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LE LAOGAI, GOULAG CHINOIS
posté le 17/05/18 Mots-clés  histoire / archive  luttes sociales  répression / contrôle social 

LE LAOGAI, GOULAG CHINOIS

Vingt-cinq ans de « socialisme de marché » et de « politique d’ouverture » ont fini par faire oublier qu’un des rouages essentiels du fonctionnement de la société chinoise moderne est la persistance d’un vaste réseau de camps de travaux forcés.

Un soir, dans notre chambre d’hôtel de Hongkong, nous retrouvons Pan Shinian, ancien journaliste qui a passé dix ans dans un camp pour avoir aidé des militants du premier mouvement démocratique (1). Quinze ans plus tard, il poursuit sa réflexion sur l’évolution de la société chinoise et en particulier sur le rôle du laogai (2) dans le maintien de l’ordre totalitaire.

Charles Reeve : Lorsque nous nous sommes rencontrés, il y a dix ans, l’intégration de l’économie chinoise dans l’économie mondiale n’en était qu’à ses débuts. On ne parlait pas encore de la Chine comme « atelier du monde »...

Pan Shinian : Avec cinq ou six dollars, on achète une montre chinoise. Les travailleurs des pays développés n’ont pas le choix : puisqu’ils ne peuvent plus vivre dans une économie isolée, ils sont confrontés au faible coût de la main-d’œuvre chinoise. Et cette observation nous ramène à l’existence du laogai en Chine. Le système du laogai est lié à l’actuelle croissance de la Chine. Cette croissance à deux chiffres repose sur les épaules des jeunes travailleurs. L’Etat a donc besoin d’une très puissante machine répressive pour faire taire les mécontents. Le pouvoir a besoin de ce système répressif pour faire face à une très forte criminalité. Cette criminalité n’a pas de motivations politiques. Elle s’explique par le fait que les gens souffrent énormément. Beaucoup veulent se venger. Beaucoup ne respectent pas la vie, ne respectent pas les êtres humains parce qu’eux-mêmes ne sont pas respectés. D’où cette criminalité très élevée. Il en va de même pour la prostitution. À Canton, par exemple, ce sont des jeunes filles de la campagne qui se livrent à la prostitution, sous le contrôle des triades (3). Leur espérance de vie est très courte. Beaucoup d’enfants vivent dans la rue. On raconte même que certains sont capturés et bouillis pour faire de la viande et que leurs os sont brûlés. Tout le monde s’en moque. Voilà ce qui arrive en Chine, aujourd’hui. La criminalité est très élevée parce que le système lui-même ne respecte pas la vie humaine. Tout ce qui précède explique le fait que l’économie connaît une pareille croissance. Et, pour maintenir cette croissance, le pouvoir a besoin d’un grand système carcéral. C’est peut-être un peu confus, mais je pense que vous voyez maintenant le lien entre le système carcéral et le taux de croissance. Ce sont deux aspects inséparables. Et tout cela est possible parce que le système tout entier ne respecte pas les droits fondamentaux du peuple chinois.

Reeve : Hier, dans le journal, nous avons lu que les usines de Shenzhen avaient du mal à recruter de la main-d’œuvre. Certains ouvriers refusent de travailler parce qu’ils en ont assez d’attendre leurs salaires pendant des mois. Cela signifie que la résistance s’accentue, non ?

Pan : À l’époque de Mao, le pouvoir pouvait contrôler toute la société, mais plus maintenant. Aujourd’hui, les gens réussissent à résister. C’est une situation nouvelle qui exige le maintien du système carcéral. À l’époque de Mao, le parti était puissant ; personne ne savait ce qui se passait à l’intérieur. Aujourd’hui, dans le PC, il y a diverses tendances qui règnent sur un système de corruption où chacun contrôle les membres de son clan. Ils les tiennent parce que, sous leur protection, la corruption peut se développer en toute impunité. Et ainsi tout le monde peut gagner beaucoup d’argent. Ils contrôlent les banques centrales, la vente du pétrole, de l’électricité du pays. Ces gens peuvent s’enrichir énormément. Ils savent qu’il n’y a plus de socialisme. Ils ne croient plus au PC. Ils savent que ça va bientôt s’arrêter. Ils ne se préoccupent plus d’idéologie. Le pouvoir de l’argent se ramifie jusque dans les villages. Les cadres locaux confisquent la terre cultivée par les pauvres et exproprient leurs maisons. À la place, ils construisent des usines avec des capitaux venus de l’extérieur, qu’ils baptisent joint-ventures, et des migrants de tout le pays viennent y travailler. D’où la croissance économique. Les mingongs ne refusent pas de travailler. Ils protestent lorsqu’ils ne sont pas payés et font de trop longues journées. Le principal problème, c’est la paie.

