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Contribution à la critique des doctrines raciales en France Des origines à nos jours

posté le 06/06/17 par André Dréan Mots-clés  réflexion / analyse  antifa 

Contribution à la critique des doctrines raciales
en France
Des origines à nos jours

    • « Eugénisme : science de l’amélioration de la race, qui ne se borne nullement aux questions d’unions judicieuses, mais qui, particulièrement dans le cas de l’homme, s’occupe de toutes les influences susceptibles de donner aux races les mieux douées un plus grand nombre de chances de prévaloir sur les races les moins bonnes. »

    • Francis Galton, fondateur de l’eugénisme scientifique, 1883.

Les paragraphes qui suivent n’ont rien d’original, ni d’exhaustif. Ils rappellent des banalités de base
de la critique, concernant les origines des doctrines racistes modernes, y compris celle qui est
portée aujourd’hui par les idéologues du Parti des indigènes de la République (PIR) sous drapeau « décolonial ».

En règle générale, les individus et les cercles, même radicaux, hostiles à juste titre aux prises de position du PIR, y voient des résurgences des doctrines raciales de Gobineau, voire de celles d’Hitler, ce qui est pour le moins restrictif. Car, comme le soulignait déjà Léon Poliakov, en 1971, dans
Le Mythe aryen, à la suite du « cataclysme hitlérien » des notions aussi répandues
depuis l’époque des Lumières que « la supériorité civilisatrice occidentale », « le pl
us souvent conçue comme congénitale, voire aryenne », furent en partie mises à l’index. Dès les lendemains de la
Seconde Guerre mondiale, elles furent presque exclusivement attribuées à des idéologues nazis, ou proto-nazis.

Par suite, l’histoire du racisme en Europe, y compris celle du racisme justifié par la
science, et même intégré et développé par celle-ci,
fut presque totalement refoulée et refondue :
« 
Sans doute par honte ou par peur d’avoir été racistes, les Occidentaux ne veulent plus l’avoir été
et délèguent à des figures mineures, telles que Gobineau et Houston Chamberlain, la fonction de
boucs émissaires »,
remarquait Poliakov. J’ajouterai aussi, concernant
la France, par désir de
défendre mordicus ce qui constitue l’une des bases
de l’État nation hexagonal, à savoir le prétendu
universalisme issu des Lumières et le scientisme qu
i en est partie intégrante.
L
Cette négation de l’histoire du racisme républicain
, y compris sous couverture marxiste, fut, dès la
Libération, particulièrement assumée et propagée par le parti communiste français, installé jusqu’au
sein de l’université, sous la houlette de Maurice T
horez, « 
premier stalinien de France »
et ministre
d’État, puis sous celle de ses successeurs. Ce qui
était en phase avec l’apologie générale de la
démocratie au sortir de la boucherie mondiale, prés
entée comme la meilleure forme possible d’État
ou, du moins, comme le moindre mal face au fascisme
. En France, la réécriture de l’histoire profane
du racisme est, en quelque sorte, devenue la doxa o
fficielle depuis des décennies, ventilée et
rabâchée jusqu’aux bancs de l’école primaire au point qu’elle intoxique, à leur insu, bon nombre de
révoltés, adversaires de l’État républicain. Le degré d’intoxication est tel que, parfois, ils nient
l’importance prise aujourd’hui par les doctrines raciales recyclées qui, en règle générale,
n’apparaissent pas comme telles, mais sous de multi
ples costumes plus présentables, y compris
sous les blouses blanches de chercheurs, qui brisent des lances contre les remontées du racisme
d’antan, représenté par des cercles néo-fascistes tels que le Club de l’horloge. En la matière, l’absence de lois raciales, et même la condamnation
par la loi républicaine des propos racistes
relatifs, entre autres choses, à la hiérarchie à établir entre races – mais pas du terme de race lui-
même toujours inscrit dans la Constitution –, joue
le rôle de feuille de vigne couvrant l’extension du
racisme démocratisé à tous les étages de la pyramide sociale et étatique. C’est pourquoi il me
semble nécessaire de revenir sur la généalogie des
doctrines raciales en France pour en saisir le
sens, l’ampleur et ne pas les limiter aujourd’hui à
des avatars d’idéologies rétrogrades, fascistes,
voire religieuses. Bien que celles-ci n’aient pas disparu par magie et réapparaissent au grand jour,
1
parfois amalgamées aux doctrines progressistes, voire modernistes et post-modernistes. Ce qui est
le cas en France, en particulier du côté du PIR de façon caricaturale.
