l’oppresseur enfouie au plus profond de chacun de nous, et qui ne connaît que les tactiques des oppresseurs, les modes de relations des oppresseurs » Sister outsider, Mamamélis p. 135

    15 Elsa Dorlin dans Sexe, race, classe, PUF, 2009

    16 Il est intéressant de remarquer qu’à la base le terme « queer » (=anormal, tordu-e) avait été choisi pour éviter justement de parler en terme d’identité (par opposition à gay ou lesbienne)

    17 On parle d’intersectionnalité pour prendre en compte les différences internes qui traversent les mouvements politiques (Kimberlé W. Crenshaw). Pour une critique et un affinage de ce concept voir Danièle Kergoat, entre autres !!

    http://iaata.info/La-race-ca-t-agace-2136.html


  • France : Création d’un service spécialisé dans les logiciels espions (STNCJ)

      • Le gouvernement français devrait prochainement créer, au sein de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), une unité spécialisée dans les logiciels espions qui travaillera aussi pour les services enquêteurs dans des procédures judiciaires.
      • Le Service technique national de captation judiciaire (STNCJ) aura pour mission de travailler sur des logiciels capables d’extraire discrètement d’un appareil informatique des données pouvant être utiles à l’enquête (documents stockés dans la mémoire, frappe du clavier ou images affichées à l’écran).

    http://www.non-fides.fr/?+FrancQ-Creation-d-un-service-specialise-dans-les-logiciels-espions-STNCJ+

  • Comment déjouer les manipulations d’un cyberactiviste néo-con

    Au vu de l’ensemble de ces données, il apparaît indubitable que vous pouvez faire votre deuil de toute tentative de communication idéale avec un néotroll. Par conséquent évitez de perdre trop de temps dans vos explications. Cet adepte de la pensée unique n’a pas l’intention d’écouter autre chose que les idées conformément admises même si vos réponses sont parfaitement argumentées.

    Rappel : Selon wikipedia, en argot Internet, un troll caractérise ce qui vise à générer des polémiques. Il peut s’agir d’un message (par exemple sur un forum), d’un débat conflictuel dans son ensemble, ou de la personne qui en est à l’origine. Ainsi, « troller », c’est créer artificiellement une controverse qui focalise l’attention aux dépens des échanges et de l’équilibre habituel de la communauté”.

    Le NéoTroll : un parasite néo-con qui tente de brouiller toute remise en question de la doctrine ultra-libérale et coloniale.

    https://img4.hostingpics.net/pics/673108trollatcomputer136392703710003901140815161528.jpg

    Cependant, un nombre de critères supplémentaires tels que ses sources, son réseau, sa narration bien distinctive et surtout ses thèmes de prédilection et sa vision géopolitique, permettent de distinguer une variante particulière de troll sur les réseaux sociaux, forums et fils de commentaires d’articles d’actualité.

    Quand la zizanie s’empare d’un forum…

    Si vous êtes féru de débats contradictoires en lien direct avec l’actualité politique, il vous est probablement arrivé de participer à quelques discussions sur les réseaux sociaux et les forums. Alors vous avez pu mesurer à quel point il était devenu difficile de pouvoir dialoguer cordialement. Vous vous êtes peut-être rappelé qu’initialement, dans les années 2000, les forums avaient été conçus pour échanger des idées sur des thèmes déterminés au préalable sous la forme de listes de “topics” administrés par des “modérateurs”… mais qu’aujourd’hui ces mêmes forums étaient devenus le plus souvent des zones de railleries où se diffusent de manière péremptoire des accusations infondées contre une personne ou un groupe de personnes. Et une fois injuriés, les individus ciblés n’ont que très peu de pouvoir de rétorsion à opposer à leurs détracteurs car il se trouve qu’ils sont déjà fustigés dans de nombreux médias, toujours lorsque leurs idées sont plus ou moins éloignées des préjugés officiels.