Hsi Hsuan-wou : Cela veut dire qu’à l’avenir les patrons devront payer sans retard ?

Pan : Avec une croissance à deux chiffres, le système finira par s’améliorer. Mais pas maintenant. Actuellement, la classe dirigeante doit exploiter le travail et accumuler de la richesse pour que la Chine devienne puissante, investir beaucoup d’argent pour devenir une force militaire et avoir une influence sur la scène internationale. Telle est sa stratégie. Pour parvenir à ce but, le pouvoir de Pékin doit imposer la stabilité sociale. Les dirigeants savent très bien qu’il faudra sacrifier toute une génération pour assurer l’avenir de l’économie. Si ça marche sans trop de secousses, tout ira bien. Et les patrons finiront par mieux payer. La situation des travailleurs s’améliorera. Ils pourront envoyer de l’argent à la campagne. Et toute la famille en profitera. De toute façon, même maintenant, ils doivent payer car il faut bien que les ouvriers mangent, mais l’idée est de faire le plus de profits le plus rapidement possible pour maintenir une croissance à deux chiffres. Comme cela crée beaucoup de problèmes, ils ont besoin d’un vaste système concentrationnaire. C’est un phénomène nouveau par rapport aux années 70.

Je le répète : la croissance économique et le laogai sont étroitement liés. C’est grâce au laogai que le taux d’exploitation s’est accru depuis les années 70 — entraînant à son tour une forte élévation de la criminalité, à commencer chez les cadres locaux qui sont prêts à tout pour s’enrichir : confisquer la terre, expulser les paysans, etc. Tout cela n’existait pas avant. En tout cas, pas à cette échelle, pas à l’échelle nationale. C’est ce nouveau système d’exploitation qui a rendu le laogai absolument nécessaire. D’où ma conclusion : la fonction du laogai a changé.

Reeve : Peux-tu encore préciser quelle est cette nouvelle fonction ?

Pan : Maintenir la terreur. Pour maintenir une forte croissance, ils doivent continuer à opprimer la jeune génération. Devant cette menace, les gens hésitent à résister.

Hsi : Un jeune de la campagne qui vient travailler dans une Zone économique spéciale continuera à travailler même s’il n’est pas payé parce qu’il aura peur du laogai ?

Pan : Non, pas directement. La condition qui est faite aux prolétaires est si inhumaine que beaucoup sont attirés par la délinquance. Du haut en bas de l’échelle sociale, le taux de criminalité est très élevé. Il faut donc un système répressif très fort. Sinon la société tout entière s’effondrerait.

Reeve : Et quel était le rôle du laogai avant les années 70 ?

Pan : Réprimer les délits d’opinion, la dissidence.

Hsi : Est-ce plus rationnel d’avoir un laogai plutôt que des prisons ?

Pan : Aujourd’hui en Chine, laogai et prisons sont synonymes.

Hsi : Cela veut dire que si l’on est jeté en prison, l’on est aussi obligé de travailler ?

Pan : Oui. Dans n’importe quelle prison. C’est très important pour l’économie nationale.

Hsi : Parce que les prisons ne coûtent rien à l’État ?

Pan : Elles lui coûtent peu. Il faut préciser cependant que, dans la société, l’exploitation est encore plus aiguë que dans les camps. Dans les camps, il y a au moins des rations fixes de riz, de viande. En outre, on n’y travaille pas beaucoup parce qu’on n’est pas motivé. En revanche, les jeunes des villages qui vont à Shenzhen chercher du travail ont un lourd fardeau sur les épaules : ils ont souvent toute une famille à entretenir. Ils doivent donc travailler très dur. Et comme ils ne sont pas très malins, l’exploitation peut être très forte. Si vous achetez des marchandises en Chine, vous trouverez des jouets très compliqués vendus à très bas prix. C’est inimaginable. Comment se fait-il que les ouvriers puissent mettre tant de travail dans la fabrication de ces objets et qu’ils soient si bon marché ? C’est parce que les ouvriers ne gagnent presque rien. L’exploitation est donc plus vive que dans les prisons. Les prisons ne pourraient pas rapporter autant aux patrons.

