De la violence en Palestine occupée

Violence en Palestine. Depuis plusieurs semaines de jeunes Palestiniens attaquent au couteau des Israéliens, militaires ou civils. Quelques uns d’entre les Israéliens sont tués, mais la plupart de ces jeunes Palestiniens sont tués par la police ou l’armée.

Il suffit que des Palestiniens s’expriment par la violence pour que l’on parle de violence et pour que l’on cherche des explications plus ou moins scabreuses dont celle du fanatisme religieux. Cela occupe à défaut de comprendre, mais il est vrai que, selon l’un des grands penseurs politique français contemporains, un certain Valls, premier ministre de son état, expliquer c’est justifier. Donc ne pas chercher à comprendre pour mieux condamner. Et cela permet à certains de relier les actes des jeunes Palestiniens et le fanatisme de DAESH. Ouf !

Il est vrai que cela est devenu une habitude de pensée, on parle de violence lorsque des opprimés se révoltent, oubliant ainsi que l’oppression est la première violence. Il est bien connu que les Palestiniens sont les agresseurs puisqu’ils ont subi la Nakba, la catastrophe qui a détruit leur pays, et que depuis ils s’entêtent à subir l’occupation, l’annexion que constitue ce qu’on appelle la colonisation, et les différentes formes d’oppression que sont l’Apartheid, les check-points et autres.

Il est vrai que l’Etat d’Israël est dans le camp occidental, voire est considéré par l’Union Européenne comme une partie de l’Europe. Cela conduit donc les Etats occidentaux à soutenir la politique israélienne quitte à demander de temps en temps aux dirigeants israéliens de garder la mesure. "N’en tuez pas trop" semblent dire ceux qui se nomment "la communauté internationale" à leur petit ami israélien. On va donc gloser à loisir sur la violence des occupés et leur refus d’accepter l’injustice qu’ils subissent depuis près de soixante dix ans.

C’est ainsi que de temps en temps surgissent des initiatives pour reprendre des négociations qui n’en finissent pas, un processus mis en place il y plus de vingt ans pour jouer à la paix, processus qui ne conduit qu’à renforcer l’occupation et, via ce qu’on appelle la colonisation, à augmenter la part de terre palestinienne israélisée.
On peut à peine parler d’hypocrisie tant cette politique est claire : continuation de l’occupation et poursuite de l’annexion de la terre palestinienne par les Israéliens, soutien à la politique israélienne de la part des Etats occidentaux, même si, pour se donner bonne conscience et belle image, certains de ces Etats appellent à reconnaître un Etat de Palestine à côté de l’Etat d’Israël au nom d’une symétrie inventée de toutes pièces. On peut oublier ainsi que le sionisme est l’une des formes du nationalisme extrême, analogue à celles qui se sont développées en Europe au XXe siècle. Mais cela il n’est pas bienséant de le dire lorsqu’on parle de la "seule démocratie du Moyen Orient", oubliant que le slogan qui fonde cette démocratie "un Etat juif et démocratique" signifie que l’Etat ne sera pleinement démocratique que lorsqu’il sera débarrassée de sa population palestinienne.

Reste alors la question : Où est la violence ?

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/85938


publié le 15 février 2016