    Puis cet état de fait vous a le cas échéant amené à vous poser les questions suivantes : “Qui sont ces militants qui s’expriment avec autant de véhémence sans jamais daigner répondre à une question précise ?” “Sont-ils vraiment de bonne foi ?” “Pourquoi usent-ils de sophismes qui peuvent se résumer à ces quelques mots : “le bien c’est nous, le mal c’est vous » ? Et si vous observez les sujets abordés, ”Quel intérêt ont-ils à relayer sur internet les campagnes de diabolisation instrumentalisées de toutes pièces par les gardiens du néo-libéralisme ?” ou encore “Comment se fait-il qu’ils développent autant d’arguments en adoptant des comportements qui manquent totalement de logique ?”

    Pour essayer d’apporter quelques réponses à ces questions, nous avons tenté de décrypter et lister les différentes attitudes qui indiquent dans un fil de discussion la présence d’un ou plusieurs trolls de cette espèce particulière, dont nous allons montrer qu’en fait, elle appartient à la nébuleuse néo-cons. Pour la commodité de la démonstration, nous les appellerons tout simplement les “néotrolls”.

    Les caractéristiques du “néotroll”

    Manipulateur sans vergogne : Dans son système, la mauvaise foi est une prérogative, aussi pour parvenir à ses fins le néotroll a recours à de multiples stratégies. Par exemple, il fixe l’attention sur un mot dérisoire afin d’éviter de répondre à une question embarrassante. Ou encore, quand ils lui sont défavorables, il n’hésite pas à banaliser les sujets sensibles. Ayant pour objectif de pervertir le débat, chacun de ses commentaires est une nouvelle occasion de vociférer.

    Harceleur impénitent : Sa technique bien choisie de type trolling est délibérément narquoise. Son but ? Provoquer chez l’interlocuteur une réaction émotionnelle et ainsi le disqualifier en isolant un mot ou une petite phrase que ce truqueur arrive toujours à caricaturer.

    Adversaire déloyal : En géopolitique, bien qu’il s’en défende, le néotroll est constamment aligné sur le positionnement “atlantiste”. Il approuve la totalité des guerres impérialistes dont l’agenda récent fut défini par les faucons de l’administration de George Bush, cette stratégie belliqueuse qui sera par la suite totalement entérinée par la grande majorité des libéraux occidentaux.

    Ainsi, même à l’issue d’une opération militaire israélienne de grande envergure telle que l’Opération Plomb Durci (“Cast Lead”) entre Noël 2008 et l’investiture d’Obama le 20 janvier 2009, le néotroll fini toujours par vous dire que les torts sont partagés dans le conflit israélo-palestinien. Le HAMAS est alors le grand méchant loup de service que le néotroll utilise pour appuyer son raisonnement biaisé. Nous retrouvons cette méthode ( “on ne négocie pas avec …” ) qui bien sûr a pour but de maintenir le statu quo, dans les discours de George Bush et de Benjamin Netanyahu. Du reste, cette rhétorique est utilisée par la totalité des théoriciens néoconservateurs :

    “Pourquoi Israël ne doit jamais négocier avec le Hamas” (Mohamed Sifaoui).

    « On ne peut pas reconnaître un Etat palestinien avec le Hamas aux commandes« (BHL).

    “Propalestinisme, endoctrinement islamiste et judéophobie en France” (Pierre-André Taguieff).

    Bluffeur invétéré : A l’instar de ses illustres modèles que sont BHL, Fourest, Taguieff, Sifaoui, Finkielkraut, Kouchner etc., et même quand il n’a pas une seule carte majeure dans les mains, le néotroll ne se démonte pas. Pour l’essentiel, son bluff s’appuie sur l’utilisation d’arguments – épouvantails. Par exemple “confusionnistes”, “rouges bruns”, “conspirationnistes”. Ces petits mots bien connotés lui permettent de jeter l’anathème sans jamais avoir à s’expliquer, provoquant ainsi la clôture définitive des échanges.