Si on parle du laogai, il faut être très clair sur le fait que laogai et vie sociale sont étroitement liés. Le lien entre société et répression est beaucoup plus fort que dans les sociétés démocratiques. Certes, aux Etats-Unis, la prison sert à réprimer ceux qui n’ont aucun privilège. Et, bien sûr, la bourgeoisie veut une société stable pour continuer à faire de l’argent. Mais en Chine, c’est un peu différent. En Occident, vous jouissez d’une certaine indépendance de la justice. Vous avez des lois et des tribunaux. Vous avez la chance d’avoir des procès relativement équitables. Au moins dans les textes, même si les textes eux-mêmes ne sont pas toujours équitables. Mais en Chine, il n’y a pas de système légal. C’est une société inique. Et il n’y a que dans une société aussi inique qu’on peut faire des profits aussi élevés et vendre des produits à si bas prix.

Si l’Europe voulait vraiment faire concurrence à la Chine, elle devrait plutôt mettre en avant les revendications des droits de l’homme et du respect du droit du travail. Mais ses dirigeants ne le font pas parce qu’ils ont peur et parce qu’ils manquent d’une vision à long terme. Et ils finiront donc par perdre. De toute façon, pour les Européens, le danger ce n’est pas tant la Chine que les États-Unis. Dans la classe capitaliste américaine, il y a deux tendances : une qui voit la Chine comme une menace, l’autre qui estime que le plus important c’est de faire de l’argent et qui se moque des droits de l’homme. Le système capitaliste est tellement intégré à l’échelle mondiale que l’iniquité en Chine va finir par influer sur la politique intérieure des autres pays. Si l’économie chinoise n’était pas aussi puissante, le système français pourrait continuer à fonctionner. Mais maintenant, le problème, c’est que les Français achètent tous des vêtements et des chaussures fabriqués en Chine. La seule chose que l’Union européenne puisse faire, c’est se renforcer et se protéger.

Reeve : L’autre solution serait que les ouvriers chinois se révoltent...

Pan : Oui. Mais ils ne vont pas se révolter maintenant. Parce que la croissance à deux chiffres profite à beaucoup de gens, les gens ont du travail, même s’il rapporte très peu. Et tant que l’ordre régnera, tout ira bien.

Hsi : Avec des émeutes partout ?

Pan : Pour le moment, elles sont sous contrôle, isolées. La plupart des gens ne peuvent pas reprocher leur souffrance actuelle à leur pays. Ils ont beau voir cette souffrance, ils ne voient pas encore que la responsabilité de leur souffrance vient de Pékin. Ils en attribuent la responsabilité aux seuls bureaucrates locaux.

Hsi : Cela pourrait changer...

Pan : Oui, mais le gouvernement central en est conscient et essaie d’adopter des mesures en faveur des pauvres.Ils vont tenter de prendre des leçons des pays démocratiques et de contrôler les pouvoirs locaux. Ils veulent aussi se conduire mieux...

Reeve : Mais il y a une contradiction. S’ils imposent ces changements, ils minent la base de l’exploitation...

Pan : Certes, mais tout est contradictoire en Chine. À long terme, ils vont essayer de maintenir cette contradiction. S’ils y arrivent, la Chine finira par devenir très puissante. Les gens seront heureux que la Chine devienne une superpuissance. Les gens seront heureux de vivre dans un appartement, d’acheter une voiture. Ils oublieront qu’une génération entière a été sacrifiée. Ils ne penseront qu’à la prospérité. Les gens s’accommoderont du maintien de l’ordre. Les bureaucrates finiront même peut-être par accorder des élections, du moment qu’ils continuent à s’enrichir. Ils pourront résoudre les problèmes.

Hsi : Je voudrais maintenant poser deux questions à propos du Falungong (4). D’abord, quand le gouvernement chinois a commencé à le réprimer, en 1999, celui-ci ne présentait aucune menace. Pourquoi le gouvernement a-t-il réagi comme si c’en était une ?

Pan : Je crois qu’en voyant brusquement vingt mille personnes défiler autour de Zhongnanhai (5) la direction du parti a compris que le Falungong était une force puissante qui avait décidé de se mesurer à elle. Elle savait aussi que le Falungong avait des appuis au sein du parti. Comme je l’ai dit plus haut, ce qui compte avant tout pour la classe dirigeante, c’est de se maintenir au pouvoir. Aujourd’hui, il ne suffit plus d’être un haut cadre du parti pour avoir du pouvoir. Le Falungong était devenu un moyen d’exercer du pouvoir. Et la direction n’a pas voulu que ce pouvoir continue à exister en Chine.

Hsi : Mais le Falungong ne parlait pas de politique. Il ne parlait que de qigong (6), de bouddhisme, de taoïsme. Or le qigong ne constitue pas une menace.