L’État, l’universalisme et le racisme
Aujourd’hui encore, le préjugé selon lequel les Lumières françaises auraient été étrangères, voire
hostiles, aux doctrines raciales de leur époque reste très répandu, y compris du côté des héritiers
marxistes et post-marxistes de l’universalisme républicain. Bien sûr, les plus conservatrices d’entre
elles sont nées, dès l’aube du XVIIIe siècle, au sein même de l’aristocratie, en réaction aux
prétentions croissantes du tiers-état, et même à ce
lles de l’absolutisme, chose signalée par
Montesquieu dans L’Esprit des lois
dès 1748. En 1734, c’est Boulainvilliers, dans
L’Essai sur la noblesse de France,
qui formalisa le mieux l’idée que la lutte de castes était aussi lutte de races, idée
reprise presque à l’identique par Gobineau, bien plus tard, en 1853, dans L’Essai sur l’inégalité des
races humaines.
Dans l’optique aristocratique, pour ne pas dire féodale, de Boulainvilliers, la caste
dominante en France était l’héritière de la race fr
anque qui, par la conquête, avait assis sa
domination sur les diverses castes autochtones composant la mosaïque des peuplades du futur
royaume de France, assimilables pour l’essentiel à
la race gauloise. Pour lui, le tiers-état était l’héritier
des Gaulois asservis, à juste titre, par les Francs
.
Les Encyclopédistes, puis, après la prise de la Bas
tille, les doctrinaires républicains comme
Sieyès, reprirent en partie à leur compte l’interprétation racialo-sociale de l’histoire de France, mais
en la retournant contre l’aristocratie et en la com
binant aux conceptions universalistes et étatistes
propres aux idéologues bourgeois, en gestation depuis la fin du XVII
e
siècle. Dans la tête de Sieyès,
la prise du pouvoir par la Convention, fondatrice d
e l’État nation républicain, et la liquidation du
pouvoir royal étaient justifiées non seulement par
le mythe de la souveraineté du peuple et aussi par
celui des origines gauloises du même État. Dans
Qu’est-ce que le tiers-état ?,
il appelle même le
« 
peuple souverain »
à renvoyer « 
dans les forêts de Franconie toutes ces familles qui
conservent la
folle prétention d’être issues de la race des conqué
rants et d’avoir succédé à des droits de
conquête ».
Il suffit de lire les discours de Saint-Just justif
iant le régicide – « 
Louis, étranger parmi
nous »
–, pour saisir l’importance de cette généalogie ima
ginaire de l’État hexagonal. Elle conduisait
déjà la Convention à distinguer, derrière les appel
s à la citoyenneté universelle contre les « 
tyrans »,
les « 
véritables citoyens »
de souche française des autres, considérés comme d
es pièces
rapportées. Au cours du XIX
e
siècle, des historiens libéraux, comme Augustin Th
ierry, voire
républicains, comme Jules Michelet, reprirent sans
la moindre distance les mêmes mythes relatifs à
l’origine de la lutte pour le pouvoir mené par le p
euple français, l’archétype, à leurs yeux, du peupl
e
révolutionnaire, contre l’aristocratie et la monarc
hie, lutte présentée comme modèle de portée
universelle et indépassable.
L’État, l’utopisme et le racisme
Il est donc absurde, voire dangereux, de prendre en
core aujourd’hui comme fil directeur la
prétendue opposition entre l’universalisme issu des
Lumières françaises, même sous pavillon
révolutionnaire, et les diverses doctrines raciales
de l’époque qui en furent, à des degrés divers,
partie intégrante, y compris parfois celles d’origi
ne aristocratique réinterprétées au goût du jour pa
r
les apôtres du jacobinisme. De même, il est absurde
et dangereux d’opposer la notion considérée
comme universelle d’espèce humaine, à titre d’ultim
e valeur refuge indiscutable, aux multiples
notions particulières qu’elle peut parfois inclure,
telles que celle de races humaines. C’est l’ensemb
le
de la taxonomie moderne créée à l’époque par Carl L
inné, présentée dans
Le Système de la nature
en 1758, taxonomie recyclée et adaptée aux nécessit
és de l’heure jusqu’à aujourd’hui, y compris par
les généticiens, qui est critiquable. Pas seulement
la catégorie de « 
variétés »,
pour reprendre les
termes de Linné concernant les races. En effet, loi
n de représenter quelque présumé ordre naturel, la
taxonomie, fixiste à l’époque, était calquée sur l’
ordre social effectif, comme le sont toutes les
représentations propres à la science. Ce qui reste
le cas des avatars évolutionnistes qui en découlent
encore, amalgamés aux axiomes de la génétique moléc
ulaire attribuant à l’ADN nucléaire – la
2
macromolécule contenue dans le noyau des cellules –
le rôle de porteur du « 
programme »
nécessaire à la constitution de la vie. Du moins se
lon l’interprétation cybernéticienne du génome qui
a encore cours en biologie moléculaire.