    Néocon/néocorbeau : Il recherche constamment le contrôle du débat par la culpabilité.

    Aussi, afin de multiplier les coups bas, le néotroll a souvent recours à des documents anonymes et non sourcés. Polémique, médisance, pures rumeurs et accusations violentes sont les ingrédients redondants de sa propagande. Sa rhétorique bien rodée finit toujours par atteindre le point Godwin. [Le point Godwin est le principe tiré de la règle qui porte le même nom dite “loi de Godwin ». Cette idée fut conceptualisée en 1990 par l’avocat Mike Godwin. Selon lui « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler est probable ». Godwin pense que l’omniprésence de ces comparaisons a pour conséquence de banaliser l’Holocauste]. Dès lors la diabolisation atteint son point culminant et l’offensé se voit reprocher par une méthode d’extrapolation généralisée des sympathies pour le fascisme. Un martelage en boucle qui se traduit par des affirmations du style : » Il emploie les mêmes mots que l’extrême droite”. Ou encore : “Savez vous qu’il était présent à une manifestation où nous avons pu également dénombrer quelques membre du FN ? C’est bien la preuve qu’il en fait partie !” Cette emphase usée et abusée ne varie jamais d’un iota.

    Indigné sélectif : Le néotroll comme nous venons de le voir s’est donc spécialisé dans le commérage, les amalgames et les procès d’intention. Ceci étant, il est moins loquace voir même carrément muet quand il s’agit d’aborder certains sujets sensibles qui pourtant si l’on en croit ses prétentions devraient concentrer toute son énergie. Par exemple, il ne dit jamais un mot sur les liens entre les gouvernements occidentaux et le nouveau pouvoir d’Ukraine qui utilise des groupe para-militaires ouvertement néonazis. De plus si notre néotroll se montre toujours très généreux en affirmations quand il s’agit d’associer la lutte contre l’impérialisme à un acte d’allégeance à Milosevic, Kadhafi ou à présent Assad, il reste très avare en informations sur les partenariats économiques et militaires qui unissent les différents pays membres de l’OTAN aux pétromonarchies héréditaires du Golfe qui comme nous le savons sont des « modèles démocratiques ». Arabie saoudite : un jeune de 21 ans risque la décapitation 


    Tolérant seulement pour lui même : Le néotroll a la fâcheuse habitude d’amalgamer ses contradicteurs avec des personnalités stigmatisées au préalable par les grands médias. Entre autres nous retrouvons Poutine, Arafat, Chavez, Ahmadinejad que le néotroll fusionne, point Godwin oblige, à Hitler, puis suivent dans ses déclinaisons, dans cet ordre ou un autre, Le Pen, Staline, Hamas, Hezbollah, PCF, Bricmont, CGT, Chouard, Mélenchon, Lordon, Dieudonné, Meyssan, Todd, Sapir et Onfray depuis quelques temps, etc.

    Voici par exemple un “message de néotroll type” posté sur le forum d’un site ordurier « Les morbacks véners » , prétendument à gauche mais formellement spécialisé dans l’insulte, la menace et les amalgames. Un militant néocon se fait appeler « nomore ». Le 27 mars 2014 à 10:52, en réponse au message d’un autre participant à ce forum, « nomore » écrit :

    “Vu la réaction de « Red Star » nous avons probablement affaire là, à un de ces débris stalinoïdes genre PRCF-Mpep-Cgt bas du front du nord-CNR 2.0-Comite Valmy qui sont aussi de grands admirateurs de démagogue-Natio-productiviste Mélenchon et de son « Front de Gauche » et de temps à autres des grands amis des « constituants » regroupés autour du duo de « Gauche Alter » des Chouard-Lordon . Un « Front de gauche » un PCF et un « Mouvement pour la paix » que ça n’a pas gêné le 29 août 2014 dernier de « Manifester contre l’intervention militaire en Syrie » place des innocents à paris aux coté des pires chabihas Bacharistes de l’ambassade de Syrie en France, des fachos de la « dissidence », de la négationniste Ginette Skandrani , du « Cercle des Volontaires » et de divers autres soraliens et fracassés du bulbe conspirationnistes. (…)”

    Nous vous épargnons le reste du message, qui n’apporte vraiment rien de plus.