Pan : Le qigong n’est pas une menace, certes. Mais le qigong peut être utilisé comme prétexte pour s’organiser. On pourrait dire que la religion représente un besoin de changement. Elle peut devenir une menace pour les communistes. Le communisme était lui-même vécu comme une sorte de religion. Je ne suis pas du Falungong, et je ne peux donc pas me prononcer, mais je ne pense pas que le Falungong était seulement une forme de qigong. Au début, oui. Mais si l’on en juge par ce que le Falungong est devenu, on peut penser que l’idée de réunir des gens autour du qigong n’était pas dénuée d’arrière-pensées.

Hsi : Ensuite, en 2004, le Falungong a publié ses Neufs commentaires sur le parti communiste chinois où on lit qu’un grand nombre de membres du parti auraient donné leur démission. J’en doute. Comment savent-ils que ces gens ont démissionné ? Et ont-ils vraiment démissionné ?

Pan : Ce texte s’en prend directement au parti. Aujourd’hui, en Chine continentale, le Falungong a beaucoup de mal à maintenir son organisation, car la répression est trop forte. L’essentiel de son influence s’exerce désormais à l’étranger. Par ailleurs, les Neuf commentaires constituent un texte très confus. Ils s’en prennent aujourd’hui à Mao Tsé-toung alors que ce qu’il y a de plus important à critiquer, aujourd’hui, c’est le changement économique. Ce qui est nouveau, ce sont les nouvelles formes d’exploitation. Les Neuf commentaires sont muets sur le sujet. Les choses les plus importantes, la situation dans les campagnes, l’arbitraire des cadres locaux, la confiscation des terres et des fermes, ils n’y font aucune allusion. Les Neuf commentaires, c’est surtout de l’idéologie. Il n’y a aucune critique de la domination de l’argent.

Quant à la démission massive de membres du parti, moi non plus je n’y crois pas. Aujourd’hui, personne ne veut quitter le parti. Au contraire, tout le monde cherche à y entrer, pour s’enrichir.

Reeve : Ce n’est peut-être pas la même chose en haut et en bas de l’échelle sociale...

Pan : Bien sûr. Mais ce qui est certain, c’est que ceux qui y sont ne veulent pas le quitter. C’est le moyen de bénéficier d’avantages sociaux, de trouver du travail.

Hsi : Le Falungong a accusé les hôpitaux d’exécuter certains de ses membres pour prélever leurs organes à des fins commerciales. Tu as des renseignements là-dessus ?

Pan : Ces faits sont fort plausibles. Il y a déjà des années que le sang est devenu une marchandise — d’où le scandale du sang contaminé dans la province du Henan. Tout le monde veut faire de l’argent et tous les moyens sont bons pour y parvenir, y compris la vente de la chair humaine. La persécution des membres du Falungong en prison est une réalité, elle est féroce. Alors, pourquoi ne pas prélever des organes sur eux et les vendre (7) ?

Hsi Hsuan-wou & Charles Reeve
CHINA BLUES : VOYAGE AU PAYS DE L’HARMONIE PRECAIRE
pp 284-294 — Verticales — 2008

1 Voir Lau San-ching, Dix ans dans les camps chinois, 1981-1991, Témoignage, Dagorno / L’esprit frappeur, 2001. Nous reprenons ici le pseudonyme, Pan Shinian, sous lequel il était apparu dans notre précédent livre.

2 Le terme de « laogai » est utilisé ici dans un sens général pour désigner le système concentrationnaire chinois. En fait, il recouvre deux réalités distinctes, le laogai (réforme par le travail) proprement dit, qui punit les délits graves, et le laojiao (rééducation par le travail), système inique qui, hors de toute décision judiciaire, permet à la police d’incarcérer les auteurs de délits mineurs, sur simple décision administrative, sans recours possible. Pour plus de détails, voir infra l’annexe B, p. 258, « Deux systèmes de camps », extraite du livre de QinYongmin, Zhongguo laojiao zhidu neimu (« Les coulisses du système concentrationnaire chinois »).

3 Une société secrète active à Shanghai jusqu’en 1949 portait le nom de la Triade (Sandianhui). Par extension, les « triades » désignent aujourd’hui les organisations mafieuses chinoises.

4 Sur la secte du Falungong, voir infra, « À propos du Falungong », p. 110.

5 Siège du pouvoir à Pékin.

6 Voir note 1, p. 18.

7 Voir infra, annexe B : « Deux systèmes de camps », p. 258.


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