En France, au lendemain de la chute de l’ancien rég
ime, la taxonomie ne faisait que sanctifier la
hiérarchie spécifique à la société bourgeoise alors
en gestation, présentée, dans l’optique de ses
idéologues, comme le meilleur des mondes naturels p
ossibles. Ainsi, la consolidation de l’État nation
incluait celle du système colonial hérité de la mon
archie, secoué, dans les Antilles françaises, par d
es
révoltes d’esclaves. A l’exception notable de Condo
rcet et de membres de la Commune
insurrectionnelle, comme Chaumette qui, à la tête d
e sections de sans-culottes, comprenant des
esclaves affranchis, exigea de la Convention la fin
de l’esclavage dans les colonies, l’immense
majorité des conventionnels en demandait le maintie
n. Même des hébertistes comme Cloots,
« 
l’orateur du genre humain »,
alors même que, d’origine prussienne, il était cit
oyen d’honneur et
éligible à la Convention, partageait l’opinion de c
elle-ci au nom de la défense de la révolution
nationale contre « 
les despotes »
qui, en Europe, voulaient l’anéantir et sous le pr
étexte que les
« 
races d’esclaves n’étaient pas encore mûres pour la
liberté et l’égalité ».
C’est le même
universalisme aux connotations gauloises, associé a
u culte du progrès, qui fut repris par des
socialistes héritiers de la révolution française. C
ontrairement aux idées propagées encore aujourd’hui
dans des cercles marxistes, à l’époque, la concepti
on socialiste, et même communiste, de la lutte de
classe n’excluait pas en principe celle de la lutte
des races, pas plus que celle de lutte entre natio
ns.
L’universalisme avait donc lui-même des frontières,
celles de l’Europe. De même que la prétendue
classe universelle, celle des prolétaires industrie
ls, portée aux nues par les communistes autoritaire
s.
En particulier en France dans les sectes communiste
s adeptes de Saint-Simon.
Marx, et Engels à sa suite, a toujours prétendu qu’
il était l’exécuteur testamentaire, certes
critique, de Saint-Simon, « 
fils de la Révolution française ».
En 1880, Engels va même, dans
Socialisme utopique et socialisme scientifique,
l’une des pires brochures qu’il a rédigées, jusqu’
à
cirer les pompes de « 
l’utopiste »
de façon odieuse, qu’il présente comme l’une des p
rincipales
sources d’inspiration du marxisme. Je cite : « 
Concevoir la Révolution française comme une lutte de
classe entre la noblesse, la bourgeoisie et les non
- possédants était, en 1802, une découverte des
plus géniale. En 1816, il proclame la politique sci
ence de la production et il prédit la résorption
entière de la politique dans l’économie. Si l’idée
que la situation économique est la base des
institutions politiques n’apparaît ici qu’en germe,
le passage du gouvernement politique des
hommes à une administration des choses et à une dir
ection des opérations de production, donc
l’abolition de l’État, se trouve déjà clairement én
oncée ici. C’est avec la même supériorité sur ses
contemporains qu’il proclame, en 1814, immédiatemen
t après l’entrée des Alliés à Paris, et encore
en 1815, pendant la guerre des Cent-Jours, l’allian
ce de la France avec l’Angleterre et, en deuxième
ligne, celle de ces deux pays avec l’Allemagne comm
e la seule garantie du développement prospère
et de la paix pour l’Europe. Prêcher aux Français d
e 1815 l’alliance avec les vainqueurs de Waterloo
exigeait certes autant de courage que de sens de la
perspective historique. »
Je passe ici sur la conception de la disparition de
l’État comme passage du gouvernement des
hommes à l’administration des choses, déjà analysée
par de multiples auteurs critiques comme
Polanyi, utopie propre au capital et à l’État moder
nes, épaulés par le rôle accru que joue la techno-
science dans tous les domaines de la vie en société
. En la matière, dans l’optique civilisatrice et
scientiste de Saint-Simon, le progrès vers la paix
universelle consistait essentiellement à imposer au
monde la domination de l’Europe, à partir de la Fra
nce, y compris par la guerre universelle menée
par les « 
races européennes »
coalisées, « 
supérieures »
à l’ensemble des « 
races inférieures »
parce
que « 
porteuses du progrès ».
Car, pour lui, comme pour nombre de ses prédécesse
urs jacobins, les
Français étaient les héritiers des vertus industrie
uses attribuées aux Gaulois qui devaient priver du
moindre pouvoir les aristocrates parasites, issus d
es Francs. Par suite, les mêmes
Lettres de
Genève
dont Engels fait le panégyrique, après la reprise p
ar Saint-Simon de la conception de la lutte
des classes mâtinée lutte des races façon Sieyès, s
tigmatisent « 
les révolutionnaires français qui,
3
faute d’avoir pris en compte les phénomènes raciaux
enregistrés par les physiologistes, ont cru
pouvoir établir que les Nègres étaient égaux aux Eu
ropéens, ou le deviendraient grâce à l’éducation,
et, de ce fait, ont préconisé d’abolir l’esclavage »
.