    Bref, « nomore » nous propose une “ratatouille façon Maître Taguieff” qui consiste à salir un maximum de gens qui n’ont rien à voir les uns avec les autres en les réunissant dans un minimum d’espace. Dès lors, « exigeant pour les autres, indulgent pour moi-même » pourrait être la devise du néotroll, qui lui n’est jamais très regardant sur la qualité de ses propres sources. Rappelons que Conspiracywatch et Confusionnisme.info sont les deux sites principaux auxquels s’abreuve l’ensemble de la nébuleuse néocon/néotroll. La source principale Conspiracywatch, est animée par Rudy Reichstadt, ce dernier fait la jonction entre la droite néocon islamophobe et la pensée ultra-libérale. En bref, Monsieur Reichstadt est toujours “du côté du fric et des bombes”. La source secondaire Confusionnisme.info est animée par Ornella Guyet qui en complément de ses annonces putrides, distille jusqu’à plus soif les rapports douteux de Monsieur Reichstadt. Au final, les deux sites, sous couvert de lutte contre le « conspirationnisme », relaient de façon permanente la propagande guerrière occidentale sur internet et dans les médias. A cela se rajoute une multitude de sites aussi primaires qu’anecdotiques qui pour obtenir un semblant de véracité rééditent les pseudo-analyses des deux sites pilotes.

    Néocon /néomanichéen : En 2001 George Bush dans un discours post 11-Septembre empreint de religiosité promettait une vengeance « du bien contre le mal ». De la doctrine Bush, le néotroll a surtout conservé la violence et le manichéisme. Dans la narration néotroll le diable qui était constamment sous-entendu dans les sermons de Bush, est remplacé par les termes « fachos” , “conspi”, ou encore “rouge brun « . Et nous avons vu plus haut dans le billet comment ces labels étaient attribués. Cependant la toxicité de ces expressions vient du fait que répétées en boucle elles ont fini par déboucher sur des formules toutes faites qui se suffisent à elles-mêmes. Pour exemple : « Pas de quartiers pour les fachos« – “Conspis hors de nos villes » s’écriait l’égérie de la nébuleuse néotroll Ornella Guyet. Ces deux exemples d’affirmations péremptoires, qui de surcroît encouragent le lynchage, illustrent parfaitement le manichéisme néotroll.

    Résumons ! Semblable à une toxine hautement pathogène, le neotroll diffuse sa malveillance principalement sur les forums consacrés aux questions de macroéconomie et de politique internationale. Le néotroll est dépourvu de sens moral. La calomnie est son principal attribut. Il est au service d’une stratégie perverse qui justifie la guerre au nom des droits de l’homme. Il martèle sans cesse les mêmes inepties tirées de sources plus que douteuses. Son indignation est paradoxale. Convaincu de son bon droit, il peut aller jusqu’à préconiser la violence.

    Se défendre en connaissance de cause

    A présent que nous avons repéré le “militant néocon catégorie troll”, la question est de savoir comment lutter efficacement contre lui ?

    1. Pour éviter qu’il ne dévore toute votre énergie, ne prenez pas plus de cinq minutes à lui répondre.

    2. Pour aller plus vite utilisez la presse de masse qui bien que l’information y soit diluée, représente quand on prend le temps de varier les sources une très bonne base de données. Exemple : Un jour dans Haaretz un autre dans le Telegraph le surlendemain avec le New York Times, et ainsi de suite… vous pouvez même de cette façon descendre jusqu’àL’Express c’est vous dire !