D’où la proposition, portée par Saint-Simon et
Thierry quelques années plus tard, de faire la paix
en Europe pour pouvoir la déclencher ailleurs
contre les esclaves révoltés : « 
Plutôt que de se faire la guerre, les Français et le
s Anglais devraient
organiser des expéditions communes à Saint-Domingue
pour exterminer jusqu’au dernier des
Nègres qui ose porter la main sur des Européens. »
Comme le disait, avec humour, Poliakov dans
Le
Mythe aryen,
Saint-Simon fut le créateur du « 
socialisme à double détente » !
L’État, le marxisme et le racisme
Concernant Thierry, Marx a toujours prétendu qu’il
était « 
le père de la conception de l’histoire
comme lutte des classes »,
affirmation qui laisse pour le moins rêveur dans l
a mesure où, même
en 1840, dans
Les Lettres sur l’histoire de France,
donc après la révolution de 1830, Thierry
l’interprète dans l’esprit des historiens libéraux,
héritiers de Sieyès. Le mythe sur les origines rac
io-
sociales du peuple français y occupe la place de ch
oix. La position de Marx envers Thierry paraît
inexplicable. Mais elle ne l’est pas plus que celle
qu’il adopte envers Adam Smith, par exemple, le
principal père fondateur de l’économie considérée c
omme science. Car la conception matérialiste de
l’histoire est issue du progressisme, placé sous le
sceau de l’hégélianisme et du scientisme. Ce qui
signifie que le marxisme, même originel, reprenait
en partie à son compte les conceptions raciales
qui en étaient partie intégrante, avec des hésitati
ons lorsque leur origine aristocratique était évide
nte.
Bien sûr, Marx n’a jamais été partisan du racisme à
la Gobineau, pas plus que Tocqueville ne l’était
d’ailleurs, déjà parce que Gobineau le conservateur
faisait l’apologie du système des castes, y
compris des castes indiennes, et qu’il était donc h
ostile au progressisme et au démocratisme, bases
de l’État moderne. Mais les doctrines raciales liée
s à l’évolutionnisme, en particulier celles liées a
u
sélectionnisme de type darwinien, Marx et les marxi
stes n’avaient presque rien à leur reprocher.
D’autant plus que, en France, les évolutionnistes l
es plus en pointe comme Gustave Le Bon
penchaient vers l’athéisme, faisaient bien plus réf
érence à Malthus, à Lamarck, à Darwin et à
Spencer qu’à Gobineau, et que, loin d’appréhender l
es races dans les limites des « 
sciences de la
vie »,
telle la biologie, ils y mêlaient des considératio
ns tirées des « 
sciences de l’homme »,
telles
l’anthropologie, l’ethnographie, la philologie, la
psychologie et même l’histoire, comme l’affirmait L
e
Bon. Ces disciplines étaient marquées, à des degrés
divers, par le racisme d’obédience scientiste.
En France, Le Bon fut d’ailleurs l’inventeur du term
e de « 
races historiques »,
créées à partir des
« 
races originelles »
qu’il présentait lui-même comme « 
hypothétiques »,
après l’apparition du « 
genre
humain »,
vu les migrations et les échanges multiples réalis
és au fil du temps. Thèses raciales
particulièrement développées, en 1897, dans
Les Lois psychologiques de l’évolution des peuples.
Le
Bon était donc monogéniste, comme Gobineau d’ailleu
rs. Il n’empêche que, pour lui, la sélection, à
la fois naturelle et sociale, à partir du tronc com
mun originel, avait fini par favoriser la constitut
ion de
« 
races supérieures »,
porteuses du « 
progrès humain »
et donc habilitées à l’imposer au monde, par
la violence si nécessaire. Le mythe de l’hérédité d
es caractères acquis, y compris dans le domaine
de l’intelligence, était partie intégrante de la pe
nsée scientiste de l’époque et apportait évidemment
de l’eau au moulin du racisme évolutionniste.
De telles idées sur l’origine et l’évolution des ra
ces étaient très répandues en Europe, y compris
dans les cercles socialistes et communistes, en règ
le générale hostiles au conservatisme religieux,
favorables à l’athéisme et souvent même à la coloni
sation planétaire entreprise à partir de l’Europe
au nom du progrès et de la constitution, ou de la r
econstitution, du même genre humain dans
l’avenir. C’est pourquoi, toujours dans
Le Mythe aryen,
Poliakov, la bête noire des négationnistes
sous pavillon marxiste dans les années 1970, rappel
le que « 
les fondateurs du socialisme
scientifique ne pouvaient pas faire autrement que sit
uer les “civilisés” moralement et
intellectuellement au-dessus des “sauvages” précisé
ment parce qu’ils se pliaient au verdict de la
science de leur époque ».