    3. Très succinctement vous pouvez aussi rappeler à notre néotroll qu’inconsciemment ou pas il est constamment dans la roue des “chiens de garde” du néocolonialisme qui, sous couvert de bons sentiments, nous ont vendu les campagnes militaires (entreprises de spoliation )d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, de Syrie et toutes celles d’Afrique, dont aujourd’hui nous mesurons pleinement les conséquences sur les peuples .

    4. Quand il s’agit de faire la promotion d’une guerre, les néocons français n’hésitent pas pour les culpabiliser, à amalgamer les militants pacifistes à l’épouvantail FN. En 2002, Pascal Bruckner, André Glucksmann et Romain Goupil écrivaient : « Force est de constater que l’antiaméricanisme n’est pas un accident de l’actualité ou la simple réticence face à l’administration de Washington, mais le credo d’une politique qui soude les uns avec les autres, en dépit de leurs divergences, le Front national et les Verts, les socialistes et les conservateurs, les communistes, les souverainistes… A droite comme à gauche, ils sont rares ceux qui n’ont pas cédé à ce « nationalisme des imbéciles » qui est toujours un symptôme de ressentiment et de déclin. » Bien entendu, le néotroll n’a rien oublié de cette méthode. Pour lui comme pour Bruckner et ses camarades, le FN est un monstre utile qui leur permet de faire oublier leur propre monstruosité. Dès lors, pour éviter les discutions sans fin, vous pouvez simplement signifier au néotroll que Marine Le Pen est contre le cannibalisme, et que ce n’est pas pour autant que vous n’allez pas devenir anthropophage…

    5. Inutile de spéculer sur les raisons de ses agissements. Peu importe de savoir si le néotroll défend des intérêts camouflés, ou si son implication est seulement intéressée, ou bien encore si il s’agit d’un psychorigide verrouillé ad vitam æternam sur des idées reçues … si vous abordez ce type de questions avec lui vous le conforterez dans son rôle de merle moqueur. Retenons simplement que le néotroll n’a pas son pareil pour semer la discorde dans les milieux du cybermilitantisme.
    Conclusion

    Au vu de l’ensemble de ces données, il apparaît indubitable que vous pouvez faire votre deuil de toute tentative de communication idéale avec un néotroll. Par conséquent évitez de perdre trop de temps dans vos explications. Cet adepte de la pensée unique n’a pas l’intention d’écouter autre chose que les idées conformément admises même si vos réponses sont parfaitement argumentées. Ne perdez jamais de vue que le néotroll est un destructeur qui se moque éperdument du sens et du non-sens. Avec lui le vivre ensemble est tout simplement impossible à envisager. Son “jusqu’au-boutisme” ne tolère rien d’autre qu’une lutte sans règle de conduite dont il doit sortir gagnant coûte que coûte et cela par n’importe quel moyen. En somme, nous pouvons résumer la situation en quelques mots : le néotroll se situe toujours au niveau le plus archaïque des échanges, l’avant dernier palier, celui qui précède de très peu les crachats, les jets de pierre et le lynchage.

    https://blogs.mediapart.fr/pizzicalaluna/blog/190116/comment-dejouer-les-manipulations-d-un-cyberactiviste-neo-con

  • Vous avez peut être prévu d’aller marcher avec dignité contre le racisme le 31 octobre prochain en répondant à l’appel porté par Amal Bentoussi. Vous n’avez peut être pas prêté particulièrement attention au fait que cette initiative a été lancée par le Parti des Indigènes de la République ou vous avez renoncé à prendre en compte ce que cela signifie. L’appel lui-même se donne d’ailleurs l’air assez normal et évite les formules choc dont le P.I.R. s’est pourtant fait une spécialité. On pourra tout de même y relever l’énumération significative des « Noirs, Arabes, Rroms et Blancs des quartiers » (fausses évidences et vraies assignations identitaires, dont la dernière est une nouvelle née des sept familles de la racialisation) et tant pis pour les prolétaires, « des quartiers » ou pas, qui ne rentrent pas dans ces catégories, les débordent ou tout simplement les refusent. L’appel du meeting de préparation à Saint Denis nous replace clairement sur les terres du P.I.R., qui ne laissent comme terrible horizon que la religion et la race, puisqu’on y dénonce les « discriminations systémiques », avec la mise en avant de 3 catégories prioritairement discriminées : les « musulmans », les « Noirs », les « Rroms ».