4
En effet, du côté du marxisme originel, les prises
de position racistes, derrière le vernis
universaliste et progressiste à la mode prolétarien
ne, ne manquèrent pas, à commencer par celles de
Marx relatives aux Juifs. La liste des citations po
urrait être longue. Mais je me contenterais ici d’e
n
relever les plus caractéristiques, concernant l’acc
eptation, par les deux pères fondateurs du
marxisme, de la doctrine de l’évolution propre au d
arwinisme, avec ce qu’elle implique de
sélectionnisme dans le domaine de la détermination
des particularités attribuées aux races et de la
place à leur attribuer dans la classification linn
éenne. Dans le genre, les positions d’Engels,
partagées pour l’essentiel par Marx, relevaient pre
sque de la caricature du darwinisme social. Voir,
entre mille perles,
L’Origine de la famille, de la propriété et de l’Ét
at,
édité en 1884, dans lequel il
affirme que « 
c’est sans doute l’abondance de viande et de lait d
ans l’alimentation des Aryens et
des Sémites, particulièrement ses effets favorables s
ur le développement des enfants, qui explique
le développement supérieur de ces deux races par ra
pport aux autres. »
Ce qui expliquerait aussi
que « 
le cerveau des Indiens des pueblos du Nouveau-Mexiq
ue, presque entièrement nourri par des
végétaux, est plus petit que celui d’autres peuplad
es ».
Ou encore
La Dialectique de la nature,
daté
de 1892, dans lequel il prétend que, « 
en reconnaissant l’hérédité des caractères acquis »
,
la science
« 
montre que l’objet de l’expérience peut être étendu
de l’individu au genre »,
de telle façon que les
individus concernés peuvent, à des degrés divers, h
ériter, au sens de la biologie de l’époque, des
« 
capacités de leurs ancêtres ».
En conséquence de quoi, les « 
axiomes mathématiques »
sont
« 
évidents »
pour des bambins européens, mais pas pour des « 
Bushman africains ou des
Aborigènes australiens ».
Jusqu’à la fin de sa vie, en pleine période d’ascen
sion du darwinisme social, Engels proféra les
mêmes insanités, du genre « 
les races sont des données économiques »
dans sa lettre à Borgius,
de 1894, justifiant à l’avance les Lyssenko, Muller
et autres généticiens communistes, adeptes de la
transmission des prétendus caractères acquis, y com
pris par la sélection, le stockage et l’incubation
des cellules germinales d’individus présumés supéri
eurs au reste de l’humanité, telles que les
spermatozoïdes des prix Nobel ! Dans l’optique évol
utionniste propre au marxisme, Engels, à la suite
de Marx, annonça ensuite que les races seraient sus
ceptibles de disparaître lors de l’avènement de
la société communiste, grâce au brassage continuel
des populations et à l’extension de
l’industrialisation au monde entier. Car, selon la
célèbre formule de Marx, tirée de la
Préface à
l’introduction à la critique de l’économie politiqu
e,
datée de 1858 : « 
Les rapports de production
bourgeois sont la dernière forme antagonique du proc
essus social de la production. [...] Les forces
productives qui se développent au sein de la sociét
é bourgeoise créent dans le même temps les
conditions matérielles propres à résoudre cet antag
onisme. Avec ce système social, c’est donc la
préhistoire de la société humaine qui se clôt. »
Mais en attendant que « 
l’humanité entre dans le
monde de l’histoire enfin consciente d’elle-même »,
il fallait bien composer avec les doctrines
évolutionnistes, même racistes, qui représentaient
encore des facteurs de progrès, nécessaires bien
que limités, face à l’obscurantisme millénaire. Rema
rquables sophismes de la conception matérialiste
de l’histoire !
Par la suite, les maîtres à penser de la social-dém
ocratie, tels que Karl Kautsky, ne firent que
reprendre pour l’essentiel les mêmes thèses, adapté
es aux avancées de la science et amputées,
mais sans le dire, des conceptions les plus insoute
nables du marxisme originel. Ainsi, avec
l’apparition de la génétique mendélienne, à l’aube
du XX
e
siècle, et celle, concomitante, de la notion
de mutation, depuis lors combinée à celle de sélect
ion, les délires évolutionnistes sur la transmissio
n
des caractères acquis commencèrent à régresser, en
partie du moins. Pour le reste, dans la mesure
où le marxisme renouvelé avait toujours l’ambition
de prendre appui sur la science, y compris sur la
sociologie social-darwiniste alors à la mode, telle
s que celle de Ludwig Gumplowitz, Kautsky
n’hésitait pas à affirmer, dans
Les juifs constituent-ils une race ?,
publié en 1914 : « 
Des classes
différentes peuvent acquérir un caractère racial spéc
ifique. D’autre part, la rencontre de races
différentes, dont chacune s’est spécialisée dans une
occupation déterminée, peut avoir comme
résultat que chacune de ces races occupe une positi
on sociale différente au sein de la même
communauté. Il peut se faire que la race devienne cl
asse. »
Au plus, à la différence de Gumplowitz,
5
Kautsky reconnaissait que de telles races pouvaient
être mises sur le même pied, à la mode de la
démocratie en somme, là où l’auteur de
La Lutte des races
parlait de concurrence et de hiérarchie
entre elles au nom de « 
la survie des plus aptes »,
dans l’optique darwinienne, d’origine
malthusienne.
Kautsky était par excellence le mentor de l’immense
majorité des leaders de la social-démocratie
dite révolutionnaire et, à ma connaissance, aucun d
’entre eux n’éleva la moindre critique contre ses
thèses relatives aux races, Lénine compris. Lesquel
les thèses perdurèrent dans le Komintern, en
particulier dans celles relatives à la question nat
ionale et coloniale, dès le II
e
congrès mondial.
Komintern créé, aux dires de Lénine, pour rompre av
ec les « 
sociaux-traîtres »
comme Kautsky. Dans
l’optique de Lénine, les prolétaires industriels de
s pays « 
avancés »,
reprenant des « 
mains débiles
de la bourgeoisie le flambeau du progrès universel »
,
devaient « 
guider l’ensemble des races et des
peuples »
des pays « 
arriérés »
sur « 
la voie de la révolution prolétarienne »,
sans hésiter à tenir
compte de leurs préjugés, y compris religieux et, p
arfois, à les utiliser. Ainsi, les membres du
Komintern en Asie centrale pouvaient être musulmans
. Ce qui fut, en fonction des aléas de la raison
d’État, parfois reconduit par Staline. Il est à pei
ne besoin de démontrer le côté paternaliste et raci
ste
que renferment de telles thèses. Par la suite, les
théoriciens du communisme des conseils,
Pannekoek en tête, n’abordèrent jamais de front la
question du racisme, même à l’époque de la
prise du pouvoir par les nazis. Bordiga, en bon lén
iniste, rédigea, dans les années 1950,
Facteurs de
race et de nation dans la théorie marxiste,
dans l’esprit du maître, réédité en France, deux d
écennies
plus tard, par ses adeptes, en parallèle à l’éditio
n de
Auschwitz ou le grand alibi,
au grand dam des
individus les plus lucides de l’époque. Par suite,
il n’est guère étrange que des transfuges du
marxisme aux couleurs palestiniennes, tels que Éric
Hazan, fassent désormais l’apologie du PIR.
Les généticiens et le racisme
Avec l’acceptation, plus ou moins assumée, de l’uni
versalisme issu des Lumières, va celle du
scientisme, censé désormais apporter des preuves su
pplémentaires pour contrer le racisme. En
particulier, pour pas mal d’individus et de cercles
opposés au PIR, la notion de races stricto sensu
relèverait de la biologie d’antan, que la biologie
moléculaire, née à la fin des années 1940, aurait
permis de balayer. Idée qui relève de la forfaiture
pure et simple. Car, loin de dépasser les catégori
es
raciales antérieures, la génétique moléculaire a ju
ste permis de les refouler, de les digérer et de le
s
régurgiter sous des formes plus présentables, intég
rées à l’idéologie républicaine. C’est le cas, par
exemple, dans les ouvrages de vulgarisation relatif
s à la génétique des populations. Concessions à
l’air du temps, dans les préfaces, des généticiens
connus protestent contre le racisme. Puis, dans
les chapitres suivants, les vulgarisateurs utilisen
t sans complexe des catégories aussi suspectes que
celle de Caucasiens, datant de l’époque où fut, à l
a fin du XVIII
e
siècle, inventé le mythe aryen par
Blumenbach. Enfin, l’analyse de l’ADN humain, qui e
st d’ailleurs partielle, aléatoire et sujette à de
multiples interprétations successives, voire contra
dictoires, au sein même du cénacle des
généticiens, n’apporte aucune preuve de l’inexisten
ce des races. Pas plus, par exemple, que
l’analyse moléculaire de l’eau bénite est susceptib
le d’apporter la moindre preuve de l’inexistence de
Dieu. Croire à de pareilles fadaises, c’est déjà ac
cepter, au moins en partie, la conception
essentialiste, déterministe et réductionniste de la
vie humaine propre aux adorateurs de l’ADN, la
nouvelle entité immanente censée gouverner nos vies
. C’est, de façon plus générale, reconduire les
illusions scientistes issues des Lumières selon les
quelles les prétendues valeurs objectives de la
science permettent d’anéantir les préjugés subjecti
fs. Comme si la science était a priori imperméable
aux préjugés, préjugés racistes inclus, et n’en gén
érait pas par elle-même.