    On ne marchera donc pas ce jour là pour la « dignité » de tout un chacun.

    De l’habituel racisme au singulier contre lequel on propose de marcher dans le titre, on passe, à la fin du texte d’appel, aux racismes au pluriel, déclinés ainsi : « l’islamophobie, la négrophobie, la rromophobie galopantes », il ne manque que l’évocation du « philosémitisme d’état » pour retrouver à l’identique les déclarations plus que contestables de la porte parole du P.I.R., à Oslo par exemple. D’ailleurs, dans la présentation des signatures de l’appel on sépare et on hiérarchise les « femmes racisées », puis les stars et « personnalités », puis les « associations de racisées », enfin les « soutiens » qui sont les personnalités et groupes non racisés ou qui ne sont pas cités à ce titre.

    On marchera donc ce jour-là pour la promotion d’un anti-racisme repeint aux couleurs de la race.

    Effectivement, cette marche n’est pas une promenade de santé, c’est une étape dans l’avancée d’un projet politique en cours.

    • Il s’agit pour les initiateurs de se poser en médiateurs universels détenant le monopole des réalités des banlieues et des quartiers populaires, mais aussi de la question des migrants, pour polariser la conflictualité qui peut y prendre place à travers un filtre racial et judiciariste.

    • Il s’agit aussi d’une tentative de récupération à la portée bien plus large que celle que SOS Racisme a opéré dans les années 80, et s’en inspirant sans doute : on s’approprie ici ouvertement la marche de 83 bien sûr, mais aussi les émeutes de 2005, et au-delà, l’ensemble de l’héritage des luttes immigrées, que ce soit sur les questions des papiers, du travail, du logement, ou sur d’autres terrains, qui court sur plusieurs décennies.

    • Il s’agit donc de la construction d’enjeux politique autour de la question raciale avec l’approbation de la présence de personnalités plus qu’infréquentables, officiellement signataires de l’appel : par exemple
    - Tariq Ramadan, ambassadeur des frères musulmans (dont le Hamas est une des branches),
    - Médine, connu pour ses quenelles de soutien à Dieudonné et sa proximité avec le commercial raté antisémite du suprémacisme noir Kémi Séba,
    - Ismahane Chouder de Participation et Spiritualité Musulmanes, groupe qui a appelé à la « Manif pour tous » et qui a partie liée avec l’assassinat de militants d’extrême gauche au Maroc dans les années 90, et bien sûr
    - Saïd Bouamama, collaborateur régulier du pro-négationniste Michel Collon, et
    - Houria Bouteldja, porte parole du P.I.R., coutumière des plateaux télé, de l’éloge de la famille, de l’ordre et de l’obéissance aux structures communautaires et à la religion, ainsi que des invectives antisémites, contre le métissage, homophobes et sexistes.

    On ne marchera donc pas ce jour là seulement avec la dignité, mais aussi avec ses nouveaux amis. Dieudonnistes, panislamistes, protofascistes religieux : la dignité a de bien mauvaises fréquentations en ce moment, sans même parler de ceux qu’elle ne présente pas le premier soir.

    Nous sommes de plus en plus nombreux aujourd’hui d’horizons relativement variés, révolutionnaires, anarchistes, communistes anti-autoritaires, militants, entre autres, des luttes de l’immigration, épris sans doute davantage d’émancipation que de dignité et de justice, à s’opposer à la récupération en cours et à refuser la proposition politique portée par cette initiative.

    Le 31 octobre, même du pied gauche, ne marchons pas dans cette combine !
    Octobre 2015,
    A la croisée des chemins…
    crossroads_AT_riseup.net

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