En réalité, jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mon
diale, l’immense majorité des biologistes et des
généticiens étaient eugénistes et même racistes san
s le moindre complexe. C’est à partir de telles
bases que les nazis purent pousser les délires scie
ntistes à leur paroxysme et effectuer en gros et en
détails leurs multiples expériences exterminatrices
in vivo, dans l’indifférence quasi générale des
chercheurs de l’époque. C’est seulement après la co
ndamnation officielle d’Auschwitz par l’Unesco,
à partir de la fin des années 1940, que les biologi
stes et les généticiens commencèrent à châtier leur
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langage, en remplaçant, par exemple, le terme suspe
ct de race par celui, plus neutre, de population,
voire par celui d’ethnie emprunté à l’anthropologie
. Depuis lors, en Europe, seules quelques
poignées d’entre eux, considérés comme des nostalgi
ques du nazisme, défendent des positions
ouvertement racistes. La plupart de leurs collègues
sont des démocrates qui affirment que les races
sont sociales, qu’il n’y a pas de hiérarchie à étab
lir entre elles et que leurs extrapolations actuell
es
sur la relative homogénéité de l’ADN humain fournir
aient enfin la preuve de l’inanité de la stricte
séparation de l’humanité en races. Mais, à y regard
er de plus près, leur ligne de défense commune
consiste surtout à affirmer que la science, grâce à
la cartographie d’échantillons de quelques
dizaines de milliers de génomes individuels effectu
ée depuis à peine dix ans, repousse désormais
l’idée de races pures. Comme si les doctrines racia
les à la mode étaient réductibles à de telles
caricatures antédiluviennes. Gobineau lui-même ne c
royait pas vraiment à l’existence de telles races,
sinon dans quelque passé lointain remontant au Délu
ge, races depuis lors « 
corrompues »
par des
millénaires de « 
métissages »
cause de leur « 
dégénérescence ».
Concernant l’ADN, rien n’exclut
d’ailleurs que, dans le proche avenir, des analyses
plus poussées et plus larges, en termes
d’individus et de populations concernés, révèlent q
ue leurs génomes respectifs sont bien plus
hétérogènes qu’on ne le prétendait jusqu’alors. Ce
qui commence déjà à pointer dans les dernières
tentatives de modélisation du génome en cours. Voil
à qui anéantirait d’emblée l’argumentaire
scientiste sur lequel prennent appui les adeptes du
progressisme hostiles au racisme.
Aujourd’hui, l’immense majorité des généticiens son
t partisans de l’eugénisme préventif et
contrôlé par l’État, par exemple via la prétendue m
édecine prédictive et individualisée destinée, à
leurs dires, à « 
améliorer le génome humain ».
Voire partisans du contrôle étatisé des migrations
planétaires, auquel leurs recherches probabilistes
sur l’ADN fournissent du grain à moudre. Comme
l’affirma en 1996, dans
Qui sommes-nous ?,
le malthusien Cavalli-Sforza, chantre de la généti
que
des populations la plus sophistiquée, officiellemen
t hostile aux doctrines raciales d’antan et
organisateur, la même année, de la réunion au musée
de l’Homme du gratin des généticiens
stigmatisant la déclaration de Jean-Marie Le Pen su
r l’inégalité des races humaines. Le même
Cavalli-Sforza félicita l’État chinois post-maoïste
, comme nombre de ses confrères, pour les mesures
dictatoriales destinées à « 
contrôler la qualité et la quantité des naissances
 »
et à « 
contenir la
démographie explosive des Chinois qui risquent de c
hasser le reste de l’humanité de son espace
vital » !
Le péril jaune, en quelque sorte. En réalité, ces
beaux parleurs sont partisans, à des degrés
divers, du racisme à visage humain qui, sous l’appa
rence d’études inoffensives sur « 
les origines
ancestrales des groupes humains »
et « 
leurs répartitions géographiques en fonction des zon
es
continentales »
– pour citer encore Cavalli-Sforza –, est le corol
laire de l’eugénisme démocratisé et
individualisé qui a le vent en poupe aujourd’hui. D
e plus, les plus connus et les plus médiatisés
d’entre eux jouent le rôle de conseillers d’État, v
oire des rôles analogues auprès d’institutions
mondiales comme l’ONU. Par suite, il n’est pas diff
icile de comprendre à quoi servent les comités de
bioéthique auxquels ils participent, véritables écr
ans de fumée destinés à rendre acceptables toutes
les mesures coercitives de l’État visant à contrôle
r et à punir les individus, à commencer par la
constitution de fichiers de police.
En guise de conclusion
Telles sont les raisons essentielles pour lesquelle
s je trouve indéfendable la position, adoptée dans
des milieux marxistes ou post-marxistes, ou encore
par tel ou tel cercle anarchiste qui en accepte les
prémisses, pour stigmatiser le racisme décomplexé d
u PIR. En résumé, donc, elle consiste, pour
l’essentiel, à opposer l’universalisme présumé révo
lutionnaire, épaulé par la science, à titre de lign
e
de défense ultime, au particularisme, y compris à c
elui marqué par le racisme, sponsorisé par les
idéologues du PIR et leurs supporters, ceux-ci parf
ois traités en bloc de post-modernistes.
Elle est indéfendable aussi pour deux raisons suppl
émentaires. Premièrement, les idéologues du
PIR ne sont pas, hélas, des imbéciles. Ils savent à
l’occasion faire référence aux thèses léninistes s
ur
l’importance des « 
facteurs nationaux, religieux et raciaux »
dans « 
la lutte contre le colonialisme »
pour racoler des gauchistes et post-gauchistes hexa
gonaux à la recherche de sujets radicaux
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« 
indigènes ».
Deuxièmement, Michel Foucault lui-même commença à
critiquer au cours des
années 1970, dans les interventions au collège de F
rance nommées
Il faut défendre la société,
l’idée
de « 
races sociales »
comme propre au « 
biopouvoir »
et comme l’une des conséquences du
« 
racisme d’État »,
né à l’époque de la prise du pouvoir par la bourge
oisie, puis repris et développé
par le social-darwinisme. Je reproche beaucoup de c
hoses à Foucault, mais sûrement pas ça !
Lorsque le PIR et ses aficionados, y compris tels o
u tels adeptes tardifs du post-modernisme,
reprennent à leur compte la notion de races sociale
s, ils révèlent au contraire dans quelle mesure ils
restent subordonnés au corps de doctrine qui justif
ie l’existence de l’État nation. A l’image des
doctrinaires comme Sieyès, ils retournent comme des
gants les idéologies qu’ils sont censés
combattre. Comme elles, ils assignent les individus
à des catégories propres au monde de la
domination du capital et de l’État, ici celle de ra
ces sociales.
Par suite, en prônant la lutte des races sociales e
t en soutenant à l’occasion telles ou telles
études savantes sur les origines ancestrales, le PI
R, en guise de rupture avec l’idéologie « 
blanche »,
en est revenu à quelque chose qui ressemble à la lu
tte des races de Gumplowicz, épaulée par le
biologisme ! Récemment, j’ai cité, à l’occasion de p
olémiques menées contre le PIR, le passage
suivant : « 
Certaines classes diffèrent entre elles par la natur
e des éléments ethniques qui se sont
rencontrés pour former chacune d’elles. La différence
entre ces classes se maintient facilement
parce que, étant à la fois anthropologique et morale
, elle permet aux classes et castes de se fermer
sur elles-mêmes et de s’isoler les unes par rapport
aux autres. »
Les contradicteurs, futurs
sociologues adeptes de la « 
déconstruction »
à la mode de Paris VIII, trouvèrent la citation ex
cellente
et tentèrent de justifier le séparatisme qui règne
dans des colloques récemment tenus à l’université
et ailleurs. Or, la citation était tirée du
Précis de sociologie
de Gumplowicz, reprise par Kautsky, sans
le moindre commentaire défavorable, dans
Évolution dans la nature et dans la société
en 1906.
Gumplowicz, l’idéologue de la domination européenne
sur le reste du monde et l’un des pères de ce
que l’on appelle aujourd’hui l’ethno-différencialis
me ! Beau progrès que celui réalisé par le PIR !
Lequel ne représente aucune menace pour l’État et j
oue seulement le rôle de contre-feu. C’est donc
à ce titre qu’il est nécessaire de le combattre. Pa
s comme exception à la prétendue règle d’or de
l’idéologie républicaine qui, nous venons de le voi
r, lui procure en partie non négligeable le stock d
es
préjugés qu’il adapte à ses fins, haine des Juifs c
omprise. Dans le cas contraire, la critique du PIR
et
de ses acolytes, réduite comme peau de chagrin, ris
que d’apporter de l’eau au moulin des apôtres
de l’État laïque et républicain. •

André Dréan
POUR CORRESPONDRE : NUEE93 (a) FREE.FR

BRÈVE BIBLIOGRAPHIE
« Le Bréviaire de la haine, le III
e
Reich et les Juifs », Léon Poliakov, 1951.
« Le Mythe aryen, essai sur les sources du racisme
et des nationalismes », Léon Poliakov,
1971.
« Critique de la sociobiologie, aspects anthropolog
iques », Marshall Sahlins. 1978.
« Raison utilitaire et raison culturelle, au cœur d
es sociétés », Marshall Sahlins, 1980.
« Nous ne sommes pas programmés », Richard Lewontin
, Steven Rose, Leon Kamin, 1985.
« Biology as Ideology, The Doctrine of DNA », Richa
rd Lewontin, 1991.
« Histoire de la notion de gène », André Pichot, 19
98.
« La société pure, de Darwin à Hitler », André Pich
ot, 2000.
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